Rien de tel qu'un navrant jeu de mot déjà entendu huit millions de fois pour rebondir sur un sujet d'actualité particulièrement marquant. Je replace le contexte pour la postérité où le lecteur inculte que tu es peut-être n'a sans doute plus aucun souvenir de cette affaire qui agite actuellement les médias :
Une association française, l'Arche de Zoé, s'est fixée pour mission de faire adopter par des Européens des enfants orphelins originaires de la zone du Darfour, région du Soudan frontalière du Tchad et en proie depuis 2003 à une horrible guerre civile et à un drame humanitaire sans équivalent.
Honorable intention a priori, mais l'affaire tourne au drame quand les bénévoles de l'association sont arrêtés pour trafic d'enfants au Tchad, d'où ils devaient décoller avec 103 enfants qui se sont avérés n'être même pas tous des orphelins. Et c'est là qu'on apprend que les braves humanitaires n'avaient pour ainsi dire aucune autorisation et qu'ils violaient à la fois tous les règlements français concernant l'adoption et les lois tchadiennes sur l'enlèvement.
Et le président tchadien de pousser de hauts cris d'indignation, fustigeant le trafic d'enfants à de probables fins pédophiles, réveillant le spectre esclavagiste du blanc voleur d'enfants; et le gouvernement français de condamner l'action et de nier sa connaissance pourtant avérée de l'opération, le tout sur fond de débarquement, imminent et prévu depuis quelques temps déjà, d'une force armée européenne au Darfour.
Bref à l'heure où j'écris ces lignes, les huit bénévoles et le reporter qui les suivait viennent d'être inculpés pour enlèvement d'enfants et font couler des litres d'encre depuis leurs cellules de terre tchadiennes.
Ces braves militants sont certainement des gens très bien qui ne méritent aucunement la réputation qu'on leur fait, ni encore moins de passer les 20 prochaines années dans les camps de travaux forcé tchadiens.
Mais il faut quand même être complètement inconscient pour arracher à leur pays 103 enfants dont on ne sait quasiment rien, au mépris des lois et des règlements de plusieurs états. Enlever une centaines de gamins c'est quand même un crime très grave.
D'accord, ça part d'une bonne intention, mais ça n'excuse pas grand chose. Déjà les bonnes intentions, l'enfer en est pavé; pour tomber dans la comparaison facile et hors-sujet, Hitler avait sûrement les meilleures intentions du monde pour son pays quand il a ordonné d'exterminer des millions de Juifs. Et puis il y a des limites à ne pas dépasser. Je veux bien admettre que certaines lois soient faites pour être enfreintes, mais là il est quand même question d'enlèvement d'enfants.
Bref ils méritent un gros coup de pied au cul et quelques années de taule avec sursis mais j'espère quand même sincèrement pour eux qu'ils pourront être jugés en France.
Ce qui me reste quand même en travers de la gorge c'est le fait que certains des enfants n'étaient même pas orphelins. Sur une bande audio diffusée hier à la radio, j'ai clairement entendu le dirigeant de l'association expliquer qu'il y avait plein de cas où ils ne pouvaient pas savoir.
En est-on rendus à ce stade, dans l'humanitaire, qu'on cherche à aider à tout prix, même sans être sûrs qu'il y ait besoin d'aide ou qu'on aide vraiment. Sommes-nous à ce point persuadés de notre propre supériorité que nous sommes prêts à arracher à son pays et à sa culture le premier enfant qu'on nous présente comme étant orphelin, convaincus que, quoi qu'il en soit, il sera mieux chez nous dans notre belle société occidentale que sur la terre de ses ancêtres.
Ceci n'est pas vraiment une attaque envers ces gens qui ont eu le courage de se bouger et d'agir pour aider des gens pendant que moi je reste assis devant mon PC à leur verser de l'encre dessus pour m'occuper. Mais leur attitude, ainsi que celles des 100 familles qui, en France, s'apprêtaient à accueillir ces jeunes réfugiés, n'est-elle pas symptomatique de la culpabilisation de notre société ?
Notre sentiment de culpabilité est justifié. Notre confort moderne s'est bâti sur la sueur et le sang des colonies, sur le régime à l'origine de l'absurdité des inégalités internationales actuelles. Notre pays et ses habitants doivent assumer leurs responsabilités. Je suis pour qu'on paye nos dettes comme on peut, et qu'on fasse profiter le plus possible les habitants de ces pays de notre développement, qu'ils ont porté sur leurs épaules sans en récolter les fruits.
Injectons de l'argent dans leur économie, investissons chez eux, achetons leurs produits, formons-les, offrons-leur nourriture, eau, médecine et éducation, détournons-les du sentier de la guerre.
Mais ne leur volons pas leurs enfants ! Ce n'est pas en ramenant leurs habitants en Europe à un âge où ils ne sont pas capables de le demander, ni même de le comprendre, qu'on allègera la misère de ces pays. On ne les aidera pas en leur prenant leurs jeunes, leurs forces vives, pas plus qu'avec une "immigration choisie" qui ne viserait à les piller que de leurs atouts.
Il y a des limites à tout, même à la volonté légitime qu'on peut avoir d'aider son prochain.
mercredi 31 octobre 2007
mardi 23 octobre 2007
Dieu est un système d'exploitation
Au commencement était le bordel.
Tout comme l'informatique, la religion a eu des débuts difficiles. La pleïade de systèmes d'exploitation au format console, tous aussi obscurs et inaccessibles les uns que les autres, ressemble assez en vérité à ces multitudes de cultures polythéïstes. Chaque pays avait sa façon de faire, pas vraiment de norme, les noms et cultes des différents dieux d'une contrée donnée étaient autant de commandes indigestes aux arguments étranges.
Puis il y a eu l'Idée, le truc qui marche et auquel il fallait penser pour tout simplifier. Pour la religion, le judaïsme a inventé le concept de monothéisme; pour l'informatique c'est Machintosh qui a eu l'Idée du millénaire avec le système de fenêtre et l'interface graphique. Des deux côtés on peut dire que ça part de pas grand chose et ça a son petit succès.
Mais ça reste limité. VisioCorp, Quaterdeck, Digital Research ou encore IBM sont à Machintosh autant de religions grecque, égyptienne ou mésopotamienne. Mac se taille la part du lion sur le marché et les Juifs obtiennent Israël mais aucun n'a vraiment réussi à convertir tout le monde.
Mais la révolution se prépare, gentiment mais sûrement.
Pendant que Jésus et ses potes font parler d'eux et s'attirent des emmerdes en Judée, un certain Bill Gates commence à faire du bruit en codant des tableurs pour Mac avec sa petite boite Microsoft.
Dans les deux cas on pompe totalement la référence initiale (Judaïsme/Mac), on modifie 2-3 trucs et on attaque le marché. Et dans les deux cas ça commence par un flop. Jésus est crucifié et ses adeptes sont persécutés, Windows 1.0 et 2.0 sont des échecs cuisants.
Et vient la révélation. Chacun comprend qu'il a tout intérêt à s'allier avec les puissants : le christianisme convertit l'empereur romain et Microsoft développe son Windows 3.1 avec les processeurs IBM. Ce dernier pose avec Microsoft les bases de Windows 95, Constantin impose le christianisme à son empire, c'est la conquête pure et simple du monde connu.
Il faut bien avouer que le "On est tous frères" et "Dieu est amour" c'est quand même nettement plus vendeur que les dieux à l'ancienne avides de guerre et de sacrifice.
Et puis malgré tous les bugs du catholicisme, il faut reconnaitre qu'un seul dieu à prier, et le même pour tout le monde, c'est quand même plus convivial que toutes ces religions polythéistes, et ça entraine moins de problèmes de compatibilité aussi.
Et viendra peut-être le jour où un Mahommet fera un tout nouvel OS en reprenant tout simplement le core du christianisme Windows et en changeant juste un peu l'interface et que ça aura un succès comparable.
L'aspect copie en moins on aurait presque pu croire à ça avec Linux. C'est vrai que l'OS gratuit ça avait de quoi ressembler à une prise de La Mecque par les armes mais en fait faut croire qu'on en est encore à l'Egire.
Personnellement j'espère que ce jour ne viendra jamais.
Contrairement aux religions qui sont un peu dépassées à l'heure actuelle, on aura toujours besoin d'un système d'exploitation pour faire tourner nos machines; même quand ce sera des hologrammes implantés directement dans notre cerveau il faudra bien choisir une boite pour nous faire l'interface. Et j'ai pas vraiment envie de voir une croisade de compatibilité.
J'aimerais bien trouver une dernière métaphore classe pour conclure mais je crois que j'ai épuisé mon quota de conneries pour la journée.
Tout comme l'informatique, la religion a eu des débuts difficiles. La pleïade de systèmes d'exploitation au format console, tous aussi obscurs et inaccessibles les uns que les autres, ressemble assez en vérité à ces multitudes de cultures polythéïstes. Chaque pays avait sa façon de faire, pas vraiment de norme, les noms et cultes des différents dieux d'une contrée donnée étaient autant de commandes indigestes aux arguments étranges.
Puis il y a eu l'Idée, le truc qui marche et auquel il fallait penser pour tout simplifier. Pour la religion, le judaïsme a inventé le concept de monothéisme; pour l'informatique c'est Machintosh qui a eu l'Idée du millénaire avec le système de fenêtre et l'interface graphique. Des deux côtés on peut dire que ça part de pas grand chose et ça a son petit succès.
Mais ça reste limité. VisioCorp, Quaterdeck, Digital Research ou encore IBM sont à Machintosh autant de religions grecque, égyptienne ou mésopotamienne. Mac se taille la part du lion sur le marché et les Juifs obtiennent Israël mais aucun n'a vraiment réussi à convertir tout le monde.
Mais la révolution se prépare, gentiment mais sûrement.
Pendant que Jésus et ses potes font parler d'eux et s'attirent des emmerdes en Judée, un certain Bill Gates commence à faire du bruit en codant des tableurs pour Mac avec sa petite boite Microsoft.
Dans les deux cas on pompe totalement la référence initiale (Judaïsme/Mac), on modifie 2-3 trucs et on attaque le marché. Et dans les deux cas ça commence par un flop. Jésus est crucifié et ses adeptes sont persécutés, Windows 1.0 et 2.0 sont des échecs cuisants.
Et vient la révélation. Chacun comprend qu'il a tout intérêt à s'allier avec les puissants : le christianisme convertit l'empereur romain et Microsoft développe son Windows 3.1 avec les processeurs IBM. Ce dernier pose avec Microsoft les bases de Windows 95, Constantin impose le christianisme à son empire, c'est la conquête pure et simple du monde connu.
Il faut bien avouer que le "On est tous frères" et "Dieu est amour" c'est quand même nettement plus vendeur que les dieux à l'ancienne avides de guerre et de sacrifice.
Et puis malgré tous les bugs du catholicisme, il faut reconnaitre qu'un seul dieu à prier, et le même pour tout le monde, c'est quand même plus convivial que toutes ces religions polythéistes, et ça entraine moins de problèmes de compatibilité aussi.
Et viendra peut-être le jour où un Mahommet fera un tout nouvel OS en reprenant tout simplement le core du christianisme Windows et en changeant juste un peu l'interface et que ça aura un succès comparable.
L'aspect copie en moins on aurait presque pu croire à ça avec Linux. C'est vrai que l'OS gratuit ça avait de quoi ressembler à une prise de La Mecque par les armes mais en fait faut croire qu'on en est encore à l'Egire.
Personnellement j'espère que ce jour ne viendra jamais.
Contrairement aux religions qui sont un peu dépassées à l'heure actuelle, on aura toujours besoin d'un système d'exploitation pour faire tourner nos machines; même quand ce sera des hologrammes implantés directement dans notre cerveau il faudra bien choisir une boite pour nous faire l'interface. Et j'ai pas vraiment envie de voir une croisade de compatibilité.
J'aimerais bien trouver une dernière métaphore classe pour conclure mais je crois que j'ai épuisé mon quota de conneries pour la journée.
lundi 15 octobre 2007
Tolérance
Rassure-toi, je ne tiens pas à rappeler ici pour la énième fois à quel point c'est mal d'être raciste et important d'aimer son prochain et bla et bla et bla. C'est en effet un sujet important qui méritera sans doute que je m'attarde dessus plus tard - ce ne sera pas la première fois que je nous ferai perdre beaucoup de temps à toi et surtout à moi pour détailler ce qui est déjà une évidence pour toute personne douée de l'usage de son cerveau - mais ce n'est pas le sujet du jour.
Ce billet est en fait une réponse à un reproche qui m'est facilement formulé : le manque de tolérance.
Attention, on ne parle pas ici de tolérance au sens familier actuel, à savoir du contraire du racisme : la plupart des gens qui me connaissent un peu savent à quel point j'ai en horreur cette forme de prétention illégitime (le racisme, j'entends) et pourront donc, le cas échéant, le confirmer à ceux qui me connaissent moins.
Non, l'intolérance qu'on me reproche, à tort, ne s'arrête pas à de si ridicules considérations que la couleur de peau, la religion ou la nationalité. Elle les dépasse largement.
Oui, j'ai bien dit "à tort". En effet, comme 99% des gens à qui on pose la question, je peux dire sans trop hésiter que suis quelqu'un de très tolérant.
En fait, à peu près tout et tout le monde m'indispose.
Je déteste la vanité des vantards, l'hypocrisie des modestes, la stupidité du commun, l'arrogance de l'élite, la naïveté du religieux, l'intolérance de l'anticlérical, la paresse du noir, la cleptomanie de l'arabe, la fourberie du jaune, la suffisance du blanc et la connerie crasse du raciste.
Rien ne m'énerve plus que ces prétentieux qui ont un avis tranché sur tout et n'importe quoi, à part peut-être ceux qui, par paresse, lâcheté ou manque de personnalité, semblent n'avoir d'opinion sur aucun sujet.
Et ces gens "sociables", prêts à courber l'échine devant tous les codes de la politesse et de la convenance et à l'affût du moindre trait d'humour pouvant leur permettre de se faire remarquer; ils me sont aussi pathétiques que ceux qui se laissent vouer à la solitude par leur timidité ou leur misanthropie.
Je méprise aussi bien les abus des exploitants que la soumission des exploités, la nuisance des agresseurs que les plaintes incessantes des victimes, l'ingratitude des parvenus que la jalousie des indigents.
Même toi, quel que soit ton profil, j'aurais sûrement des tas de choses à te reprocher.
Même moi, je me retrouve dans de nombreux de ces aspects répulsifs que j'ai dénoncé plus haut.
Bref, l'humanité me donne chaque jour plus de raisons de la haïr.
Et pourtant je vis très bien avec.
J'entretiens une très bonne relation avec moi-même malgré tous les reproches que j'ai à me faire. Je vois régulièrement des gens et je m'entends bien avec la plupart d'entre eux pour ne pas dire tous, même si certains plus que d'autres. Il y en a même dont je viens à rechercher volontairement, et parfois activement, la compagnie, voire certains que je viens à aimer.
Je ne me souviens pas avoir déjà refusé quelqu'un à ma table au RU ou rejeté volontairement une poignée de main amicale.
Bref malgré toutes les critiques que je peux formuler à leur égard, malgré tous les vices que je leur prête et toute l'antipathie ou toutes les accusations de fautes impardonnables qu'ils méritent que je leur porte, je tolère tout-à-fait la quasi-totalité mon entourage.
En effet, il faut qu'il y ait un désagrément à tolérer pour pouvoir parler de tolérance.
En l'occurrence, c'est ma misanthropie qui fait de moi quelqu'un d'extrêmement tolérant.
Ce billet est en fait une réponse à un reproche qui m'est facilement formulé : le manque de tolérance.
Attention, on ne parle pas ici de tolérance au sens familier actuel, à savoir du contraire du racisme : la plupart des gens qui me connaissent un peu savent à quel point j'ai en horreur cette forme de prétention illégitime (le racisme, j'entends) et pourront donc, le cas échéant, le confirmer à ceux qui me connaissent moins.
Non, l'intolérance qu'on me reproche, à tort, ne s'arrête pas à de si ridicules considérations que la couleur de peau, la religion ou la nationalité. Elle les dépasse largement.
Oui, j'ai bien dit "à tort". En effet, comme 99% des gens à qui on pose la question, je peux dire sans trop hésiter que suis quelqu'un de très tolérant.
En fait, à peu près tout et tout le monde m'indispose.
Je déteste la vanité des vantards, l'hypocrisie des modestes, la stupidité du commun, l'arrogance de l'élite, la naïveté du religieux, l'intolérance de l'anticlérical, la paresse du noir, la cleptomanie de l'arabe, la fourberie du jaune, la suffisance du blanc et la connerie crasse du raciste.
Rien ne m'énerve plus que ces prétentieux qui ont un avis tranché sur tout et n'importe quoi, à part peut-être ceux qui, par paresse, lâcheté ou manque de personnalité, semblent n'avoir d'opinion sur aucun sujet.
Et ces gens "sociables", prêts à courber l'échine devant tous les codes de la politesse et de la convenance et à l'affût du moindre trait d'humour pouvant leur permettre de se faire remarquer; ils me sont aussi pathétiques que ceux qui se laissent vouer à la solitude par leur timidité ou leur misanthropie.
Je méprise aussi bien les abus des exploitants que la soumission des exploités, la nuisance des agresseurs que les plaintes incessantes des victimes, l'ingratitude des parvenus que la jalousie des indigents.
Même toi, quel que soit ton profil, j'aurais sûrement des tas de choses à te reprocher.
Même moi, je me retrouve dans de nombreux de ces aspects répulsifs que j'ai dénoncé plus haut.
Bref, l'humanité me donne chaque jour plus de raisons de la haïr.
Et pourtant je vis très bien avec.
J'entretiens une très bonne relation avec moi-même malgré tous les reproches que j'ai à me faire. Je vois régulièrement des gens et je m'entends bien avec la plupart d'entre eux pour ne pas dire tous, même si certains plus que d'autres. Il y en a même dont je viens à rechercher volontairement, et parfois activement, la compagnie, voire certains que je viens à aimer.
Je ne me souviens pas avoir déjà refusé quelqu'un à ma table au RU ou rejeté volontairement une poignée de main amicale.
Bref malgré toutes les critiques que je peux formuler à leur égard, malgré tous les vices que je leur prête et toute l'antipathie ou toutes les accusations de fautes impardonnables qu'ils méritent que je leur porte, je tolère tout-à-fait la quasi-totalité mon entourage.
En effet, il faut qu'il y ait un désagrément à tolérer pour pouvoir parler de tolérance.
En l'occurrence, c'est ma misanthropie qui fait de moi quelqu'un d'extrêmement tolérant.
lundi 8 octobre 2007
Pourquoi ?
En français, on fait souvent la confusion entre deux questions pourtant bien distinctes :
"Pourquoi ?" et "Pour quoi ?". En effet, si l'une se rapporte à la cause, l'autre se rapporte à la finalité.
J'ai même tendance à croire que ce flou est plutôt là à bon escient et que l'on a peut-être tord de s'échiner à répondre à certains pourquoi avec des parce que.
Un exemple : Prenons donc un mioche de base. L'enfant est souvent un peu con mais l'adulte, qui l'est parfois un peu moins, lui pardonne avec plaisir.
Donc nous sommes mercredi soir, il flotte et notre mioche, un peu con, pose une question, un peu conne elle aussi : "Pourquoi il pleut ?"
Là, l'adulte, dans un rare élan de paternalisme héroïque, détourne la tête de son écran ou de son journal et s'empresse de répondre au pourquoi du morveux par un éloquent "parce que" : "Parce que la teneur en vapeur d'eau du nuage atteint sa saturation autour de noyaux de condensation, ce qui, combiné à un effet de coalescence des gouttelettes, augmente leur poids jusqu'à ce qu'elles soient trop lourdes pour être portées par les courants ascendants." L'adulte, ayant parfois le soucis d'être compris de l'enfant, trouvera bon de simplifier l'explication. Parfois même certains parents, soucieux d'alimenter la transmission à leur enfant de leur débilité congénitale, se contenteront d'un affligeant "Parce que les nuages pleurent".
Quoi qu'il en soit le môme n'y trouvera pas son compte et répliquera du tac au tac par un autre pourquoi : "Et pourquoi les nuages ils pleurent ?"
Autre possibilité, l'adulte répond tout simplement "Pour arroser les poireaux." Là, le chiard la boucle et se replonge dans son activité précédente, souvent irritante et inutile. On a répondu à un "pour quoi ?", avec un "pour" et pas un "parce que". Et après tout c'est sûrement ça qu'attendait le marmot, il a la réponse à sa question, ce con d'adulte ne l'a pas gavé avec ses explications.
Et quand on y pense, on a marché au "parce que" pendant très longtemps, cherchant des causes à toutes sortes de phénomènes qui n'en avaient pas. Alors on a inventé des dieux pour se créer des causes, expliquer ce qu'on ne comprenait pas.
Pourquoi le soleil ? Parce que Ra voulait un serre-tête flashy. Pourquoi les éclairs ? Parce que Jupiter a pas trouvé plus classe pour nous emmerder de temps en temps. Pourquoi on existe ? Parce que Dieu voulait quelqu'un à qui interdire de bouffer cette foutue pomme.
Autant d'explications parfaitement illogiques, autant de causes imaginées de toutes pièces et rigoureusement inutiles.
Bref je ne suis pas en train de dire qu'il faut arrêter de chercher des "pourquoi" aux phénomènes qui ont un "parce que". Si Newton ne s'était pas demandé pourquoi la pomme tombait je n'aurais pas la télé par satellite et ce serait bien dommage.
Mais il y a bien des cas où on ferait mieux de convenir que la finalité est en soi une cause bien suffisante.
"Pourquoi ?" et "Pour quoi ?". En effet, si l'une se rapporte à la cause, l'autre se rapporte à la finalité.
J'ai même tendance à croire que ce flou est plutôt là à bon escient et que l'on a peut-être tord de s'échiner à répondre à certains pourquoi avec des parce que.
Un exemple : Prenons donc un mioche de base. L'enfant est souvent un peu con mais l'adulte, qui l'est parfois un peu moins, lui pardonne avec plaisir.
Donc nous sommes mercredi soir, il flotte et notre mioche, un peu con, pose une question, un peu conne elle aussi : "Pourquoi il pleut ?"
Là, l'adulte, dans un rare élan de paternalisme héroïque, détourne la tête de son écran ou de son journal et s'empresse de répondre au pourquoi du morveux par un éloquent "parce que" : "Parce que la teneur en vapeur d'eau du nuage atteint sa saturation autour de noyaux de condensation, ce qui, combiné à un effet de coalescence des gouttelettes, augmente leur poids jusqu'à ce qu'elles soient trop lourdes pour être portées par les courants ascendants." L'adulte, ayant parfois le soucis d'être compris de l'enfant, trouvera bon de simplifier l'explication. Parfois même certains parents, soucieux d'alimenter la transmission à leur enfant de leur débilité congénitale, se contenteront d'un affligeant "Parce que les nuages pleurent".
Quoi qu'il en soit le môme n'y trouvera pas son compte et répliquera du tac au tac par un autre pourquoi : "Et pourquoi les nuages ils pleurent ?"
Autre possibilité, l'adulte répond tout simplement "Pour arroser les poireaux." Là, le chiard la boucle et se replonge dans son activité précédente, souvent irritante et inutile. On a répondu à un "pour quoi ?", avec un "pour" et pas un "parce que". Et après tout c'est sûrement ça qu'attendait le marmot, il a la réponse à sa question, ce con d'adulte ne l'a pas gavé avec ses explications.
Et quand on y pense, on a marché au "parce que" pendant très longtemps, cherchant des causes à toutes sortes de phénomènes qui n'en avaient pas. Alors on a inventé des dieux pour se créer des causes, expliquer ce qu'on ne comprenait pas.
Pourquoi le soleil ? Parce que Ra voulait un serre-tête flashy. Pourquoi les éclairs ? Parce que Jupiter a pas trouvé plus classe pour nous emmerder de temps en temps. Pourquoi on existe ? Parce que Dieu voulait quelqu'un à qui interdire de bouffer cette foutue pomme.
Autant d'explications parfaitement illogiques, autant de causes imaginées de toutes pièces et rigoureusement inutiles.
Bref je ne suis pas en train de dire qu'il faut arrêter de chercher des "pourquoi" aux phénomènes qui ont un "parce que". Si Newton ne s'était pas demandé pourquoi la pomme tombait je n'aurais pas la télé par satellite et ce serait bien dommage.
Mais il y a bien des cas où on ferait mieux de convenir que la finalité est en soi une cause bien suffisante.
Religion en kit
Le plus important pour créer sa religion, c'est de bien avoir pensé aux propriétés de son ou de ses dieux.
Le concept de dieu peut prendre bien des formes et on ne peut prouver la fausseté d'aucune.
J'en distingue quatre :
-le dieu créateur, qui aurait créé tout ou partie de l'univers tel qu'on le connaît, que ce soit en créant de la matière ou des lois physiques, ou encore en lançant un processus qui aurait amené à la création de l'un ou de l'autre ou par n'importe quel autre moyen.
-le dieu guide, qui contrôlerait tout ou partie de notre univers, voire de nos vies ou de nos volontés, d'une manière ou d'une autre. Il peut impliquer l'existence d'un dieu juge susceptible de nous punir ou de nous récompenser.
-le dieu juge, qui jugerait et pèserait nos actes selon différents critères. Il pourrait nous accorder des récompenses ou au contraire des punitions, que ce soit dans notre vie dans le cas d'un dieu guide, ou dans l'après-vie dans l'hypothèse de l'existence d'une vie après la mort ou d'une réincarnation.
-le dieu gardien de la mort. En fait le plus important ici ce n'est pas vraiment le dieu mais plutôt le concept religieux de vie après la mort, impliquant que la mort ne serait pas une fin, mais plutôt une transition vers un autre lieu (Paradis, Enfer...) ou une autre vie (réincarnation...). Ce concept peut être indépendant de l'existence d'un dieu, mais on y associera généralement un dieu gardien de la mort voire un dieu juge.
Bien évidemment, à chaque fois, j'aurais pu employer le terme "dieu" au pluriel (d'ailleurs au début de la conception de l'article c'était le cas mais ça rajoutait des (s), des (les) et des (ent) partout et c'était très moche).
Plusieurs dieux peuvent occuper une même fonction ou se partager des fonctions différentes.
De même certaines fonctions peuvent être inoccupées. Notre dieu éventuel peut aussi déléguer certaines tâches ou fonctions à des sous-dieux, des humains, des animaux ou des créatures de toutes sortes.
Bref maintenant qu'on a la nomenclature, on peut se créer notre religion en kit. Comme je l'ai déjà dit, on ne peut pas, à l'heure actuelle, démontrer la fausseté d'une religion. C'est donc vraiment un bon filon à exploiter.
Ce qui marche très fort ces 2000 dernières années c'est le dieu unique qui remplit toutes les fonctions tout seul mais qui délègue un peu à des créatures ailées, voire qui partage la fonction de gardien de la mort avec un autre dieu cornu.
L'implantation d'une vie après la mort est aussi souvent un facteur de réussite dans la création de votre religion, surtout quand il promet les pires tourments à ceux qui n'y adhèrent pas.
Il est bon de veiller à rajouter des rites, des règles et des châtiments, ainsi que de penser à prêter une volonté à vos dieux : ça préserve l'intérêt des ouailles et les fidélisent.
Mais tout évolue et aujourd'hui on a carrément des religions sans dieu, basées sur une espèce de pseudo-science ou sur des histoires de science-fiction ou encore sur le culte de l'ego comme la scientologie ou le satanisme.
Le concept de dieu peut prendre bien des formes et on ne peut prouver la fausseté d'aucune.
J'en distingue quatre :
-le dieu créateur, qui aurait créé tout ou partie de l'univers tel qu'on le connaît, que ce soit en créant de la matière ou des lois physiques, ou encore en lançant un processus qui aurait amené à la création de l'un ou de l'autre ou par n'importe quel autre moyen.
-le dieu guide, qui contrôlerait tout ou partie de notre univers, voire de nos vies ou de nos volontés, d'une manière ou d'une autre. Il peut impliquer l'existence d'un dieu juge susceptible de nous punir ou de nous récompenser.
-le dieu juge, qui jugerait et pèserait nos actes selon différents critères. Il pourrait nous accorder des récompenses ou au contraire des punitions, que ce soit dans notre vie dans le cas d'un dieu guide, ou dans l'après-vie dans l'hypothèse de l'existence d'une vie après la mort ou d'une réincarnation.
-le dieu gardien de la mort. En fait le plus important ici ce n'est pas vraiment le dieu mais plutôt le concept religieux de vie après la mort, impliquant que la mort ne serait pas une fin, mais plutôt une transition vers un autre lieu (Paradis, Enfer...) ou une autre vie (réincarnation...). Ce concept peut être indépendant de l'existence d'un dieu, mais on y associera généralement un dieu gardien de la mort voire un dieu juge.
Bien évidemment, à chaque fois, j'aurais pu employer le terme "dieu" au pluriel (d'ailleurs au début de la conception de l'article c'était le cas mais ça rajoutait des (s), des (les) et des (ent) partout et c'était très moche).
Plusieurs dieux peuvent occuper une même fonction ou se partager des fonctions différentes.
De même certaines fonctions peuvent être inoccupées. Notre dieu éventuel peut aussi déléguer certaines tâches ou fonctions à des sous-dieux, des humains, des animaux ou des créatures de toutes sortes.
Bref maintenant qu'on a la nomenclature, on peut se créer notre religion en kit. Comme je l'ai déjà dit, on ne peut pas, à l'heure actuelle, démontrer la fausseté d'une religion. C'est donc vraiment un bon filon à exploiter.
Ce qui marche très fort ces 2000 dernières années c'est le dieu unique qui remplit toutes les fonctions tout seul mais qui délègue un peu à des créatures ailées, voire qui partage la fonction de gardien de la mort avec un autre dieu cornu.
L'implantation d'une vie après la mort est aussi souvent un facteur de réussite dans la création de votre religion, surtout quand il promet les pires tourments à ceux qui n'y adhèrent pas.
Il est bon de veiller à rajouter des rites, des règles et des châtiments, ainsi que de penser à prêter une volonté à vos dieux : ça préserve l'intérêt des ouailles et les fidélisent.
Mais tout évolue et aujourd'hui on a carrément des religions sans dieu, basées sur une espèce de pseudo-science ou sur des histoires de science-fiction ou encore sur le culte de l'ego comme la scientologie ou le satanisme.
Je suis agnostique
Malgré tous mes raisonnements païens et mes propos blasphématoires, je ne rejette pas totalement le concept de dieu. En fait, j'entretiens avec la religion des rapports assez complexes, un étrange mélange de fascination et de répulsion, d'intérêt et de rejet, de curiosité et de peur même.
J'ai beau rejeter le concept du dieu chrétien tel qu'on me l'appris, je n'arrive pas totalement à m'en détacher.
Même si je pense qu'il est plus probable que Dieu n'existe pas, je ne peux retenir certaines pensées purement déistes. Je maintiens un ensemble de vieux réflexes en quelques sortes, un peu comme le soldat revenu de la guerre continue à regarder derrière son épaule même s'il sait qu'il a désormais très peu de chance d'y voir un assaillant.
Je continue à essayer de maintenir un semblant d'équilibre entre le bien et le mal dans ce que je fais, je mesure mes actes suivant certains principes, pour beaucoup hérités de la morale chrétienne, et quand je veux très fort quelque chose qui ne dépend pas que de moi, je continue à me tourner instinctivement vers le Ciel ou vers une entité quelconque (dieu, chance, destin) qui m'y aiderait.
Et force est de reconnaitre que je ne suis pas en mesure de prouver que c'est vain.
La vie m'a plutôt gâté (tiens, encore une tournure de phrase un peu déiste) et les choses que j'ai vraiment voulu, dont j'ai vraiment formulé le souhait, j'ai fini, pour peu qu'elles soient réalisables, par en obtenir une bonne part bien qu'encore jeune.
Évidemment, cela a bien souvent pris des tournures évasives, presqu'ironiques parfois, rien que par le temps que ça mettait, la façon dont je finissais par obtenir ce que je désirais ou le contexte dans lequel ça arrivait.
Bien sûr, ce n'est ni une preuve, ni même un argument en (dé)faveur de l'existence d'un dieu quelconque. Bien au contraire, je cherche ici à exprimer mon incertitude à ce sujet.
J'ai fini par rejeter, sans doute pour de bon, le catholicisme et la chrétienté de manière générale car je trouvais leur vision de Dieu complètement incohérente avec le monde dans lequel nous vivons. Et puis je n'ai d'ailleurs jamais adhéré à cette histoire de Jésus. Aujourd'hui on voit partout des gens faire des tours de magie au moins aussi impressionnant que les "miracles" décrits dans l'Evangile et ce n'est pas pour autant qu'on croit leurs auteurs quand ils prétendent être un dieu incarné.
Me retrouvant donc sans religion, je n'ai pas tellement cherché à en trouver une nouvelle. Chacune présente, de là où je les vois, ses failles et ses faiblesses avec ses rites ridicules basés sur rien de concret, si ce n'est des mythes fantastiques dignes d'une roman de seconde zone.
Donc en l'absence de dieu référent pour me dire comment penser, je me créé ma propre ligne de conduite, avec ma petite logique et mes petits principes, basés sur ma maigre expérience et donc en perpétuelle évolution. En fait, je me juge moi-même selon mes propres critères.
Si un dieu quelconque veut que je me plie à sa volonté, qu'il commence par se révéler à moi de manière indiscutable et me l'expliquer. En attendant, ma volonté sera la seule à laquelle je me plierai.
J'ai beau rejeter le concept du dieu chrétien tel qu'on me l'appris, je n'arrive pas totalement à m'en détacher.
Même si je pense qu'il est plus probable que Dieu n'existe pas, je ne peux retenir certaines pensées purement déistes. Je maintiens un ensemble de vieux réflexes en quelques sortes, un peu comme le soldat revenu de la guerre continue à regarder derrière son épaule même s'il sait qu'il a désormais très peu de chance d'y voir un assaillant.
Je continue à essayer de maintenir un semblant d'équilibre entre le bien et le mal dans ce que je fais, je mesure mes actes suivant certains principes, pour beaucoup hérités de la morale chrétienne, et quand je veux très fort quelque chose qui ne dépend pas que de moi, je continue à me tourner instinctivement vers le Ciel ou vers une entité quelconque (dieu, chance, destin) qui m'y aiderait.
Et force est de reconnaitre que je ne suis pas en mesure de prouver que c'est vain.
La vie m'a plutôt gâté (tiens, encore une tournure de phrase un peu déiste) et les choses que j'ai vraiment voulu, dont j'ai vraiment formulé le souhait, j'ai fini, pour peu qu'elles soient réalisables, par en obtenir une bonne part bien qu'encore jeune.
Évidemment, cela a bien souvent pris des tournures évasives, presqu'ironiques parfois, rien que par le temps que ça mettait, la façon dont je finissais par obtenir ce que je désirais ou le contexte dans lequel ça arrivait.
Bien sûr, ce n'est ni une preuve, ni même un argument en (dé)faveur de l'existence d'un dieu quelconque. Bien au contraire, je cherche ici à exprimer mon incertitude à ce sujet.
J'ai fini par rejeter, sans doute pour de bon, le catholicisme et la chrétienté de manière générale car je trouvais leur vision de Dieu complètement incohérente avec le monde dans lequel nous vivons. Et puis je n'ai d'ailleurs jamais adhéré à cette histoire de Jésus. Aujourd'hui on voit partout des gens faire des tours de magie au moins aussi impressionnant que les "miracles" décrits dans l'Evangile et ce n'est pas pour autant qu'on croit leurs auteurs quand ils prétendent être un dieu incarné.
Me retrouvant donc sans religion, je n'ai pas tellement cherché à en trouver une nouvelle. Chacune présente, de là où je les vois, ses failles et ses faiblesses avec ses rites ridicules basés sur rien de concret, si ce n'est des mythes fantastiques dignes d'une roman de seconde zone.
Donc en l'absence de dieu référent pour me dire comment penser, je me créé ma propre ligne de conduite, avec ma petite logique et mes petits principes, basés sur ma maigre expérience et donc en perpétuelle évolution. En fait, je me juge moi-même selon mes propres critères.
Si un dieu quelconque veut que je me plie à sa volonté, qu'il commence par se révéler à moi de manière indiscutable et me l'expliquer. En attendant, ma volonté sera la seule à laquelle je me plierai.
mercredi 3 octobre 2007
Évolution
Évolutivement, l'Homme est dans une impasse.
Et oui, le confort moderne, les progrès de la médecine et de l'hygiène, la baisse de la natalité, les critères de choix des partenaires et le fonctionnement des sociétés modernes ont stoppé notre évolution.
Pour ceux qui n'écoutaient pas en bio, Charles Darwin nous a appris que l'évolution se faisait par l'apparition de caractères au hasard par mutations génétiques. Quand un des caractères qui apparaissent ainsi donne un avantage pour la survie, l'individu qui l'a développé a plus de chance d"atteindre l'âge de procréer pour le transmettre à sa descendance qui, elle-même, va mieux survivre et le transmettre à sa descendance. Et ainsi de suite jusqu'à ce que seule la progéniture de ce mutant ait survécu ou jusqu'à ce qu'elle ait subi d'autres mutations avantageuses en nombre suffisant pour donner une nouvelle espèce.
C'est ce même principe qui impliquait que seuls les plus forts, ceux avec les gènes les plus avantageux, survivaient et que l'espèce s'améliorait au fur et à mesure, que ce soit physiquement ou intellectuellement.
Seulement voilà, aujourd'hui on a la médecine, l'hygiène et des villes débarrassées de toute forme de prédateur, de sorte que même les enfants les plus faibles et stupides atteindront l'âge de transmettre leur patrimoine génétique et de faire ainsi d'autres enfants faibles et stupides, généralement avec des partenaires également faibles et stupides aussi qui, seuls, auront voulu d'eux.
Oui je sais, dit comme ça c'est horrible. Attention, je ne suis pas en train de dire qu'il faut rectifier le tir en tuant ou en castrant, je me contente de poser le problème.
Et le fait est que certains gènes sont plus avantageux que d'autres, qu'on le veuille ou non.
Il n'est pas question ici de couleur de peau ou de cheveux (chacune pouvant avoir une utilité évolutive selon les situations, par exemple de camouflage) mais il est clair que les gènes jouent un rôle essentiel dans la constitution physique et une certaine prédisposition à l'intelligence ou à certaines maladies.
Cette sélection dans les caractères existants est donc bloquée, mais ce n'est pas le plus gênant à mon goût.
Ce qui attriste le doux rêveur que je suis, c'est que dans le cas de l'émergence d'un nouveau caractère utile qui aurait un effet "néfaste" sur notre apparence, comme l'apparition de nageoires, de branchies ou d'une mâchoire plus puissante avec des crocs acérés, le "mutant" aurait bien du mal à trouver un(e) partenaire pour transmettre son avantage. Il en irait de même pour sa descendance et le même processus qui a jusqu'alors favorisé l'évolution entraverait la nôtre.
Quant à ceux qui ne seraient pas esthétiquement invalidants, comme une vue perçante ou une ouïe améliorée, ils ne se répandraient guère. Le fait de pouvoir détecter une odeur spécifique dans un certain rayon ne donnera pas à toutes les femmes l'envie irrésistible d'avoir un enfant de toi, alors qu'il t'aurait donné un formidable avantage évolutif en rapport avec la survie il y a de cela quelques millénaires. Ce don ne se répandra donc que dans la maigre population de ta descendance, toute aussi amenée à disparaître que n'importe quelle autre.
Les critères de choix des partenaires restent aujourd'hui les seuls vrais critères d'évolution. Et ils sont assez larges : comme on dit, on trouve toujours chaussure à son pied. De plus, ils sont assez changeants. Les canons de la beauté par exemple, qui sont un critère majeur de choix des partenaires depuis déjà un bout de temps, ont assez sensiblement varié au cours des derniers siècles, comme en témoigne le contraste entre les tableaux et sculptures de la Renaissance et les couvertures de nos magazines actuels.
Présenté ainsi, ça paraît triste pour l'humanité.
En réalité, ce que ça signifie, c'est que nous, toi et moi, sommes arrivés au sommet de l'évolution. Notre espèce n'ira pas plus haut et, si jamais une autre espèce en arrivait à notre niveau d'évolution intellectuelle, elle serait confrontée au même problème. Quand bien même elle ne suivrait pas notre voie naturellement, nous la pervertirions amicalement avec nos modes de vie et notre technologie dès les balbutiements de sa conscience et de son intelligence.
Nous sommes et resterons donc les êtres les plus évolués de cette planète, à moins qu'on ne trouve un moyen d'appliquer nous-même une sélection artificielle. À vrai dire je ne le souhaite pas du tout, et vue l'opinion qu'on garde des derniers qui ont essayé, je pense qu'on est tranquilles pour un moment.
Et oui, le confort moderne, les progrès de la médecine et de l'hygiène, la baisse de la natalité, les critères de choix des partenaires et le fonctionnement des sociétés modernes ont stoppé notre évolution.
Pour ceux qui n'écoutaient pas en bio, Charles Darwin nous a appris que l'évolution se faisait par l'apparition de caractères au hasard par mutations génétiques. Quand un des caractères qui apparaissent ainsi donne un avantage pour la survie, l'individu qui l'a développé a plus de chance d"atteindre l'âge de procréer pour le transmettre à sa descendance qui, elle-même, va mieux survivre et le transmettre à sa descendance. Et ainsi de suite jusqu'à ce que seule la progéniture de ce mutant ait survécu ou jusqu'à ce qu'elle ait subi d'autres mutations avantageuses en nombre suffisant pour donner une nouvelle espèce.
C'est ce même principe qui impliquait que seuls les plus forts, ceux avec les gènes les plus avantageux, survivaient et que l'espèce s'améliorait au fur et à mesure, que ce soit physiquement ou intellectuellement.
Seulement voilà, aujourd'hui on a la médecine, l'hygiène et des villes débarrassées de toute forme de prédateur, de sorte que même les enfants les plus faibles et stupides atteindront l'âge de transmettre leur patrimoine génétique et de faire ainsi d'autres enfants faibles et stupides, généralement avec des partenaires également faibles et stupides aussi qui, seuls, auront voulu d'eux.
Oui je sais, dit comme ça c'est horrible. Attention, je ne suis pas en train de dire qu'il faut rectifier le tir en tuant ou en castrant, je me contente de poser le problème.
Et le fait est que certains gènes sont plus avantageux que d'autres, qu'on le veuille ou non.
Il n'est pas question ici de couleur de peau ou de cheveux (chacune pouvant avoir une utilité évolutive selon les situations, par exemple de camouflage) mais il est clair que les gènes jouent un rôle essentiel dans la constitution physique et une certaine prédisposition à l'intelligence ou à certaines maladies.
Cette sélection dans les caractères existants est donc bloquée, mais ce n'est pas le plus gênant à mon goût.
Ce qui attriste le doux rêveur que je suis, c'est que dans le cas de l'émergence d'un nouveau caractère utile qui aurait un effet "néfaste" sur notre apparence, comme l'apparition de nageoires, de branchies ou d'une mâchoire plus puissante avec des crocs acérés, le "mutant" aurait bien du mal à trouver un(e) partenaire pour transmettre son avantage. Il en irait de même pour sa descendance et le même processus qui a jusqu'alors favorisé l'évolution entraverait la nôtre.
Quant à ceux qui ne seraient pas esthétiquement invalidants, comme une vue perçante ou une ouïe améliorée, ils ne se répandraient guère. Le fait de pouvoir détecter une odeur spécifique dans un certain rayon ne donnera pas à toutes les femmes l'envie irrésistible d'avoir un enfant de toi, alors qu'il t'aurait donné un formidable avantage évolutif en rapport avec la survie il y a de cela quelques millénaires. Ce don ne se répandra donc que dans la maigre population de ta descendance, toute aussi amenée à disparaître que n'importe quelle autre.
Les critères de choix des partenaires restent aujourd'hui les seuls vrais critères d'évolution. Et ils sont assez larges : comme on dit, on trouve toujours chaussure à son pied. De plus, ils sont assez changeants. Les canons de la beauté par exemple, qui sont un critère majeur de choix des partenaires depuis déjà un bout de temps, ont assez sensiblement varié au cours des derniers siècles, comme en témoigne le contraste entre les tableaux et sculptures de la Renaissance et les couvertures de nos magazines actuels.
Présenté ainsi, ça paraît triste pour l'humanité.
En réalité, ce que ça signifie, c'est que nous, toi et moi, sommes arrivés au sommet de l'évolution. Notre espèce n'ira pas plus haut et, si jamais une autre espèce en arrivait à notre niveau d'évolution intellectuelle, elle serait confrontée au même problème. Quand bien même elle ne suivrait pas notre voie naturellement, nous la pervertirions amicalement avec nos modes de vie et notre technologie dès les balbutiements de sa conscience et de son intelligence.
Nous sommes et resterons donc les êtres les plus évolués de cette planète, à moins qu'on ne trouve un moyen d'appliquer nous-même une sélection artificielle. À vrai dire je ne le souhaite pas du tout, et vue l'opinion qu'on garde des derniers qui ont essayé, je pense qu'on est tranquilles pour un moment.
Le monde est petit
"C'est fou comme le monde est petit !"
Cet immonde lieu commun est tellement souvent prononcé qu'il en est devenu affligeant de banalité. Il est pourtant censé n'être formulé que pour marquer le type d'évènements par définition les moins fréquents de la vie d'un homme (ou d'une femme, ou même d'un chien, voire d'un poisson rouge même si c'est plus rare qu'il en parle) : les coïncidences.
Et oui, c'est bien de cela qu'il est aujourd'hui question.
Cela nous arrive à tous, pour peu qu'on ne soit pas totalement dépourvu de réseau social, de croiser par hasard sur un forum l'ex de son meilleur ami, de retrouver un vieux pote de fac qui habite maintenant à l'autre bout du pays lors d'un séminaire en Espagne, ou encore de se rendre compte que la petite boulangère à qui on achète le pain depuis des années est en fait la nièce d'une collègue de boulot de notre mère.
C'est fou toutes ces coïncidence ! Il doit bien y avoir quelque part une forme de destin ou de providence qui nous guide vers ces faits improbables.
Et bin non. Tout ça peut s'expliquer relativement bien si on y réfléchit.
Considérant le nombre d'individus qu'on connaît dans toute une vie, ça paraît même plutôt normal, même pour quelqu'un qui n'a pas l'impression de mener une vie sociale hors du commun.
Prenons déjà toute nos familles : oncles, tantes, grands-parents, grands-oncles, grandes-tantes, cousins... On obtient souvent un réseau social extrêmement vaste rien que par la naissance. Ajoutons à cela toutes les personnes qui ont été dans chacune de nos classes pendant notre scolarité, plus tous ceux qui ont pratiqué, aux mêmes moments et niveaux, les mêmes activités extra-scolaires que nous. On peut encore rajouter les gens qu'on a connus en vacances, tous ceux avec qui on a pu discuter lors de telle ou telle soirée, ou encore ceux dont on a entendu parler sans les côtoyer plus que ça. Pour finir, pensons à tous les proches qu'on a pu fréquenter assidument à un moment ou à un autre de notre vie, ainsi que ceux qu'on a connu par leur biais (cop(a)in(es), famille, potes de potes .etc).
On arrive très vite à une masse considérable de gens dont on peut facilement se rappeler en les voyant et qu'on est au moins capable de reconnaitre. Quelque part c'est presque étonnant qu'on puisse mettre un pied dehors sans en croiser.
De plus, on s'aperçoit souvent que les soi-disant coïncidences s'expliquent souvent assez facilement de manière logique.
Si on reprend les exemples de tout à l'heure :
Ton pote avait transmis à son ex la passion que vous partagez tous les deux pour la science-fiction : il est donc normal que tu la retrouves sur ton forum Star Wars ; vous avez sympathisé avec ton pote de fac dans la même classe : vous avez eu le même diplôme et êtes employés par le même type de boite qui, logiquement, vous envoient tous les deux au même séminaire ; ta famille habite la ville depuis un bout de temps : il y avait toutes les chances pour qu'un de tes commerçants soit de la famille de quelqu'un de ton réseau sociale.
Je vais illustrer mes propos avec un exemple personnel assez marquant à mon goût :
Le jour de ma JAPD, je me suis retrouvé avec un mec que je connaissais vaguement. On avait des potes en commun, on fréquentait tous les deux le milieu mélomane nazairien, on connaissait nos groupes respectifs, peut-être même qu'on répétait en même temps, on était tous les deux bassistes... Bref en soit, le fait que nous nous soyons retrouvés tous deux convoqués le même jour et dans la même salle tenait déjà en soit d'une légère coïncidence.
Ne connaissant personne d'autre, nous avons donc passé la journée tous les deux, aussi avons-nous eu tout loisir de discuter. Et c'est ainsi que j'ai appris qu'en plus de vivre dans la même ville et d'être tous les deux bassistes, nous étions tous les deux nés exactement le même jour et qu'en plus, nous fréquentions tous les deux, de manière assez assidue, le même forum d'un site Internet pour bassistes. C'était donc une triple coïncidence.
Mais en y réfléchissant, il n'y pas vraiment de quoi s'émerveiller. La plupart de ces évènements découlaient les uns des autres.
En effet, notre date de convocation était en lien direct avec notre date de naissance, nous nous serions sans doute aperçu, si nous nous en étions enquis, que nous n'étions entourés que de gens nés pendant le mois d'octobre 1986, peut-être même tous entre le 15 et le 19.
Quant au forum, rien d'aberrant à ce que deux jeunes bassistes de 18ans fréquentent tous les deux le forum du plus gros site français pour bassiste de l'époque.
Bref la seule vraie coïncidence était que deux bassistes vivant dans la même ville soient nés le même jour. Et encore, si je recensais tous les musiciens d'à peu près mon âge que j'ai pu croiser de près ou de loin, je m'apercevrais sans doute que les probabilités qu'il y en ait un qui soit né le même jour que moi étaient loin d'être ridicules.
Cette histoire reste tout de même anecdotique, mais il est normal que des évènements pourvus d'une probabilité de cet ordre nous arrivent plusieurs fois dans une vie.
Ne gâchons donc plus nos salives à nous émerveiller sans arrêt de des pseudo-prodiges soi-disant improbables.
Cet immonde lieu commun est tellement souvent prononcé qu'il en est devenu affligeant de banalité. Il est pourtant censé n'être formulé que pour marquer le type d'évènements par définition les moins fréquents de la vie d'un homme (ou d'une femme, ou même d'un chien, voire d'un poisson rouge même si c'est plus rare qu'il en parle) : les coïncidences.
Et oui, c'est bien de cela qu'il est aujourd'hui question.
Cela nous arrive à tous, pour peu qu'on ne soit pas totalement dépourvu de réseau social, de croiser par hasard sur un forum l'ex de son meilleur ami, de retrouver un vieux pote de fac qui habite maintenant à l'autre bout du pays lors d'un séminaire en Espagne, ou encore de se rendre compte que la petite boulangère à qui on achète le pain depuis des années est en fait la nièce d'une collègue de boulot de notre mère.
C'est fou toutes ces coïncidence ! Il doit bien y avoir quelque part une forme de destin ou de providence qui nous guide vers ces faits improbables.
Et bin non. Tout ça peut s'expliquer relativement bien si on y réfléchit.
Considérant le nombre d'individus qu'on connaît dans toute une vie, ça paraît même plutôt normal, même pour quelqu'un qui n'a pas l'impression de mener une vie sociale hors du commun.
Prenons déjà toute nos familles : oncles, tantes, grands-parents, grands-oncles, grandes-tantes, cousins... On obtient souvent un réseau social extrêmement vaste rien que par la naissance. Ajoutons à cela toutes les personnes qui ont été dans chacune de nos classes pendant notre scolarité, plus tous ceux qui ont pratiqué, aux mêmes moments et niveaux, les mêmes activités extra-scolaires que nous. On peut encore rajouter les gens qu'on a connus en vacances, tous ceux avec qui on a pu discuter lors de telle ou telle soirée, ou encore ceux dont on a entendu parler sans les côtoyer plus que ça. Pour finir, pensons à tous les proches qu'on a pu fréquenter assidument à un moment ou à un autre de notre vie, ainsi que ceux qu'on a connu par leur biais (cop(a)in(es), famille, potes de potes .etc).
On arrive très vite à une masse considérable de gens dont on peut facilement se rappeler en les voyant et qu'on est au moins capable de reconnaitre. Quelque part c'est presque étonnant qu'on puisse mettre un pied dehors sans en croiser.
De plus, on s'aperçoit souvent que les soi-disant coïncidences s'expliquent souvent assez facilement de manière logique.
Si on reprend les exemples de tout à l'heure :
Ton pote avait transmis à son ex la passion que vous partagez tous les deux pour la science-fiction : il est donc normal que tu la retrouves sur ton forum Star Wars ; vous avez sympathisé avec ton pote de fac dans la même classe : vous avez eu le même diplôme et êtes employés par le même type de boite qui, logiquement, vous envoient tous les deux au même séminaire ; ta famille habite la ville depuis un bout de temps : il y avait toutes les chances pour qu'un de tes commerçants soit de la famille de quelqu'un de ton réseau sociale.
Je vais illustrer mes propos avec un exemple personnel assez marquant à mon goût :
Le jour de ma JAPD, je me suis retrouvé avec un mec que je connaissais vaguement. On avait des potes en commun, on fréquentait tous les deux le milieu mélomane nazairien, on connaissait nos groupes respectifs, peut-être même qu'on répétait en même temps, on était tous les deux bassistes... Bref en soit, le fait que nous nous soyons retrouvés tous deux convoqués le même jour et dans la même salle tenait déjà en soit d'une légère coïncidence.
Ne connaissant personne d'autre, nous avons donc passé la journée tous les deux, aussi avons-nous eu tout loisir de discuter. Et c'est ainsi que j'ai appris qu'en plus de vivre dans la même ville et d'être tous les deux bassistes, nous étions tous les deux nés exactement le même jour et qu'en plus, nous fréquentions tous les deux, de manière assez assidue, le même forum d'un site Internet pour bassistes. C'était donc une triple coïncidence.
Mais en y réfléchissant, il n'y pas vraiment de quoi s'émerveiller. La plupart de ces évènements découlaient les uns des autres.
En effet, notre date de convocation était en lien direct avec notre date de naissance, nous nous serions sans doute aperçu, si nous nous en étions enquis, que nous n'étions entourés que de gens nés pendant le mois d'octobre 1986, peut-être même tous entre le 15 et le 19.
Quant au forum, rien d'aberrant à ce que deux jeunes bassistes de 18ans fréquentent tous les deux le forum du plus gros site français pour bassiste de l'époque.
Bref la seule vraie coïncidence était que deux bassistes vivant dans la même ville soient nés le même jour. Et encore, si je recensais tous les musiciens d'à peu près mon âge que j'ai pu croiser de près ou de loin, je m'apercevrais sans doute que les probabilités qu'il y en ait un qui soit né le même jour que moi étaient loin d'être ridicules.
Cette histoire reste tout de même anecdotique, mais il est normal que des évènements pourvus d'une probabilité de cet ordre nous arrivent plusieurs fois dans une vie.
Ne gâchons donc plus nos salives à nous émerveiller sans arrêt de des pseudo-prodiges soi-disant improbables.
lundi 1 octobre 2007
L'acte désintéressé
Je ne suis pas le premier à le dire : il n'y a pas d'acte désintéressé.
Tout acte est forcément accompli dans le but de se faire plaisir à soi-même, que ce soit directement ou par le biais de quelqu'un d'autre. Même quand on s'occupe d'un ami, de ses enfants ou même d'un quidam quelconque sans y trouver de récompense personnelle, c'est que cela nous apporte une satisfaction.
Cette satisfaction peut être de différentes natures :
-plaisir personnel égoïste;
-intérêt à plus ou moins long terme;
-satisfaction du devoir accompli;
-éviter un déplaisir, une douleur ou un sentiment de culpabilité éventuel.
Evidemment, je ne peux pas vraiment le démontrer, mais j'attends encore le contre-exemple que je ne pourrais pas, d'une manière ou d'une autre, classer dans une des catégories ci-dessus.
Tant que j'y suis, je vais en profiter pour exposer un paradoxe que je trouve assez amusant. Je suppose qu'on y a déjà pensé avant moi : ce concept est survolé à la fin du film Constantine mais je m'étais fait ce raisonnement bien avant sa sortie.
Il s'agit du concept théologique que j'ai nommé concept du "vrai sacrifice", qui est en réalité un triple paradoxe.
Posons les règles de base.
Suivant la religion chrétienne, on est sensé accéder au Paradis par des bonnes actions pour autrui. Une bonne action pour autrui est forcément désintéressée, sinon c'est une action pour soi, une action égoïste, pas un vrai sacrifice.
De plus, la foi est aussi un critère extrêmement important dans l'accession au Paradis. Le bon chrétien n'est donc pas sans ignorer que les bonnes actions lavent son âme et le rapprochent du Salut.
Néanmoins, le bon chrétien qui accumule les actions de charité et de don de soi dans l'objectif d'aller au Paradis est intéressé. Ce qu'il donne en temps, biens, efforts ou souffrances, il le récupère en lavant son âme. De part sa nature intéressée, cette bonne action s'annule donc : premier paradoxe.
De plus, en soulageant la souffrance physique de la chair mortelle de son prochain, il noircit l'âme de celui-ci (la souffrance et la misère terrestes étant des critères d'accession au Paradis). Sa bonne action se change donc en mauvaise action : second paradoxe.
La vraie bonne action consiste donc à salir son âme pour laver celle des autres. Suivant ce principe, c'est ainsi en accomplissant les pires pêchés, en se rendant coupables des pires cruautés, que l'âme immortelle de son prochain à qui on inflige souffrance et misère se trouve lavée. La nôtre s'en trouvant noircie, nous n'y trouvons donc aucun intérêt et accomplissons là la seule vraie bonne action désintéressée possible : troisième paradoxe.
Un élément de plus à ajouter au discrédit de la chrétienté. C'est d'ailleurs aussi sûrement valable pour un paquet d'autres religions, en remplaçant la notion de Paradis par celle de karma ou autre.
Tout acte est forcément accompli dans le but de se faire plaisir à soi-même, que ce soit directement ou par le biais de quelqu'un d'autre. Même quand on s'occupe d'un ami, de ses enfants ou même d'un quidam quelconque sans y trouver de récompense personnelle, c'est que cela nous apporte une satisfaction.
Cette satisfaction peut être de différentes natures :
-plaisir personnel égoïste;
-intérêt à plus ou moins long terme;
-satisfaction du devoir accompli;
-éviter un déplaisir, une douleur ou un sentiment de culpabilité éventuel.
Evidemment, je ne peux pas vraiment le démontrer, mais j'attends encore le contre-exemple que je ne pourrais pas, d'une manière ou d'une autre, classer dans une des catégories ci-dessus.
Tant que j'y suis, je vais en profiter pour exposer un paradoxe que je trouve assez amusant. Je suppose qu'on y a déjà pensé avant moi : ce concept est survolé à la fin du film Constantine mais je m'étais fait ce raisonnement bien avant sa sortie.
Il s'agit du concept théologique que j'ai nommé concept du "vrai sacrifice", qui est en réalité un triple paradoxe.
Posons les règles de base.
Suivant la religion chrétienne, on est sensé accéder au Paradis par des bonnes actions pour autrui. Une bonne action pour autrui est forcément désintéressée, sinon c'est une action pour soi, une action égoïste, pas un vrai sacrifice.
De plus, la foi est aussi un critère extrêmement important dans l'accession au Paradis. Le bon chrétien n'est donc pas sans ignorer que les bonnes actions lavent son âme et le rapprochent du Salut.
Néanmoins, le bon chrétien qui accumule les actions de charité et de don de soi dans l'objectif d'aller au Paradis est intéressé. Ce qu'il donne en temps, biens, efforts ou souffrances, il le récupère en lavant son âme. De part sa nature intéressée, cette bonne action s'annule donc : premier paradoxe.
De plus, en soulageant la souffrance physique de la chair mortelle de son prochain, il noircit l'âme de celui-ci (la souffrance et la misère terrestes étant des critères d'accession au Paradis). Sa bonne action se change donc en mauvaise action : second paradoxe.
La vraie bonne action consiste donc à salir son âme pour laver celle des autres. Suivant ce principe, c'est ainsi en accomplissant les pires pêchés, en se rendant coupables des pires cruautés, que l'âme immortelle de son prochain à qui on inflige souffrance et misère se trouve lavée. La nôtre s'en trouvant noircie, nous n'y trouvons donc aucun intérêt et accomplissons là la seule vraie bonne action désintéressée possible : troisième paradoxe.
Un élément de plus à ajouter au discrédit de la chrétienté. C'est d'ailleurs aussi sûrement valable pour un paquet d'autres religions, en remplaçant la notion de Paradis par celle de karma ou autre.
dimanche 30 septembre 2007
Et pourquoi pas le centre ?
Allez un peu de propagande de politique :
T'es-tu déjà demandé pourquoi tu n'étais pas centriste ?
Malgré le fait que tu perdes ton temps à lire ces lignes, j'aime à penser que tu n'es pas trop stupide. Tu ne te contenterais donc pas de répondre bêtement par un simple "parce que je suis de gauche/droite rayer la mention inutile" sans t'être vraiment posé la question. Tu ne peux pas non plus t'être arrêté à l'image d'incompétence juvénile de Bayrou renvoyée par les guignols, ou par la soi-disant absence de programme du parti centriste dénoncée par ses adversaires eux-mêmes les moins pourvus en la matière.
Je sais que la gauche t'a dit que l'UDF était un parti de droite, que Sarkozy t'a répété qu'ils marchaient main dans la main avec le PS, et qu'en bon gauchiste/droiteux que tu es, tu as été tenté de croire l'un ou l'autre. Mais je crois sincèrement que tu n'es pas complètement idiot, que tu es capable de te rendre compte qu'un parti désigné par la droite comme étant de gauche et par la gauche comme étant de droite doit bien au final être au moins un peu au centre pour de vrai.
Tu ne t'es pas non plus laissé démonter par l'argumerde du vote utile, pas après la montée fulgurante de Bayrou dans les sondages des dernières présidentielles, qu'on voyait à égalité avec Ségolène au premier tour et seul vainqueur possible contre Sarkozy au second.
En fait si, je crois que tu ne t'y es pas intéressé de plus près à cause d'une de ces raisons ridicules.
Bayrouiste (ça se dit ?) convaincu, j'ai tenté de rallier à sa cause nombre de ceux avec qui j'ai débattu durant la période électorale des présidentielles (période on ne peut plus propice aux débats et aux remises en questions politiques). Je n'ai eu pour réponse de mes vis-à-vis que ce genre d'argument. Les seules personnes qui s'étaient intéressées au programme de l'UDF étaient finalement ceux qui, comme moi, avaient choisi de lui donner leur vote.
Alors peut-être fais-tu partie de ceux que je n'ai pas encore rencontrés qui, ayant pris connaissance du programme centriste, ne s'y sont pas reconnus; mais je t'avoue que j'ai plutôt tendance à penser que tu ne t'y es tout simplement pas attardé.
Tu admettras pourtant que ça vaut bien un coup d'œil, surtout à la cyberheure actuelle où, en deux clics, au lieu de perdre ton temps sur un blog quelconque, tu aurais pu être en train de consulter les programmes des uns et des autres sur leurs sites officiels.
As-tu été à ce point convaincu par un quelconque gouvernement de droite ou de gauche que tu as vu se succéder que tu estimes ta confiance en ton parti infaillible ? N'as-tu pas envie de voir si, ailleurs, il pourrait y avoir des idées au moins aussi intelligentes ?
Peut-être es-tu un militant communiste convaincu de l'essence démoniaque d'un régime prenant en compte le fonctionnement de l'économie, ou un réactionnaire persuadé qu'il n'y aura point de salut sans fermeture des frontières. Dans ce cas-là effectivement, rien ne sert de t'intéresser au centre, ne perd pas ton temps et va droit aux urnes voter pour ton petit candidat qui ne sera jamais élu, et j'ai envie de dire heureusement. Mais dans le cas contraire, tu devrais au moins jeter un œil aux propositions de l'UDF, tu pourrais bien y trouver ton compte.
Bref ce n'est pas à moi de te dire pour qui voter, mais aux prochaines élections, fais-moi le plaisir de te renseigner sur les programmes des candidats, au moins ceux vaguement susceptibles d'être élus, avant de glisser bêtement ton bulletin habituel dans l'urne.
T'es-tu déjà demandé pourquoi tu n'étais pas centriste ?
Malgré le fait que tu perdes ton temps à lire ces lignes, j'aime à penser que tu n'es pas trop stupide. Tu ne te contenterais donc pas de répondre bêtement par un simple "parce que je suis de gauche/droite rayer la mention inutile" sans t'être vraiment posé la question. Tu ne peux pas non plus t'être arrêté à l'image d'incompétence juvénile de Bayrou renvoyée par les guignols, ou par la soi-disant absence de programme du parti centriste dénoncée par ses adversaires eux-mêmes les moins pourvus en la matière.
Je sais que la gauche t'a dit que l'UDF était un parti de droite, que Sarkozy t'a répété qu'ils marchaient main dans la main avec le PS, et qu'en bon gauchiste/droiteux que tu es, tu as été tenté de croire l'un ou l'autre. Mais je crois sincèrement que tu n'es pas complètement idiot, que tu es capable de te rendre compte qu'un parti désigné par la droite comme étant de gauche et par la gauche comme étant de droite doit bien au final être au moins un peu au centre pour de vrai.
Tu ne t'es pas non plus laissé démonter par l'argumerde du vote utile, pas après la montée fulgurante de Bayrou dans les sondages des dernières présidentielles, qu'on voyait à égalité avec Ségolène au premier tour et seul vainqueur possible contre Sarkozy au second.
En fait si, je crois que tu ne t'y es pas intéressé de plus près à cause d'une de ces raisons ridicules.
Bayrouiste (ça se dit ?) convaincu, j'ai tenté de rallier à sa cause nombre de ceux avec qui j'ai débattu durant la période électorale des présidentielles (période on ne peut plus propice aux débats et aux remises en questions politiques). Je n'ai eu pour réponse de mes vis-à-vis que ce genre d'argument. Les seules personnes qui s'étaient intéressées au programme de l'UDF étaient finalement ceux qui, comme moi, avaient choisi de lui donner leur vote.
Alors peut-être fais-tu partie de ceux que je n'ai pas encore rencontrés qui, ayant pris connaissance du programme centriste, ne s'y sont pas reconnus; mais je t'avoue que j'ai plutôt tendance à penser que tu ne t'y es tout simplement pas attardé.
Tu admettras pourtant que ça vaut bien un coup d'œil, surtout à la cyberheure actuelle où, en deux clics, au lieu de perdre ton temps sur un blog quelconque, tu aurais pu être en train de consulter les programmes des uns et des autres sur leurs sites officiels.
As-tu été à ce point convaincu par un quelconque gouvernement de droite ou de gauche que tu as vu se succéder que tu estimes ta confiance en ton parti infaillible ? N'as-tu pas envie de voir si, ailleurs, il pourrait y avoir des idées au moins aussi intelligentes ?
Peut-être es-tu un militant communiste convaincu de l'essence démoniaque d'un régime prenant en compte le fonctionnement de l'économie, ou un réactionnaire persuadé qu'il n'y aura point de salut sans fermeture des frontières. Dans ce cas-là effectivement, rien ne sert de t'intéresser au centre, ne perd pas ton temps et va droit aux urnes voter pour ton petit candidat qui ne sera jamais élu, et j'ai envie de dire heureusement. Mais dans le cas contraire, tu devrais au moins jeter un œil aux propositions de l'UDF, tu pourrais bien y trouver ton compte.
Bref ce n'est pas à moi de te dire pour qui voter, mais aux prochaines élections, fais-moi le plaisir de te renseigner sur les programmes des candidats, au moins ceux vaguement susceptibles d'être élus, avant de glisser bêtement ton bulletin habituel dans l'urne.
Crois en moi
8 millions de scientologues croient que leurs problèmes viennent d'âmes extraterrestres enfermées dans leurs corps par l'ancien empereur galactique Xenu.
13 millions de mormons croient en un Jésus Christ qui aurait visité le continent américain antique, alors peuplé par des blancs "civilisés".
15 millions de juifs, 1,3 milliard de musulmans et 2,2 milliard de chrétiens croient que des créatures faites de lumière, ailées et asexuées, font l'intermédiaire entre nous et un dieu tout-puissant qui nous aurait tous créés.
Si autant de gens croient en un tel tissu de mythes invérifiables, pourquoi ne croiraient-ils pas en moi ?
Moi j'existe, je peux le prouver.
Sur les 6 milliards d'habitants de cette planète, à peine 900 millions sont sans religion. Si on fait fi des 150 millions d'athées qui refusent de croire par principe, j'arriverai bien à convaincre quelques-uns des 750 millions d'agnostiques de croire en moi et de me vénérer.
Après tout, pour être un dieu au même titre que les autres, il suffit qu'une part de la population te vénère : aucun des "dieux existants" ne fait pour l'instant l'unanimité. Quand on voit le nombre de gens à qui les Raziel, L. Ron Hubbard, Joseph Smith, Moïse, Mohammed ou autres Jésus ont fait gober leurs conneries, je ne vois vraiment aucune raison de ne pas parvenir à me faire déifier au moins par quelques illuminés.
13 millions de mormons croient en un Jésus Christ qui aurait visité le continent américain antique, alors peuplé par des blancs "civilisés".
15 millions de juifs, 1,3 milliard de musulmans et 2,2 milliard de chrétiens croient que des créatures faites de lumière, ailées et asexuées, font l'intermédiaire entre nous et un dieu tout-puissant qui nous aurait tous créés.
Si autant de gens croient en un tel tissu de mythes invérifiables, pourquoi ne croiraient-ils pas en moi ?
Moi j'existe, je peux le prouver.
Sur les 6 milliards d'habitants de cette planète, à peine 900 millions sont sans religion. Si on fait fi des 150 millions d'athées qui refusent de croire par principe, j'arriverai bien à convaincre quelques-uns des 750 millions d'agnostiques de croire en moi et de me vénérer.
Après tout, pour être un dieu au même titre que les autres, il suffit qu'une part de la population te vénère : aucun des "dieux existants" ne fait pour l'instant l'unanimité. Quand on voit le nombre de gens à qui les Raziel, L. Ron Hubbard, Joseph Smith, Moïse, Mohammed ou autres Jésus ont fait gober leurs conneries, je ne vois vraiment aucune raison de ne pas parvenir à me faire déifier au moins par quelques illuminés.
vendredi 28 septembre 2007
Amitié et familiarité
Desproges classait les gens qui nous entourent en 5 catégories "qu'on a plus ou moins le temps d'aimer" : les inconnus (il peut s'en génocider des mille et des cent sans qu'on en soit guère affecté), les relations (essentiellement décoratives ou entretenues par politesse, pouvant parfois se muer en amitié), les copains (avec qui on entretient une certaine complicité, allant parfois jusqu'à se comprendre à demi-mot), les amis (qui se distinguent par leur capacité à nous décevoir profondément) et la femme qu'on aime.
Même si personnellement j'aurais rajouté quelques catégories, comme la famille ou les flirts, j'ai toujours trouvé cette catégorisation d'une pertinence remarquable.
Mais ce n'est pas vraiment le sujet que je voulais aborder ici.
Tu auras sans doute remarqué qu'on traite souvent mieux les personnes qu'on connait moins bien. En effet, on a tendance à envoyer plus facilement sur les roses sa propre mère qu'un vague collègue de boulot quand l'un des deux vient nous demander un service ennuyeux; en soirée, on se montre souvent plus agréable et moins agressif dans nos désaccord envers un quelconque quidam avec qui on converse depuis quelques minutes qu'avec un ami de toujours; on retient désespéremment l'horrible pet encore humide du cassoulet de la veille assis dans le tram derrière une inconnue, alors qu'on se laisse aller sans vergogne allongé à côté de la femme qu'on aime.
Ce phénomène, si répandu et pourtant si généralement mal géré, s'appelle la familiarité.
Il a brisé plus de couples que l'alcool et l'impuissance réunis, rendu invivables les réunions des familles les plus unies et, plus grave que tout, lassé les amitiés les plus profondes.
C'est vrai que c'est mal foutu quand on y pense. C'est avec les personnes qu'on connait, et souvent qu'on aime le plus qu'on se comporte le moins bien, qu'on s'engueule le plus, qu'on se laisse le plus aller, qu'on est le moins correct.
Ce quasi-paradoxe est d'autant plus délicat à gérer pour les nombreuses personnes qui peinent à exprimer devant autrui leurs émotions ou sentiments ou qui, comme moi, évitent plus ou moins volontairement de le faire.
Il existe selon moi deux moyens de le combattre : Soit s'efforcer de pas y succomber et d'être d'autant plus adorable avec ceux qui nous sont proches, ce qui a tendance à impliquer d'être aussi plus froid et plus fermé aux inconnus et aux relations, surtout quand on y ajoute un certain degré de timidité ou de misanthropie; soit en faire fi, tâcher de reconnaitre cette familiarité dans les comportements qu'elle induit et ne pas y prêter attention.
Une troisième méthode, un peu plus tordue, consiste à la prendre pour ce qu'elle est, une manifestation, certes involontaire, inconsciente et désagréable, de proximité et d'affection.
Même si j'y suis relativement peu sensible, je remarque aujourd'hui que les pires disputes que j'aie eues, les pires moments que j'aie pu connaitre et les seules larmes que j'aie versées ces dernières années étaient le fruit de cette familiarité.
Desproges distinguait l'ami par sa capacité à nous décevoir. Je distingue les personnes que j'aime en général (que ce soit d'amour familial, sentimental ou d'amitié) par leur capacité à me faire souffrir.
Même si personnellement j'aurais rajouté quelques catégories, comme la famille ou les flirts, j'ai toujours trouvé cette catégorisation d'une pertinence remarquable.
Mais ce n'est pas vraiment le sujet que je voulais aborder ici.
Tu auras sans doute remarqué qu'on traite souvent mieux les personnes qu'on connait moins bien. En effet, on a tendance à envoyer plus facilement sur les roses sa propre mère qu'un vague collègue de boulot quand l'un des deux vient nous demander un service ennuyeux; en soirée, on se montre souvent plus agréable et moins agressif dans nos désaccord envers un quelconque quidam avec qui on converse depuis quelques minutes qu'avec un ami de toujours; on retient désespéremment l'horrible pet encore humide du cassoulet de la veille assis dans le tram derrière une inconnue, alors qu'on se laisse aller sans vergogne allongé à côté de la femme qu'on aime.
Ce phénomène, si répandu et pourtant si généralement mal géré, s'appelle la familiarité.
Il a brisé plus de couples que l'alcool et l'impuissance réunis, rendu invivables les réunions des familles les plus unies et, plus grave que tout, lassé les amitiés les plus profondes.
C'est vrai que c'est mal foutu quand on y pense. C'est avec les personnes qu'on connait, et souvent qu'on aime le plus qu'on se comporte le moins bien, qu'on s'engueule le plus, qu'on se laisse le plus aller, qu'on est le moins correct.
Ce quasi-paradoxe est d'autant plus délicat à gérer pour les nombreuses personnes qui peinent à exprimer devant autrui leurs émotions ou sentiments ou qui, comme moi, évitent plus ou moins volontairement de le faire.
Il existe selon moi deux moyens de le combattre : Soit s'efforcer de pas y succomber et d'être d'autant plus adorable avec ceux qui nous sont proches, ce qui a tendance à impliquer d'être aussi plus froid et plus fermé aux inconnus et aux relations, surtout quand on y ajoute un certain degré de timidité ou de misanthropie; soit en faire fi, tâcher de reconnaitre cette familiarité dans les comportements qu'elle induit et ne pas y prêter attention.
Une troisième méthode, un peu plus tordue, consiste à la prendre pour ce qu'elle est, une manifestation, certes involontaire, inconsciente et désagréable, de proximité et d'affection.
Même si j'y suis relativement peu sensible, je remarque aujourd'hui que les pires disputes que j'aie eues, les pires moments que j'aie pu connaitre et les seules larmes que j'aie versées ces dernières années étaient le fruit de cette familiarité.
Desproges distinguait l'ami par sa capacité à nous décevoir. Je distingue les personnes que j'aime en général (que ce soit d'amour familial, sentimental ou d'amitié) par leur capacité à me faire souffrir.
dimanche 23 septembre 2007
Débats stériles
Un débat est stérile dans très exactement 95,83% des cas.
Cette affirmation est doublement fausse. D'abord parce que le pourcentage exact est difficilement obtensible (je mets au défi quiconque de me le trouver pour de bon), sans doute en constante évolution et donc totalement inventé. Il n'y a qu'une chance infime que je sois tombé juste et toutes les chances pour que, même si c'était le cas, ce chiffre ait déjà évolué pendant le temps qu'il t'a fallu pour lire cette phrase.
Mais surtout un débat n'est que très rarement stérile.
Ce qui est vrai, c'est que dans une très large majorité des cas, un débat ne mène à la capitulation d'aucun des deux camps.
Attention, je parle ici des débats sur des thèmes interprétatoires ou éventualistes, pas de ces débats où deux partis ne sont pas d'accord sur un fait établi et passent des heures à se soutenir l'un l'autre qu'ils se trompent alors qu'un tour sur Wikipedia ou dans le Guiness les eut fixés en un rien de temps.
Je parle bel et bien de ces débats sur des thèmes existentiels ou politiques, sur des goûts ou des couleurs, sur les conséquences de tel ou tel évènement fictif ou réel, ces débats inutiles par essence puisque ne pouvant par définition pas trancher la question de façon absolue.
Dans ce genre de débats, s'échiner à rallier son adversaire à sa cause est souvent peine perdue. Bien sûr, il y a des exceptions, mais dans la large majorité des cas, chacun campe sur ses positions. Au pire, on coupera même sur un laxatif lieu commun de type "de toutes façons chacun ses opinions" ou autre formule tout aussi vomitivement consensuelle. L'autre éventualité, guère préférable, consiste à s'époumoner pendant des heures.
Il arrive même régulièrement qu'un débatteur à cours d'argument ne démorde pas pour autant de la thèse qu'il soutient, ce en quoi il a d'ailleurs bien raison. Après tout, ce n'est pas parce qu'on ne trouve pas les arguments ou qu'on ne plaide pas bien sa cause qu'elle en devient moins juste. Cela impliquerait que la vérité de ce que je défends dépende des seules aptitudes dialectiques de mon opposant : s'il a raison de moi, ce que j'avance est faux, si c'est moi qui gagne, c'est vrai ? On risque un sacré non-sens si je triomphe du premier avant de m'incliner contre le second.
Néanmoins, aussi buttés qu'en soient les différents participants, on doit au moins reconnaitre au débat deux vertus.
La première est l'enseignement. En effet il arrive couramment qu'on prenne connaissance, via les exemples des autres, de faits nouveaux qui nous étaient inconnus, venant s'ajouter à notre culture. Tu me diras, pour se cultiver, autant aller passer sa journée sur Wikipedia, ouvrir un bouquin ou regarder la 5, c'est moins agressif et sûrement plus instructif. Et je te répondrai que tu n'as pas tort.
La seconde, plus importante, est la remise en question. En effet, tout inflexibles qu'aient été les deux parties, une fois le débat terminé et l'affrontement remis, elles auront tout loisir d'y repenser et de profiter des contre-arguments et des exemples avancés par leur opposant pour revoir plus ou moins légèrement leurs points de vue afin de colmater les quelques brêches mises en avant dans leurs raisonnements.
Stérile donc, un débat ne l'est que rarement.
Cette affirmation est doublement fausse. D'abord parce que le pourcentage exact est difficilement obtensible (je mets au défi quiconque de me le trouver pour de bon), sans doute en constante évolution et donc totalement inventé. Il n'y a qu'une chance infime que je sois tombé juste et toutes les chances pour que, même si c'était le cas, ce chiffre ait déjà évolué pendant le temps qu'il t'a fallu pour lire cette phrase.
Mais surtout un débat n'est que très rarement stérile.
Ce qui est vrai, c'est que dans une très large majorité des cas, un débat ne mène à la capitulation d'aucun des deux camps.
Attention, je parle ici des débats sur des thèmes interprétatoires ou éventualistes, pas de ces débats où deux partis ne sont pas d'accord sur un fait établi et passent des heures à se soutenir l'un l'autre qu'ils se trompent alors qu'un tour sur Wikipedia ou dans le Guiness les eut fixés en un rien de temps.
Je parle bel et bien de ces débats sur des thèmes existentiels ou politiques, sur des goûts ou des couleurs, sur les conséquences de tel ou tel évènement fictif ou réel, ces débats inutiles par essence puisque ne pouvant par définition pas trancher la question de façon absolue.
Dans ce genre de débats, s'échiner à rallier son adversaire à sa cause est souvent peine perdue. Bien sûr, il y a des exceptions, mais dans la large majorité des cas, chacun campe sur ses positions. Au pire, on coupera même sur un laxatif lieu commun de type "de toutes façons chacun ses opinions" ou autre formule tout aussi vomitivement consensuelle. L'autre éventualité, guère préférable, consiste à s'époumoner pendant des heures.
Il arrive même régulièrement qu'un débatteur à cours d'argument ne démorde pas pour autant de la thèse qu'il soutient, ce en quoi il a d'ailleurs bien raison. Après tout, ce n'est pas parce qu'on ne trouve pas les arguments ou qu'on ne plaide pas bien sa cause qu'elle en devient moins juste. Cela impliquerait que la vérité de ce que je défends dépende des seules aptitudes dialectiques de mon opposant : s'il a raison de moi, ce que j'avance est faux, si c'est moi qui gagne, c'est vrai ? On risque un sacré non-sens si je triomphe du premier avant de m'incliner contre le second.
Néanmoins, aussi buttés qu'en soient les différents participants, on doit au moins reconnaitre au débat deux vertus.
La première est l'enseignement. En effet il arrive couramment qu'on prenne connaissance, via les exemples des autres, de faits nouveaux qui nous étaient inconnus, venant s'ajouter à notre culture. Tu me diras, pour se cultiver, autant aller passer sa journée sur Wikipedia, ouvrir un bouquin ou regarder la 5, c'est moins agressif et sûrement plus instructif. Et je te répondrai que tu n'as pas tort.
La seconde, plus importante, est la remise en question. En effet, tout inflexibles qu'aient été les deux parties, une fois le débat terminé et l'affrontement remis, elles auront tout loisir d'y repenser et de profiter des contre-arguments et des exemples avancés par leur opposant pour revoir plus ou moins légèrement leurs points de vue afin de colmater les quelques brêches mises en avant dans leurs raisonnements.
Stérile donc, un débat ne l'est que rarement.
Je suis d'accord avec moi-même
Je pars du principe que je suis d'accord avec moi-même.
Ça paraît stupide mais ça implique le fait que je pense que j'ai raison.
Qu'on nous traite de présomptueux autant qu'on veut, je maintiens, et je suis d'accord avec moi-même sur ce point, que ceux qui partent du principe qu'ils ont raison ont certainement moins un problème que ceux qui partent du principe qu'ils ont tort et, sans doute que ceux, si nombreux, qui fonctionnent comme nous sans vouloir se l'avouer.
Ça paraît stupide mais ça implique le fait que je pense que j'ai raison.
Qu'on nous traite de présomptueux autant qu'on veut, je maintiens, et je suis d'accord avec moi-même sur ce point, que ceux qui partent du principe qu'ils ont raison ont certainement moins un problème que ceux qui partent du principe qu'ils ont tort et, sans doute que ceux, si nombreux, qui fonctionnent comme nous sans vouloir se l'avouer.
samedi 15 septembre 2007
Matraquage médiatique
Allez, un sujet d'actualité pour changer.
Avant toute chose, sache que je ne suis pas un grand détracteur des médias et de leur influence sur nos comportements. Ils ne me font pas vraiment peur et me paraissent n'avoir un impact négatif qu'assez limité. Il m'arrive même parfois, plus ou moins accidentellement, d'user de mon temps en pure perte en me laissant happer par certains divertissemerdes de la télé-poubelle.
Bref ne prends pas le sujet qui suit comme de l'antimédiatisme primaire.
N'empêche que je suis vraiment impressionné par leur capacité à maitriser les foules.
L'exemple que je vais prendre est assez simple, tu n'as pas pu passer à côté : il s'agit de la Coupe du Monde de rugby.
Il y a de cela encore six mois, personne n'en avait quoi que ce soit à foutre du rugby !
Oui, je sais, tu vas pouvoir me dire, comme un peu tout le monde, que tu t'étais déjà arrêté devant un match du tournoi des six nations et que ça t'avait plus ou moins plu. Moi-même j'ai toujours eu un certain respect pour la noble violence de ce sport.
Certes, tu peux arguer que la FFR comptait déjà près de 250 000 licenciés, qu'il y avait un certain nombre de clubs en France, plein de gens qui suivaient et bla et bla et bla...
N'empêche que le rugby avait droit à une ou deux diffusions annuelles sur chaines hertziennes, genre les chocs des titans, les gros matchs du quinze de France... On ne comptait que quelques villes, notamment dans le sud, avec une vraie culture du rugby, et quelques clubs disséminés à droite à gauche. Le nombre de licenciés, assez bon indicateur, est instructif. 250 000 forcément dit comme ça ça fait beaucoup mais ce n'est pas grand chose comparé aux 2 280 000 du football ou aux 450 000 du basket, qu'on voit au passage beaucoup moins à la télé. Pour te donner une idée, le rugby compte moins d'adhérents licenciés (en France) que des sports comme le golf, la pétanque, la gymnastique ou encore le canoë-kayak; c'est pourtant un sport collectif, qui se pratique donc essentiellement en club, impliquant quasi-systématiquement une licence, contrairement à la natation ou à la pétanque.
Et pourtant, il suffit que la France en soit choisie comme pays organisateur d'une compétition pour que chacun devienne un passionné de rugby de longue date. On voit les clubs faire parader leurs jeunes adhérents en fanfare dans les rues de nos villes, on ne parle plus que de rugby, chacun rentre chez soi ou se rue au stade pour regarder tel match plus ou moins important.
Qu'on ne vienne pas me dire que le pays s'est spontanément rendu compte de son amour pour ce sport si longtemps délaissé.
Que la fierté nationale de l'organisation d'un gros évènement sportif ait eu son rôle à jouer, je veux bien le croire.
Mais soyons réalistes, la cause, la vraie, c'est le matraquage médiatique incessant que nous subissons chaque jour. Impossible d'allumer ma télé sans tomber sur une pub représentant des colosses en maillot rayé, de me balader dans la rue sans être envahi d'affiches de ballons ovales me vantant les mérites d'un nouveau sandwich à la viande, d'écouter France Info 10 minutes sans tomber sur une interview d'un vieux rugbyman anissé qui m'explique en large et en travers avec son accent du sud à quel point sa ville a toujours été la patrie du rugby. De la pub aux info, des discours aux évènements communaux, des journaux aux ragots de basse-cour, le rugby est partout, énorme, omniprésent, écrasant.
En quelques semaines, les médias ont réussi à canaliser l'intérêt de tout un pays, à enflammer les passions, à substituer pour un temps le sport national.
Bien sûr tout est pour le mieux. Tout cet engouement aura rapporté à la France un sacré paquet, favorisé la consommation et l'économie, révélé aux Français une activité sportive qui préviendra bien des obésités et des maladies vasculaires et fait exploser le nombre de licenciés à la FFR.
Mise à part une poignée de grincheux dont le non-intérêt pour le sport pourrait presque être qualifié d'anti-national et quelques pauvres idoles footballistiques pour un temps délaissées, tout le monde est bien content.
Mais je ne peux m'empêcher de m'attarder sur les questions que ça soulève quant à notre malléabilité, notre capacité à penser librement ou au contraire à être manipulés, bref nos volonté, conscience et dignité d'êtres humains.
Avant toute chose, sache que je ne suis pas un grand détracteur des médias et de leur influence sur nos comportements. Ils ne me font pas vraiment peur et me paraissent n'avoir un impact négatif qu'assez limité. Il m'arrive même parfois, plus ou moins accidentellement, d'user de mon temps en pure perte en me laissant happer par certains divertissemerdes de la télé-poubelle.
Bref ne prends pas le sujet qui suit comme de l'antimédiatisme primaire.
N'empêche que je suis vraiment impressionné par leur capacité à maitriser les foules.
L'exemple que je vais prendre est assez simple, tu n'as pas pu passer à côté : il s'agit de la Coupe du Monde de rugby.
Il y a de cela encore six mois, personne n'en avait quoi que ce soit à foutre du rugby !
Oui, je sais, tu vas pouvoir me dire, comme un peu tout le monde, que tu t'étais déjà arrêté devant un match du tournoi des six nations et que ça t'avait plus ou moins plu. Moi-même j'ai toujours eu un certain respect pour la noble violence de ce sport.
Certes, tu peux arguer que la FFR comptait déjà près de 250 000 licenciés, qu'il y avait un certain nombre de clubs en France, plein de gens qui suivaient et bla et bla et bla...
N'empêche que le rugby avait droit à une ou deux diffusions annuelles sur chaines hertziennes, genre les chocs des titans, les gros matchs du quinze de France... On ne comptait que quelques villes, notamment dans le sud, avec une vraie culture du rugby, et quelques clubs disséminés à droite à gauche. Le nombre de licenciés, assez bon indicateur, est instructif. 250 000 forcément dit comme ça ça fait beaucoup mais ce n'est pas grand chose comparé aux 2 280 000 du football ou aux 450 000 du basket, qu'on voit au passage beaucoup moins à la télé. Pour te donner une idée, le rugby compte moins d'adhérents licenciés (en France) que des sports comme le golf, la pétanque, la gymnastique ou encore le canoë-kayak; c'est pourtant un sport collectif, qui se pratique donc essentiellement en club, impliquant quasi-systématiquement une licence, contrairement à la natation ou à la pétanque.
Et pourtant, il suffit que la France en soit choisie comme pays organisateur d'une compétition pour que chacun devienne un passionné de rugby de longue date. On voit les clubs faire parader leurs jeunes adhérents en fanfare dans les rues de nos villes, on ne parle plus que de rugby, chacun rentre chez soi ou se rue au stade pour regarder tel match plus ou moins important.
Qu'on ne vienne pas me dire que le pays s'est spontanément rendu compte de son amour pour ce sport si longtemps délaissé.
Que la fierté nationale de l'organisation d'un gros évènement sportif ait eu son rôle à jouer, je veux bien le croire.
Mais soyons réalistes, la cause, la vraie, c'est le matraquage médiatique incessant que nous subissons chaque jour. Impossible d'allumer ma télé sans tomber sur une pub représentant des colosses en maillot rayé, de me balader dans la rue sans être envahi d'affiches de ballons ovales me vantant les mérites d'un nouveau sandwich à la viande, d'écouter France Info 10 minutes sans tomber sur une interview d'un vieux rugbyman anissé qui m'explique en large et en travers avec son accent du sud à quel point sa ville a toujours été la patrie du rugby. De la pub aux info, des discours aux évènements communaux, des journaux aux ragots de basse-cour, le rugby est partout, énorme, omniprésent, écrasant.
En quelques semaines, les médias ont réussi à canaliser l'intérêt de tout un pays, à enflammer les passions, à substituer pour un temps le sport national.
Bien sûr tout est pour le mieux. Tout cet engouement aura rapporté à la France un sacré paquet, favorisé la consommation et l'économie, révélé aux Français une activité sportive qui préviendra bien des obésités et des maladies vasculaires et fait exploser le nombre de licenciés à la FFR.
Mise à part une poignée de grincheux dont le non-intérêt pour le sport pourrait presque être qualifié d'anti-national et quelques pauvres idoles footballistiques pour un temps délaissées, tout le monde est bien content.
Mais je ne peux m'empêcher de m'attarder sur les questions que ça soulève quant à notre malléabilité, notre capacité à penser librement ou au contraire à être manipulés, bref nos volonté, conscience et dignité d'êtres humains.
jeudi 13 septembre 2007
Ta machine à tuer
Parmi les nombreuses infamies qui tapissent notre vie quotidienne, il en est une particulièrement abjecte qui, pourtant, semble extrêmement courante et parfaitement acceptée.
Je ne parle pas ici de viol d'enfant, de meurtre, d'attentat ou de torture. Ces exactions sont effectivement révoltantes et mériteraient au moins autant de se voir dénoncées ici, mais elles restent tout de même plutôt rares par rapport à celle que je tiens à fustiger aujourd'hui.
Je ne parle pas non plus de piratage, de vol à l'étalage, de fraude fiscale ou d'émissions de télé-réalité. Ces menus larcins, bien que préjudiciables, n'ont guère de conséquences graves sur la vie ou la santé des gens (encore que pour la télé-réalité ce soit discutable).
Ce méfait que je veux dénoncer est presque aussi grave que les premiers tout en étant au moins aussi courant que les seconds.
Il s'agit de la conduite en état d'ébriété.
J'entends déjà cette réflexion se former au fin fond de ton cerveau reptilien tant la zone qui contrôle ta logique, si accoutumée à la chose qu'elle en est atrophiée de dédramatisation, se désintéresse d'un sermon aussi moralisateur.
"Pfiou, je m'attendais à un truc vraiment grave. Conduire bourré on sait que c'est pas bien mais bon..."
Maintenant rallume ta boîte à penser et réfléchis-y avec moi de manière un tantinet sérieuse. L'abruti lambda qui, par inconséquence, paresse ou stupidité maladive, ou toute autre raison aussi mauvaise soit-elle, monte dans sa voiture bourré et prend comme il peut le chemin de sa tanière, quel risque fait-il courir ? Et à qui ?
En général, il a un minimum de sens commun, comme en témoigne son obtention du code et du permis (ceux qui conduisent bourrés et sans permis sont tellement hauts dans mon échelle du dégoût que je préfère ne pas m'étendre sur leur cas), il a donc au moins déjà eu affaire à un minimum de sensibilisation et sait vaguement que c'est risqué pour lui (je dis lui mais ça peut être elle aussi). Ce risque, en héros courageux qu'il est, il l'accepte et l'assume pleinement.
Ce qu'un savant mélange d'égocentrisme et de stupidité lui empêche de voir, c'est qu'il a à peu près autant de chance de flinguer quelqu'un d'autre que de se flinguer lui-même.
Après tout, c'est pas si grave, c'est juste un danger de mort et de handicap permanent qu'il fait courir à lui-même et à ceux de ses proches qui, dans un élan d'inconscience collective, se seraient proposé ou laissé convaincre de monter avec lui. Si encore ça ne concernait que ceux-là, ce ne serait quelque part pas si grave, un bel exemple parmi tant d'autres de sélection darwinienne. Mais seulement voilà, conduire bourré c'est impliquer une foule d'innocents qui n'ont rien demandé : la famille qui arrive en voiture en face, la p'tite vieille qui traverse dans la rue sombre, le jeune en scooter sur le bord de la route, etc.
"Ouais mais t'inquiète, j'ai l'habitude, je l'ai déjà fait plein de fois et il m'est jamais rien arrivé."
Mais con de toi !!
Puisses-tu t'enrouler autour du premier platane qui se présentera à toi avant d'avoir fait des victimes! Quand bien même tu aurais cette élégance que ce ne serait pas assez. Te plaît-elle tant que ça la perspective de finir ta vie dans un fauteuil à roulettes, que tu n'es pas prêt à faire l'effort de dormir dans ta voiture quelques heures pour l'écarter ? Tu ne mérites pas le dixième de ce que fera pour toi la société, à prendre en charge le prix exorbitant de ton coma ou de ton infirmité, pendant toutes ces années où tu croupiras, inutile, à peine assez puni pour l'étendue de ta connerie. Et le pire c'est que la société te plaindra, mielleusement larmoyante devant le pauvre miséreux que le destin a frappé. Et bien moi je ne te plaindrai pas.
Quand bien même tu nous rendrais le service de te tuer sur le coup je ne te plaindrais pas. Outre que rien ne sert de plaindre un mort, tu laisserais toujours derrière toi une famille accablée, se ruinant en obsèques pour te rendre un hommage dont tu n'es même pas digne.
Malgré ma profonde conviction de prêcher dans le vide et de ne pouvoir toucher ni ton cerveau poreux ni ton dangereux égo, je m'attarde à te rappeler que je suis au courant que tu ne tues pas à chaque fois. Je sais que ton aptitude à maîtriser ton engin de mort n'a généralement pas encore eu de faille, sinon j'ose espérer que tu aurais compris.
Non, presque malheureusement, ce n'est pas le premier soir où tu vas à la faute que le drame se produit; si c'était le cas, ça finirait par se savoir et j'aurais peut-être moins à te supporter sous tous ces visages familiers autour de moi. Ce n'est pas forcément la deuxième non plus, ni nécessairement la troisième. De même que tu peux conduire bourré sans que rien n'arrive, tu peux avoir un accident en étant sobre et attentif. Après tout tu ne fais qu'augmenter les risques.
Cet argument te plaît, te conforte dans la douce chaleur de ta confortable ignorance. Mais c'est la reproduction du risque qui fait que ça finit par arriver.
Si tu dois ne retenir qu'une leçon de cette diatribe enflammée, c'est que chaque fois que tu prendras le volant ivre, aussi sûr de toi et de ta capacité à rentrer sans encombre que tous ceux qui, chaque jour, tuent des gens sur la route, tu fais un pas de plus vers la pire chose qui puisse t'arriver. N'oublie pas que ta voiture est une machine à tuer et que si tu ne fais pas tout ce qu'il faut pour en assurer un usage responsable, tu commets potentiellement un crime bien plus grave que la plupart de ceux que tu réprouves avec dégoût.
Je ne parle pas ici de viol d'enfant, de meurtre, d'attentat ou de torture. Ces exactions sont effectivement révoltantes et mériteraient au moins autant de se voir dénoncées ici, mais elles restent tout de même plutôt rares par rapport à celle que je tiens à fustiger aujourd'hui.
Je ne parle pas non plus de piratage, de vol à l'étalage, de fraude fiscale ou d'émissions de télé-réalité. Ces menus larcins, bien que préjudiciables, n'ont guère de conséquences graves sur la vie ou la santé des gens (encore que pour la télé-réalité ce soit discutable).
Ce méfait que je veux dénoncer est presque aussi grave que les premiers tout en étant au moins aussi courant que les seconds.
Il s'agit de la conduite en état d'ébriété.
J'entends déjà cette réflexion se former au fin fond de ton cerveau reptilien tant la zone qui contrôle ta logique, si accoutumée à la chose qu'elle en est atrophiée de dédramatisation, se désintéresse d'un sermon aussi moralisateur.
"Pfiou, je m'attendais à un truc vraiment grave. Conduire bourré on sait que c'est pas bien mais bon..."
Maintenant rallume ta boîte à penser et réfléchis-y avec moi de manière un tantinet sérieuse. L'abruti lambda qui, par inconséquence, paresse ou stupidité maladive, ou toute autre raison aussi mauvaise soit-elle, monte dans sa voiture bourré et prend comme il peut le chemin de sa tanière, quel risque fait-il courir ? Et à qui ?
En général, il a un minimum de sens commun, comme en témoigne son obtention du code et du permis (ceux qui conduisent bourrés et sans permis sont tellement hauts dans mon échelle du dégoût que je préfère ne pas m'étendre sur leur cas), il a donc au moins déjà eu affaire à un minimum de sensibilisation et sait vaguement que c'est risqué pour lui (je dis lui mais ça peut être elle aussi). Ce risque, en héros courageux qu'il est, il l'accepte et l'assume pleinement.
Ce qu'un savant mélange d'égocentrisme et de stupidité lui empêche de voir, c'est qu'il a à peu près autant de chance de flinguer quelqu'un d'autre que de se flinguer lui-même.
Après tout, c'est pas si grave, c'est juste un danger de mort et de handicap permanent qu'il fait courir à lui-même et à ceux de ses proches qui, dans un élan d'inconscience collective, se seraient proposé ou laissé convaincre de monter avec lui. Si encore ça ne concernait que ceux-là, ce ne serait quelque part pas si grave, un bel exemple parmi tant d'autres de sélection darwinienne. Mais seulement voilà, conduire bourré c'est impliquer une foule d'innocents qui n'ont rien demandé : la famille qui arrive en voiture en face, la p'tite vieille qui traverse dans la rue sombre, le jeune en scooter sur le bord de la route, etc.
"Ouais mais t'inquiète, j'ai l'habitude, je l'ai déjà fait plein de fois et il m'est jamais rien arrivé."
Mais con de toi !!
Puisses-tu t'enrouler autour du premier platane qui se présentera à toi avant d'avoir fait des victimes! Quand bien même tu aurais cette élégance que ce ne serait pas assez. Te plaît-elle tant que ça la perspective de finir ta vie dans un fauteuil à roulettes, que tu n'es pas prêt à faire l'effort de dormir dans ta voiture quelques heures pour l'écarter ? Tu ne mérites pas le dixième de ce que fera pour toi la société, à prendre en charge le prix exorbitant de ton coma ou de ton infirmité, pendant toutes ces années où tu croupiras, inutile, à peine assez puni pour l'étendue de ta connerie. Et le pire c'est que la société te plaindra, mielleusement larmoyante devant le pauvre miséreux que le destin a frappé. Et bien moi je ne te plaindrai pas.
Quand bien même tu nous rendrais le service de te tuer sur le coup je ne te plaindrais pas. Outre que rien ne sert de plaindre un mort, tu laisserais toujours derrière toi une famille accablée, se ruinant en obsèques pour te rendre un hommage dont tu n'es même pas digne.
Malgré ma profonde conviction de prêcher dans le vide et de ne pouvoir toucher ni ton cerveau poreux ni ton dangereux égo, je m'attarde à te rappeler que je suis au courant que tu ne tues pas à chaque fois. Je sais que ton aptitude à maîtriser ton engin de mort n'a généralement pas encore eu de faille, sinon j'ose espérer que tu aurais compris.
Non, presque malheureusement, ce n'est pas le premier soir où tu vas à la faute que le drame se produit; si c'était le cas, ça finirait par se savoir et j'aurais peut-être moins à te supporter sous tous ces visages familiers autour de moi. Ce n'est pas forcément la deuxième non plus, ni nécessairement la troisième. De même que tu peux conduire bourré sans que rien n'arrive, tu peux avoir un accident en étant sobre et attentif. Après tout tu ne fais qu'augmenter les risques.
Cet argument te plaît, te conforte dans la douce chaleur de ta confortable ignorance. Mais c'est la reproduction du risque qui fait que ça finit par arriver.
Si tu dois ne retenir qu'une leçon de cette diatribe enflammée, c'est que chaque fois que tu prendras le volant ivre, aussi sûr de toi et de ta capacité à rentrer sans encombre que tous ceux qui, chaque jour, tuent des gens sur la route, tu fais un pas de plus vers la pire chose qui puisse t'arriver. N'oublie pas que ta voiture est une machine à tuer et que si tu ne fais pas tout ce qu'il faut pour en assurer un usage responsable, tu commets potentiellement un crime bien plus grave que la plupart de ceux que tu réprouves avec dégoût.
mercredi 12 septembre 2007
Je suis un rebelle
Mais un vrai !
D'ailleurs je suis même tellement un rebelle que je me suis rebellé contre ma propre rébellion !
D'ailleurs je suis même tellement un rebelle que je me suis rebellé contre ma propre rébellion !
10 bonnes raisons de haïr les rouges
Hum un peu de politique... J'aurais pu faire dans la facilité et taper sur les nazis mais tout le monde le sait déjà, que c'est des méchants. Je préfère donc m'attaquer à une catégorie non moins dangereuse, même si curieusement plus acceptée dans les mœurs actuelles.
1-Le rouge est extrémiste.
Quand on dit extrême gauche c'est pas qu'une façon de parler. Et l'extrémisme politique a toujours auguré ce qui est arrivé de pire à notre espèce. Dois-je rappeler que l'holocauste russe fut bien plus lourd en victimes que l'holocauste juif ?
2-Le rouge est irréaliste.
Il ne tient absolument aucun compte de la nature humaine. L'égoïsme, l'avarice et la paresse en sont pourtant partie intégrante. Les renier dans la conception d'un système politique, c'est gentil tout plein et certainement grouillant de bonnes intentions mais n'empêche que ça marche pas.
3-Le rouge est incohérent.
Il est anti-fasciste sans être anti-totalitaire. Il prétend valoriser le travail en en diminuant le temps et augmenter le niveau de vie en diminuant la production de richesse.
4-Le rouge est anti-démocrate.
Il ne conçoit la prise de pouvoir qu'à travers l'illégalité. Ce n'est pas parce que révolution sonne mieux que coup d'état que ce sont deux choses différentes. Le rouge aime également à se distraire en défilant dans la rue pour contester les décisions et les élections démocratiques.
5-Le rouge est insatiable.
Il n'en a jamais assez. On lui donne 40h, il en veut 35. On lui en donne 35, il en veut 32. Il veut toujours plus en travaillant toujours moins et avec toujours un minimum de risques sociaux.
6-Le rouge est paresseux.
Sous couvert de partis généralement estampillés "du travail" ou "des travailleurs", le rouge réclame toujours moins d'heures de travail, plus de congés, des conditions plus reposantes...
7-Le rouge est belliqueux.
Révolution, lutte des classes, conflits sociaux, tous ces noms guerriers sont emprunts d'une connotation positive pour le rouge qui y voit le meilleur moyen d'exprimer ses idées.
8-Le rouge est un mouton.
Je ne parle pas ici que de l'image qu'on a du troupeau de rouges défilant dans la rue les uns à la suite des autres en bêlant tous les mêmes slogans de contestation apprise. C'est surtout que sous son apparence de rebelle révolutionnaire, le rouge a pour idéal de nous voir tous égaux et semblables, à son image, sans possibilité de nous distinguer des autres que ce soit par nos possessions ou nos idéaux.
9-Le rouge est têtu.
Il ne tire que peu de leçons des erreurs du passé et se contente de considérer les dérives - voire les atrocités - des différents systèmes communistes au mieux comme des errements à ne pas reproduire, ce sans mettre en cause les limites évidentes de ce système.
10-Le rouge est totalitaire.
Pour compenser les failles logiques et humaines de son système, il finit par avoir besoin d'une autorité forte. Il n'y a qu'à en prendre pour exemple les quelques pays où une révolution rouge a pu être "menée à bien". Il ne me semble pas que l'URSS, la Chine ou Cuba aient été des modèles en matière de démocratie ou de respect des droits de l'Homme.
Bon y'en a une ou deux qui font un peu répétition voire qui sont légèrement tirées par les cheveux mais fallait bien en faire 10 avec des qualificatifs différents.
Vile propagande provocante me diras-tu ? Oui, ai-je envie de te répondre, mais avec quand même un gros fond de vérité derrière.
1-Le rouge est extrémiste.
Quand on dit extrême gauche c'est pas qu'une façon de parler. Et l'extrémisme politique a toujours auguré ce qui est arrivé de pire à notre espèce. Dois-je rappeler que l'holocauste russe fut bien plus lourd en victimes que l'holocauste juif ?
2-Le rouge est irréaliste.
Il ne tient absolument aucun compte de la nature humaine. L'égoïsme, l'avarice et la paresse en sont pourtant partie intégrante. Les renier dans la conception d'un système politique, c'est gentil tout plein et certainement grouillant de bonnes intentions mais n'empêche que ça marche pas.
3-Le rouge est incohérent.
Il est anti-fasciste sans être anti-totalitaire. Il prétend valoriser le travail en en diminuant le temps et augmenter le niveau de vie en diminuant la production de richesse.
4-Le rouge est anti-démocrate.
Il ne conçoit la prise de pouvoir qu'à travers l'illégalité. Ce n'est pas parce que révolution sonne mieux que coup d'état que ce sont deux choses différentes. Le rouge aime également à se distraire en défilant dans la rue pour contester les décisions et les élections démocratiques.
5-Le rouge est insatiable.
Il n'en a jamais assez. On lui donne 40h, il en veut 35. On lui en donne 35, il en veut 32. Il veut toujours plus en travaillant toujours moins et avec toujours un minimum de risques sociaux.
6-Le rouge est paresseux.
Sous couvert de partis généralement estampillés "du travail" ou "des travailleurs", le rouge réclame toujours moins d'heures de travail, plus de congés, des conditions plus reposantes...
7-Le rouge est belliqueux.
Révolution, lutte des classes, conflits sociaux, tous ces noms guerriers sont emprunts d'une connotation positive pour le rouge qui y voit le meilleur moyen d'exprimer ses idées.
8-Le rouge est un mouton.
Je ne parle pas ici que de l'image qu'on a du troupeau de rouges défilant dans la rue les uns à la suite des autres en bêlant tous les mêmes slogans de contestation apprise. C'est surtout que sous son apparence de rebelle révolutionnaire, le rouge a pour idéal de nous voir tous égaux et semblables, à son image, sans possibilité de nous distinguer des autres que ce soit par nos possessions ou nos idéaux.
9-Le rouge est têtu.
Il ne tire que peu de leçons des erreurs du passé et se contente de considérer les dérives - voire les atrocités - des différents systèmes communistes au mieux comme des errements à ne pas reproduire, ce sans mettre en cause les limites évidentes de ce système.
10-Le rouge est totalitaire.
Pour compenser les failles logiques et humaines de son système, il finit par avoir besoin d'une autorité forte. Il n'y a qu'à en prendre pour exemple les quelques pays où une révolution rouge a pu être "menée à bien". Il ne me semble pas que l'URSS, la Chine ou Cuba aient été des modèles en matière de démocratie ou de respect des droits de l'Homme.
Bon y'en a une ou deux qui font un peu répétition voire qui sont légèrement tirées par les cheveux mais fallait bien en faire 10 avec des qualificatifs différents.
Vile propagande provocante me diras-tu ? Oui, ai-je envie de te répondre, mais avec quand même un gros fond de vérité derrière.
mardi 11 septembre 2007
Dieu n'existe pas ?
Parmi les sujets récurrents dans mes raisonnements et débats intérieurs, mon rapport à Dieu est sans doute le plus inévitable. Afin de mieux te l'expliquer (tu t'en fous peut-être mais ça risque d'être important pour la suite), je vais quand même devoir un peu raconter ma vie.
Je m'appelle Emmanuel, prénom d'origine hébraïque signifiant littéralement "Dieu est avec nous". J'ai reçu, depuis ma plus tendre enfance, une éducation religieuse : École catholique, Catéchisme, Scoutisme etc. J'ai donc en quelque sorte construit une partie de ma pensée et de mes raisonnements autour du concept de Dieu, en considérant qu'il y avait au-dessus de nous une force qui nous avait créés et qui nous jugeait.
Évidemment, comme la plupart des gamins, ça ne m'affectait pas plus que ça. Ça ne m'empêchait pas de faire le con à l'église, de ne pas vraiment choisir mes actions en fonction de ce que préconisait la Bible et d'être un mauvais chrétien doublé d'une vraie petite tête de con. Mais j'avais quand même, présente quelque part, cette crainte du jugement inculquée par la morale chrétienne. Un soir dans mon lit, je fus même pris d'une peur panique de l'enfer. Quand m'est venu l'âge de raisonner par moi-même, je conclus que la beauté et la complexité de ce monde et des autres ne pouvaient être le fruit du hasard et qu'il existait forcément une entité créatrice à l'origine de tout ça, ce qui me conforta dans la vision qu'on m'avait inculquée. Considérant qu'il existe un dieu, et que des milliards de gens croient en celui - qui est au final le même - des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans, c'est qu'il doit sans doute ressembler à ça. Quitte à croire en Dieu, autant continuer à croire en celui que j'ai toujours connu.
Puis je me suis façonné un raisonnement dont je n'apprendrais que bien plus tard qu'un certain Pascal l'avait envisagé avant moi.
En gros, si Dieu n'existait pas, je ne risquais rien à me conduire en bon chrétien. Ma mort passerait inaperçue, je n'irais pas en enfer. En revanche, si Dieu existait et que je ne croyais pas en Lui, que je n'agissais pas selon Sa volonté, j'irais rôtir pour l'éternité. Bref, j'avais tout intérêt à croire en Dieu et à être une ouaille pas plus mauvaise qu'une autre. C'est ainsi que je fus amené notamment, à faire ma Confirmation.
Tout ça pour dire que la notion de Dieu créateur et juge était ancrée en moi jusqu'à une période avancée de mon adolescence.
Puis, ma vocation scientifique s'est précisée. Je me suis beaucoup intéressé à la science-fiction, puis à la science et aux théories physiques intéressantes, ainsi qu'à la biologie. Bref pas mal de choses ont commencé à s'expliquer et à trouver du sens en dehors de la notion de divinité, et beaucoup de ce qu'on m'avait enseigné au catéchisme se transformait au mieux en métaphores ridicules. Je situe ma rupture définitive d'avec la foi chrétienne à une après-midi d'été où je lisais un livre de Dan Simmons, le deuxième tome de la série Endymion il me semble. J'en profite pour te signaler si tu ne le sais pas, inculte que tu es, que Dan Simmons est, outre un mécréant anti-clérical de première, un auteur génial, pas seulement de science-fiction d'ailleurs. Il sait, mieux que personne à ma connaissance, traiter et retranscrire la souffrance humaine dans ses récits.
Bref l'histoire en était à un stade où le héros, blessé, se retrouve éjecté d'une sorte de plateforme dans l'immensité aquatique de je ne sais plus quelle planète océanique. Il imagine alors avec une certaine précision le sort qui l'attend lorsque le sang qui s'écoule de sa plaie aura attiré des requins.
C'est là que tout m'est apparu clairement.
Comment peut-on croire que notre monde ait été créé par un dieu bienveillant comme celui décrit par la religion catholique alors que tout y est basé sur la souffrance et la mort. Le principe même de la vie c'est que, mises à part quelques plantes et quelques espèces de scarabées mangeurs de merde, la quasi-totalité des êtres vivants survivent soit en en tuant d'autres, soit en profitant plus ou moins directement de leurs morts.
Et le moins qu'on puisse dire c'est que mourir en participant au grand cycle de la vie c'est loin d'être la mort la plus agréable qu'on puisse connaitre. Tu t'imagines une seconde que le requin, la meute de loup ou l'armée de crabes qui va te déchiqueter prendra la peine de t'assommer avant ? Et non ! La mort naturelle, la vraie, est digne des plus gores des films d'horreur, en souvent bien pire.
Comment peut-on considérer qu'un dieu dont un des commandements inviolables est "Tu ne tueras point." ait créé ce système dans lequel nous vivons, cette vie basée sur la mort et la souffrance ?
Au-delà de toutes les autres incohérences des diverses religions (sur lesquelles je reviendrai d'ailleurs sans doute, je n'ai pas fini de leur taper dessus), c'est avant tout ce raisonnement simple qui m'a poussé à renier ma foi chrétienne. Je ne risque pas l'enfer puisqu'il n'y a aucune chance que Dieu soit tel que ceux qui parlent d'enfer le décrivent. Je n'ai pas de raisons de croire et toutes les raisons de ne pas croire. C'est sûrement valable pour toi aussi d'ailleurs...
Bon, je m'arrête là pour ce soir, ça fait déjà un gros pavé. Mais je suis loin d'en avoir fini avec ce thème, j'y reviendrai de bien des manières, et je suis certain que je ne manquerai pas d'y faire souvent référence.
Je m'appelle Emmanuel, prénom d'origine hébraïque signifiant littéralement "Dieu est avec nous". J'ai reçu, depuis ma plus tendre enfance, une éducation religieuse : École catholique, Catéchisme, Scoutisme etc. J'ai donc en quelque sorte construit une partie de ma pensée et de mes raisonnements autour du concept de Dieu, en considérant qu'il y avait au-dessus de nous une force qui nous avait créés et qui nous jugeait.
Évidemment, comme la plupart des gamins, ça ne m'affectait pas plus que ça. Ça ne m'empêchait pas de faire le con à l'église, de ne pas vraiment choisir mes actions en fonction de ce que préconisait la Bible et d'être un mauvais chrétien doublé d'une vraie petite tête de con. Mais j'avais quand même, présente quelque part, cette crainte du jugement inculquée par la morale chrétienne. Un soir dans mon lit, je fus même pris d'une peur panique de l'enfer. Quand m'est venu l'âge de raisonner par moi-même, je conclus que la beauté et la complexité de ce monde et des autres ne pouvaient être le fruit du hasard et qu'il existait forcément une entité créatrice à l'origine de tout ça, ce qui me conforta dans la vision qu'on m'avait inculquée. Considérant qu'il existe un dieu, et que des milliards de gens croient en celui - qui est au final le même - des Chrétiens, des Juifs et des Musulmans, c'est qu'il doit sans doute ressembler à ça. Quitte à croire en Dieu, autant continuer à croire en celui que j'ai toujours connu.
Puis je me suis façonné un raisonnement dont je n'apprendrais que bien plus tard qu'un certain Pascal l'avait envisagé avant moi.
En gros, si Dieu n'existait pas, je ne risquais rien à me conduire en bon chrétien. Ma mort passerait inaperçue, je n'irais pas en enfer. En revanche, si Dieu existait et que je ne croyais pas en Lui, que je n'agissais pas selon Sa volonté, j'irais rôtir pour l'éternité. Bref, j'avais tout intérêt à croire en Dieu et à être une ouaille pas plus mauvaise qu'une autre. C'est ainsi que je fus amené notamment, à faire ma Confirmation.
Tout ça pour dire que la notion de Dieu créateur et juge était ancrée en moi jusqu'à une période avancée de mon adolescence.
Puis, ma vocation scientifique s'est précisée. Je me suis beaucoup intéressé à la science-fiction, puis à la science et aux théories physiques intéressantes, ainsi qu'à la biologie. Bref pas mal de choses ont commencé à s'expliquer et à trouver du sens en dehors de la notion de divinité, et beaucoup de ce qu'on m'avait enseigné au catéchisme se transformait au mieux en métaphores ridicules. Je situe ma rupture définitive d'avec la foi chrétienne à une après-midi d'été où je lisais un livre de Dan Simmons, le deuxième tome de la série Endymion il me semble. J'en profite pour te signaler si tu ne le sais pas, inculte que tu es, que Dan Simmons est, outre un mécréant anti-clérical de première, un auteur génial, pas seulement de science-fiction d'ailleurs. Il sait, mieux que personne à ma connaissance, traiter et retranscrire la souffrance humaine dans ses récits.
Bref l'histoire en était à un stade où le héros, blessé, se retrouve éjecté d'une sorte de plateforme dans l'immensité aquatique de je ne sais plus quelle planète océanique. Il imagine alors avec une certaine précision le sort qui l'attend lorsque le sang qui s'écoule de sa plaie aura attiré des requins.
C'est là que tout m'est apparu clairement.
Comment peut-on croire que notre monde ait été créé par un dieu bienveillant comme celui décrit par la religion catholique alors que tout y est basé sur la souffrance et la mort. Le principe même de la vie c'est que, mises à part quelques plantes et quelques espèces de scarabées mangeurs de merde, la quasi-totalité des êtres vivants survivent soit en en tuant d'autres, soit en profitant plus ou moins directement de leurs morts.
Et le moins qu'on puisse dire c'est que mourir en participant au grand cycle de la vie c'est loin d'être la mort la plus agréable qu'on puisse connaitre. Tu t'imagines une seconde que le requin, la meute de loup ou l'armée de crabes qui va te déchiqueter prendra la peine de t'assommer avant ? Et non ! La mort naturelle, la vraie, est digne des plus gores des films d'horreur, en souvent bien pire.
Comment peut-on considérer qu'un dieu dont un des commandements inviolables est "Tu ne tueras point." ait créé ce système dans lequel nous vivons, cette vie basée sur la mort et la souffrance ?
Au-delà de toutes les autres incohérences des diverses religions (sur lesquelles je reviendrai d'ailleurs sans doute, je n'ai pas fini de leur taper dessus), c'est avant tout ce raisonnement simple qui m'a poussé à renier ma foi chrétienne. Je ne risque pas l'enfer puisqu'il n'y a aucune chance que Dieu soit tel que ceux qui parlent d'enfer le décrivent. Je n'ai pas de raisons de croire et toutes les raisons de ne pas croire. C'est sûrement valable pour toi aussi d'ailleurs...
Bon, je m'arrête là pour ce soir, ça fait déjà un gros pavé. Mais je suis loin d'en avoir fini avec ce thème, j'y reviendrai de bien des manières, et je suis certain que je ne manquerai pas d'y faire souvent référence.
dimanche 9 septembre 2007
Que la lumière soit...
Salut à toi, lecteur.
C'est un fait, j'aime parler de moi. Je n'y peux rien, il n'y a pas de honte, on est nombreux à être comme ça et à l'assumer plus ou moins bien.
Si j'ai mis aussi longtemps à me lancer dans la publication d'un "blog", ce n'est pas seulement à cause de l'image de débilité latente que m'a toujours inspiré la seule mention de ce terme depuis mes premières impressions sur les quelques skyblogs que ma curiosité m'avait poussé à visiter (même si ça a joué aussi, j'en veux pour preuve les guillemets dont je ne peux m'empêcher d'entourer ce mot tant le dégoût de son usage me fait blêmir). J'ai aussi toujours trouvé, peut-être bêtement d'ailleurs, que le fait de publier des écrits sur soi en pensant - sinon quel intérêt de les publier - que ça puisse intéresser qui que ce soit était le signe au mieux d'une grande prétention.
Or, j'ai aujourd'hui décidé d'assumer cette prétention.
J'ai envie d'écrire sur mes réflexions, sur mes aspirations, sur mes convictions, de les coucher sur papier (façon de parler, le numérique c'est meilleur pour nos forêts). J'aurais pu choisir de les consigner dans un bête fichier texte perdu dans un coin sombre de la tortueuse arborescence d'un de mes disques durs, mais ma paresse et ma mégalomanie m'auraient respectivement poussé soit à tout laisser tomber, soit à vouloir en faire un livre.
Je choisis donc une solution intermédiaire dans la prétention et le réalisme, qui consiste à polluer le Web avec un autre de ces milliers de blogs que personne ne lira.
Trêve de justification.
Je ne suis pas là pour raconter ma vie à la base, même si je finirai sûrement par le faire aussi. Ce sera d'ailleurs ennuyeux à mourir, mais le but est ici plus d'exposer le fruit de mes réflexions.
Seront consignés mes raisonnements, mes délires, mes principes et mes convictions, si possible justifiés, mes points de vue, mes opinions politiques... Ils seront sans doute difficiles à discerner les uns des autres, je ne te faciliterai la tâche que si j'en ai envie.
Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est mon blog, je fais ce que je veux. Toi, tu n'es que mon lecteur, et étant donné qu'en écrivant, c'est moi qui te crée en tant que tel, je serai en quelque sorte ton dieu. De même qu'on appelle Dieu celui qui aurait créé la vie, je suis le dieu de ces écrits et de leurs lecteurs; c'est moi qui déciderai de ce qui se passera ici, et de même que pour échapper à la vie que Dieu aurait prévue pour toi, tu dois y mettre un terme, tu ne pourras échapper à ma volonté qu'en arrêtant de me lire (remarque l'emploi du conditionnel quand je parle de Dieu, on y reviendra).
Bref je serai injuste, prétentieux, intolérant, irrespectueux, mégalo et même pas toujours logique, je choisirai moi-même la façon dont j'assumerai mes écrits, dont je les modifierai ou les interpréterai, j'énoncerai mes avis tantôt comme des vérités absolues, tantôt comme des ouvertures au débat ou des incohérences, je serai sujet à la fierté comme à la honte, à l'indifférence comme à la sensibilité, à la logique comme à l'incohérence.
C'est un fait, j'aime parler de moi. Je n'y peux rien, il n'y a pas de honte, on est nombreux à être comme ça et à l'assumer plus ou moins bien.
Si j'ai mis aussi longtemps à me lancer dans la publication d'un "blog", ce n'est pas seulement à cause de l'image de débilité latente que m'a toujours inspiré la seule mention de ce terme depuis mes premières impressions sur les quelques skyblogs que ma curiosité m'avait poussé à visiter (même si ça a joué aussi, j'en veux pour preuve les guillemets dont je ne peux m'empêcher d'entourer ce mot tant le dégoût de son usage me fait blêmir). J'ai aussi toujours trouvé, peut-être bêtement d'ailleurs, que le fait de publier des écrits sur soi en pensant - sinon quel intérêt de les publier - que ça puisse intéresser qui que ce soit était le signe au mieux d'une grande prétention.
Or, j'ai aujourd'hui décidé d'assumer cette prétention.
J'ai envie d'écrire sur mes réflexions, sur mes aspirations, sur mes convictions, de les coucher sur papier (façon de parler, le numérique c'est meilleur pour nos forêts). J'aurais pu choisir de les consigner dans un bête fichier texte perdu dans un coin sombre de la tortueuse arborescence d'un de mes disques durs, mais ma paresse et ma mégalomanie m'auraient respectivement poussé soit à tout laisser tomber, soit à vouloir en faire un livre.
Je choisis donc une solution intermédiaire dans la prétention et le réalisme, qui consiste à polluer le Web avec un autre de ces milliers de blogs que personne ne lira.
Trêve de justification.
Je ne suis pas là pour raconter ma vie à la base, même si je finirai sûrement par le faire aussi. Ce sera d'ailleurs ennuyeux à mourir, mais le but est ici plus d'exposer le fruit de mes réflexions.
Seront consignés mes raisonnements, mes délires, mes principes et mes convictions, si possible justifiés, mes points de vue, mes opinions politiques... Ils seront sans doute difficiles à discerner les uns des autres, je ne te faciliterai la tâche que si j'en ai envie.
Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est mon blog, je fais ce que je veux. Toi, tu n'es que mon lecteur, et étant donné qu'en écrivant, c'est moi qui te crée en tant que tel, je serai en quelque sorte ton dieu. De même qu'on appelle Dieu celui qui aurait créé la vie, je suis le dieu de ces écrits et de leurs lecteurs; c'est moi qui déciderai de ce qui se passera ici, et de même que pour échapper à la vie que Dieu aurait prévue pour toi, tu dois y mettre un terme, tu ne pourras échapper à ma volonté qu'en arrêtant de me lire (remarque l'emploi du conditionnel quand je parle de Dieu, on y reviendra).
Bref je serai injuste, prétentieux, intolérant, irrespectueux, mégalo et même pas toujours logique, je choisirai moi-même la façon dont j'assumerai mes écrits, dont je les modifierai ou les interpréterai, j'énoncerai mes avis tantôt comme des vérités absolues, tantôt comme des ouvertures au débat ou des incohérences, je serai sujet à la fierté comme à la honte, à l'indifférence comme à la sensibilité, à la logique comme à l'incohérence.
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