Va savoir pourquoi l'Homme a un jour pensé que son Créateur était énorme et omniprésent, le définissant comme un être gigantesque qui aurait engendré tout le reste à partir de rien.
En fait, au lieu de chercher notre Dieu créateur dans l'infiniment grand, imaginant que notre géniteur nous regardait de haut comme nous regardons des fourmis dans leur fourmilière, c'était vers l'infiniment petit qu'il fallait se tourner. En effet, si nous pouvons observer, nourrir ou tuer des fourmis, nous ne pouvons en aucun cas les avoir créées.
Nous avions tout faux. Notre Créateur n'est pas une entité unique et gigantesque qui a tout généré en un claquement de doigts. Notre Créateur, c'est une multitude de cellules minuscules qui, à force de se reproduire, de se battre pour survivre, d'"apprendre" à se combiner et à travailler en équipe, ont fini par aboutir à la formation d'êtres doués d'un état de conscience qu'elles n'ont absolument aucune capacité d'appréhender, et tout cela sans même le vouloir ou s'en rendre compte.
Nous croyions naïvement que l'échelle de la création marchait du haut vers le bas, qu'un être doué d'une conscience supérieure créait plusieurs êtres doués d'une conscience inférieure, alors que la loi qui régit l'univers est toute autre, et ce depuis le big-bang : le petit crée le grand. Les nucléons forment les atomes, les atomes forment les molécules, les molécules forment les cellules, les cellules forment les êtres vivants.
Et si, en nous combinant, et en travaillant les uns avec les autres, à notre échelle et à notre façon, nous étions nous aussi non seulement aptes mais voués à créer une nouvelle forme de vie ? Un être nouveau à une échelle tellement démesurée par rapport à la nôtre que nous ne pourrions même jamais en concevoir l'existence, doué d'un niveau de conscience si élevé par rapport à nous que nous passerions, en comparaison, pour des petites cellules travailleuses uniquement programmées à certaines tâches simplistes. Et si nous l'avions déjà créé ? Et si nous étions en train de le faire ?
Qui nous dit que cet être ne pourrait pas tout simplement se débarrasser en un instant d'une partie de ce qui le compose, d'une partie d'entre nous, comme quand nous coupons nos cheveux ou crachons n'importe où ? Qui nous dit qu'il ne l'a pas déjà fait ? Que la Terre, ou même l'univers que nous connaissons, n'est pas qu'un bout de rognure d'ongle pourrissant depuis peu sous le lit d'une créature cosmique, sans que nous soyons plus conscients de notre soudaine inanité que nous ne l'étions de notre utilité à l'époque où notre activité avait encore un impact quelconque sur le plan supérieur, aussi infime fût-il.
Et si nous avions créé Dieu ? Pas au sens du Dieu créateur mais de l'être supérieur, tant sur le plan de la taille que du pouvoir ou de la conscience. Voudrais-tu connaître son existence ? Voudrais-tu qu'il connaisse la nôtre ?
Que ce soit le cas ou non, j'aime à constater que cette seule pensée me suffit à relativiser notre grandeur, notre puissance et notre intellect.
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mardi 18 mars 2008
lundi 8 octobre 2007
Religion en kit
Le plus important pour créer sa religion, c'est de bien avoir pensé aux propriétés de son ou de ses dieux.
Le concept de dieu peut prendre bien des formes et on ne peut prouver la fausseté d'aucune.
J'en distingue quatre :
-le dieu créateur, qui aurait créé tout ou partie de l'univers tel qu'on le connaît, que ce soit en créant de la matière ou des lois physiques, ou encore en lançant un processus qui aurait amené à la création de l'un ou de l'autre ou par n'importe quel autre moyen.
-le dieu guide, qui contrôlerait tout ou partie de notre univers, voire de nos vies ou de nos volontés, d'une manière ou d'une autre. Il peut impliquer l'existence d'un dieu juge susceptible de nous punir ou de nous récompenser.
-le dieu juge, qui jugerait et pèserait nos actes selon différents critères. Il pourrait nous accorder des récompenses ou au contraire des punitions, que ce soit dans notre vie dans le cas d'un dieu guide, ou dans l'après-vie dans l'hypothèse de l'existence d'une vie après la mort ou d'une réincarnation.
-le dieu gardien de la mort. En fait le plus important ici ce n'est pas vraiment le dieu mais plutôt le concept religieux de vie après la mort, impliquant que la mort ne serait pas une fin, mais plutôt une transition vers un autre lieu (Paradis, Enfer...) ou une autre vie (réincarnation...). Ce concept peut être indépendant de l'existence d'un dieu, mais on y associera généralement un dieu gardien de la mort voire un dieu juge.
Bien évidemment, à chaque fois, j'aurais pu employer le terme "dieu" au pluriel (d'ailleurs au début de la conception de l'article c'était le cas mais ça rajoutait des (s), des (les) et des (ent) partout et c'était très moche).
Plusieurs dieux peuvent occuper une même fonction ou se partager des fonctions différentes.
De même certaines fonctions peuvent être inoccupées. Notre dieu éventuel peut aussi déléguer certaines tâches ou fonctions à des sous-dieux, des humains, des animaux ou des créatures de toutes sortes.
Bref maintenant qu'on a la nomenclature, on peut se créer notre religion en kit. Comme je l'ai déjà dit, on ne peut pas, à l'heure actuelle, démontrer la fausseté d'une religion. C'est donc vraiment un bon filon à exploiter.
Ce qui marche très fort ces 2000 dernières années c'est le dieu unique qui remplit toutes les fonctions tout seul mais qui délègue un peu à des créatures ailées, voire qui partage la fonction de gardien de la mort avec un autre dieu cornu.
L'implantation d'une vie après la mort est aussi souvent un facteur de réussite dans la création de votre religion, surtout quand il promet les pires tourments à ceux qui n'y adhèrent pas.
Il est bon de veiller à rajouter des rites, des règles et des châtiments, ainsi que de penser à prêter une volonté à vos dieux : ça préserve l'intérêt des ouailles et les fidélisent.
Mais tout évolue et aujourd'hui on a carrément des religions sans dieu, basées sur une espèce de pseudo-science ou sur des histoires de science-fiction ou encore sur le culte de l'ego comme la scientologie ou le satanisme.
Le concept de dieu peut prendre bien des formes et on ne peut prouver la fausseté d'aucune.
J'en distingue quatre :
-le dieu créateur, qui aurait créé tout ou partie de l'univers tel qu'on le connaît, que ce soit en créant de la matière ou des lois physiques, ou encore en lançant un processus qui aurait amené à la création de l'un ou de l'autre ou par n'importe quel autre moyen.
-le dieu guide, qui contrôlerait tout ou partie de notre univers, voire de nos vies ou de nos volontés, d'une manière ou d'une autre. Il peut impliquer l'existence d'un dieu juge susceptible de nous punir ou de nous récompenser.
-le dieu juge, qui jugerait et pèserait nos actes selon différents critères. Il pourrait nous accorder des récompenses ou au contraire des punitions, que ce soit dans notre vie dans le cas d'un dieu guide, ou dans l'après-vie dans l'hypothèse de l'existence d'une vie après la mort ou d'une réincarnation.
-le dieu gardien de la mort. En fait le plus important ici ce n'est pas vraiment le dieu mais plutôt le concept religieux de vie après la mort, impliquant que la mort ne serait pas une fin, mais plutôt une transition vers un autre lieu (Paradis, Enfer...) ou une autre vie (réincarnation...). Ce concept peut être indépendant de l'existence d'un dieu, mais on y associera généralement un dieu gardien de la mort voire un dieu juge.
Bien évidemment, à chaque fois, j'aurais pu employer le terme "dieu" au pluriel (d'ailleurs au début de la conception de l'article c'était le cas mais ça rajoutait des (s), des (les) et des (ent) partout et c'était très moche).
Plusieurs dieux peuvent occuper une même fonction ou se partager des fonctions différentes.
De même certaines fonctions peuvent être inoccupées. Notre dieu éventuel peut aussi déléguer certaines tâches ou fonctions à des sous-dieux, des humains, des animaux ou des créatures de toutes sortes.
Bref maintenant qu'on a la nomenclature, on peut se créer notre religion en kit. Comme je l'ai déjà dit, on ne peut pas, à l'heure actuelle, démontrer la fausseté d'une religion. C'est donc vraiment un bon filon à exploiter.
Ce qui marche très fort ces 2000 dernières années c'est le dieu unique qui remplit toutes les fonctions tout seul mais qui délègue un peu à des créatures ailées, voire qui partage la fonction de gardien de la mort avec un autre dieu cornu.
L'implantation d'une vie après la mort est aussi souvent un facteur de réussite dans la création de votre religion, surtout quand il promet les pires tourments à ceux qui n'y adhèrent pas.
Il est bon de veiller à rajouter des rites, des règles et des châtiments, ainsi que de penser à prêter une volonté à vos dieux : ça préserve l'intérêt des ouailles et les fidélisent.
Mais tout évolue et aujourd'hui on a carrément des religions sans dieu, basées sur une espèce de pseudo-science ou sur des histoires de science-fiction ou encore sur le culte de l'ego comme la scientologie ou le satanisme.
Je suis agnostique
Malgré tous mes raisonnements païens et mes propos blasphématoires, je ne rejette pas totalement le concept de dieu. En fait, j'entretiens avec la religion des rapports assez complexes, un étrange mélange de fascination et de répulsion, d'intérêt et de rejet, de curiosité et de peur même.
J'ai beau rejeter le concept du dieu chrétien tel qu'on me l'appris, je n'arrive pas totalement à m'en détacher.
Même si je pense qu'il est plus probable que Dieu n'existe pas, je ne peux retenir certaines pensées purement déistes. Je maintiens un ensemble de vieux réflexes en quelques sortes, un peu comme le soldat revenu de la guerre continue à regarder derrière son épaule même s'il sait qu'il a désormais très peu de chance d'y voir un assaillant.
Je continue à essayer de maintenir un semblant d'équilibre entre le bien et le mal dans ce que je fais, je mesure mes actes suivant certains principes, pour beaucoup hérités de la morale chrétienne, et quand je veux très fort quelque chose qui ne dépend pas que de moi, je continue à me tourner instinctivement vers le Ciel ou vers une entité quelconque (dieu, chance, destin) qui m'y aiderait.
Et force est de reconnaitre que je ne suis pas en mesure de prouver que c'est vain.
La vie m'a plutôt gâté (tiens, encore une tournure de phrase un peu déiste) et les choses que j'ai vraiment voulu, dont j'ai vraiment formulé le souhait, j'ai fini, pour peu qu'elles soient réalisables, par en obtenir une bonne part bien qu'encore jeune.
Évidemment, cela a bien souvent pris des tournures évasives, presqu'ironiques parfois, rien que par le temps que ça mettait, la façon dont je finissais par obtenir ce que je désirais ou le contexte dans lequel ça arrivait.
Bien sûr, ce n'est ni une preuve, ni même un argument en (dé)faveur de l'existence d'un dieu quelconque. Bien au contraire, je cherche ici à exprimer mon incertitude à ce sujet.
J'ai fini par rejeter, sans doute pour de bon, le catholicisme et la chrétienté de manière générale car je trouvais leur vision de Dieu complètement incohérente avec le monde dans lequel nous vivons. Et puis je n'ai d'ailleurs jamais adhéré à cette histoire de Jésus. Aujourd'hui on voit partout des gens faire des tours de magie au moins aussi impressionnant que les "miracles" décrits dans l'Evangile et ce n'est pas pour autant qu'on croit leurs auteurs quand ils prétendent être un dieu incarné.
Me retrouvant donc sans religion, je n'ai pas tellement cherché à en trouver une nouvelle. Chacune présente, de là où je les vois, ses failles et ses faiblesses avec ses rites ridicules basés sur rien de concret, si ce n'est des mythes fantastiques dignes d'une roman de seconde zone.
Donc en l'absence de dieu référent pour me dire comment penser, je me créé ma propre ligne de conduite, avec ma petite logique et mes petits principes, basés sur ma maigre expérience et donc en perpétuelle évolution. En fait, je me juge moi-même selon mes propres critères.
Si un dieu quelconque veut que je me plie à sa volonté, qu'il commence par se révéler à moi de manière indiscutable et me l'expliquer. En attendant, ma volonté sera la seule à laquelle je me plierai.
J'ai beau rejeter le concept du dieu chrétien tel qu'on me l'appris, je n'arrive pas totalement à m'en détacher.
Même si je pense qu'il est plus probable que Dieu n'existe pas, je ne peux retenir certaines pensées purement déistes. Je maintiens un ensemble de vieux réflexes en quelques sortes, un peu comme le soldat revenu de la guerre continue à regarder derrière son épaule même s'il sait qu'il a désormais très peu de chance d'y voir un assaillant.
Je continue à essayer de maintenir un semblant d'équilibre entre le bien et le mal dans ce que je fais, je mesure mes actes suivant certains principes, pour beaucoup hérités de la morale chrétienne, et quand je veux très fort quelque chose qui ne dépend pas que de moi, je continue à me tourner instinctivement vers le Ciel ou vers une entité quelconque (dieu, chance, destin) qui m'y aiderait.
Et force est de reconnaitre que je ne suis pas en mesure de prouver que c'est vain.
La vie m'a plutôt gâté (tiens, encore une tournure de phrase un peu déiste) et les choses que j'ai vraiment voulu, dont j'ai vraiment formulé le souhait, j'ai fini, pour peu qu'elles soient réalisables, par en obtenir une bonne part bien qu'encore jeune.
Évidemment, cela a bien souvent pris des tournures évasives, presqu'ironiques parfois, rien que par le temps que ça mettait, la façon dont je finissais par obtenir ce que je désirais ou le contexte dans lequel ça arrivait.
Bien sûr, ce n'est ni une preuve, ni même un argument en (dé)faveur de l'existence d'un dieu quelconque. Bien au contraire, je cherche ici à exprimer mon incertitude à ce sujet.
J'ai fini par rejeter, sans doute pour de bon, le catholicisme et la chrétienté de manière générale car je trouvais leur vision de Dieu complètement incohérente avec le monde dans lequel nous vivons. Et puis je n'ai d'ailleurs jamais adhéré à cette histoire de Jésus. Aujourd'hui on voit partout des gens faire des tours de magie au moins aussi impressionnant que les "miracles" décrits dans l'Evangile et ce n'est pas pour autant qu'on croit leurs auteurs quand ils prétendent être un dieu incarné.
Me retrouvant donc sans religion, je n'ai pas tellement cherché à en trouver une nouvelle. Chacune présente, de là où je les vois, ses failles et ses faiblesses avec ses rites ridicules basés sur rien de concret, si ce n'est des mythes fantastiques dignes d'une roman de seconde zone.
Donc en l'absence de dieu référent pour me dire comment penser, je me créé ma propre ligne de conduite, avec ma petite logique et mes petits principes, basés sur ma maigre expérience et donc en perpétuelle évolution. En fait, je me juge moi-même selon mes propres critères.
Si un dieu quelconque veut que je me plie à sa volonté, qu'il commence par se révéler à moi de manière indiscutable et me l'expliquer. En attendant, ma volonté sera la seule à laquelle je me plierai.
mardi 11 septembre 2007
Dieu n'existe pas ?
Parmi les sujets récurrents dans mes raisonnements et débats intérieurs, mon rapport à Dieu est sans doute le plus inévitable. Afin de mieux te l'expliquer (tu t'en fous peut-être mais ça risque d'être important pour la suite), je vais quand même devoir un peu raconter ma vie.
Je m'appelle Emmanuel, prénom d'origine hébraïque signifiant littéralement "Dieu est avec nous". J'ai reçu, depuis ma plus tendre enfance, une éducation religieuse : École catholique, Catéchisme, Scoutisme etc. J'ai donc en quelque sorte construit une partie de ma pensée et de mes raisonnements autour du concept de Dieu, en considérant qu'il y avait au-dessus de nous une force qui nous avait créés et qui nous jugeait.
Évidemment, comme la plupart des gamins, ça ne m'affectait pas plus que ça. Ça ne m'empêchait pas de faire le con à l'église, de ne pas vraiment choisir mes actions en fonction de ce que préconisait la Bible et d'être un mauvais chrétien doublé d'une vraie petite tête de con. Mais j'avais quand même, présente quelque part, cette crainte du jugement inculquée par la morale chrétienne. Un soir dans mon lit, je fus même pris d'une peur panique de l'enfer. Quand m'est venu l'âge de raisonner par moi-même, je conclus que la beauté et la complexité de ce monde et des autres ne pouvaient être le fruit du hasard et qu'il existait forcément une entité créatrice à l'origine de tout ça, ce qui me conforta dans la vision qu'on m'avait inculquée. Considérant qu'il existe un dieu, et que des milliards de gens croient en celui - qui est au final le même - des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans, c'est qu'il doit sans doute ressembler à ça. Quitte à croire en Dieu, autant continuer à croire en celui que j'ai toujours connu.
Puis je me suis façonné un raisonnement dont je n'apprendrais que bien plus tard qu'un certain Pascal l'avait envisagé avant moi.
En gros, si Dieu n'existait pas, je ne risquais rien à me conduire en bon chrétien. Ma mort passerait inaperçue, je n'irais pas en enfer. En revanche, si Dieu existait et que je ne croyais pas en Lui, que je n'agissais pas selon Sa volonté, j'irais rôtir pour l'éternité. Bref, j'avais tout intérêt à croire en Dieu et à être une ouaille pas plus mauvaise qu'une autre. C'est ainsi que je fus amené notamment, à faire ma Confirmation.
Tout ça pour dire que la notion de Dieu créateur et juge était ancrée en moi jusqu'à une période avancée de mon adolescence.
Puis, ma vocation scientifique s'est précisée. Je me suis beaucoup intéressé à la science-fiction, puis à la science et aux théories physiques intéressantes, ainsi qu'à la biologie. Bref pas mal de choses ont commencé à s'expliquer et à trouver du sens en dehors de la notion de divinité, et beaucoup de ce qu'on m'avait enseigné au catéchisme se transformait au mieux en métaphores ridicules. Je situe ma rupture définitive d'avec la foi chrétienne à une après-midi d'été où je lisais un livre de Dan Simmons, le deuxième tome de la série Endymion il me semble. J'en profite pour te signaler si tu ne le sais pas, inculte que tu es, que Dan Simmons est, outre un mécréant anti-clérical de première, un auteur génial, pas seulement de science-fiction d'ailleurs. Il sait, mieux que personne à ma connaissance, traiter et retranscrire la souffrance humaine dans ses récits.
Bref l'histoire en était à un stade où le héros, blessé, se retrouve éjecté d'une sorte de plateforme dans l'immensité aquatique de je ne sais plus quelle planète océanique. Il imagine alors avec une certaine précision le sort qui l'attend lorsque le sang qui s'écoule de sa plaie aura attiré des requins.
C'est là que tout m'est apparu clairement.
Comment peut-on croire que notre monde ait été créé par un dieu bienveillant comme celui décrit par la religion catholique alors que tout y est basé sur la souffrance et la mort. Le principe même de la vie c'est que, mises à part quelques plantes et quelques espèces de scarabées mangeurs de merde, la quasi-totalité des êtres vivants survivent soit en en tuant d'autres, soit en profitant plus ou moins directement de leurs morts.
Et le moins qu'on puisse dire c'est que mourir en participant au grand cycle de la vie c'est loin d'être la mort la plus agréable qu'on puisse connaitre. Tu t'imagines une seconde que le requin, la meute de loup ou l'armée de crabes qui va te déchiqueter prendra la peine de t'assommer avant ? Et non ! La mort naturelle, la vraie, est digne des plus gores des films d'horreur, en souvent bien pire.
Comment peut-on considérer qu'un dieu dont un des commandements inviolables est "Tu ne tueras point." ait créé ce système dans lequel nous vivons, cette vie basée sur la mort et la souffrance ?
Au-delà de toutes les autres incohérences des diverses religions (sur lesquelles je reviendrai d'ailleurs sans doute, je n'ai pas fini de leur taper dessus), c'est avant tout ce raisonnement simple qui m'a poussé à renier ma foi chrétienne. Je ne risque pas l'enfer puisqu'il n'y a aucune chance que Dieu soit tel que ceux qui parlent d'enfer le décrivent. Je n'ai pas de raisons de croire et toutes les raisons de ne pas croire. C'est sûrement valable pour toi aussi d'ailleurs...
Bon, je m'arrête là pour ce soir, ça fait déjà un gros pavé. Mais je suis loin d'en avoir fini avec ce thème, j'y reviendrai de bien des manières, et je suis certain que je ne manquerai pas d'y faire souvent référence.
Je m'appelle Emmanuel, prénom d'origine hébraïque signifiant littéralement "Dieu est avec nous". J'ai reçu, depuis ma plus tendre enfance, une éducation religieuse : École catholique, Catéchisme, Scoutisme etc. J'ai donc en quelque sorte construit une partie de ma pensée et de mes raisonnements autour du concept de Dieu, en considérant qu'il y avait au-dessus de nous une force qui nous avait créés et qui nous jugeait.
Évidemment, comme la plupart des gamins, ça ne m'affectait pas plus que ça. Ça ne m'empêchait pas de faire le con à l'église, de ne pas vraiment choisir mes actions en fonction de ce que préconisait la Bible et d'être un mauvais chrétien doublé d'une vraie petite tête de con. Mais j'avais quand même, présente quelque part, cette crainte du jugement inculquée par la morale chrétienne. Un soir dans mon lit, je fus même pris d'une peur panique de l'enfer. Quand m'est venu l'âge de raisonner par moi-même, je conclus que la beauté et la complexité de ce monde et des autres ne pouvaient être le fruit du hasard et qu'il existait forcément une entité créatrice à l'origine de tout ça, ce qui me conforta dans la vision qu'on m'avait inculquée. Considérant qu'il existe un dieu, et que des milliards de gens croient en celui - qui est au final le même - des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans, c'est qu'il doit sans doute ressembler à ça. Quitte à croire en Dieu, autant continuer à croire en celui que j'ai toujours connu.
Puis je me suis façonné un raisonnement dont je n'apprendrais que bien plus tard qu'un certain Pascal l'avait envisagé avant moi.
En gros, si Dieu n'existait pas, je ne risquais rien à me conduire en bon chrétien. Ma mort passerait inaperçue, je n'irais pas en enfer. En revanche, si Dieu existait et que je ne croyais pas en Lui, que je n'agissais pas selon Sa volonté, j'irais rôtir pour l'éternité. Bref, j'avais tout intérêt à croire en Dieu et à être une ouaille pas plus mauvaise qu'une autre. C'est ainsi que je fus amené notamment, à faire ma Confirmation.
Tout ça pour dire que la notion de Dieu créateur et juge était ancrée en moi jusqu'à une période avancée de mon adolescence.
Puis, ma vocation scientifique s'est précisée. Je me suis beaucoup intéressé à la science-fiction, puis à la science et aux théories physiques intéressantes, ainsi qu'à la biologie. Bref pas mal de choses ont commencé à s'expliquer et à trouver du sens en dehors de la notion de divinité, et beaucoup de ce qu'on m'avait enseigné au catéchisme se transformait au mieux en métaphores ridicules. Je situe ma rupture définitive d'avec la foi chrétienne à une après-midi d'été où je lisais un livre de Dan Simmons, le deuxième tome de la série Endymion il me semble. J'en profite pour te signaler si tu ne le sais pas, inculte que tu es, que Dan Simmons est, outre un mécréant anti-clérical de première, un auteur génial, pas seulement de science-fiction d'ailleurs. Il sait, mieux que personne à ma connaissance, traiter et retranscrire la souffrance humaine dans ses récits.
Bref l'histoire en était à un stade où le héros, blessé, se retrouve éjecté d'une sorte de plateforme dans l'immensité aquatique de je ne sais plus quelle planète océanique. Il imagine alors avec une certaine précision le sort qui l'attend lorsque le sang qui s'écoule de sa plaie aura attiré des requins.
C'est là que tout m'est apparu clairement.
Comment peut-on croire que notre monde ait été créé par un dieu bienveillant comme celui décrit par la religion catholique alors que tout y est basé sur la souffrance et la mort. Le principe même de la vie c'est que, mises à part quelques plantes et quelques espèces de scarabées mangeurs de merde, la quasi-totalité des êtres vivants survivent soit en en tuant d'autres, soit en profitant plus ou moins directement de leurs morts.
Et le moins qu'on puisse dire c'est que mourir en participant au grand cycle de la vie c'est loin d'être la mort la plus agréable qu'on puisse connaitre. Tu t'imagines une seconde que le requin, la meute de loup ou l'armée de crabes qui va te déchiqueter prendra la peine de t'assommer avant ? Et non ! La mort naturelle, la vraie, est digne des plus gores des films d'horreur, en souvent bien pire.
Comment peut-on considérer qu'un dieu dont un des commandements inviolables est "Tu ne tueras point." ait créé ce système dans lequel nous vivons, cette vie basée sur la mort et la souffrance ?
Au-delà de toutes les autres incohérences des diverses religions (sur lesquelles je reviendrai d'ailleurs sans doute, je n'ai pas fini de leur taper dessus), c'est avant tout ce raisonnement simple qui m'a poussé à renier ma foi chrétienne. Je ne risque pas l'enfer puisqu'il n'y a aucune chance que Dieu soit tel que ceux qui parlent d'enfer le décrivent. Je n'ai pas de raisons de croire et toutes les raisons de ne pas croire. C'est sûrement valable pour toi aussi d'ailleurs...
Bon, je m'arrête là pour ce soir, ça fait déjà un gros pavé. Mais je suis loin d'en avoir fini avec ce thème, j'y reviendrai de bien des manières, et je suis certain que je ne manquerai pas d'y faire souvent référence.
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