<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751</id><updated>2012-01-30T15:25:40.607-08:00</updated><category term='Politique'/><category term='Couple'/><category term='Délires'/><category term='News du blog'/><category term='Divers'/><category term='Actualité'/><category term='Religion'/><category term='Coups de gueule'/><title type='text'>Megalomanu</title><subtitle type='html'>Pense par moi-même !</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://megalomanu.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Samahell</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12595855267546962683</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>78</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751.post-2374239949107818615</id><published>2012-01-29T06:00:00.000-08:00</published><updated>2012-01-30T15:25:40.616-08:00</updated><title type='text'>Echelles de valeurs subjectives</title><content type='html'>Tel que je le conçois, et ce n'est pas une idée particulièrement originale, on peut représenter la moralité de chaque personne par une échelle de valeurs. Selon son éducation, son vécu ou son expérience, elle placera plus ou moins haut tel ou tel bien, et plus ou moins bas tel ou tel mal. Par exemple, si je considère que le meurtre c'est mal, mais qu'il aurait été bon d'assassiner Hitler si ça avait pu mettre un terme prématuré à la Shoah, je place le génocide plus bas que le meurtre sur mon échelle de valeurs : le meurtre est un moindre mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Presque toujours établie plus ou moins inconsciemment, sans grande  rigueur, au gré des émotions du moment, cette échelle n'est pas forcément d'une grande cohérence : il arrive couramment qu'on dénonce "des conséquences dont on chérit les causes". Elle est également extrêmement variable : on reconsidère couramment la position d'un mal ou d'un bien dès lors qu'on y est exposé concrètement, et on considère différemment la lumière du soleil les lendemains de cuite et les jours de pique-nique. Il arrive que l'échelle d'un individu soit organisée rationnellement en système plutôt cohérent et durable, souvent bâti tout entier autour d'une grande cause (liberté, égalité, prestige national, écologie...) ou en opposition à un grand fléau (racisme, guerre, pauvreté, maladie...), suite à un bouleversement personnel ou à une profonde réflexion philosophique. Il existe ainsi de grands modèles d'échelles sur les grandes lignes desquelles beaucoup de gens se reconnaitront, souvent au sein d'une même école de pensée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu'ici, rien que de très consensuel. Si je t'expose ma conception banale des systèmes moraux, c'est pour mieux dénoncer trois erreurs récurrentes chez tout ce que le monde compte de censeurs, d'inquisiteurs et de donneurs de leçons de morale (pour info, ceci n'est pas une leçon de morale, mais une leçon d'éthique, en ce qu'elle t'explique comment concevoir la morale, et non pas quelles valeurs adopter).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;première erreur&lt;/span&gt;, c'est de considérer qu'&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;il existe une &lt;span style="font-style: italic;"&gt;vérité morale&lt;/span&gt; absolue,&lt;/span&gt; une échelle de référence vers laquelle toutes nos échelles individuelles doivent tendre. Les penseurs et gourous à s'être écharpés pour imposer leur parangon de moralité sont légion, aucun n'ayant jamais réussi à faire l'unanimité, ni même à imposer de consensus véritablement pérenne à une société donnée. Bien sûr, certains maux sont reconnus comme tels et condamnés par presque tout le monde dans presque toutes les sociétés humaines : meurtre, adultère, etc. Mais dans la façon dont ces maux sont hiérarchisés entre eux, et avec les autres valeurs, dans les justifications qu'on trouve pour les tolérer dans certaines situations, il y a suffisamment de variabilité pour réfuter toute velléité de déduction d'une échelle exhaustive et universelle. Si une échelle absolue existe, on ne sait pas encore la départager ses concurrents et l'adhésion à cette idée doit être regardée comme un pari, une profession de foi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;seconde erreur&lt;/span&gt;, qui est presque une corollaire de la première, c'est de considérer que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;la morale découle de la raison&lt;/span&gt;, qu'on peut déduire des valeurs morales par les seuls exercices du raisonnement et de l'observation. J'emprunte cette conclusion, et le raisonnement qui la soutient, à David Hume. L'observation décrit ce qui est, la morale ce qui doit être ; quant à la raison, elle permet de déduire des conclusions à partir d'énoncés. Or, il n'y a rien dans ce qui est qui nous permette de tirer le moindre énoncé concernant ce qui doit être. Sans point de départ, la raison est impuissante à déduire quoi que ce soit dans le domaine de la morale. Au mieux, l'observation et la raison peuvent nous fournir des moyens en vue d'une fin. Mais le problème de la moralité doit contenir au moins une donnée, au moins une valeur (ultime pour les téléologistes, ou fondamentale pour les déontologistes) à partir de laquelle déduire, parmi les autres valeurs et moyens, ceux qui la servent au mieux. Une telle valeur objective n'existant pas, nos fins, notre moralité, ce dont on considère qu'il doit être,  sont définis en dernière analyse par nos passions, par opposition à notre raison. Cette dernière n'est alors qu'un outil fournissant essentiellement des moyens, ou fins intermédiaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'y a donc aucun lien nécessaire entre intelligence et moralité (sachant qu'on définit couramment la moralité d'une personne comme la cohérence entre sa propre échelle morale et la sienne à soi). On ne peut pas déduire la stupidité d'une personne en partant des valeurs auxquelles elle adhère, et inversement. Tout au mieux peut-on considérer qu'une personne moins intelligente aura plus de mal à établir et à se rappeler d'une échelle cohérente et solide, la rendant moins prévisible et donc moins fiable. Mais c'est tout aussi valable d'une personne manquant de confiance en elle ou de volonté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;troisième erreur&lt;/span&gt;, c'est de considérer que &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;tout ce qui est mal doit être interdit et &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;tout &lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;ce qui est bien obligatoire&lt;/span&gt;. On retrouve notamment cet écueil chez les manichéens, qui ont des échelles aplaties en haut et en bas : des biens et des maux indifférenciés, chacun de leur côté. Dans leur cas, l'erreur est évidente et suffisamment dénoncée : on y décèle aisément les lacunes d'une pensée simpliste et les germes du totalitarisme. Le problème, c'est qu'on retrouve aussi ce travers chez des personnalités beaucoup plus subtiles, avec des échelles présentant plus de nuances. Ceux-ci prétendent qu'à partir d'un seuil déterminé, on peut et on doit s'efforcer d'interdire ce qu'ils considèrent comme mal ou, pire, de rendre obligatoire ce qu'ils considèrent comme bien. Contrairement aux manichéens, ils sont extrêmement dangereux, et parviennent couramment à leurs fins, notamment quand les grandes lignes de leur échelle sont partagées par les décideurs (incluant, dans une démocratie, la majorité de leurs concitoyens).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre hypothèse de départ – la diversité des échelles de valeurs – devrait suffire à les discréditer, d'autant plus qu'elle est très couramment admise. Malheureusement, ils profitent du nombre limité d'alternatives permettant de définir un système de régulation morale. Car, face à d'innombrables échelles de valeur incompatibles, il faut bien, si l'on veut pouvoir fonctionner en société, gérer les conflits entre les individus et leurs échelles différentes. Mais il s'agit là d'un sujet à part entière – celui du droit – que je tâcherai de traiter dans un article ultérieur.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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J'aimerais répondre que non, mais il semble que dans ce domaine la créativité humaine s'obstine à démontrer son incroyable fertilité. Dommage, car le dégoût du terme me gâte presque le plaisir d'un débat sur les questions passionnantes qui accompagnent le thème : les éventuelles limites de la liberté d'expression, le caractère évitable, ou non, de l'émergence d'une opinion dominante, et la manière dont les forces d'attraction/répulsion qu'elle irradie s'exercent.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les seuls problèmes de "pourquoi, comment et dans quelle limite la liberté d'expression ?" ne seraient traitées exhaustivement qu'en plusieurs tomes, que je tenterai de résumer dans un autre article. Pour aujourd'hui, je vais me contenter de l'usage actuel (tel qu'on le pratique dans les médias, émissions et chroniques d'actualité) de l'expression &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Aujourd'hui, &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt; désigne ce qui se rapporte à un &lt;i&gt;&lt;b&gt;consensus politico-médiatique social-démocrate, centriste, antiraciste, pro-européen, droits-de-l'hommiste et &lt;/b&gt;&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;écologiste&lt;/b&gt;&lt;/i&gt;. Se définissent donc comme &lt;i&gt;politiquement incorrects&lt;/i&gt; (finalement c'est surtout eux qui nous intéressent) tous ceux qui, au choix :&lt;/div&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;contestent l'aspect soit "trop social", soit plus souvent "trop libéral", de la social-démocratie;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;sont opposés à l'immigration, "anti-sionistes", prosélytes de la "culture française" et/ou dénoncent les lois mémorielles (incluant bien sûr par hypothèse les "carrément racistes/antisémites");&lt;/li&gt;&lt;li&gt;souhaitent revenir sur l'intégration européenne, réclament plus de souveraineté nationale, souvent avec un renforcement de l'autorité et du rayonnement de la France au niveau international;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;n'accordent pas à la définition onusienne des droits de l'homme une valeur de critère moral universel qu'on serait fondés à promouvoir, avec la démocratie, dans toutes les cultures et civilisations;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;désapprouvent généralement les politiques écologistes, l'importance accordée aux dangers qu'elles prétendent prévenir ou la philosophie qui les inspirent.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;A priori, on se dit que ça devrait représenter pas mal de monde. En pratique c'est un petit peu plus compliqué. Du côté médiatique au moins, quand on parle de &lt;i&gt;politiquement (in)correct&lt;/i&gt;, on pense à tout casser quatre chroniqueurs (Zemmour, Ménard, Lévy et Cohen). Du côté politique, on voit déjà un nombre non-négligeable de partis se bousculer pour représenter cette tendance : &lt;i&gt;FN&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;RPF &lt;/i&gt;de De Villiers, &lt;i&gt;Debout la République&lt;/i&gt; de Dupont-Aignan, &lt;i&gt;Droite Populaire&lt;/i&gt; de l'&lt;i&gt;UMP&lt;/i&gt; pour la droite ; &lt;i&gt;Égalité et Réconciliation&lt;/i&gt; de Soral, &lt;i&gt;Mouvement des citoyens&lt;/i&gt; de Chevènement pour la gauche. Enfin, du côté du peuple, se partageant entre ces petits partis et l'abstention, une part réellement non-négligeable de la population se retrouve dans plusieurs de ces positions, constituant un enjeu électoral de plus en plus conséquent et contribuant largement à asseoir la notoriété des chroniqueurs cités précédemment.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ceux qui dénoncent l'existence d'un consensus &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt; dont il serait médiatiquement et socialement difficile de s'éloigner n'ont donc pas tort : il y a bien, d'une part, un consensus relatif autour de nombreux axes constitutifs du "système", d'autre part un déficit de représentation d'une grande partie de l'opinion dans l'appareil médiatique. Cette dernière ne se reflète que de manière très troublée dans la représentation politique, au travers de partis soit trop petits pour compter, soit diabolisés de manière caricaturale.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Une partie du morcellement de leur représentation politique provient du fait que les &lt;i&gt;politiquement incorrects&lt;/i&gt; se définissent essentiellement par opposition. Ils sont d'accord pour dire qu'ils ne veulent pas du système, mais si on en réunit dix dans une pièce, les cinq premiers n'auront qu'une vague idée de ce qu'ils veulent mettre à la place, tandis que l'autre moitié comptera autant d'avis différents que de personnes. On rencontre un problème analogue dans n'importe quelle manifestation ou sur tout panel d’abstentionnistes. C'est ce qui explique que des contestataires d'horizons extrêmement divers se fourrent le doigt dans l'œil quand ils s'imaginent qu'en s'agrégeant dans un vote contestataire FN ou dans la pêche à la ligne, ils fournissent aux dirigeants la moindre indication concernant le cap à suivre pour répondre à leur raz-le-bol.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;D'un autre côté, la campagne de discrédit que subissent les partis &lt;i&gt;politiquement incorrects&lt;/i&gt; de la part de la quasi-totalité du paysage médiatique, si elle n'est pas concertée, n'en est pas moins très réelle, et a un impact colossal sur eux. Difficile de déterminer si la diabolisation leur ôte plus d'adhésion que ne leur en apportent la victimisation et la lassitude qu'inspire un discours trop convenu mais, pour le meilleur ou pour le pire, elle joue assurément un rôle décisif pour les empêcher durablement de s'emparer du pouvoir (exception faite du cas assez particulier de la &lt;i&gt;Droite Populaire&lt;/i&gt;), au profit des grands partis dits "de gouvernement".&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Qu'elle soit salutaire ou non, leur critique ne fait pourtant pas honneur au débat public. Elle passe exclusivement par une déformation caricaturale de leur discours, les amalgamant selon les cas avec des beaufs ahuris, de dangereux réactionnaires ou d'ignobles fascistes. Plutôt que de critiquer les points de détails avec lesquels on est en désaccord – dans une opinion souvent nuancée et réfléchie, au moins chez les chroniqueurs, plutôt cultivés et intelligents – on s'en sert pour construire une image d'épouvantail et brûler tout en bloc à coup d'invectives. On laisse la morale moraleuse néo-puritaine trancher &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; un grand nombre de questions qui relèvent du domaine de la raison, sous le prétexte d'avoir décelé le museau du grand méchant loup sous l'habile déguisement de la mère-grand.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;"Les beaux principes moraux et les grandes phrases qui m'ont élevé n'ont pas besoin d'être réfléchies pour être vraies" &lt;a href="http://www.europe1.fr/Musique/EXCLU-Benabar-je-suis-politiquement-correct-744981/"&gt;semble ainsi nous brailler&lt;/a&gt; le très bobo Bénabar. Une &lt;a href="http://www.franceculture.fr/emission-les-idees-claires-de-daniele-sallenave-les-idees-claires-de-daniele-sallenave-2011-12-23"&gt;récente chronique&lt;/a&gt; de Danièle Sallenave sur &lt;i&gt;France Culture&lt;/i&gt; le reprenait alors trop gentiment, rappelant que les contempteurs du &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt; avaient raison quand ils appelaient à plus de pensée critique, avant de se perdre regrettablement à distinguer une bonne mouture de ce courant, de gauche évidemment, critiquant le seul affichage superficiel de &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt; pour inviter plutôt à l'action, d'une mauvaise, de droite et authentiquement réactionnaire. Si cette opposition est réelle et mérite d'être soulignée, poser cette seule alternative dichotomique, c'est nier l'intérêt qu'elle prête l'instant d'avant aux seuls &lt;i&gt;anti-PC&lt;/i&gt; de droite pour le coup : faire vivre le débat en lui apportant de la nuance, des contrepoints et des points de vigilance pour les tenants de l'ordre moral dominant.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Car on peut questionner les dogmes du féminisme sans remettre intégralement en cause l'évolution du statut de la femme. On peut souligner les &lt;a href="http://www.ted.com/talks/hanna_rosin_new_data_on_the_rise_of_women.html"&gt;souffrances sérieuses&lt;/a&gt; que causent et que vont continuer de causer ce grand bouleversement, et les mesures qu'on propose pour en forcer la marche, sans pour autant faire l'apologie du viol et du mariage forcé. On peut rappeler les problèmes que posent l'immigration et son cadre général sur un mode moins victimaire, sans faire appel au racisme. On peut même employer le vocable des &lt;i&gt;races&lt;/i&gt; humaines sans défendre l'idée d'une hiérarchie, sans rejeter la coexistence, l'intégration ou les interactions les plus poussées. Libéral comme d'extrême-gauche, économiste comme sociologue, on peut avoir beaucoup à reprocher à l'intégration économique européenne. On peut saluer les appels à la liberté d'expression et la condamnation des lois mémorielles d'un Zemmour, tout en notant la contradiction avec le dirigisme qu'il prône dans presque tous les autres domaines. Sur toutes ces questions et bien d'autres, les arguments rationnels et les constats empiriques ne manquent pas pour s'opposer très directement aux lieux communs consensuels, plus souvent issus d'un vernis de moraline que d'une étude rationnelle en profondeur des sujets concernés. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Car, comme le rappelait François Morel, grand contempteur des &lt;i&gt;politiquement incorrects&lt;/i&gt; c'est toujours &lt;a href="http://www.dailymotion.com/video/xby306_un-peu-plus-complique-que-ca_fun"&gt;"un peu plus compliqué que ça"&lt;/a&gt;. Il  lève là un débat des plus intéressants sur la granularité de l'information : quel niveau de détail délivrer à l'informé en tenant compte de ses propres contraintes de temps, d'expertise et d'intérêt. Mais il le fait d'un ton déplorablement moqueur vis-à-vis de ceux qui appellent à plus de nuance dans le débat public. Lui semble plaider pour qu'on cesse d'importuner, en leur rappelant les aspérités du réel, ceux qui, comme lui, vont à l'essentiel, c'est-à-dire juste à ce qu'il faut penser, à une sentence morale et engagée, rendue digeste aux grandes heures d'audience par une couche d'humour faisant aussi fonction de bouclier commode face aux accusations de déformation et de caricature. Le courage de l'engagement contre la finesse du propos en somme, mais sans aller jusqu'à s'exposer non plus.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si je m'attarde sur cet humorion de boulevard dont, après tout, le tort principal est de n'être la plupart du temps drôle que pour sa chapelle, c'est pour évoquer rapidement ce que j'appelle le &lt;i&gt;syndrome Guillon&lt;/i&gt;. C'est devenu une pratique courante – particulièrement chez les humoristes étiquetés &lt;i&gt;France Inter&lt;/i&gt;, mais pas seulement – de se prétendre sulfureux et caustique quand on relaye sans arrêt les mêmes blagues convenues sur Sarkozy, les racistes, la colonisation, les curés, le fascisme de la droite et les maladresses stratégiques de la gauche. On prétend jouer avec le feu, rompre les grands silences, sonder en éclaireur les frontière de la liberté d'expression, s'attirer les foudres du pouvoir et les remontrances des grands de ce monde, bref être &lt;i&gt;politiquement incorrect&lt;/i&gt;, tout en suintant par tous les pores les valeurs du consensus décrit plus haut. Ce qui me donne surtout un prétexte pour leur cracher à la gueule sans trop m'écarter du sujet, mais aussi l'occasion de préciser que ce n'est évidemment pas de ce &lt;i&gt;politiquement incorrect&lt;/i&gt; de pacotille, de pure forme, que je traitais jusqu'ici.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Bref, tout ça pour dire que, d'accord pas d'accord avec les contempteurs du &lt;i&gt;politiquement correct&lt;/i&gt;, ils ont un rôle essentiel à jouer dans la salubrité du débat public. Leur provocation comme leurs arguments nous poussent à réfléchir, à nous interroger sur ce qui ne tourne pas rond dans le jeu des références circulaires de notre paysage médiatique et intellectuel. La réplique qu'on leur donne (dans les médias, je ne parle même pas des tribunaux), si elle n'est pas dénuée d'intérêt stratégique pour leurs opposants, n'est malheureusement pas à la hauteur d'un débat public dont tous prétendent pourtant chercher à élever le niveau. Il est également regrettable que ces provocateurs présentent une relative unité de points de vue, et que leur visibilité ne s'étende pas aux représentants d'autres courants de pensée minoritaires, pas forcément moins réfléchis et dont les foyers intellectuels peuvent se situer hors de notre petit pays.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Les premiers insistent sur sa nature prédatrice, tandis que les seconds se concentrent sur ses fonctions protectrices.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Les libertariens rappellent à juste titre qu'&lt;a href="http://www.contrepoints.org/2011/04/16/21608-lorigine-de-letat"&gt;historiquement&lt;/a&gt;, l'Etat n'est que le produit d'une organisation de la violence et de la prédation, permettant aux prédateurs de s'élever en efficacité jusqu'à un quasi-monopole local en ces matières. En effet, les fonctions régaliennes (armée et diplomatie) auxquelles se limitaient les formes primitives de l'Etat et en dehors desquelles il ne s'étendait guère jusqu'aux derniers siècles, sont apparues avec l'émergence de classes guerrières dont les moyens de subsistance provenaient du pillage et de l'intimidation. Bien des siècles plus tard, les impôts prélevés par la noblesse féodale n'avaient toujours pas d'autre fondement que l'appropriation et la préservation d'un domaine par la violence et le racket, et leur destination se résumait principalement à la guerre et à la défense. Historiquement, l'Etat n'est effectivement que ce "monopole de l'usage de la violence" par lequel les libertariens aiment à le définir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;L'émergence de ses premières fonctions protectrices, à savoir le maintien de l'ordre et la production de droit public, malgré toutes leurs conséquences positives, doit sans doute beaucoup moins à la mise en pratique d'idéaux de justice par des dirigeants de bonne volonté qu'à la nécessité de s'assurer la soumission des peuples exploités. L'expression "un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" n'est pas qu'une maxime de morale idéaliste pour super-héros de bande-dessinée : il s'agit aussi d'une nécessité pratique à laquelle les réalités de l'exercice du pouvoir confrontent constamment les puissants. On en a une parfaite illustration dans les quartiers ou les villes dirigées par les mafias, où celles-ci assoient leur domination en suppléant aux fonctions de maintien de l'ordre que l'Etat n'est plus à même d'y accomplir (souvent parce qu'elles l'en empêchent). Elles monnayent leur protection, arbitrent les conflits entre commerçants et font leur possible pour se réserver l'exclusivité des représailles par la violence. Elles se rendent nécessaires, et donc d'une certaine manière légitimes dans l'opinion, en remplissant une fonction qu'elles se réservent, tout en limitant la possibilité d'émergence, au sein de la population dominée, de concurrents inquiétants dans le domaine de la violence, et donc d'une éventuelle résistance. Les prises de contrôle par les mafias de certains quartiers ou de certaines villes d'Italie ou d'Amérique du Sud sont autant de victoires que remportent des Etats primitifs émergents face aux Etats officiels. Et ces exemples modernes illustrent bien comment, loin d'être en contradiction avec la nature prédatrice de l'Etat, ses fonctions protectrices en sont en fait le prolongement naturel et spontané.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est donc un fait entendu : pour les idéalistes qui ne tolèrent pas que la réalité se dérobe à leurs principes moraux, l'Etat est par nature illégitime.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais l'institution de la démocratie libérale (je traite ici des démocraties où les mécanismes de vote jouent un rôle décisif et pas uniquement cosmétique) a profondément changé la donne. Avec elle, le maintien en place du gouvernant dépend nettement moins de la force qu'il peut mobiliser à son avantage, et nettement plus de l'image que la majorité a de lui. Le changement décisif qu'apporte le scrutin démocratique est que désormais, la nature prédatrice de l'Etat est employée essentiellement à renforcer, sinon la protection elle-même, au moins l'impression qu'a la majorité qu'il remplit ses fonctions protectrices dans son intérêt.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Comme &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/dmocratie.html"&gt;je l'ai déjà souligné&lt;/a&gt;, ce nouveau paradigme n'est pas sans soulever inconvénients et problématiques : capacité douteuse du peuple à constituer ou à choisir de bons dirigeants, écrasement des minorités, loi d'airain contribuant à l'émergence d'une classe dirigeante défendant ses intérêts propres, périls quant à la liberté et au bien-être des citoyens pouvant mener à des régimes encore bien pires que ceux qu'avaient vu émerger la prédation pure et dure, notamment en endormant la vigilance des masses par une indéniable légitimité démocratique. Mais la règle générale veut qu'il reste le plus souvent bien supérieur en pratique au paradigme du pouvoir fondé sur l'intimidation et la violence en termes de liberté, de prospérité matérielle et de bien-être général.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pour un radical qui aime raisonner en poussant les principes jusqu'à leur extrémité, il est réellement difficile d'imaginer que si l'Etat a un rôle protecteur essentiel, on ne doit pas toujours instaurer plus d'Etat pour plus de protection (d'où le communisme), et inversement, que si l'Etat est par nature prédateur, moins d'Etat ne signifie pas nécessairement moins de prédation (d'où le libertarianisme). Cette opposition est si fondamentale qu'elle cristallise le gros des aveuglements idéologiques du siècle passé, dans un sens ou dans l'autre. S'il y a un point sur lequel le rapprochement idéologique entre droite et gauche de notre époque est louable, c'est d'avoir éloigné ces deux points de fuite pour se concentrer sur une question politique la plus capitale : sous quelles conditions et par quelles mesures l'Etat sera-t-il à même d'user de son pouvoir prédateur pour étendre dans la plus large mesure souhaitable la protection qu'il offre aux individus, sans matérialiser les risques colossaux liés à un pouvoir trop actif ou ambitieux. Et pour répondre à cette vaste question, les libéraux modérés, sans être les seuls aptes à apporter des éléments de réponse, sont sans doute ceux qui pèsent avec le plus de soin les risques et les gains potentiels de l'implication de l'Etat sur des problématiques autour desquelles ils surveillent souvent avec plus d'attention les réponses que la société civile a à offrir.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Si ça t'est arrivé, comme à moi, de te retrouver face à une situation de ce genre, tu as sans doute compris aussi bien que moi toute la signification de la formule "Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait c'est là le sens même de la &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/lesprit-de-communaut.html"&gt;communauté&lt;/a&gt; : l'exclusion des outsiders, ou comme on aime l'appeler aujourd'hui par extension abusive du terme, le racisme. On est globalement trop manichéens pour les distinguer mais il y a le bon racisme – "je préfère m'entourer de ceux que je ressens plus proches de moi, avec qui on partage plus de choses et avec qui on se comprend mieux qu'avec d'autres" – à l'origine des meilleures relations entre êtres humains, et le mauvais racisme – "ma race/religion/patrie/communauté/classe est objectivement supérieure à telles autres et fondée à leur imposer sa volonté" – à l'origine des pires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr on peut concevoir d'autres alternatives. La première à laquelle on pourrait penser consisterait à escamoter la différence, faire &lt;i&gt;l'autruche&lt;/i&gt;, la dépasser complètement pour faire comme si elle n'existait pas. Cette alternative est purement théorique : elle n'existe pas, c'est une impasse pratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut également songer à &lt;i&gt;l'assimilation&lt;/i&gt; des différents, visant à les rendre semblables, mais on retombe alors dans le "mauvais racisme" : s'attaquer à la différence plutôt qu'au différent renvoie à la même conviction de supériorité d'un modèle donné. Changer les gens est certes moins destructeur que de les exterminer, mais sur quel critère absolu décider que le modèle qu'on cherche à imposer est le bon ? Même en supposant que ça soit possible en pratique, comment mesurer ce qu'on perd et ce qu'on gagne par l'imposition autoritaire d'un modèle unique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière alternative, déjà plus réaliste, consiste à se faire violence et à braver la différence, à découvrir l'autre et à apprendre de lui malgré elle. On pourrait l'appeler le &lt;i&gt;métissage culturel&lt;/i&gt;. À l'échelle individuelle, c'est sans nul doute l'approche de la différence la plus prometteuse d'enrichissement. Mais l'expérience évoquée au début de ce billet, même menée dans une classe/prison du XXIè siècle, devrait te convaincre qu'on s'éloigne ainsi de nos comportements spontanés, et qu'il faudrait, pour pouvoir le généraliser à l'échelle des masses, un conditionnement encore bien plus lourd que celui que nous infligent déjà médias, Hautes Autorités et associations anti-racistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, le bon racisme – ou &lt;i&gt;communautarisme &lt;/i&gt;spontanné&lt;i&gt; &lt;/i&gt;– est sans doute la plus viable des approches non-destructives de la différence, son principal défaut résidant dans sa fâcheuse tendance à dégénérer en mauvais (et en fait seul véritable) &lt;i&gt;racisme&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;vaniteux et agressif. Le problème est toujours le même : &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/06/permission-et-incitation.html"&gt;cette satanée tendance&lt;/a&gt; à vouloir rendre ce qu'on trouve bien pour soi obligatoire pour tous et ce qu'on trouve mal pour soi interdit pour tous. Le contraire de cette tendance, c'est la &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/tolrance.html"&gt;tolérance&lt;/a&gt; (l'attitude) ou la liberté (l'état duquel on se rapproche quand l'attitude se répand parmi les hommes). Cette tolérance et la garantie de cette liberté à autrui n'étant guère plus naturelles et répandues que la dilution des membres d'une minorité quelconque placée au sein d'un groupe plus grand, je me vois contraint de finir encore ce billet sur cette éternelle interrogation : comment les faire advenir ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Ils trouvaient chez les libéraux d'excellents arguments (sans doute plus pertinents que ceux qu'ils auraient pu produire eux-même, au moins en matière économique) pour critiquer l'élite politique et l'extrême-gauche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c'est fini ce temps-là. La mondialisation a largement rejoint, voire dépassé, l'immigration au palmarès des bêtes noires des frontistes. Finalement ils ne détestent rien plus que les libéraux qui, majoritairement, défendent les deux. Même la gauche traditionnelle a le mérite de les rejoindre dans leur combat isolationniste. Au point qu'ils préfèrent maintenant s'inspirer de l'économie keynésienne, voire marxiste, qui leur fournit des armes contre la mondialisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le discours économique du nouveau FN &lt;a href="http://aurel.hautetfort.com/archive/2011/01/16/marine-le-pen-glacante.html"&gt;se rapproche plus de celui du NPA&lt;/a&gt; que de l'UMP : nationalisations jusque dans l'industrie, protectionnisme virulent, condamnation de l'UE, sauvegarde du modèle social français contre les coups de boutoir de la mondialisation, anti-sarkozysme omniprésent, grand retour de l'Etat... Si leur programme (actuellement "en cours de réactualisation" &lt;a href="http://www.dereferer.org/?http%3A%2F%2Fwww.frontnational.com%2F%3Fpage_id%3D1159"&gt;sur leur site&lt;/a&gt;) rejoint leur discours, celui de 2012 devrait achever de dévêtir le parti des quelques guenilles de déguisement libéraloïde encore portées d'une épaule par Jean-Marie Le Pen pour les présidentielles de 2007.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est assez cohérent finalement : ça fait tellement longtemps qu'on baigne dedans que le nouveau conservatisme français c'est le socialisme. La réforme des retraites nous a bien montré à quel point les Français s'arc-boutaient sur un modèle social ostenciblement dépassé, après seulement un demi-mandat d'un président qu'ils avaient pourtant élu pour le dégraisser. De plus, si le socialisme théorique est toujours internationaliste, il devient toujours fortement nationaliste dès qu'on passe à la pratique. Quoiqu'en dise la démagogie d'extrême-gauche tant qu'elle n'est pas installée au pouvoir, chercher à cumuler un  système de prestations sociales pléthorique et une politique  d'immigration laxiste reviendrait à condamner sans équivoque le premier à  l'implosion (même si après suffisamment d'années de socialisme, l'histoire nous montre que la préoccupation principale des gouvernements d'extrême-gauche est plus souvent d'empêcher leur population d'émigrer que celle des autres pays d'immigrer). Là encore, le nationalisme est un socialisme qui sait  prendre soin de lui-même. Même concernant l'emploi, les nationalistes sont en plein accord avec la conception malthusienne et statique que les socialistes se font de l'économie. S'il y a une somme de travail fixe à diviser (et à cette seule condition), les 35h créent bien des emplois, les vieux qui partent à la retraite plus tard augmentent bien le chômage des jeunes, la mécanisation et la désindustrialisation génèrent bien du chômage structurel, mais ça veut aussi dire que le travail des femmes et des immigrés supprime des postes pour les hommes français. Les socialistes qui s'obstinent à soutenir les premières de ces propositions sont condamnés à se rendre ridicule en essayant de réfuter les deux dernières auprès de l'extrême-droite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est sans doute l'explication la plus rationnelle aux succès du FN dans la récupération des électeurs de gauche : &lt;span style="font-weight: bold;"&gt;c'est le seul parti socialiste véritablement honnête et cohérent quant aux sacrifices nécessaires à l'application de son modèle dirigiste&lt;/span&gt;. Marine est en bonne position pour réussir mieux que son père à rassembler les nombreux socialistes français qui, après un examen poussé de leur idéologie et de ses implications, continuent malgré tout d'y adhérer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le gros tour de force de Le Pen père, c'était d'être parvenu à fédérer aussi durablement les anti-juifs et les anti-arabes dans un même parti sans qu'ils se tapent trop dessus. Ce statut de refuge pour les parias du débat public français fournissait au FN une base de sympathisants suffisamment nombreux pour lui permettre de survivre politiquement, mais guère de s'étendre. L'héritière  &lt;a href="http://yahoo.bondyblog.fr/201101161515/clash-farid-smahi-s%E2%80%99en-prend-a-la-%C2%AB-pro-sioniste-%C2%BB-marine-le-pen-et-claque-la-porte/"&gt;semble mal partie&lt;/a&gt; pour renouveler l'exploit, mais devrait largement gagner au change en ratissant de plus en plus large à sa gauche, surfant sur le discours anxiogène autour de la mondialisation débité d'une seule voix par l'ensemble du paysage médiatico-politique français. PS, UMP, extrême-gauche, écologistes et syndicats, tous ont fait le lit du Front National : leur angoisse réactionnaire partagée face aux bouleversements internationaux, leur absence de propositions visant à armer le pays pour leur faire face, leurs sophismes économiques, l'incompétence des uns et l'angélisme des autres sont largement responsables – bien plus que les pathétiques tentatives sarkozystes de &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2010/01/moulins-vent.html"&gt;pseudo-débats électoralistes&lt;/a&gt; – des succès présents et à venir d'un nouveau FN dont on n'a pas fini d'entendre parler.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Il y remet en cause avec des arguments fort convaincants ce qu'il présente comme le dogme des sociétés occidentales modernes et qu'on pourrait résumer par cette équation : plus de choix = plus de possibilités de trouver ce qui nous convient le mieux = plus de bonheur. À moins que tu ne me lises pour la première fois, tu auras reconnu dans ce "dogme" non seulement une idée que je partage, mais encore le fondement même de ma morale et de mes réflexions personnelles, et tu comprendras donc que je m'y attarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son attaque se décompose en trois arguments tout à fait plausibles, dont je ne doute pas qu'en scientifique compétent, il les a dûment démontrés par des expériences qu'il relate sans doute dans &lt;a href="http://www.amazon.fr/Paradoxe-choix-culture-labondance-%C3%83%C2%A9loignait/dp/2501061128/"&gt;son livre&lt;/a&gt; sur la question. Ces trois arguments sont :&lt;br /&gt;– Faire un choix représente un effort en temps, en réflexion, en recherche d'informations, qui augmente avec le nombre de possibilités à départager. Plus de choix implique plus de perte de temps, voire d'argent, ainsi qu'un accroissement des préoccupations.&lt;br /&gt;– Avoir conscience d'avoir eu le choix entre plusieurs opportunités (par exemple un séjour à la plage et un autre à la montagne) fait qu'on a tendance à regretter celles qu'on a écartées et à moins profiter de ce pour quoi on a opté, avec pour résultat qu'on est finalement moins heureux que si on n'avait jamais eu le choix. Pire, puisqu'on ne peut pas blâmer les circonstances, on doit porter la responsabilité fort déprimante d'un acte de choix qui, en nous fermant certaines portes, nous éloigne fatalement de nos espérances, de l'image mentale qu'on se fabrique d'un idéal rassemblant les avantages de toutes les possibilités sans forcément réaliser leurs inconvénients.&lt;br /&gt;– Ces deux effets font que l'abondance de choix implique un coût (coût de production du choix dans le premier cas, le second représentant ce que les économistes appellent un &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Co%C3%BBt_d%27opportunit%C3%A9"&gt;coût d'opportunité&lt;/a&gt;) et suscite des appréhensions, ce qui produit un effet paralysant. De fait, on a tendance à repousser le moment du  choix comme on repousse une tâche fastidieuse, voire même à l'éviter  carrément (le chercheur cite en exemple le constat d'entreprises où, plus le  nombre de plans de retraite offerts est élevé, moins il y a d'employés  qui finissent par en souscrire un).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je dois pour ma part avouer que j'y retrouve un embarrassant récit de mon indécision quasi-pathologique, me poussant, après maintes hésitations, à ne choisir entre plusieurs voies presque que celles dont j'estime qu'elles me fermeront le moins de portes pour des choix futurs, que je devrais pourtant deviner tout aussi déchirants. Même sans atteindre cette extrémité, je ne doute pas que tu n'auras toi-même aucun mal à reconnaitre dans ces mécanismes une description de bien des aspects de ta vie quotidienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il convient qu'avec un plus grand choix, on est nécessairement plus à même d'opter pour la meilleure option (choisir le meilleur jean), le professeur Schwartz défend qu'on en sera malgré tout plus malheureux. Il va même plus loin en déclarant que les effets négatifs de l'excès de choix sont sans doute un facteur majeur de la profusion des dépressions dans les sociétés modernes. Il reconnait, prenant l'exemple des sociétés pauvres, qu'il y a certains niveaux où c'est le manque de choix qui guide le désespoir, et en déduit qu'il doit y avoir un niveau intermédiaire de choix amenant à une &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Optimum_de_Pareto"&gt;optimisation de Pareto&lt;/a&gt;, améliorant la satisfaction générale. Enfin, après tant de réflexions passionnantes, il se perd regrettablement à conclure qu'une redistribution des richesses à l'échelle mondiale apporterait plus de bonheur des deux côtés, comme si, conformément à une idée fausse malheureusement trop répandue, les mécanismes apportant plus de choix (soit plus de prospérité matérielle, de développement et de liberté) avaient jamais fonctionné suivant ce genre de principe de vases communicants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En laissant de côté cette dernière assertion bien regrettable, je t'étonnerai sans doute en t'avouant que je ne conteste aucune de ses conclusions. Mais avant que tu t'imagines que j'ai retourné ma veste, je vais t'expliquer pourquoi, malgré l'aspect paradoxal de cette association, je les juge parfaitement compatibles avec le paradigme du choix, qui constitue le fondement de la démocratie libérale, et à travers elle de la civilisation occidentale moderne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour commencer, Schwartz oppose l'excès de choix à une situation initiale où les alternatives sont limitées naturellement par des circonstances contingentes, et non par la volonté de qui que ce soit. Et effectivement, nous n'avons aucun mal à nous passer de biens ou de services n'existant pas encore (un téléphone portable hier, un téléporteur aujourd'hui) ou quand une rareté naturelle nous en augmente le coût d'accès au-delà du raisonnable (pour un original de Rembrandt par exemple), bref quand nul autre que l'ordre naturel des choses n'est à blâmer pour un manque que, de fait, nous ne ressentons souvent même pas. En revanche, la frustration que nous ressentons est toute autre dès que la responsabilité de la limitation dont nous souffrons peut être attribuée à une volonté extérieure, comme un videur de boîte de nuit ou, pire, une hypothétique police du libre-choix. Je suis convaincu que mes grands-parents, même enthousiastes face aux avantages du téléphone, étaient plus à l'aise quand l'offre s'y résumait à trois couleurs de combinés filaires ; je suis disposé à accepter que l'élargissement pléthorique de nos gammes de téléphones portables ait finalement causé plus de frustration que de plaisir même à mes contemporains les plus passionnés de nouvelles technologies ; en revanche, si on annonçait demain à ces mêmes passionnés que le prochain Androphone ne sortira pas à cause de mesures limitatives visant à leur imposer un moindre choix "pour leur bien", je serais très étonné que leur niveau de frustration et de mécontentement soit diminué en quoi que ce soit. Or contrairement au socialisme, qui proposait d'instaurer rien de moins que la &lt;a href="http://dignite-et-liberte.blogspot.com/2007/02/thorie-marxiste-de-la-libert-relle-et.html"&gt;"liberté réelle"&lt;/a&gt;, ou capacité illimitée notamment dans le domaine matérielle, le paradigme libéral intègre tout à fait la limitation du choix liée à la rareté des ressources ou des opportunités. Celle qu'il combat, c'est la limite arbitraire imposée par la violence ou par un pouvoir trop zélé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, la défense libérale du libre-choix a le plus souvent insisté, au-delà de ses avantages intrinsèques, sur la dénonciation de l'engrenage des dérives liées au pouvoir qu'on armerait pour le limiter. Même si le constat dressé était que le choix est nuisible (ce qui n'est pas le cas, à plus d'une simple nuance près), il ne répondrait à aucune des questions cruciales concernant sa limitation. Comment définir quelles possibilités de choix seront écartées et lesquelles seront laissées à une population d'individus dont les goûts et surtout les besoins diffèrent, et sont de plus variables dans le temps ? Qui serait habilité à arrêter ces choix ? Par quels moyens ? Par quelle autorité ? Pour quelles populations ? Comment être sûr que ces limites seront bien établies dans dans le but d'optimiser le bien-être des personnes visées ? Si l'on peut définir qu'elles ne le sont plus, comment réagir face à ceux qui auront obtenu le pouvoir de contrôler nos choix ? Comment mesurer ce bien-être à l'échelle d'un individu, puis comment agréger cette mesure à l'échelle d'une population ? Comment éviter que ces limitations empêchent l'émergence de solutions qui auraient été encore plus satisfaisantes pour tout le monde ? Après avoir retourné ces questions dans tous les sens (je te renvoie pour cela à &lt;a href="http://www.amazon.fr/Route-servitude-Friedrich-Hayek/dp/2130530923"&gt;ce bon vieux Hayek&lt;/a&gt;), voire même mené plusieurs expériences potentiellement désastreuses, malgré la bonne intention qui les aura vu naitre, après avoir risqué toutes les tyrannies, même les plus démocratiques (on ne rappellera jamais assez qu'Hitler a été élu très largement au suffrage universel), rien dans la théorie du professeur Schwartz ne nous laisse penser qu'on ne retombera pas sur cette bonne vieille conclusion, à l'origine de la conception de la liberté que se fait &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/11/ochlocratie.html"&gt;la démocratie libérale&lt;/a&gt;, que la meilleure solution reste de laisser les individus écarter eux-mêmes certains choix, se dicter leurs propres règles pour limiter leurs conduites au-delà du cadre du droit (contrats, conventions ou simplement discipline intérieure), voire même se choisir leurs propres maitres (professeurs, patrons ou gourous) s'ils veulent qu'on limite leurs choix pour eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs, d'après &lt;a href="http://econoclaste.org.free.fr/dotclear/index.php/?2006/10/01/620-piketty-et-le-paradoxe-du-choix"&gt;l'éconoclaste&lt;/a&gt; (qui, partant du &lt;a href="http://www.amazon.fr/Paradoxe-choix-culture-labondance-%C3%83%C2%A9loignait/dp/2501061128/"&gt;bouquin original&lt;/a&gt; et non de la conférence qui le présente, n'y voit pas non plus d'objection à une extension des alternatives dans le domaine scolaire), Schwartz lui-même avance que les individus mettent spontanément en place des stratégies pour simplifier leurs choix. Même face à 100 produits analogues au rayon dentifrice, le consommateur n'y passe pas plus d'une minute et n'en perd pas le sommeil pour autant. Cette auto-discipline se retrouve aussi dans le monde des entreprises qui, &lt;a href="http://www.contrepoints.org/2011/01/07/10404-le-mythe-du-far-west-sauvage"&gt;de tout temps&lt;/a&gt;, n'ont pas attendu les lois parlementaires pour mettre en place des guildes réglementées, des standards industriels, des chartes de bonne conduite, des labels de bonnes pratiques, et autant de structures présentant le double avantage de limiter les opportunités de choix couramment examinées à ceux reconnus comme les plus efficaces, tout en offrant un cadre suffisamment souple pour permettre l'émergence spontanée de nouvelles solutions encore préférables. Contrairement à ce qui est allégué dans la conférence, les spécialistes du marketing n'ont d'ailleurs pas négligé notre résistance à l'excès de choix. L'exemple le plus flagrant en réside sans doute dans le succès de l'iPhone qui, non content de rassembler de nombreux choix d'appareils  (MP3, photo, internet, téléphone, etc.) dans un modèle unique, s'est aussi démarqué en imposant aux milliers de développeurs de ses applications &lt;a href="http://www.pockett.net/n5864_iPhone_Regles_d_approbation_des_applications_iPhone_par_Apple_la_lutte_s_organise"&gt;des principes tels que celui d'une interface dégagée et intuitive&lt;/a&gt;, le plus loin possible d'une lourde configuration riche en nombreux choix coûteux pour l'utilisateur. La recette des systèmes informatiques couronnés de succès, de Windows à Google, semble être de toujours encadrer les actions des utilisateurs via une interface simple tout en offrant un maximum de souplesse dans les possibilités d'évolution.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;a href="http://www.ted.com/talks/barry_schwartz_using_our_practical_wisdom.html"&gt;une autre conférence donnée plus récemment au TED&lt;/a&gt;, Schwarz va d'ailleurs jusqu'à défendre sans ambiguïté la thèse qu'un cadre souple, laissant libre champ aux initiatives spontanées et innovantes, demeure préférable à une réglementation rigide limitant les recours des individus. Il tient alors, sans en développer la rhétorique et probablement à son corps défendant, un discours authentiquement libéral. Il ne fait pourtant nul doute, même s'il n'y fait pas mention pendant cette conférence, qu'il a toujours en tête ses vieilles conclusions concernant le choix, et qu'il n'a pas de mal à les intégrer dans une réflexion globale l'amenant à plaider malgré tout la supériorité de la liberté sur la contrainte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car finalement, aussi importantes que soient les conséquences négatives pour l'individu de l'excès d'alternatives – et même en minimisant les défenses qu'il développe contre elles, individuellement ou collectivement –, elles ne sont rien comparé au potentiel destructeur d'une limitation arbitraire de ses choix. Et aucune limitation ne saurait manquer d'arbitraire si elle n'est pas sanctionnée, en dernier recours, par le choix de l'individu concerné. C'est sans doute là le plus important &lt;span style="font-style: italic;"&gt;paradoxe du choix&lt;/span&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Il semble évident que dans l'état actuel des choses, une ouverture du commerce à l'étranger tendra à les placer dans une position inconfortable même si, &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101127.OBS3751/achat-de-tabac-a-l-etranger-unanimite-contre-la-fin-des-restrictions.html"&gt;ces limitations étant déjà largement inappliquées&lt;/a&gt;, l'impact de leur assouplissement sera sans doute très mesuré. En revanche, on trouve un réel motif d'étonnement dans le constat qu'en cherchant à limiter une concurrence indéniablement faussée, ils semblent choisir d'ignorer la source de leur handicap : la démesure sans cesse croissante des taxes sur le tabac vendu en France. On s'attendrait pourtant à ce qu'ils soient les premiers à défendre, en même temps que le pouvoir d'achat de leurs clients, leur propre intérêt face à ces politiques fiscales dont le but avoué est de les priver progressivement de la plus grande part possible de leur clientèle. Il serait difficilement compréhensible que &lt;a href="http://lci.tf1.fr/economie/entreprise/2006-12/rallonge-pour-buralistes-4880682.html"&gt;les subventions&lt;/a&gt; que l'État leur verse depuis 2006 et jusqu'en 2011 en compensation de ses &lt;a href="http://www.liberte-cherie.com/a2463-Immorale_et_injuste_l_interdiction_de_fumer_dans_les_lieux_publics_.html"&gt;mesures agressives&lt;/a&gt; envers leur activité puissent leur faire oublier bien longtemps qu'on ne les nourris d'une main que pour mieux les étrangler de l'autre. Une réduction significative de ces taxes transformerait automatiquement cette ouverture du marché transfrontalier en bénédiction, tant pour leur situation que pour le pouvoir d'achat des fumeurs français, et même des frontaliers espagnols et allemands qui, pour une fois, pourraient trouver avantageux d'acheter quelque chose en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, il est beaucoup plus surprenant que les automobilistes qui sont interpelés par les buralistes en colère, alors qu'ils passent la frontière pour se fournir en cigarettes, &lt;a href="http://videos.tf1.fr/jt-we/furieux-les-buralistes-francais-manifestent-aux-frontieres-6176387.html"&gt;affirment leur sympathie&lt;/a&gt;, et parfois même leur soutien à cette lutte curieusement dirigée. Ceux-là même que les taxes et l'espoir de préserver leur pouvoir d'achat poussent sur les routes jouent contre leur ultime recours. Un devoir de solidarité avec les manifestants s'est-il à ce point intégré à la conscience des Français qu'ils les soutiennent même quand la manifestation est si manifestement contraire à leur intérêt direct ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus frappant encore, &lt;a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20101127.OBS3751/achat-de-tabac-a-l-etranger-unanimite-contre-la-fin-des-restrictions.html"&gt;on entend dire&lt;/a&gt; que même les industriels du tabac verraient cette ouverture d'un mauvais œil. Il faut cependant remarquer que l'allusion est évasive, qu'aucune source n'est citée, et que la justification fournie peine à convaincre que les cigarettiers puissent se sentir menacés par une augmentation des volumes de vente de tabac, quand bien même celle-ci profiterait plus à certains qu'à d'autres (d'autant que l'explication fournie pour ce phénomène hypothétique n'est guère plus solidement fondée).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Force est de constater qu'il est difficile d'évaluer dans quelle mesure le filtre médiatique peut déformer les signaux qu'on reçoit de cette grogne, et plus largement du débat autour des politiques anti-tabac. On se souvient notamment que les grands médias ont été particulièrement laudatifs à l'égard de l'interdiction de fumer dans les lieux publics – aussi bien quand elle ne constituait qu'un &lt;a href="http://lci.tf1.fr/science/2006-03/francais-sur-pour-interdiction-totale-fumer-4894665.html"&gt;vague&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.liberation.fr/societe/0101544392-80-des-francais-pour-l-interdiction-de-fumer"&gt;projet&lt;/a&gt; que quand il s'est agi d'en dresser un &lt;a href="http://www.france-info.com/france-societe-2008-12-29-interdiction-de-fumer-le-bilan-un-an-apres-230967-9-12.html"&gt;premier&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.francesoir.fr/divers/tabac-linterdiction-presente-un-bilan-mitige"&gt;bilan&lt;/a&gt; – ou encore qu'ils ont été prompts à "honorer" leur rôle de contrepouvoir en &lt;a href="http://www.leparisien.fr/societe/on-respecte-moins-la-loi-anti-tabac-17-12-2009-747496.php"&gt;dénonçant&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.slate.fr/story/22155/la-france-refume"&gt;massivement&lt;/a&gt; et sans délai les &lt;a href="http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2009/12/19/les-francais-recommencent-a-s-en-griller-une-au-bureau-ou-au-cafe_1283155_3238.html"&gt;moindres&lt;/a&gt; &lt;a href="http://www.tdg.ch/geneve/actu/bravent-interdiction-fumer-recevoir-amende-2010-02-09"&gt;transgressions&lt;/a&gt; des fumeurs récalcitrants ou de leurs complices, relayant avec zèle et sans réel contrepoint les rappels à l'intransigeance des associations anti-tabac.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même si leur popularité réelle est difficile à évaluer, les opinions favorables à ce protectionnisme du tabac rencontrent un écho trop important pour ne pas interpeler. Pénaliser tant les Français les plus modestes (les fumeurs, lourdement taxés sont tout particulièrement &lt;a href="http://www.francesoir.fr/argent-emploi-sante/crise-economique-un-chomeur-sur-deux-est-fumeur.40895"&gt;représentés chez les chômeurs&lt;/a&gt;) que les buralistes ou encore &lt;a href="http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Les-cafes-en-danger-165506/"&gt;les patrons, clients et employés de cafés&lt;/a&gt;, pour des &lt;a href="http://www.docbuzz.fr/2010/05/26/123-l%E2%80%99interdiction-de-fumer-dans-les-lieux-publics-na-eu-aucun-impact-sur-la-reduction-des-infarctus-en-france/"&gt;résultats pour le moins discutables&lt;/a&gt; en matière de santé publique et même un &lt;a href="http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20101103.CHA9768/tabac__limpact_des_hausses_de_prix_sur_les_fumeurs_et_p.html"&gt;impact très limité&lt;/a&gt; sur la consommation finale de tabac est-il vraiment justifiable du point de vue du rapport coût/résultat ? Le coût, lui, est en tout cas indéniable, tant dans le domaine du pouvoir d'achat que des libertés individuelles. L'ouverture du commerce transfrontalier pourrait permettre de l'alléger marginalement, et surtout de créer une pression à la baisse sur les taxes françaises sur le tabac, seule solution pour préserver durablement l'activité de nos buralistes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, cela nécessiterait de porter le coup de grâce à une conception belliqueuse de l'anti-tabagisme dont moyens et fins peuvent être résumés à &lt;a href="https://www.contrepoints.org/2010/09/16/1061-new-york-etend-linterdiction-de-fumer-aux-parcs-et-aux-plages"&gt;l'imposition sans limite de nouvelles contraintes&lt;/a&gt; aux fumeurs, avec pour seul indicateur d'efficacité la part de l'opinion publique adhérant à leur croisade. Alors que, l'inscription présente sur chaque paquet aidant, nul ne peut prétendre ignorer les risques qu'il prend en choisissant de fumer, ne peut-on pas considérer que ceux qui continuent à faire ce choix ne sont peut-être pas toujours si faibles, stupides ou irresponsables que ne veulent le faire croire ceux qui les accablent de taxes et d'interdictions ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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"Woerth a osé parler de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;lapidation&lt;/span&gt; pour qualifier l'attention dont il est la cible", "Sarkozy a prononcé douze fois le mot &lt;span style="font-style: italic;"&gt;guerre &lt;/span&gt;dans son discours de Grenoble", "Zemmour a prétendu publiquement que la majorité des trafiquants étaient noirs ou arabes", "L'évèque d'Amiens fait le parallèle entre les expulsions de roms et les rafles de la Deuxième Guerre Mondiale", etc. Combien de précieux temps d'antenne a-t-il été gaspillé en débats, en chroniques, en réactions de toutes sortes à des déclarations de ce genre ? En cessant de se cantonner aux derniers mois, il serait possible de multiplier à l'infini les exemples. Qui n'a pas déjà eu son mot à dire sur le "kärsher", le "casse-toi pauv' con" ou la "bravitude" ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les innombrables critiques de cette course à l'indignation en viennent presque toujours à évoquer une menace pour la liberté d'expression, oubliant un peu vite que la liberté de critiquer les déclarations d'autrui en est une composante essentielle. Même lorsqu'un patron menace de se séparer de son employé pour avoir tenu des propos jugés inacceptables, la liberté d'expression n'a pourtant rien à y redire : l'employé reste libre de s'exprimer, et la liberté d'association assure à toute personne à laquelle il serait lié la possibilité de se désolidariser de lui, ce qui se justifierait particulièrement si des propos tenus en public risquaient de nuire à l'image de leur association commune. On oublie trop souvent que la liberté &lt;b&gt;d'&lt;/b&gt;expression n'équivaut pas à un droit &lt;b&gt;à&lt;/b&gt; l'expression, qu'elle ne régit que les rapports entre l'individu et le pouvoir et que ce dernier, s'il ne peut contraindre personne à se taire, ne peut non plus forcer quiconque à écouter, à apprécier ou à rester sans réaction.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En toute cohérence, l'amoureux de la liberté est forcé de reconnaitre que, malgré toute l'aversion que lui inspirent pêle-mêle la bien-pensance démagogique, le climat terrorisant de pensée unique ou l'étroitesse du débat public, il ne peut les combattre sur le terrain du droit. Qu'il s'en réjouisse ou s'en indigne, il doit bien admettre que, comme pour toute autre liberté, elle s'accompagne d'une responsabilité et de l'obligation du respect des libertés d'autrui qui, comme je vais te le montrer, limitent son usage débridé, formant en quelque sorte des garde-fous. Et comme leur nom l'indique, ces garde-fous tendent à nous confiner dans le faisceau de l'opinion dominante.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le plus contraignant des garde-fous aux excès de la liberté d'expression n'est autre que le droit de propriété. Tout propriétaire, ou mandataire, d'un terrain peut révoquer son invitation envers celui qui exprime chez lui des propos qui lui sont désagréables. Mais surtout, tout propriétaire de média peut sélectionner ce qui rentre ou non dans le cadre de sa ligne éditoriale, et ce d'autant plus qu'il est plus soumis au second rempart : le manque de place, ou autrement dit la rareté. Le caractère limité du temps du consommateur de médias (et encore plus du temps qu'il choisit de consacrer en priorité à cette activité) implique qu'on ne peut donner de visibilité qu'à une portion congrue de l'information. Bien sûr, chacun est libre d'aller clamer son message au coin de la rue ou, comme moi, d'ouvrir un blog inconnu pour le crier au vide intersidéral de l'interweb, mais son impact sera évidemment bien différent s'il arrive à se blottir entre les colonnes du &lt;i&gt;Monde&lt;/i&gt;.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Enfin, le troisième et sans doute le plus actif des garde-fous n'est autre que la responsabilité. Je ne parle pas ici du sens pénal du terme : si la liberté d'expression est bien instituée – ce qui, essentiellement du fait des lois mémorielles, est de moins en moins le cas dans ce pays – personne ne doit pouvoir être inquiété pénalement pour le contenu de son message. Je parle d'une part de la responsabilité civile, quand le message exprimé viole directement un engagement contractuel accepté précédemment par l'individu (devoir de réserve, accord de confidentialité...) ; d'autre part de celle qu'inspire l'impact du message sur les relations de l'émetteur avec des tiers. Il s'agit des foudres ou des jugements de ceux avec qui on est en relation, future ou actuelle, professionnelle ou personnelle, superficielle ou essentielle. Bref il s'agit de sa réputation.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est sans doute ce dernier point qui, pour le meilleur ou pour le pire, constitue la plus grande force d'attraction du noyau des opinions dominantes – de la &lt;i&gt;pensée unique&lt;/i&gt; comme on dit souvent sur un ton qui laisse penser qu'il s'agirait de quelque chose de nouveau –, particulièrement en matière morale où les désaccords sont presque toujours vécus comme des agressions. C'est lui qui est à l'origine de "l'auto-censure" ou de la "censure commerciale", qu'il semble de bon ton de dénoncer face à un micro branché dès qu'on aborde le sujet. Pour une raison que j'ignore, notre époque, apologue immodéré de la modération, semble bouder ce mécanisme régulateur spontané et non-violent.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Fort heureusement, ces garde-fous ne sont pas des remparts infranchissables. Il est presque toujours possible pour un élément de message – idée, théorie, énoncé, récit, jugement moral ou esthétique – intéressant ou original de dépasser ces filtres pour, ne serait-ce qu'un instant, alimenter le grand jeu de la sélection sociale qui nourrit l'évolution de la connaissance, des goûts et de la morale des sociétés humaines. Car c'est là la grande fonction, et la plus puissante justification de la liberté d'expression : soumettre au jugement critique et sélectif des esprits les éléments d'opinion candidats à la formation de l'opinion dominante de demain. C'est aussi ce qui en fait une des premières cibles des régimes autoritaires qui cherchent à imposer un idéal commun prédéterminé.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;N'oublions d'ailleurs pas qu'en sus de la &lt;i&gt;pensée unique&lt;/i&gt;, qu'on dénonce généralement pour la très exposée communauté médiatique et politique française, il existe autant d'opinions dominantes que de communautés humaines, de la scène électro nantaise à la branche alsacienne de ma propre famille. Elle peut se manifester à chaque fois dans une infinité de domaines, allant du niveau approprié de familiarité dans les salutations à la qualité qu'on s'accorde à prêter aux derniers films de Martin Scorsese.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Même la plus sérieuse des communautés, et j'aimerais citer en exemple la communauté scientifique qui, sans doute plus qu'aucune autre, a réfléchi à ce problème et tenté de structurer son émission d'information de manière à favoriser l'objectivité, n'a pas su s'affranchir de l'émergence de phénomènes de modes, d'un fonds d'opinion duquel il est très périlleux de tenter de s'affranchir, tant pour préserver sa réputation que ses financements. Suite à la révolution newtonienne, le déterminisme physique a occupé cette place un moment. Aujourd'hui on pourrait citer, sans doute parmi des myriades d'autres, le darwinisme en biologie ou la thèse du réchauffement climatique anthropique.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si toutes ces opinions dominantes exercent les puissantes forces d'attraction évoquées précédemment, elles suscitent également d'inévitables réactions de rejet. Souvent instinctives et peu constructives, au moins en partie, parfois même abusives, celles-ci jouent un rôle salutaire en émettant une critique et un questionnement, qui motivent la constitution d'alternatives aux opinions dominantes, avec lesquelles elles sont alors mises en concurrence. Émergeront alors des effets de mode, dont certains éléments perdureront parfois, alimentant le fleuve très tourmenté de l'histoire des idées, des arts, des sciences et des mœurs.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est d'ailleurs le point auquel elle encourage ce processus qui caractérise une société ouverte. L'exaltation de l'originalité, de la pensée critique, de la diversité et de la concurrence y favorise l'émergence d'opinions nouvelles, tandis que la libre association y promeut l'expérience et la sélection par abandon ou imitation de modèles rivaux. L'alternative, à savoir la société conformiste, rassemblée autour d'un idéal universel prédéterminé, conservateur ou progressiste, n'a jamais su verrouiller ce processus suffisamment pour se conformer pleinement à son modèle, et c'est tant mieux. C'est malheureusement la chimère qu'on sent poindre derrière l'incantation perpétuelle d'un très abstrait &lt;i&gt;idéal républicain&lt;/i&gt;, ressassé à toutes les sauces en France, récupéré par tous les bords et dans tous les milieux. C'est dire s'il est creux.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Non seulement il fait du profit, mais en plus il est prêt aux pires manipulations pour y parvenir : il cherche à limiter ses coûts, et donc la richesse qu'il redistribue à ses employés, fournisseurs ou prestataires de services ; il veut vendre le plus cher possible et donc extorquer la propriété de ses clients ; pire encore, il manipule les esprits avec de la publicité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Plus important sera le problème auquel, moyennant compensation, il propose une solution, plus on lui reprochera son cynisme d'oser s'enrichir sur les malheurs qu'elle permet de surmonter. Plus sa solution sera efficace et peu coûteuse, plus elle se répandra, plus son profit augmentera, plus les bienfaits que son industrie aura répandus parmi les hommes s'imprimeront dans les mœurs comme la norme, et plus on le blâmera pour le sort de ceux, de plus en plus rares, qui n'ont pas encore les moyens d'y accéder. Voilà bien le cynisme du bourgeois que d'oser demander une contrepartie pour des biens qu'il possède en excès à ceux-là mêmes qui souffrent pourtant déjà bien assez du malheur de ne pas en avoir pour eux-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant un tel cynisme se retrouve chez tout être humain qui survit, c'est-à-dire qui pratique une activité économique quelconque : échange ou production. Que je sache, toi qui me lis, tu demandes bien une rémunération pour le travail que tu fournis. Quand bien même tu vivrais uniquement de donations ou de subsides, encore faut-il que tu acceptes le fait que l'argent que tu reçois est pris à quelqu'un d'autre. Quand tu choisis d'utiliser cet argent pour te payer un restaurant ou un cinéma, au lieu d'en faire un don qui pourrait éclairer le quotidien de gens nécessiteux, ne te comportes-tu pas toi aussi en implacable cynique ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Ha mais c'est qu'il faut bien vivre quand même. Le peu que j'ai, je peux bien le garder."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vivre ? Mais te limites-tu vraiment au strict nécessaire à ta survie ? Si tu me lis en ce moment, il y a toutes les chances qu'entre ton foyer chauffé, ta voiture qui te permet de traverser le pays en une demi-journée, les milliers d'opportunités de distractions offertes par ton seul ordinateur et la qualité de soin à laquelle tu as accès, tu disposes de plus de richesses que les plus grands monarques absolus en leur temps. Dans tout ça, qu'est-ce qui est vraiment nécessaire à ta survie ? En ne t'y cantonnant pas, en exigeant des autres plus de richesse que tu n'en as réellement besoin, en ne redistribuant pas par toi-même tout ce qui te rend plus riche qu'un autre, lui conférant donc le statut de plus pauvre, n'es-tu pas d'un cynisme, sinon de même grandeur, au moins de même nature que ce capitaliste que tu abhorres ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute activité économique implique de demander un paiement pour pouvoir perdurer, que ce paiement soit volontaire ou forcé par l'impôt, payé par ceux qui profitent du service rendu ou par des tiers qui, généreux ou contraints, contribuent à le financer en nourrissant ceux qui le produisent, en leur versant un salaire ou en leur destinant une rente. Si on attend de l'activité en question qu'elle se développe, il faut lui permettre d'accumuler plus que les dépenses qu'elle n'engendre. Si l'on veut que des êtres imparfaits et partiaux se consacrent à un tel développement, il faut qu'ils puissent en tirer un profit proportionnel. Enfin si l'on souhaite que cette entreprise soit favorisée à mesure du service que le peuple estime qu'elle lui rend, il faut laisser à chaque individu qui le compose la liberté de payer le prix qu'il veut au producteur dont il estime qu'il lui rend le meilleur service.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est cynique de rechercher son propre intérêt, alors l'humanité devra tolérer d'être bien malheureuse pour se passer de cynisme. S'il est cynique d'accepter de jouir d'un profit qu'on a accumulé en mettant à la disposition de ses contemporains un produit qui leur apporte un bien-être suffisant pour qu'ils préfèrent l'acheter plutôt que de conserver leurs autres richesses, alors de quoi n'est-il pas cynique de jouir ? Est-il plus cynique de profiter égoïstement de bienfaits dont d'autres sont privés, ou de vouer l'humanité à l'abnégation dans l'attente d'une chimérique égalité ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le cynisme d'un seul patron d'entreprise automobile qui, guidé par sa cupidité, a permis à des milliers de personnes de voyager, de se rendre à leur lieu de travail, de gagner du temps de vie à consacrer à leurs loisirs égoïstes, ce cynisme-là vaut mieux que toute la sollicitude des braves boboïdes qui pleurent à chaude larme devant leur téléviseur, en s'infligeant le spectacle d'une misère contre laquelle leurs bonnes intentions restent largement inefficaces. Pour ce qui est de triompher petit à petit de la misère humaine et de faire avancer le progrès, aucun instrument n'a encore donné de meilleurs résultats que le capitalisme le plus cynique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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En réalité, malgré toute la rancœur qu'elles entretiennent à l'égard  de l'oppresseur phallocratique séculaire, les féministes considèrent  généralement que, dans l'idéal qu'elles défendent, nous autres mâles sommes susceptibles de leur être utiles, et même agréables.  Non, malgré tous ces siècles d'exploitation, elles ne réclament pas une  vengeance qui inverserait la balance l'injustice, mais justement  l'équilibre par l'égalité des conditions entre les deux sexes, et donc  entre tous les individus les composant. Au final, le féminisme moderne  est un communisme comme les autres. Mais outre l'aspect foncièrement utopique de sa démarche, son erreur fondamentale provient sans doute de la place prépondérante qu'il accorde à une chimère issue de son seul fantasme, et malgré tout désignée comme objectif à imposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le socle de la pensée féministe consiste en son rejet axiomatique de l'image traditionnelle de la femme, envisagée, sinon comme facteur, au  moins comme symbole de sa soumission. Il ne peut en soutenir qu'une  image dépouillée de tous les attributs coutumiers de la  féminité. Il ravale la beauté au rang d'une non-valeur, considérant son exhibition  comme un insupportable abandon de toute dignité. Tenir son foyer ou  cuisiner pour sa famille ne sont pas les moindres des renoncements qu'il ait à  dénoncer. Aujourd'hui, c'est même le principe de la maternité qui est attaqué par  toutes les Elisabeth Badinter de la planète.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au final, ce n'est pas de l'homme que les féministes cherchent à se  débarrasser, mais bien de la femme, ou en tout cas de la féminité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, la réalité de la femme, telle qu'elle a toujours été, est niée comme illégitime et appelée à disparaitre. Non, la femme ne peut pas vouloir  être ainsi, et elle ne l'est que par la volonté de l'homme, qui l'a  asservie pour la confiner dans le rôle qui l'arrangeait, lui. On pourrait se dire qu'il se fait une bien triste idée de l'indépendance d'esprit des femmes et de leur capacité, jusqu'ici, à  résister à la domination machiste, mais que serait une bonne théorie de l'exploitation sans son faible gentil et son méchant fort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si prompt à lever les boucliers contre les clichés, même fondés,  touchant à la femme, il n'hésite pas à mettre les pieds dans ceux qui  concernent les hommes. Par exemple, bien que les femmes se préoccupent  globalement plus activement de leur apparence ou de celle de leur foyer, ménage et superficialité ne seront jamais considérés comme leur apanage exclusif ;  en revanche il ne voit pas d'objection à ce que le fait que les hommes sont les plus gros amateurs de  pornographie ou de prostitution grave dans le marbre ces pratiques comme  des lubies 100% masculines. De toute façon, si on le  laissait advenir, l'idéal féministe nous débarrasserait bien vite de cette diversité de  préoccupations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens tout de même à préciser que je ne m'attaque pas ici au féminisme originel.  En tant que fervent défenseur de la vraie égalité, l'égalité en droit,  je m'associe pleinement à la démarche des suffragettes et de  toutes celles qui se sont battu pour que la loi s'applique de la même  façon à tous les êtres humains, indépendamment de leur sexe et de leur  race. Ce féminisme-là n'est finalement rien de plus qu'un sous-ensemble du libéralisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les constitutions libérales ayant, depuis longtemps déjà, instauré cette  égalité en principe fondamental du droit, ce féminisme a triomphé. En France par  exemple, il ne subsiste à ma connaissance que deux inégalités de droit  entre les sexes. La première touche aux congés maternité, et brime  autant les hommes que les femmes. En concernant quasi-exclusivement ces dames, cette  loi contribue effectivement à les impliquer (les enfermer ?) davantage dans la dynamique de la fonction parentale, tout en défavorisant l'homme qui souhaiterait  prendre ce rôle prépondérant dès les premiers mois de la vie de son enfant. La  seconde injustice, nettement plus grave, est à l'avantage des femmes  qui, avec la mouture actuelle de l'accouchement sous X et le jeu des  pensions alimentaires, sont les seules à pouvoir décider d'abandonner  leur enfant, interdisant non seulement aux hommes d'en faire autant,  mais les privant même du moindre recours pour seulement contacter leur progéniture dès lors que la mère a opté pour l'abandon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant qu'il a atteint sa cible, le féminisme est mort. Ce qu'on  nomme aujourd'hui &lt;span style="font-style: italic;"&gt;féminisme&lt;/span&gt;,  c'est autre chose, qui en a usurpé le nom sans même en revêtir un propre, me forçant à ces laborieuses  circonlocutions, s'appropriant déloyalement le mérite d'une noble cause.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce courant nous vient encore de la gauche qui, comme de  coutume, ne prospère qu'en accentuant les antagonismes  entre groupes  d'êtres humains différents (on lui doit d'ailleurs tellement de ces usurpations lexicales, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;égalité&lt;/span&gt;, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;solidarité&lt;/span&gt; et tant d'autres ayant subi des travestissements analogues sous la plume des mêmes idéologues). Variante de son cousin économiste le  socialisme, né de et pour la contradiction, le  féminisme a construit son idéal sur la seule opposition intellectuelle à  l'image traditionnelle de la femme. Ainsi la femme du féminisme, à  l'instar de l'homme nouveau du marxisme, n'est-elle qu'une création  chimérique décrétée comme aboutissement inéluctable d'une  histoire dont ses théoriciens prétendent entendre le sens, sur la seule base d'une spéculation intellectuelle dépourvue de fondement concret ou raisonnable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme pour le marxisme, la cruelle réalité continue de se rebeller  contre la perfection onirique de ces aimables vues de l'esprit. La femme, même libre et égale à  l'homme face à la loi, s'obstine à s'attacher à sa maternité, à son  foyer, à son couple. La libération sexuelle n'a pas suffi à anéantir  l'esclavage marital. Les jeunes filles en sont revenues, et s'engagent  spontanément de plus en plus tôt dans des relations durables. Elles sont encore  nombreuses à préférer aller chercher les enfants à l'école plutôt que de  jouer leur carrière sur des heures supplémentaires que leurs maris  continuent d'effectuer plus massivement. Même indépendantes et  célibataires, elles tiennent à rester belles, à rêver devant les  magazines de mode et à chercher le prince charmant sur Meetic, si  possible assez viril et entreprenant, capable d'autorité et bien placé  socialement. Elles continuent à s'orienter massivement vers les  formations traditionnellement féminines – santé, lettres et sciences  humaines – laissant majoritairement aux hommes la physique,  l'informatique, la bâtiment ou la politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certes le dur labeur de propagande des féministes n'a pas été complètement vain, et il existe une population  féminine qui se reconnait volontiers dans cet idéal. Certes tout  un corpus de justifications idéologiques s'acharne à blâmer la seule domination phallocrate pour les libres choix de ces autres femmes, trop  stupides ou faibles pour saisir la portée émancipatrice du mouvement progressiste. Mais cette  conception arbitraire de ce que doit être la femme ne pourra guère gagner en crédibilité tant qu'elle demeurera incompatible avec la seule revendication authentiquement féministe : c'est à chaque femme, prise  individuellement, de décider pour elle-même de la personne qu'elle veut  être et des moyens qu'elle est prête à déployer dans cette perspective.  Quand bien même le féminisme moderne aurait réellement deviné la nature profonde de la féminité, il est exclu qu'il puisse la légitimer s'il ne parvient pas à l'imposer autrement que par l'adhésion spontanée des innombrables intéressées. Il en est encore très loin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Exercice intellectuel, branlette de mammouths et sodomie de drosophiles peuvent se révéler des occupations passionnantes, ce qui suffit, au moins à mes yeux, à les qualifier de fins en soi. Et dans la mesure où ils ne sont pas moins distrayants pour ceux qui s'y adonnent, ni une réflexion sur l'influence du stoïcisme dans les considérations morales de Nietzsche, ni un débat autour du lien entre mondialisation et communautarisme ne me paraissent plus stériles qu'un atelier poterie, une partie de foot, un trekking dans l'Himalaya ou encore une soirée télé devant la méthode Cauet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, admettons avec les pragmatiques que seule la perspective de l'action justifie le temps qu'on perd en réflexion. Certains ne peuvent visiblement pas se contenter de cet aphorisme fort acceptable, et semblent devoir le radicaliser, allant jusqu'à prêcher la vanité de la réflexion en ce que j'aime appeler le culte de l'action. Parfois, il s'agit de militants radicaux déjà tellement embrigadés par leur cause qu'ils considèrent qu'y réfléchir est contre-productif, que le travail de pensée a déjà été effectué par les leaders et penseurs à la tête du mouvement et qu'il n'y a plus qu'à servir en bons soldats. Mais il y a aussi ceux qui, conscients de leurs propres limites intellectuelles, trouvent plus confortable de mettre une justification morale derrière leur incapacité à sortir de ce qu'ils font le mieux : agir, par opposition à penser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais, je force un peu le trait, du coup tu as l'impression que je perds contact avec la réalité et que je me bats contre des ennemis invisibles. Et pourtant, cette tendance du "bouger avant de penser" nous accable quotidiennement de répercussions délétères :&lt;br /&gt;- les lycéens et étudiants qui vont manifester (et dégrader) en masse pour défendre des intérêts qu'ils ne comprennent pas, protestant, tant par bête mimétisme que par une inconsistante rébellion adolescente, contre des politiques dont ils ne font qu'effleurer les tenants et aboutissants ;&lt;br /&gt;- &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/tous-aux-urnes.html"&gt;l'exaltation du vote&lt;/a&gt; comme devoir citoyen, avec le mantra du vote utile, se concentrant tous deux sur l'action en soi et non le processus de réflexion censé en constituer l'essence ;&lt;br /&gt;- la version active du principe de précaution qui, pour la grippe A comme pour le réchauffement climatique, préconise qu'il faut à tout prix agir à grands frais avant de bien connaître la menace et ses mécanismes, oubliant que le coût de l'action peut être bien supérieur à celui du danger, particulièrement s'il est surévalué ou quand elle est mal ciblée ;&lt;br /&gt;- plus largement le volontarisme politique dans tous les domaines, encouragé par la sanction électorale de l'inaction, comme s'il valait mieux agir à tort et à travers (avec toujours plus de nos impôts) que de ne rien faire (Le "politician sophism" : "We must do something – This is something – We must do this")&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et oui, on doit sans doute au culte de l'action l'escalade sans borne du poids (et de la dette) de nos états, toutes nos plus mauvaises politiques publiques, les grèves à répétition lancées par quelques syndicalistes radicaux et peut-être même une bonne part de notre terrorisme international.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le pire c'est qu'on ne peut rien y faire. Moi le premier, je t'accorderai qu'un juste dosage entre action et réflexion préalable, ça ne se décrète pas pour autrui, ça se décide au niveau individuel. Notre seul recours reste de se mettre à l'abri des arbitrages défectueux d'autrui par un régime de liberté, un vrai régime de droit. Et si je t'encourage à y réfléchir autant que tu le jugeras nécessaire, j'espère que nous saurons tous deux, un jour ou l'autre, traduire cette réflexion en action.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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La Suisse, pays dont le système s'approche d'assez près d'une démocratie directe, vient de voter à une confortable majorité, lors d'un référendum d'initiative populaire lancé par l'extrême-droite, l'interdiction d'ériger des minarets sur les mosquées. Voilà une excellente illustration pour ma thèse du jour : la démocratie électorale, ou raison du plus nombreux, est un mode de fonctionnement politique attentatoire tant à la liberté qu'à l'égalité et au bien-être des individus. Elle nous révèle donc une fois de plus son vrai visage : la dictature de la majorité sur la minorité, où l'arbitraire de 51% (56% en l'occurrence) de la population peut décider de la spoliation des 49% restants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis l'antiquité grecque, il existe un terme qui synthétise le côté obscur de ce système tant vanté : "ochlocratie". Il définit "la forme de gouvernement dans lequel la multitude, la foule, la populace,&lt;strong&gt;&lt;/strong&gt; détient tous les pouvoirs et impose tous ses désirs", un "règne de la médiocrité et de la vulgarité". La seule chose qui distingue la démocratie (au sens courant) de l'ochlocratie, c'est l'usage que le peuple fait du pouvoir, la vertu avec laquelle il l'exerce. Si on considère, comme on a tendance à le faire dans nos démocraties modernes, que le peuple a toujours raison par essence, l'ochlocratie n'existe pas et la Suisse a eu raison de voter cette interdiction. Si au contraire, comme j'y ai tendance, on considère que seul l'individu a raison pour ce qui le concerne, alors toute démocratie qui ne s'évertue pas exclusivement à garantir les libertés (et une telle démocratie ne s'est encore jamais vue) est ochlocratie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme d'habitude quand j'ai à dénoncer quelque chose qui plaît à la plupart de mes contemporains, je commence par m'interroger sur les raisons qui rendent le système démocratique tellement populaire parmi les masses modernes.&lt;br /&gt;En tout premier lieu bien sûr, la démocratie est considérée comme la seule alternative aux régimes monarchiques, dont les révolutionnaires, républicains et progressistes de tout poil se sont empressés de nous brosser le plus sombre des portraits dès les prémisses de la Révolution.&lt;br /&gt;On – les théoriciens du contrat social, les premiers démocrates libéraux et leur progéniture bâtarde socio-démocrate – nous a présenté le peuple comme une entité à part entière, comme un corps qui doit pouvoir se mouvoir d'une même volonté, soit celle de la majorité des cellules qui le composent. En fait, on nous a implicitement (et sans doute inconsciemment) livré le sophisme suivant : Chaque homme libre doit pouvoir prendre librement les décisions qui le concernent ;&lt;br /&gt;un peuple est un ensemble d'hommes libres ; donc un peuple doit pouvoir prendre librement les décisions qui le concernent. Malheureusement, la liberté ne supporte pas la montée en charge. On ne peut nantir la communauté des droits de l'individu qu'en les lui ôtant, substituant la tyrannie à la liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs la question de l'autorité du peuple pose un véritable problème métaphysique. À l'instar de l'Euthyphron de Platon, qui définit la piété comme ce qui plaît aux dieux, nos sociétés démocratiques assimilent le juste à la volonté du peuple. Mais est-ce parce que le peuple ne veut que ce qui est juste – et peut le traduire en loi par la seule démocratie – ou parce que le juste naît uniquement de la volonté du peuple ? Y a-t-il un droit préexistant à la volonté du peuple, ou découle-t-il de cette volonté ? La poule ou l'œuf ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'attire de plus ton attention sur le fait que le vote est systématiquement un acte emprunt d'un fort égocentrisme. En effet, le citoyen qui choisit rationnellement de fournir l'effort de se déplacer à son bureau de vote se trouve fatalement dans un de ces deux états d'esprit :&lt;br /&gt;– soit il se considère plus malin que la moyenne, plus apte que la moitié des autres votants à déterminer la meilleure solution pour l'ensemble de la société ;&lt;br /&gt;– soit il considère son intérêt personnel avant celui de l'ensemble de la société puisque, bien qu'il ne s'estime pas plus compétent que la moyenne, il choisit tout de même de peser sur la décision, nonobstant que ce puisse être nuisible à la meilleure décision pour l'ensemble, prise par plus sage que lui.&lt;br /&gt;Donc, soit le votant ne croit pas à la sagesse du peuple pour se gouverner convenablement – et partant, il ne croit pas à la démocratie – soit il trouve préférable de favoriser son intérêt personnel en contrecarrant la sagesse populaire – et par là démontre la nature perverse du suffrage.&lt;br /&gt;Je t'accorde que la plupart du temps, il n'est tout simplement pas si rationnel, réagissant machinalement à de bêtes pulsions d'imitation ou à des pressions sociales émanant d'individus plus ou moins directement intéressés à son vote. Mais un citoyen qui vote sans même la conscience du narcissisme intrinsèque à son geste est-il vraiment digne de ce pouvoir sur ses semblables ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les  libéraux ont une approche différente de la démocratie. Pour eux, justice et liberté se confondent. Il n'y a d'autre droit que ceux de l'individu : les droits de l'homme, libertés négatives traduites en interdiction d'agresser la personne ou la propriété d'autrui. La loi ne sert qu'à garantir cette liberté, qui se résume en principes simples (une déclaration des droits ? une constitution ?). À supposer qu'il faille bien un pouvoir public pour faire appliquer ces principes, le rôle du vote populaire se borne à sa surveillance, à la sanction de ses atteintes au droit (notamment au droit de propriété, via l'impôt) et à la liberté des citoyens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, les politiciens de tout bord, soutenus par divers utopistes, ont tout intérêt à faire croire que ce régime vise plutôt à leur attribuer de nouvelles prérogatives, à dépouiller les individus, au nom de la collectivité, de leur droit de faire prospérer leur patrimoine, de consommer ce qu'ils veulent consommer ou encore de vénérer leurs dieux de la manière qu'il leur plaira. C'est sans doute pourquoi on n'a jamais vu de vraie démocratie s'établir durablement. Et sans doute ne disposons-nous guère d'alternative préférable au vote pour l'organisation de sociétés à grande échelle. Mais au moins sachons nous rappeler qu'un peuple fait un piètre dirigeant, et le plus inamovible des tyrans.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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En réalité, ils n'ont généralement pas conscience de l'aspect contradictoire de leurs belles idéologies. L'alliance de bonnes intentions avec une perspective utopique et la conviction que la fin justifie les moyens n'est guère propice à la remise en question. Si on ajoute à cela que le militant lambda est souvent un tel partisan de l'action qu'il en vient à mépriser tout ce qui pourrait l'en détourner, débat approfondi en tête, on s'aperçoit qu'on a tous les ingrédients qui augurent des plus sombres perspectives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais opposer à ces contradictions d'autres paradoxes, selon moi à la fois plus légitimes et plus fertiles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord, j'aimerais introduire l'éventualité d'être à la fois opposé au racisme et à l'anti-racisme, du moins dans sa version militante que beaucoup de mes concitoyens semblent considérer comme l'héritage positif de la Seconde Guerre Mondiale, la leçon à tirer de la Shoah. S'il est un domaine où tout le monde semble s'accorder pour concéder que la fin justifie les moyens, c'est bien ce fameux "Tout faire pour que ça ne se reproduise plus". Tant pis si l'on doit pour cela avoir recours aux moyens mêmes qui ont fait le triomphe de l'idéologie raciste sur la raison humaine : censure, ferme négation pseudo-scientifique de l'existence des races, manipulation de masse, glorification de symboles patriotiques, galvanisation des rancœurs héritées de la dernière guerre en date, etc. C'est là une belle leçon de pragmatisme : au lieu de retenir que ces méthodes n'étaient nullement le chemin de la raison, nous en avons seulement retenu qu'elles étaient efficaces pour modeler l'opinion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous en arrivons donc au deuxième paradoxe que je me propose de te proposer : savoir être à la fois contre le fascisme, et contre l'anti-fascisme, ou du moins son penchant autoritaire. Retrouver des affiches déclarant arbitrairement "Ici, zone anti-fasciste", posées par les mêmes anarchistes révolutionnaires qui entendent imposer la liberté par la force, n'a plus rien de surprenant, à tel point qu'on en oublie presque le niveau d'aberration dont de telles pratiques relèvent. Vouloir combattre une idée par l'autorité, en l'interdisant publiquement, est d'une totale inefficacité ; la pérennité de nombre d'idéologies opprimées (christianisme, judaïsme, etc.) en témoigne. En plus de cette inefficacité, l'idée d'une lutte contre l'idéologie de l'autorité par le moyen de l'autorité relève de la plus dangereuse des absurdités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Allez, enfonçons-nous dans la provocation, soyons féministes, soit favorables à une égalité des droits entre hommes et femmes, et anti-féministes, c'est-à-dire opposés à l'image de la femme et à l'égalitarisme autoritaire que promeuvent les féministes. Et si nous étions laïques, désireux que les pratiquants de chaque religion puissent cohabiter librement, tout en rejetant l'idée que des députés judéo-chrétiens interdisent à des musulmanes de satisfaire à leurs coutumes vestimentaires au sein d'écoles dont ils leur ont rendu la fréquentation obligatoire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, on peut sans doute s'arrêter là. Tu l'as remarqué toi aussi, c'est un peu toujours le même schéma. &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/06/permission-et-incitation.html"&gt;Le motif qui se répète ?&lt;/a&gt; La dénonciation de la confusion entre le vice et le crime, entre le mal et l'interdit, entre ce qui relève de la morale et ce qui relève du droit. On peut être en désaccord avec une idée, réprouver un fait, sans pour autant vouloir les interdire. De même, pour peu qu'on soit réellement attaché à des concepts comme la liberté ou la tolérance, on devrait en leur nom s'opposer à l'interdiction de ce qu'on désapprouve.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Des guillotinés en chaîne de la Terreur française aux exactions de la révolution culturelle chinoise ; de la routine des coups d'état africains au terrorisme des milices communistes sud-américaines ; des innombrables massacres populaires spontanés à l'holocauste russe et ses cent millions de morts ; je blêmis à la seule idée de la quantité de papier qu'il me faudrait noircir pour couvrir, même brièvement, la mort souvent atroce de chacune des victimes des révolutions. On ne compte plus le nombre de régimes totalitaires et liberticides imposés au pouvoir par une minorité belliqueuse et sans merci, auto-proclamée voix du peuple au nom d'un énième idéal utopique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, en France comme dans de nombreux autres pays, la révolution reste le symbole même de la justice, de la liberté et de l'émancipation. En tous ces états, le pouvoir l'agite tel un drapeau, fondant sur elle, sur cet accaparement par la force, sa légitimité et son autorité, imprimant au peuple son unité forcée dans des valeurs idéalistes qui, même si son ensemble les avait réellement choisies unanimement, ont depuis fatalement été perverties par l'épreuve de la réalité. Et il l'agite tant et si bien que le peuple finit par la suivre, captivé par elle, convaincu d'y voir son salut, et que son salut ne peut venir que d'elle.&lt;br /&gt;Le peuple français en est un exemple édifiant : ayant basé la légitimité de son régime de gouvernance sur une révolution (ou plutôt sur une succession de révolutions), il s'est convaincu, de commémorations en fêtes nationales, qu'elle est la responsable de tout le progrès dont il a bénéficié depuis. Il a comme oublié que nombre de ses voisins n'ont pas eu besoin d'un tel déchaînement de violence pour jouir des mêmes bienfaits. Engoncé dans son chauvinisme et les discours de ses politiciens, il refuse toujours de réaliser que, bien loin de l'avoir gratifié d'un quelconque avantage, ce culte de l'ochlocratie l'a fragilisé, contribuant à son éconduite dans la sympathie d'aberrations politiques qui l'handicaperont sans doute encore durablement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne pouvons-nous donc convenir, avec Rousseau, que la force ne fait pas droit ? Qu'une minorité ayant pris un pays par les armes, ou dressé son armée contre son gouvernement, n'a pas nécessairement plus de légitimité à imposer sa volonté que le gouvernement à l'origine de son mécontentement ? Pire, qu'approuver un tel coup d'état revient à en entériner la méthode, et à légitimer sa prévisible récurrence ? Comment notre idéal révolutionnaire peut-il juger l'instabilité gouvernementale en Afrique ou les exactions de groupes terroristes tels que les FARC, alors que ceux-ci ne font que s'y conformer ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaque régime est basé sur une législation, sur un ordre des choses donné. S'il est inadapté, il doit être modifié à moindre coût, et pour un autre plus adapté, ce qui suppose une avancée progressive et raisonnable, une évolution plus qu'une révolution.&lt;br /&gt;Et quand bien même le peuple serait persuadé de n'avoir rien à perdre, que le régime qu'il instaurera sera forcément préférable au précédent, que se passera-t-il quand il s'en sera lassé ? Aussitôt que le soufflet des fausses promesses sera retombé, quand il aura réalisé le peu d'influence positive qu'un gouvernement peut avoir sur ses soucis quotidiens et que de nouveaux idéalistes viendront proposer une nouvelle utopie, le peuple, fort de son héritage révolutionnaire, renversera encore son régime et écrasera ses fidèles en un nouveau tour sanglant de ce manège macabre.&lt;br /&gt;Même en présumant qu'il soit légitime d'imposer un régime quelconque, nouveau ou ancien, à une partie de la population, je ne m'explique pas qu'on puisse accepter, légitimer, encenser cet accouchement dans une douleur systématique, dans une horreur indicible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car la révolution c'est tout ça : les idées qui valent plus que la vie humaine ; des hommes qui en massacrent d'autres pour les punir non de leurs actes mais de leurs opinions ; des tribunaux arbitraires qui assassinent à la chaîne sur la base d'un régime de droit qui n'était pas en place au moment des faits, ne retenant même pas à la décharge des condamnés la fatalité de leurs conditions d'alors ; la sécurité de chacun livrée au bon vouloir d'une foule sanguinaire et ignorante, aveuglée par une colère souvent mal orientée par les opinions faillibles que lui prêchent d'implacables démagogues.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les révolutionnaires les plus aguerris, le plus souvent athées convaincus, ont cela de commun avec les croyants qu'ils sont convaincus d'appartenir à quelque chose qui les dépasse, qui justifie qu'ils s'y consacrent tout entiers, qu'ils combattent inlassablement, qu'ils châtient sans pitié l'hérétique. Cet idéal absolu, par lequel ils se laissent régir et dont ils tirent leur prétendue autorité à régir les autres, ils ne lui donnent pas le nom de dieu, mais de cause. En braves petits croisés, ils vont au combat sacrifier à la cause tant leurs vies que celles de leurs opposants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, peut-être un jour les individus parviendront-ils à s'apercevoir que leur destinée repose entre leurs mains, et non dans les griffes dont ils nantissent leurs gouvernants, s'érigeant tour-à-tour en troupeau sous leur garde ou en armée pour les renverser. Peut-être alors, comme le rêvait La Boétie, les laisseront-ils tomber, petit à petit et sans autre effusion de sang que celles que requiert la légitime défense, réprimant les actes et non les idées. Et peut-être encore ne suis-je, moi aussi, qu'un dangereux idéaliste.&lt;br /&gt;Je n'ai pas encore la prétention de proposer une méthode de réforme parfaite et infaillible. Mais je refuse de voir autrement que comme un mérite mon rejet catégorique, tant intellectuel que moral, d'idéaux qui prétendent baser leur légitimité sur la coercition et la transgression.&lt;br /&gt;Débarrassons-nous de cet idéal révolutionnaire, et avec lui d'une des chaînes nous liant à l'autorité étatique. Cela ne nous suffira sans doute à gagner ni la paix sociale, ni la liberté, mais au moins y obtiendrons-nous que ces deux idéaux ne soient plus mis à mal par cette insatiable chimère.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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En effet, ces deux concepts, ouverture d'esprit et tolérance, sont très souvent confondus, à tort. Comme je l'ai déjà suffisamment développé, la notion de tolérance concerne un objet déjà connu, sur lequel on a déjà porté un jugement négatif, et qu'on tolère malgré tout. A contrario, l'objet de l'ouverture d'esprit est l'inconnu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est donc un concept très proche de la curiosité. Celle-ci porte sur l'envie de connaître, de repousser la limite de son ignorance. Ce n'est pas moi qui le dit, mais le Larousse : "Qualité de quelqu'un qui a le désir de connaître, de savoir". D'ailleurs cette acception démontre bien que le lieu commun proverbial la présentant comme un vilain défaut est parfaitement obscurantiste, reposant sur la confusion entre curiosité et indiscrétion, liées sémantiquement par le seul jeu des abus de langages.&lt;br /&gt;L'ouverture d'esprit inclut la curiosité, mais la pousse un peu plus loin : Il s'agit non seulement de chercher à amasser des connaissances, mais aussi d'effectuer un effort de compréhension vis-a-vis de l'objet de découverte. Par exemple, concernant une idée, il s'agit de chercher à comprendre le point de vue qui l'a inspirée, le contexte dans lequel elle est valide, recevable, envisageable. Il en va de même pour un goût, un intérêt, la qualité d'une œuvre d'art, etc.&lt;br /&gt;L'origine de la confusion entre ouverture d'esprit et tolérance provient donc juste de la croyance philanthropique en ce que le premier entraîne le second. En effet, on considère que, comprenant mieux la genèse d'un point de vue, on pourra nécessairement mieux le tolérer. A contrario, j'ai souvent constaté que la prise de conscience de l'ignorance et de la mesquinerie ayant conduit à telle ou telle prise de position me la rendait bien souvent d'autant plus intolérable.&lt;br /&gt;Veillons tout de même à rétablir quelques vérités concernant les propriétés qu'on prête injustement à l'ouverture d'esprit, étendant l'acceptation de son sens au-delà de ses limites.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Premièrement, elle ne présume pas des capacités intellectuelles ou du bagage culturel d'un individu. Il est évident que la compréhension d'un texte de Nietzsche par exemple, n'est pas à la portée du premier venu. Elle demande une étude poussée, une bonne capacité d'analyse et une certaine culture littéraire (sens des mots, à l'époque, pour l'auteur). Le fait qu'un individu ne comprenne pas Nietzsche car certaines de ces qualités ou connaissances lui font défaut ne devrait pas compromettre le jugement que l'on portera sur son ouverture, du moment qu'il fournit un effort de compréhension. Ainsi l'ouverture d'esprit est bien indépendante de la capacité à comprendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Deuxièmement, elle ne remet absolument pas en cause l'esprit critique. Il ne s'agit pas d'opérer une réelle négation de la valeur (ou du beau, du juste, du vrai...) en affirmant que tout se vaut - en effet considérer que tout a la même valeur (beauté, légitimité, vérité...) par essence revient à considérer que rien n'en a, faisant de la valeur une conception creuse qui ne servira à aucune mesure - mais au contraire de pouvoir juger la valeur en connaissance de cause. Il s'agit de réserver son jugement définitif pour quand on aura eu connaissance du sujet.&lt;br /&gt;Au contraire, j'aurais même tendance à considérer (on entre dans le domaine du discutable, mais je doute que tu trouves vraiment à me contredire) que l'ouverture d'esprit n'est utile que dans une optique où elle se fait outil de l'esprit critique. En effet, on ne peut prétendre avoir poussé à bout une vision critique de ses propres opinions sans avoir étudié sérieusement les arguments adverses (et vice-versa), sans préjuger d'avance de leur irrémédiable invalidité. L'ouverture d'esprit est donc un outil nécessaire dans toute remise en question visant à démontrer (ou à infirmer) la vérité d'une thèse quelconque.&lt;br /&gt;Cette confusion entre ouverture d'esprit et absence d'esprit critique est fréquemment opérée, avec plus ou moins de candeur, par ceux qui prétendent clore un débat en accusant leur adversaire de fermeture d'esprit au prétexte qu'il ne rejoint pas leur point de vue. Il va de soi qu'une accusation de ce genre n'apporte rien (et certainement pas une conclusion) au débat, dans la mesure où la conception de l'ouverture d'esprit sur laquelle elle repose induit qu'il soit parfaitement judicieux de la renvoyer à celui qui la profère, puisqu'il campe lui aussi sur sa position.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Troisièmement, elle n'induit pas complètement l'inopportunité d'un jugement a priori. Pour peu qu'on ait quelque indice à sa disposition, on peut toujours se forger une opinion provisoire. Par exemple, si je n'aime pas la betterave, et que tu me vantes les mérites de tel plat en m'expliquant qu'il a goût de betterave, je peux te répliquer, sans l'avoir goûté et pourtant sans porter atteinte à mon ouverture d'esprit, qu'il y a de fortes chances pour que ton plat me déplaise. J'aurai donc, pour peu que j'aie des raisons légitimes d'avoir confiance en ton goût et ta parole, un préjugé légitime sur ce plat.&lt;br /&gt;Si je renonce à goûter le plat pour autant, je renonce à ma curiosité - et donc à mon ouverture d'esprit - en la matière. Si je le goûte sans même envisager de remettre en cause mon jugement préalable, je ne renonce pas à ma curiosité mais bel et bien à mon ouverture d'esprit. En revanche, si je suis capable de remettre en cause mon premier jugement pour en dresser un second - conforme ou non au premier : si je n'aime vraiment pas ce plat, ce ne sera pas spécialement faire preuve d'ouverture d'esprit que de le nier, et ça constituera une malhonnêteté intellectuelle - alors je fais preuve d'ouverture d'esprit.&lt;br /&gt;À moins de croire avoir atteint un degré ultime de connaissance, ou encore de renoncer à celle-ci en renonçant à se faire un avis sur les choses, on est bien obligé de se forger ses opinions sur les éléments dont on dispose, et donc sur son expérience limitée. Tant que je n'ai pas goûté le plat, je ne peux baser mon opinion sur lui que sur les informations que tu m'as données. Il reste juste important que je garde à l'esprit la faiblesse des certitudes sur lesquelles repose cette opinion pour estimer au mieux sa probabilité de vérité.&lt;br /&gt;Ainsi l'ouverture d'esprit ne concerne pas l'existence de préjugés chez un individu, mais bel et bien la capacité de remise en question de ces préjugés sur la base de nouveaux éléments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourra donc évaluer le degré d'ouverture d'esprit d'un sujet, non à ce qu'il aime ou pas, non à ce qu'il présume ou pas, mais à ses efforts en terme de découverte et de compréhension. Le problème qui se pose alors, comme avec nombre de concepts abstraits, est de savoir jusqu'où pousser l'ouverture d'esprit et la curiosité sans les nier. Jusqu'à quel point faut-il se consacrer à l'effort de découverte (propre de la composante curiosité) et de compréhension (propre de l'ouverture d'esprit) pour ne pas risquer d'en faire une obsession et se fermer d'autres horizons ? Voilà qui restera le volet purement subjectif de l'évaluation de l'ouverture d'esprit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Chacun a sa propre définition du bonheur, parfois même plusieurs. Moi-même j'avoue rester perplexe devant cette question, incapable de me fixer sur une définition donnée, d'accorder une préférence rationnelle à l'une d'entre elles.&lt;br /&gt;Le but de cette page, évolutive au fur et à mesure que j'en découvrirai de nouvelles conceptions, est de rassembler les différents sens qu'on peut donner au mot bonheur, tout en mettant en lumière leurs aspects contradictoires. Je vais tâcher de faire court, cela dit chacune des phrases suivantes mériterait sans doute d'être longuement réfléchie et débattue :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est une "bonne heure", un bref moment où on se sent bien ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est un état de satisfaction et de bien-être durable ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est l'absence de souffrance, les petits plaisirs, l'oisiveté, être allongé dans l'herbe à ne rien faire qu'en profiter, le confort ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est le travail, le dépassement de soi, le chemin de la vertu ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est d'avoir atteint son but ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est de pouvoir se passer de but ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est de tendre vers un but,&lt;em&gt; &lt;/em&gt;et plus ce but est difficile d'accès, plus le bonheur est grand (merci Vaquette) ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est de parvenir à ne pas se fixer de but qu'on est incapable d'atteindre ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est la conscience des aspects positifs de son existence et la relativisation de ses aspects négatifs;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est quand on ne se pose pas la question de savoir si on est heureux ou pas ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est quand on se sent heureux : il s'agit juste d'un ressenti, une impression dépendant uniquement de sa perception de la réalité ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est un état réel, impliquant que tout bonheur basé sur le mensonge n'est pas un vrai bonheur, que la seule illusion du bonheur n'est pas le bonheur ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est être content de soi, de la manière dont on a mené sa vie ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est de rendre plus belle la vie des autres ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est la décharge d'adrénaline, la peur dans la prise de risques ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est d'être en sécurité, d'être à l'abri de la peur, de l'angoisse ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est d'être capable d'ignorer la peur, même quand on prend des risques ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est d'être entouré de ceux qu'on aime, d'avoir de l'amour à donner et à recevoir, d'appartenir à une communauté ;&lt;br /&gt;- Le bonheur, c'est de savoir se suffire à soi-même ;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Certaines de ces propositions en englobent d'autres ; certaines qui semblent contradictoires sont en réalité conciliables, peut-être même toutes en cherchant suffisamment loin. Elles sont toutes discutables, mais je doute qu'une seule soit réellement réfutable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On remarque quand même quelques grands mécanismes qui se détachent, comme l'opposition entre une conception du bonheur dynamique et une autre statique : le travail contre l'oisiveté, la progression contre l'achèvement, la conscience contre l'ignorance, le risque contre la sécurité, le désir contre la satisfaction. On peut aussi distinguer une vision  Certes la catégorie "dynamique" est la plus esthétique, celle qui a toujours été encensée comme le chemin de la vertu, ce qui se justifie assez pragmatiquement. Mais est-elle la voie du bonheur pour autant ?&lt;br /&gt;De même, on peut constater une opposition entre une vision pragmatique ou réaliste d'une satisfaction par l'action et une approche plus idéaliste ou stoïcienne, plus orientée sur la maitrise de ses propres désirs et perceptions.&lt;br /&gt;Enfin on observe l'opposition entre égo et société, qui a marqué les plus féroces luttes idéologiques : individualisme contre collectivisme, capitalisme contre communisme, partisans de la liberté contre partisans de l'égalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La coexistence et les popularités respectives de ces conceptions différentes m'amènent à la certitude qu'il n'existe pas une seule voie du bonheur. L'une et l'autre de ces approches pourront être respectivement plus adaptées au bonheur de différents individus, ou encore alternativement à celui d'un individu donné à différents moments de son existence.&lt;br /&gt;Partisan de la modération, j'ai même tendance à considérer, au moins en ce qui concerne mon bonheur personnel, qu'il repose sur un compromis entre les diverses approches, une coexistence simultanée. C'est pourquoi je m'efforce de concilier jouissance et progression, d'alterner travail et oisiveté, de chercher mon profit sans nuire à ceux qui m'entourent et d'avoir un impact bénéfique sur mon entourage - et pourquoi pas sur les  sociétés humaines dans leur ensemble - dans la mesure où ça ne me cause pas de tort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je conçois tout-à-fait qu'on soit en désaccord avec cette conception, qu'on adopte un point de vue radical, s'auto-dictant l'obligation morale de faire un choix personnel. En revanche, pour peu qu'on adhère à l'idée première que je cherche - sinon à démontrer - à illustrer ici et qui veut que le bonheur soit une notion purement subjective, on sera forcé de reconnaître que nulle autorité ne peut prétendre imposer de règles supposées mener au bonheur de chacun à une société basée sur des individualités distinctes, à moins que les règles en question ne visent qu'à la préservation, pour ces individualités, d'une liberté aussi totale que possible, non seulement dans les moyens de la recherche de ce bonheur, mais aussi dans sa définition.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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On le retrouve non seulement dans le succès des jeux télé ou des romans Harlequin, mais aussi dans les exhortations à rester simple, dans la sanctification du modeste (celui qui ne se met pas en avant bien que se sachant valeureux en une hypocrisie vaine que j'ai déjà brièvement dénoncé) ou encore dans le rejet des manifestations d'ego.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les facteurs en sont assez simples. Outre l'héritage de la philosophie chrétienne qui, sans innocence aucune, promettait les clés du Paradis aux humbles, aux simples d'esprit et aux généreux (surtout envers l'Église), j'impute essentiellement ce phénomène à l'incompatibilité latente entre les appétences sociales de l'individu et la démonstration de sa valeur (au sens large).&lt;br /&gt;Pour faire simple, les gens aiment se complaire dans leur médiocrité et ne supportent pas qu'on la leur rappelle. C'est déjà une impolitesse de pointer du doigt les défauts des uns et des autres, mais alors quand on le fait en soulignant sa propre irréprochabilité en la matière, ça devient carrément un affront. Un reproche quelconque passe beaucoup mieux quand on l'accompagne d'un "Mais moi je fais pareil hein !", sous-entendant "Je ne suis pas mieux que toi", mais aussi par la même, "T'inquiète, reste comme tu es, c'est pas si grave".&lt;br /&gt;Et pour se venger de ceux qui nous rappellent notre propre médiocrité, on a fait du terme "prétentieux" une insulte, y intégrant le sens sous-jacent que celui qui mettait en avant ses propres qualités devait nécessairement en être dépourvu, réduisant celui qui prétend à la valeur à un imposteur infréquentable et inintéressant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme étant ce qu'il est, un animal social, il a voulu tendre vers l'appréciation d'autrui et l'insertion sociale au point de se persuader que c'était justement la considération des autres qui faisait sa valeur. Quoiqu'il fasse, la réussite est de se faire bien voir, de chercher la reconnaissance de ses pairs, de se faire apprécier. Et plus on plaît à un nombre important de gens, plus la réussite est grande. D'où l'intérêt de ne pas se mettre du monde à dos en évitant de sortir des clous de la bien-pensance communément admise comme morale et de ne surtout pas sembler rappeler aux gens leur propre médiocrité.&lt;br /&gt;Si on veut se comparer, il s'agit de toujours le faire à son désavantage, en se mesurant à ceux qui nous sont supérieurs, oubliant qu'on cherche à progresser non seulement pour se rapprocher des plus grands, mais aussi pour s'élever au-dessus de la masse. Quand le vainqueur parle du vaincu, il doit toujours souligner les qualités dont il a fait preuve, et ne surtout pas mentionner la seule information utile pour progresser : ce qui lui a manqué pour triompher.&lt;br /&gt;Et pourtant tout le monde se prétend libre-penseur, chacun - souvent pris en défaut sur une détestable habitude et réagissant au reproche comme un gamin - a déjà dit au moins une fois "Moi je m'en fous de ce que pensent les autres, je fais ce que je veux d'abord" ou encore "Ouais peut-être mais moi au moins...". Même si certains acceptent l'idée générale qu'être plus valeureux c'est être différent - être mieux que les autres -, la plupart du temps il suffit qu'on fasse remarquer sa supériorité dans un domaine pour que toutes ses origines (la volonté, le travail, la persévérance, le talent, le courage, l'originalité...) soient immédiatement oubliés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'égalitarisme ambiant alimente aussi ce phénomène. Engoncés dans une conséquence de l'emploi abusif du terme "égalité", nourris par l'idée que nous sommes peu de choses, pour ainsi dire rien, la croyance s'est généralisée que nous nous valons non seulement dans cette nullité, mais par elle.&lt;br /&gt;Mais non, tout ne se vaut pas, tous ne se valent pas. Cette conception qui veut que, dans cette égalité universelle, je puisse valoir un Vinci ou un Einstein est tout aussi ridicule et vaine que la prétention de certains abrutis à me valoir - à valoir mieux que moi même - juste en me traitant de prétentieux (merci à Vaquette pour les arguments de ce paragraphe, je reconnais quand je plagis).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu me diras que la vraie valeur n'a pas besoin d'écho pour être reconnue et qu'elle finira par éclater au grand jour, qu'on peut tout à fait concilier valeur et modestie. Je te traiterai alors de doux idéaliste - les gens sont souvent trop occupés pour rechercher la valeur et trop médiocres pour la reconnaître si on ne la leur montre pas du doigt - et t'expliquerai d'autre part que ce serait se complaire dans une hypocrisie et une lâcheté dont je souhaite me détacher, que je ne veux surtout pas, renoncement après renoncement, voir devenir des constantes de ma personnalité.&lt;br /&gt;J'aime à croire que cette exigence et cette honnêteté (ce courage aussi), et par elles cette intégrité et cette fiabilité, sauront (savent déjà) me valoir l'estime de certains de mes contemporains - au moins quelques-uns, peut-être plus valeureux que les autres pour le coup, peut-être plus influençables face à mes beaux discours - et me préserver ainsi de la solitude, dont mes tendances misanthropiques ne suffisent pas - je l'avoue - à me rendre l'idée supportable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;"Mais au fait, à quoi est-ce que tu prétends au final ? Tu fais quoi de si merveilleux, à part ta branlette pseudo-intello en style je-me-la-pète-littéraire dans un blog perdu que personne lit ?"&lt;br /&gt;Je prétends à la pensée critique, à la curiosité, à l'ouverture d'esprit (la vraie, pas celle qui consiste à ne pas avoir d'avis ou d'opinion), à la remise en question (je sais, à me lire c'est pas évident, c'est parce qu'en général la remise en question je m'y adonne avant d'écrire, avant de répandre mon avis). J'ai la prétention d'avoir mes idées à moi, de me les être construit moi-même, pas sans influence bien sûr, mais d'avoir toujours remis en question ce qu'on m'avait inculqué avant de le digérer bêtement, et aussi d'en avoir trouvé une bonne partie tout seul. J'ai la prétention d'être plus intelligent et plus cultivé que la médiane, et même que la moyenne (et c'est pas du luxe quand on voit la différence entre ladite moyenne et le haut du panier). Je prétends à l'érudition, à la sagesse. Pas tout de suite bien sûr, mais je veux suivre une courbe qui finirait par m'y emmener, dussé-ce être après ma mort. Je prétends à l'intégrité, à la fiabilité, à la nuisance minimum nécessaire à ma propre jouissance (ça aussi j'y arriverai). Je prétends à terme au bonheur, dans la plupart des acceptions : à la liberté, au confort, à l'amour (le vrai ?), à la reconnaissance, à la noblesse, à la capacité de ne pas laisser ma lâcheté et ma paresse me dicter ma conduite, à la poursuite d'un but, à la vertu, à la plénitude du corps et de l'esprit, sinon toujours le plus souvent possible. Je prétends vivre au moins aussi heureux que toi, plus même si possible, et un vrai bonheur, pas basé sur l'illusion, la trahison ou le mensonge, sans avoir à assumer chez moi ce que je dénonce chez les autres, en sachant profiter de ce que j'ai sans jamais m'en contenter. Je prétends à la progression. Je prétends à être mieux que toi, pas forcément tout de suite, pas forcément en tout, mais en ce qui compte, en ce qui comptera.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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&lt;br /&gt;Tous droits réservés à moi, Megalomanu, l'auteur.&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5962706948907084751-9084317935248349501?l=megalomanu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://megalomanu.blogspot.com/feeds/9084317935248349501/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2009/07/culte-de-la-mediocrite-et-de.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/9084317935248349501'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/9084317935248349501'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2009/07/culte-de-la-mediocrite-et-de.html' title='Exaltation de la médiocrité et de l&apos;hypocrisie'/><author><name>Samahell</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12595855267546962683</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751.post-2922271184000883428</id><published>2009-07-05T05:52:00.000-07:00</published><updated>2009-12-09T04:23:44.320-08:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Politique'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Couple'/><title type='text'>Liberté de choix, couple et séduction</title><content type='html'>Jusqu'à une époque récente, même au sein de nos contrées occidentales, les modalités d'une mise en ménage reposaient, pour ainsi dire, sur le quasi-monopole de l'autorité. Cette autorité pouvait (et peut encore, dans certaines régions) provenir des parents, du seul patriarche, du chef du village, de la marieuse, ou encore du seigneur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec l'essor du libéralisme, la révolution industrielle, l'exode rural et l'avènement du salaire, les jeunes se sont enfin vus offrir la possibilité d'une émancipation du joug des cellules d'autorité traditionnelles (famille, Église, village...), sans pour autant être condamnés à l'errance et à la misère, comme la conscience collective de l'époque le prévoyait pour ceux qui, osant braver l'ascendance, se retrouvaient déshérités et chassés du foyer. Ainsi affranchis du poids d'obligations sociales millénaires, ils ont pu inventer le couple moderne, basé sur l'amour, et surtout les modes de séduction modernes, basés sur le libre choix. On pourrait en quelque sorte appeler ça un libéralisme amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l'application de ce libéralisme amoureux fut accompagnée, comme celle de tout système, de son lot de dérives et désagréments - ceux-là même par lesquels les représentants de l'autorité maritale justifiaient leur ingérence. L'univers du couple et de la séduction devint donc le monde de la jungle que l'on connaît aujourd'hui. La régulation commença à se faire suivant l'offre et la demande, comme pour tout système libéral. Ceux que l'hérédité, l'effort en ce sens ou encore la chance avaient doté des plus grandes qualités (beauté en accord avec les canons du moment, intelligence, pouvoir, beau-parler, aptitudes sociales...) devinrent très courtisés et à même de jouir d'une grande liberté de choix, susceptibles d'obtenir à leur guise les partenaires les plus intéressants, et même de se payer le luxe d'en changer couramment. À l'inverse, les indigents de la séduction, trop laids, excentriques ou timides, se retrouvèrent condamnés à l'effort et au dépassement de soi pour arriver à faire leur trou, à ne pas se faire ravir leurs cibles sans peine lors des parties de séduction, à conserver la fidélité et l'intérêt de leurs conquêtes malgré leur relative liberté de succomber aux nombreux prédateurs alentour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est probable aussi qu'on dénonçât une recrudescence des abus, au sens du viol des droits naturels, notamment sous la forme de viols tout court, accusant cette nouvelle libération d'encourager, par la déréglementation et la permissivité, les pires outrages. Néanmoins, comme pour les accusations analogues qu'on dirige vers le libéralisme économique, celles-ci ne furent que vaguement fondées, oubliant les abus en la matière qui avaient été le fait de l'autorité, encouragée justement en cette voie par cette sur-réglementation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et force est de reconnaître que le système de gestion autoritaire des mariages comportait bien des avantages apparents, ne serait-ce que du point de vue de l'"égalité" (en son sens galvaudé, d'où les guillemets). Celui qui naissait laid - vraiment laid, au point qu'il n'aurait aucune chance de tirer son épingle du grand jeu de la séduction - pouvait compter sur la cellule autoritaire traditionnelle pour lui trouver une femme. C'était moins les attributs dont il était doté ou non que la capacité qu'il avait à se faire bien voir et à faire reconnaître au village l'ensemble de ses qualités qui déterminerait d'ailleurs le choix qu'on ferait pour lui de sa compagne. Celle-ci pourrait même être une perle de séduction. Et ainsi, de la même manière que le socialisme veut forcer le riche à faire profiter le pauvre de sa fortune, on forçait la belle à faire jouir de ses charmes l'indigent amoureux.&lt;br /&gt;Chacun était sûr, à condition de se plier à certaines exigences des décideurs, de trouver une compagne, et les mesures prises par le pouvoir matrimonial pour protéger le système et s'assurer que sa répartition autoritaire serait respectée (obligation de virginité jusqu'au mariage, de fidélité à partir) avaient le mérite, au moins en apparence, de limiter les abus de débauche et d'immoralité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, malgré les avantages apparents de l'ancien système, plus sécurisant, et l'aspect repoussoir d'un système plus chaotique basé sur la liberté de choix des individus, quasiment aucun de ceux qui ont connu le dernier ne voudrait, sous quelque prétexte, revenir au premier. Parce que la liberté est bien plus importante au bonheur de chacun que la sécurité ou une prétendue égalité. Parce que ce qui apporte du bonheur dans l'amour, c'est notamment de savoir qu'on doit celui de sa compagne (ou de son compagnon) à ses propres qualités, à sa conquête, et pas à l'attribution arbitraire d'une autorité quelconque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pourquoi sommes-nous incapables aujourd'hui d'appliquer ce même raisonnement aux diverses problématiques politiques auxquelles le libéralisme offre une solution - certes pas parfaite, aucune ne l'est - du même ordre, comme l'économie par exemple ? Pourquoi ne voyons-nous pas que le prix des prétendues dérives de ce système est beaucoup moins élevé que celui de sa triste alternative autoritaire ? Les réponses à ces questions sont bien trop complexes et nombreuses pour être argumentées en une phrase en cette fin d'article, et je les développerai dans des publications ultérieures. Mais si tu veux chercher par toi-même, je te donne une piste ; cherche du côté des penchants humains suivants : lâcheté, bêtise, mauvaise foi, imposture, manipulation de masse, sentimentalisme, populisme, raccourcis intellectuels, inculture, incapacité à la remise en question...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Tu sais, l'ordure, comme tu dis, (...) lui aussi, il est persuadé, de bonne foi, que le Juif est responsable de ses malheurs, que c'est un salaud qui (...) est aujourd'hui responsable de son indigence financière, à lui, à défaut de son indigence intellectuelle dont il n'a pas conscience."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant, manifeste bruyamment ton accord avec le discernement lumineux de ce constat dressé de la motivation antisémite, et la légitimité du mépris exprimé pour le genre de raisonnements à l'origine de ce courant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque nous sommes d'accord, je vais maintenant te demander de relire ce texte, mais cette fois en remplaçant le mot "Juif" par le mot "patron", ou "bourgeois", ou bien encore "système capitaliste". Le jugement porté par la phrase ainsi obtenue t'inspire-t-il la même adhésion ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la réponse est oui, désolé, soit je viens d'effectuer enfin ma première vraie conversion, soit tu as perdu ton temps à lire ces lignes. En revanche, si la réponse est non, prends garde ! Il est plus que probable que tu sois atteint de la même maladie que les antisémites de l'époque et que, cédant aux sirènes de l'air de notre temps de crise et à la tentation de la désignation d'un bouc émissaire, tu aies rejoint les rangs gonflants de l'anticapitalisme, de la même manière que des millions d'autres avaient rejoint ceux de l'antisémitisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et avant que tu ne m'abreuves de toutes tes justifications, défendant avec véhémence la différence de légitimité entre les deux points de vue, demande-toi donc si des arguments du même acabit que ceux que tu me prépares n'ont pas, eux aussi, été employés en leur temps pour rationaliser la haine raciale. Demande-toi si les clichés qui circulaient alors sur la malhonnêteté des Juifs n'avaient pas la même base de vérité que ceux qu'on prête actuellement aux patrons (à savoir, comme pour toute généralisation, quelques exemples malheureux). Quant à venir m'expliquer que je ne suis qu'un sale con de comparer la révolte légitime de nos frère opprimés à des idées ayant causé le plus grand génocide de l'histoire, tâche de te souvenir que l'anticapitalisme (car le socialisme n'est-il pas né à la base, de l'opposition au capitalisme ?) a causé un nombre de victimes (même si on ne parle que des morts) qui se mesure par rapport à l'holocauste en facteur multiplicateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS: Désolé pour l'emprunt, Vaquette, mais je suis sûr que, même n'approuvant pas ma thèse, tu ne me reprocheras pas d'avoir ainsi détourné ton art pour pourchasser - certes dans le désert, mais n'est-ce pas là que se retrouvent tous ceux qui s'y risquent de manière un peu trop ostensiblement intelligente - la pensée unique de mise en notre époque.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PPS: Ouais je sais, un point Godwin... Un de plus... En même temps, est-ce que c'est vraiment si ridicule d'employer l'analogie avec le régime nazi quand il s'agit de dénoncer des idées du même ordre, ayant eu sur l'histoire des conséquences au moins aussi désastreuses ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Vous contribuez ainsi à entretenir l'image regrettable - et que vous devriez être les premiers à combattre - de la vieille Église inquisitrice et intrusive, convaincue que seules ses propres croyances sont valables et qu'elles doivent en ce nom être imposées par tous les moyens nécessaires.&lt;br /&gt;Quand bien même vous invoqueriez les rarissimes agressions ou viols de sépultures pour habiller d'une certaine légitimité votre démarche, ne croyez pas que vous limiterez ce genre d'incidents en déclarant (et encore moins en gagnant) une croisade contre le Hellfest. Quand le Christ parlait de tendre l'autre joue, il est certes probable qu'il ne s'agissait pas de se laisser marcher dessus bêtement sans réagir, mais il ne fait aucun doute qu'il appelait de ce vœu, par-delà ses fidèles, tous les gens de bon sens à ne pas se lancer dans une guerre revancharde qui ne saurait avoir d'autre conséquence que de nouvelles ripostes.&lt;br /&gt;Vous appelez à l'interdiction en dénonçant les croyances satanistes affichées par certains groupes. N'oubliez pas que les lois républicaines garantissent en France la laïcité et la liberté de culte. À cet égard, ces "croyances" ont non seulement tout autant droit de cité que les vôtres, mais il semble de bien mauvais goût d'attaquer le versement de subventions publiques (dérisoires par rapport à son coût total) à cet évènement culturel alors que celles-ci entretiennent également vos églises . D'autant plus que les cultes sataniques n'ont souvent rien à voir avec la vénération du "Satan chrétien", ni même avec les Églises chrétiennes. Et vous ne vous en tirerez pas en évoquant les dérives sectaires (ou autres incidents marginaux et isolés) du satanisme, tant le terme "dérisoire" semble presque un euphémisme pour les comparer en importance à celles du christianisme (témoins de Jeovah, mormonisme...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous justifierez sans doute votre démarche par la forme, en invoquant la violence verbale et symbolique des groupes qui vous critiquent, et en soutenant que votre contestation passe par des moyens légaux. Je vous répondrai que cette violence verbale est tout aussi légale, et que vos moyens d'action (chantage à la consommation auprès des enseignes pour faire prévaloir vos idées, pressions électorales, publication d'informations biaisées...) sont tout aussi immoraux. Ne venez pas non plus crier que "C'est eux qui ont commencé" quand les critiques formulées par les groupes anti-chrétiens se réfèrent généralement à des exactions bien plus vieilles que le rock lui-même. Le fait que l'Église d'aujourd'hui refuse d'assumer la responsabilité des horreurs de celle d'antan ne lui donne pas de légitimité à faire taire ceux qui les dénoncent.&lt;br /&gt;De plus, vous vous attaquez à la mouvance "metal" en en affichant une méconnaissance évidente, généralisant à partir du peu d'informations que vous en avez pour entretenir une peur qui n'a pour origine que votre seule ignorance. Revenant du festival, je puis vous affirmer que ce n'est qu'une vaste fête, dont les quelques manifestations vaguement violentes ne dépassent pas, ni en intensité ni en agressivité, celles qu'on peut trouver sur le terrain lors d'un match de rugby. L'entraide dans les pogos, où une dizaine d'individus font immanquablement barrage de leur corps pour aider celui qui est tombé à se relever, l'esprit de fête, de fraternité et de partage qui y règnent partout ne sont pas si éloignés des idéaux que vous prétendez défendre par la censure. Même certains groupes de metal chrétien étaient cette année présent, preuve d'une tolérance bien supérieure pour vos idées de la part des organisateurs du Hellfest que vous n'en affichez pour les leurs, un comble quand on a de vagues notions quant au message du Christ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous en prie, au nom du respect et de la modernité auxquels semblent désormais aspirer la chrétienté en général et l'Église catholique en particulier, ne soyez plus cette mégère moralisatrice mais aveugle à ses propres défauts. Oubliez votre rancœur face à des insultes qui ne vous atteindraient même pas si vous n'alliez les chercher là où elles sont proférées. Conduisez-vous de manière au moins aussi noble que ces métalleux que vous mettez au pilori : Vivez (c'est-à-dire soyez en désaccord, critiquez si vous le voulez) mais laissez vivre !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Or aujourd'hui, dans la longue liste des notions entre lesquelles mes contemporains font trop souvent l'amalgame, après "&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/04/consumerisme.html"&gt;Capitalisme et consumérisme&lt;/a&gt;", j'aimerais introduire "Permission et incitation". En effet, c'est sous couvert de cette seule confusion, dont j'ose candidement croire que l'entretien n'est pas délibéré, que nos gouvernements, conservateurs comme socialistes, continuent de mener la plupart de leurs politiques de répression aussi inefficaces que nocives envers certains des droits les plus fondamentaux de l'être humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je parle ici de toutes ces lois qui ont pour prétention de nous protéger de nous-mêmes, nous infantilisant et nous déresponsabilisant, entretenant le mythe que c'est à l'état, et non à l'individu, qu'il incombe de répondre des actes prêtant à conséquence sur sa seule personne.&lt;br /&gt;Je parle ici du droit à mourir, refusé encore aujourd'hui même à ceux que les aléas de la vie ont dépouillé de tout ce qui peut faire son charme, emmurés dans la souffrance, avec pour seul horizon l'attente résignée d'un trépas salutaire.&lt;br /&gt;Je parle ici du droit à disposer de sa personne, dont le mépris nous impose de diriger nos consommations vers les seules substances considérées comme non-nocives par des bureaucrates ignares en la matière, conseillés par des médecins alarmistes et parfois guère mieux informés.&lt;br /&gt;Je parle ici du droit à la liberté d'expression qui, sous couvert d'une exigence de respect mutuel injustifiée, ou du ménagement de la sensibilité d'une quelconque minorité socio-éthnique, est désormais réduite à un carcan politiquement correct par de zélés censeurs bien-pensants.&lt;br /&gt;Je parle ici du droit à disposer de son corps qui, dans certains pays pourtant auto-proclamés "civilisés", condamne encore à la maternité des fillettes immatures (ou peut-être pire, à la misère affective d'un orphelinat dispensable des enfants innocents) au nom de croyances dépassées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi primaire que cela puisse paraître, la plupart de ces abus de la coercition étatique semblent être justifiés par cette unique prémisse aberrante que, même sans permission explicite, la seule absence d'interdiction de ces actes moralement discutables serait inévitablement perçue comme un encouragement à tous les abus. Et le fait est qu'une bonne partie de la population raisonne ainsi.&lt;br /&gt;Je ne sais comment cet amalgame entre ce qui est permis et ce qui est souhaitable a pu corrompre à ce point l'esprit de mes contemporains, mais nombreux sont ceux qui n'auraient aujourd'hui rien contre l'idée d'interdire tout ce qui revêt à leurs yeux une quelconque connotation négative. Ceux-là même qui prêchent la tolérance et la liberté, déformant ces belles valeurs dans le giron gluant de leur indigence culturelle, refusent de tolérer une quelconque liberté qui sorte du carcan moral qu'ils en sont venus à considérer comme universel.&lt;br /&gt;Alors on enterre la liberté de tous au nom des principes de certains, zélateurs de la bien-pensance obligatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien moi, je clame - et je ne suis pas le seul - que le crime sans victime ne nuit pas à la société, et que par conséquent celle-ci n'a ni fondement, ni intérêt à le combattre. Et j'affirme qu'une victime qui accepte le crime de son propre chef, sans y être poussée par la volonté d'un tiers, n'est pas une victime, et que ce crime n'en est par conséquent pas un.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et non seulement cette fièvre de l'interdiction n'est pas légitime, mais il semble établi qu'elle ne produit guère de résultats. Dans un régime basé sur la raison et la liberté, les individus ne se soumettent guère aux distorsions de la première quand elles ne visent qu'à nuire à la seconde. C'est même régulièrement l'interdiction elle-même qui est interprétée comme une incitation. Force est de constater que, pour présenter des résultats témoignant timidement d'une vague efficacité de leurs politiques répressives, nos dirigeants se retrouvent presque immanquablement contraints de jongler périlleusement avec des données bien apocryphes. Sans doute le seul réel effet produit par l'interdiction est-il finalement d'éloigner l'information fiable des domaines où elle serait le plus salutaire. Si l'on prend l'exemple de la consommation de drogues, force est de constater que les conseils de prudence perdent de leur portée quand ils émanent de l'autorité même que leurs destinataires cherchent à transgresser. L'interdiction légale ne suffit à empêcher aucune action, elle ne fait qu'en augmenter le coût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tous ceux qui dénoncent la permissivité en arguant qu'elle laisse la porte ouverte à toutes les dérives, comme si la répression était apte à la fermer, comme s'ils avaient un droit quelconque à imposer leurs discutables convictions morales à autrui, se leurrent donc doublement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Bien que ce ne soit pas nouveau, reposant des mécanismes évolutifs ancrés dans le Vivant depuis l'émergence même des premières formes de vie sexuées, cette problématique est d'autant plus d'actualité dans nos sociétés occidentales modernes, où l'épanouissement personnel de l'individu est au centre des préoccupations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, malgré toute sa banalité, c'est un concept très flou que celui du couple. La diversité de ses formes rend compliqué d'en appliquer une définition formelle. On reconnaîtra volontiers que les diverses définitions qu'en donne le dictionnaire ("Un mari et une femme, un homme et une femme vivant ensemble." ou encore "Deux personnes liées par un sentiment, un intérêt commun...") sont soit trop spécifiques pour englober l'ensemble des tendances actuelles des relations, soit trop vagues pour nous renseigner sur la vraie nature d'un couple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_w_d6kag7ltI/SivvKYAbGqI/AAAAAAAAAAs/zBI1xEG099c/s1600-h/coupleseap.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 146px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_w_d6kag7ltI/SivvKYAbGqI/AAAAAAAAAAs/zBI1xEG099c/s320/coupleseap.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5344628344327183010" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;" &gt;Fig. 1&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;En bon informaticien que je suis, je vais modéliser le couple selon un modèle Entité-Association-Propriété. Je sais, ça parait biaisé comme approche, mais tu vas voir que ça ne devrait pas m'empêcher de dire deux ou trois trucs pas cons.&lt;br /&gt;De ce point de vue, le couple est donc une association reliant deux entités : deux individus. Pour l'exemple, on les prendra de la même espèce, humaine, et de sexes différents (Je parle de ce que je connais, même si le gros de ce que je m'apprête à développer ici sera sans doute également applicable aux relations homosexuelles).&lt;br /&gt;Chacun des individus possède un certain nombre de propriétés qui lui sont propres (physique, intelligence, aspirations...). Je ne m'amuserai pas aujourd'hui à partir en digression ontologique à lister et analyser tout ce qui fait que nous sommes ce que nous sommes à nos yeux et à celui de nos partenaires (potentiels).&lt;br /&gt;En revanche, je vais m'intéresser ici aux propriétés de l'association, de la relation de couple. J'en compte sept dont voici la liste, triée par ordre chronologique de prépondérance dans le couple moderne typique : Attirance, tendresse, sexe, complicité, sentiments, communication et obligations. L'objet de cet article sera d'ailleurs de revenir sur chacune de ces propriétés une par une, afin d'en fournir une brève analyse.&lt;br /&gt;Évidemment, une relation peut exister entre deux êtres et rassembler ces attributs sans être une relation de couple, de même qu'une relation de couple peut ne pas comporter certaines de ces propriétés (ou plutôt les comporter avec une valeur nulle). C'est pourquoi nous définirons la contrainte suivante sur l'association Couple : L'homme comme la femme considèrent qu'ils forment un couple. On inclut donc les "relations libres" et les foyers polygames, mais ni les "coups d'un soir", ni les "plans cul" (même si beaucoup de ce qui va se dire serait applicable aux "plans cul" réguliers), ni les relations totalement unilatérales.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On obtient donc le schéma en figure 1 (Moment historique : première image dans un de mes articles).&lt;br /&gt;Penchons moi donc maintenant comme promis sur chacune de ces propriétés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attirance :&lt;br /&gt;Si elle est souvent physique dans un premier temps, elle peut reposer sur bien des propriétés de chacun des deux individus. On peut ainsi être séduit aussi bien par la culture ou l'humour que par un simple tic de langage un peu original, certaines similitudes ou différences de personnalité avec certains de ses modèles (à commencer par soi-même), ou encore juste par l'attention (ou l'absence d'attention) qui nous sera manifestée.&lt;br /&gt;Cette attirance peut être rationnelle ou non. La femme qui choisit un homme pour son statut social peut, par exemple, le faire par calcul ou de manière totalement inconsciente.&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, même si elle n'est pas nécessairement de même nature, il vaut mieux que l'attirance soit réciproque, et de préférence à peu près équivalente, sous peine de partir sur une relation très bancale, qui risque de pencher encore plus quand les autres paramètres prendront leur importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tendresse :&lt;br /&gt;Il s'agit ici de l'ensemble des manifestations de tendresse, qu'elles soient physiques (bisous, câlins, caresses...), orales (mots doux, compliments...), ou autres (cadeaux, textos, intérêt manifesté, aller vers l'autre de temps en temps...).&lt;br /&gt;Là aussi on a de tout, ça va du couple platonico-coincé aux indécents qui s'exhibent en permanence entre caresses torrides et sobriquets vomitifs empruntés au règne animal.&lt;br /&gt;Mais c'est sans doute l'aspect sur lequel il est le plus important d'être en phase, dans la mesure où c'est la manifestation ostentatoire (avec le sexe dans une moindre mesure) de l'attirance et des sentiments, le "ciment positif" du couple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sexe :&lt;br /&gt;Si j'ai séparé le sexe des manifestations de tendresse, c'est qu'il n'en est pas nécessairement une. Le sexe, même au sein d'un vrai couple amoureux, peut se concevoir sans réelle tendresse, et une relation aux manifestations de tendresse physique omniprésentes peut se retrouver totalement bloquée dès que ça devient un peu trop sexuel. De plus, c'est un aspect tellement important et complexe qu'il méritait une catégorie à part.&lt;br /&gt;Mais c'est une telle obsession (évolutivement logique) de notre culture humaine que bien des mètres cubes d'encre lui ont été consacrés un peu partout, incluant ce blog. Je ne m'étendrai donc guère sur les tenants et les aboutissants d'une vie sexuelle épanouie, si ce n'est en rappelant qu'il ne s'agit évidemment pas d'un aspect à négliger pour un couple se voulant bien-portant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Complicité :&lt;br /&gt;La relation amoureuse n'est pas nécessairement si éloignée que ça de la relation d'amitié. J'ai même tendance à penser le couple idéal comme celui où les deux amants sont les meilleurs amis du monde.&lt;br /&gt;Je conçois qu'il soit discutable d'avoir accordé à la complicité une telle importance en la hissant au rang de grande propriété du couple, au même titre que les six autres, mais c'est pour moi un tel garant de l'épanouissement qu'il y avait toute sa place.&lt;br /&gt;C'est de plus un excellent intermédiaire entre l'aspect impersonnel de la simple attirance, le côté plus physique et concret de la tendresse et du sexe et le niveau d'abstraction des sentiments.&lt;br /&gt;J'ai tendance à mettre aussi dans la catégorie complicité la connaissance de l'autre, aussi bien des conneries qui font qu'on gagne aux Z'amours que de ses envies et aspirations profondes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sentiments :&lt;br /&gt;Si je parle ici essentiellement du si galvaudé "amour", il faut aussi penser à la kyrielle de ressentis qui l'accompagnent couramment : bienveillance, manque, jalousie, euphorie, déprime, admiration, idéalisation...&lt;br /&gt;Je me suis déjà étendu ici sur les sentiments amoureux, leur place dans l'équilibre du couple et l'aspect critique de la première déclaration, et le sujet est par ailleurs largement assez documenté pour que je puisse, ici aussi, m'offrir l'économie d'un développement plus poussé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Communication :&lt;br /&gt;La communication est au cœur des relations humaines et devait donc être citée ici.&lt;br /&gt;Néanmoins, même si je préfère la mienne exhaustive, c'est-à-dire franche et honnête, je ne pense pas qu'il y ait un modèle de communication de couple qui soit applicable partout. Force est de reconnaître que certains couples se portent bien mieux en ignorant plus ou moins sciemment certaines informations, ou certains des agissements de l'un et de l'autre et que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire.&lt;br /&gt;Pour certains réalistes illuminés tels que moi, incapables de se contenter d'une illusion de bonheur basée sur une ignorance sine qua non, il sera néanmoins essentiel d'entretenir une relative franchise et une totale honnêteté quant aux points importants concernant la relation.&lt;br /&gt;Bien sûr, la dimension communication n'est pas à réduire à la communication autour du couple, mais il est assez évident pour tout le monde que deux individus qui n'ont rien à se dire n'ont rien à faire en couple non plus, à moins que ce ne soit précisément ce que chacun recherche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Obligations :&lt;br /&gt;Un couple se définit également en terme d'obligations. Je considère par exemple (c'est très personnel) qu'un couple qui ne se fixe pas d'obligation de fidélité réciproque peut être, en pratique, réduit à un simple "plan cul" régulier. Ainsi ma vision du couple tourne beaucoup autour de cette obligation de fidélité, qui en devient un axe au même titre que les autres que j'ai développés ici.&lt;br /&gt;Je suis néanmoins, en bon libéral, de ceux qui considèrent que c'est avec le moins d'obligations et de contraintes possibles que l'individu est le plus à même de s'épanouir, et que ça vaut également dans le couple. C'est pourquoi je me limite à la formulation de cette seule obligation théorique.&lt;br /&gt;Mais la pratique est évidemment plus complexe. Même en me restant fidèle, si ma copine se refuse systématiquement à moi, ou ne prend pas la peine de dégager du temps pour me voir, il va en résulter un malaise qui me poussera à mettre un terme à la relation. Et quels que soient les critères, on fonctionne tous comme ça.&lt;br /&gt;Même sans obligations explicites, sans règles précises édictées et acceptées de vive voix par les deux individus concernés, il subsiste toujours un certain nombre de règles tacites, correspondant au respect des attentes et des aspirations de chacun concernant l'autre et la relation de couple en général. Leur viol répété entraînera la rupture presque aussi sûrement qu'une trahison concrète, même si cela générera moins de ressentiment.&lt;br /&gt;Ces obligations ne sont néanmoins pas forcément contraignantes, et le couple idéal est aussi sans doute celui où chacun saura répondre aux attentes de l'autre sans avoir à limiter ses propres aspirations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant que nous connaissons les différentes propriétés du couple; on peut en déduire la forme que chacun prendrait dans le couple idéal :&lt;br /&gt;-attirance réciproque et à peu près équivalente;&lt;br /&gt;-manifestations de tendresse de chacun en phase avec les attentes de l'autre;&lt;br /&gt;-vie sexuelle satisfaisante pour chacun, aussi bien sur la quantité que sur la qualité;&lt;br /&gt;-complicité et connaissance réciproque;&lt;br /&gt;-relatif équilibre amoureux, ou alors déséquilibre cohérent avec la personnalité de chacun;&lt;br /&gt;-communication adaptée;&lt;br /&gt;-respect des attentes et aspirations de chacun sans avoir à s'en faire des règles contraignantes.&lt;br /&gt;Évidemment, ce n'est jamais parfait à ce point, c'est pour ça qu'on a inventé les engueulades, les discussions sérieuses, la résignation passive et bien sûr la rupture !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourra opposer au couple parfait décrit ci-dessus, le couple pourri qui, ne présentant pas l'adéquation de ces différents attributs, ne repose sur rien de bien convaincant. Son "ciment négatif" peut être le désœuvrement (pourquoi pas rester en couple, j'ai pas grand chose d'autre à faire de mes dimanches soirs) ou la lâcheté (peur de la rupture, de la solitude, de la difficulté de trouver quelqu'un d'autre ou encore de la réaction de l'autre...).&lt;br /&gt;C'est ainsi que de nombreux couples arrivent à "survivre" sans plus (ou si peu) d'attirance, de tendresse, de sexe, de complicité, de sentiments, de communication ou d'obligations réciproques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur ce point précis, j'ai d'ailleurs un point de vue assez fataliste, qui consiste à penser que les efforts nécessaires à l'amélioration d'une situation de couple ne servent qu'à générer de la frustration à moyen terme, et ne sont en rien des solutions. En gros, soit le couple est fait pour marcher, soit non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça ne veut pas dire qu'une relation de couple ne peut pas évoluer. En effet, chacun ayant tendance à adapter son attitude (et parfois même ses sentiments) en réaction à celle de l'autre, une meilleure compréhension par le biais d'une bonne mise à plat des attentes et des sentiments pourra souvent aider certains couples ayant des attentes compatibles à retrouver une forme de bien-être. Mais c'est malheureusement loin d'être toujours le cas.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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title='Couple'/><author><name>Samahell</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12595855267546962683</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_w_d6kag7ltI/SivvKYAbGqI/AAAAAAAAAAs/zBI1xEG099c/s72-c/coupleseap.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751.post-278686395173581834</id><published>2009-04-27T15:19:00.000-07:00</published><updated>2009-04-29T11:54:44.438-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='News du blog'/><title type='text'>Légère refonte</title><content type='html'>Bienvenue sur mon blog.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu viens d'arriver, tu peux choisir de le consulter article par article, en les remontant par ordre chronologique depuis le premier (&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/que-la-lumire-soit.html"&gt;Que la lumière soit...&lt;/a&gt;) en bas de la page &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007_09_01_archive.html"&gt;septembre&lt;/a&gt;, ou tu peux choisir un article dans les catégories suivantes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Articles par thème :&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;News/Communication avec le lecteur : &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/que-la-lumire-soit.html"&gt;Que la lumière soit...&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/01/et-la-lumire-fut.html"&gt;...et la lumière fut&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/04/blogosphre.html"&gt;Blogosphère&lt;/a&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/08/et-si-on-parlait-de-moi.html"&gt;Et si on parlait de moi ?&lt;/a&gt;,&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Coups de gueule : &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/des-armes-mortelles-la-porte-de-tous.html"&gt;Ta machine à tuer&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/tous-aux-urnes.html"&gt;Tous aux urnes !&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/01/rejet-de-lintelligence.html"&gt;Rejet de l'intelligence&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/01/rue-de-stalingrad.html"&gt;Rue de Stalingrad&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/01/rien-droite-rien-gauche-je-traverse.html"&gt;Rien à gauche, rien à droite, je traverse...&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/04/facebook.html"&gt;Facebook&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Politique :&lt;/span&gt; &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/10-raisons-de-har-les-rouges.html"&gt;10 bonnes raison de haïr les rouges&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/et-pourquoi-pas-le-centre.html"&gt;Et pourquoi pas le centre ?&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/dmocratie.html"&gt;Démocratie&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/12/pirates.html"&gt;Pirates&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/01/libralisme.html"&gt;Libéralisme&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/03/patriotisme-et-nationalisme.html"&gt;Patriotisme et nationalisme&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/10/populismes.html"&gt;Populismes&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/01/mon-utopie-liberale.html"&gt;Mon utopie libérale&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/04/consumerisme.html"&gt;Consumérisme&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Réflexions autour de l'actualité :&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/matraquage-mdiatique.html"&gt;Matraquage médiatique&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/le-naufrage-de-zo.html"&gt;Le naufrage de Zoé&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/03/comportement-exemplaire.html"&gt;Comportement exemplaire&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/06/bien-fait.html"&gt;Bien fait !&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;em&gt;Délires : &lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/je-suis-un-rebelle.html"&gt;Je suis un rebelle&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/crois-en-moi.html"&gt;Crois en moi&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/dieu-est-un-systme-dexploitation.html"&gt;Dieu est un système d'exploitation&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/religion-en-kit.html"&gt;Religion en kit&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/cest-chiant.html"&gt;C'est chiant!&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;/em&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/03/et-si-nous-avions-cr-dieu.html"&gt;Et si nous avions créé Dieu&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Réflexions diverses :&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/je-suis-daccord-avec-moi-mme.html"&gt;Je suis d'accord avec moi-même&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/dbats-striles.html"&gt;Débats stériles&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/amiti-et-familiarit.html"&gt;Amitié et familiarité&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/lacte-dsintress.html"&gt;L'acte désintéressé&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/le-monde-est-petit.html"&gt;Le monde est petit&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/evolution.html"&gt;&lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;Évolution&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/pourquoi.html"&gt;Pourquoi ?&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/tolrance.html"&gt;Tolérance&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/mort-et-suicide.html"&gt;Mort et suicide&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/lesprit-de-communaut.html"&gt;L'esprit de communauté&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/tout-et-son-contraire.html"&gt;Tout et son contraire&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/tout-le-monde-se-plaint.html"&gt;Tout le monde se plaint&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/12/saine-violence.html"&gt;Saine violence&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/02/musique-gots-et-couleurs.html"&gt;Musique, goûts et couleurs&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/02/intgrit.html"&gt;Intégrité&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/02/les-hommes-contre-les-femmes-et.html"&gt;Les hommes contre les femmes (et inversement)&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/03/mon-film-moi.html"&gt;Notre petit film personnel&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/08/moment-dhumilit.html"&gt;Moment d'humilité&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/08/principes.html"&gt;Principes&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/03/le-desequilibre-amoureux.html"&gt;Le déséquilibre amoureux&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;em&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Religion :&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/09/dieu-nexiste-pas.html"&gt;Dieu n'existe pas ?&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/je-suis-agnostique.html"&gt;Je suis agnostique&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Explications inutiles et inintéressantes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'arrangerai pour que cet article reste tout en haut en premier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le mythologique lecteur régulier de ce blog remarquera qu'une légère refonte a eu lieu. J'ai supprimé un ou deux articles particulièrement mal rédigés ou manquant de méthode dans le raisonnement (je les ressortirai peut-être un jour en version améliorée), et surtout j'ai réarrangé mon système de classement ci-dessus de manière un poil moins fallacieuse.&lt;br /&gt;Ainsi on retrouve maintenant mes articles classés par thème plus que par type d'article. Le lecteur avisé pourra ainsi éviter mes articles politiques (légion ces derniers temps) s'ils ne l'intéressent pas par exemple.&lt;br /&gt;J'ai en revanche gardé les catégories "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coups de gueule&lt;/span&gt;" et "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Délires&lt;/span&gt;" : dans la mesure où ce sont ceux que je me marre le plus à écrire, je suppose que ça doit être les plus sympa à lire pour se lancer, et je préfère donc les garder à part, même si certains traitent aussi de politique ou de religion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien évidemment, tous les articles sont sujets à être modifiés voire supprimés n'importe quand et n'importe comment, par moi et moi seul, que ce soit pour revenir sur l'orthographe, une formulation un peu lourde, un exemple fallacieux ou même une idée qui viendrait à me déplaire (ou toute autre raison).&lt;br /&gt;Considère qu'il en va de même pour celui-ci.&lt;br /&gt;N'hésite pas non plus à commenter les articles : je suis assez friand de critiques, d'éloges et de débats.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS: Cet article étant supprimé après chaque nouvelle publication de manière à être recréé et donc à apparaître en premier dans le blog, je vous recommande d'éviter de poster vos commentaires ici et de choisir plutôt un autre article (le premier par exemple).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PPS: Si tu lis une version de ce blog diffusée par flux RSS (sur Facebook par exemple), ce serait cool de laisser tes éventuels commentaires sur le blog original (http://megalomanu.blogspot.com/) et non sur le site de diffusion. Il y en a déjà pas des branlées, alors si en plus on s'amuse à les disperser...&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Celui-ci ne date pas d'hier et est tout simplement inhérent à la nature humaine. On a besoin de consommer pour vivre, et on aime par définition tout ce qui nous apporte du confort. Comme on ne sait pas de quoi demain sera fait, on a tendance à vouloir stocker et amasser, ce qui tend à poser des problèmes dans la répartition des ressources.&lt;br /&gt;Les problématiques consuméristes remontent à la plus haute Antiquité. La tendance des hommes à gaspiller, à être obnubilés par l'amas de possessions et de richesses, ou encore par la sécurité matérielle est, par exemple, au cœur de bon nombre de récits bibliques qui ne datent pas d'hier. Même sous un système collectiviste, les gens ont besoin de consommer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La contribution du libéralisme économique en la matière fut, par l'abondance de richesse que son application partielle engendra, de permettre à la nature humaine d'exprimer ces inclinations, de donner libre cours à sa tendance instinctive à la consommation. L'écroulement des systèmes féodaux et le progrès technique et social (qu'on attribue ce dernier au libéralisme ou au socialisme) ont, de leur côté, permis de généraliser le consumérisme et de l'étendre aux masses, au lieu de le réserver à quelques élites possédantes (sans toutefois débouter ces dernières, bien au contraire).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n'est donc pas le capitalisme qui a engendré le consumérisme, mais bel et bien la tendance naturelle de l'Homme à la consommation qui a engendré les moutures actuelles du système capitaliste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La cause de la confusion, outre l'intérêt des divers extrêmes à l'entretenir, est que le capitalisme contribue à attiser et à décomplexer le désir consumériste. La consommation étant l'étalon par excellence de la bonne santé d'un système économique donné (qu'il soit capitaliste ou non d'ailleurs), ses agents ont tout intérêt à l'entretenir, que ce soit par le biais de la publicité, du marketing, de l'innovation ou encore en faisant de certains produits un élément essentiel de la représentation sociale des individus (signes extérieurs de richesse ou même symboles d'appartenance à telle ou telle "tribu" anti-consumériste).&lt;br /&gt;Et encore, parler de décomplexion me paraît abusif, en particulier dans notre beau pays où la consommation de masse garde l'image du démon tentateur, dont nous ne sommes que les victimes forcées, et certainement pas les instigateurs finalement satisfaits mais incapables de le reconnaître.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, après déjà un moment passé à me faire en quelque sorte l'avocat d'une certaine forme de consumérisme, je n'ai reçu que trois réels chefs d'accusation rationnels à son égard. Le premier est écologiste, le second est réactionnaire, le troisième est philosophique.&lt;br /&gt;L'argument écologiste est assez évident en soi : le consumérisme entretient et justifie le productivisme et son cortège d'abus environnementaux (surexploitation des sols, empreinte écologique, épuisement des énergies non-renouvelables, etc.). Je ne nie évidemment pas ce problème, même si pour moi, comme je le développerai plus avant dans un article déjà commencé et consacré à la question, la source du problème - et donc sa solution - réside plus dans la démographie que dans la consommation. N'oublions pas que la consommation sert avant tout à la satisfaction de nos besoins primaires vitaux, et qu'on ne peut donc la réduire que jusqu'à un certain point. Même si nous arrivions à diviser par quatre notre niveau de consommation actuel, lorsque la population aurait quadruplé (soit au bout d'une poignée de centenaires à tout casser), le problème se reposerait (le même raisonnement s'applique aussi à d'autres sujets, comme la production de gaz à effet de serre).&lt;br /&gt;L'argument réactionnaire s'appuie sur l'assertion, non-démontrable à mon sens, que le confort matériel et l'exhortation à la consommation nuisent à la production intellectuelle et au maintien de certaines valeurs. Quand bien même cette conception s'avérerait justifiée, j'ai tendance à trouver fallacieux de préconiser une politique de masse qui privilégierait une hypothétique satisfaction intellectuelle subjective sur la satisfaction incontestable de besoins physiques concrets.&lt;br /&gt;Enfin on entend souvent dire que la consommation est futile, vaine, ce à quoi je réponds que l'existence est futile et vaine, et que nos possessions ont au moins le mérite d'une existence palpable et transmissible à l'heure de notre trépas, ce qui n'est le cas ni de nos relations, ni de nos sentiments.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cette aptitude à la consommation, tant décriée par les ingrats qui en jouissent si naturellement sous nos latitudes, est justement ce qui fait défaut et provoque le malheur des sociétés qui en sont privées, par exemple par un système économique inadapté. On ne me fera pas croire que les vagues de migration de Cuba vers les États-Unis ne charriaient que des réfugiés politiques, ni que le rideau de fer n'a été construit que pour retenir les camarades qui n'aimaient pas le rouge. La privation de consommation correspond tout simplement à ce qu'on appelle couramment la misère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'homme a besoin de consommer, que ce soit pour vivre ou pour être heureux (même si, comme toute obsession, celle de la consommation l'éloignera du bonheur, de même que la modération en la matière ne lui suffira pas pour l'atteindre).&lt;br /&gt;On ne m'ôtera pas de l'idée que toute tentative d'application d'un système basé sur l'idée que l'homme peut aller à l'encontre de sa nature profonde, notamment en la matière, est vouée aux conséquences les plus désastreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que ça implique pour autant qu'on doive consommer n'importe comment, à tort et à travers, sans limite ? Évidemment non. C'est impossible, que ce soit à cause de la raréfaction du non-renouvelable ou des limites de production du renouvelable. Mais le libre marché reste, d'expérience humaine, le moyen le plus efficace de gérer la rareté des choses, en adaptant leurs prix au rapport entre ladite rareté et la demande.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Oui, comme ça, ça arrive des fois, la fatigue sans doute...&lt;br /&gt;En fait j'ai envie de haïr. On ne le dit pas assez, la haine est un sentiment très sain, source de beaucoup de satisfaction. Après tout, la haine, plus sans doute que tout autre sentiment, sait tellement bien nous éloigner de nos remises en question nombrilistes et nous submerger de la préoccupation de l'autre, de cette charogne qu'on déteste parfois sans savoir pourquoi, si absorbé qu'on est dans l'exécration la plus enivrante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Manque de pot, en ce moment je ne hais personne. Il y a bien deux ou trois gus qui m'énervent, une poignée de quidams qui me susciteraient le plus profond soulagement en se décidant enfin à n'avoir jamais existé... Mais entre la simple gêne et la haine s'étend le profond fossé du plaisir sadique qu'on éprouve à s'abîmer dans la détestation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Non, je ne vais pas pouvoir gueuler sur quelqu'un, il va falloir que je me défoule sur quelque chose, un concept quelconque. Mais quoi ? J'en ai un peu marre de m'acharner sur la gauche, la religion ou la bien-pensance pseudo-humaniste. Aujourd'hui je vais faire dans le consensuel, je vais taper sur Facebook !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Facebook, c'est comme TF1, les supermarchés, les véhicules polluants et les cigarettes : tout le monde s'accorde à dire que c'est nul à chier, que ça sert à rien et parfois même que c'est nocif, mais tout le monde y passe sa vie quand même.&lt;br /&gt;C'est donc une cible facile que je choisis ce soir, une cible déjà un peu à terre, avec les marques de godasses encore sur la gueule pour m'indiquer là où je peux taper, les bons arguments pré-mâchés en libre-service.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franchement est-ce que ce n'est pas criminel, à l'heure actuelle où la procrastination pourrait presque être élevée au rang de problème de société, de mettre entre toutes les mains un outil aussi incroyablement utile à la seule fin de perdre son temps ?&lt;br /&gt;Il faudrait recenser le nombre d'étudiants qui, à l'heure de leur vie où leurs capacités physiques et cérébrales sont à leur potentiel optimum, où ils peuvent retenir et mémoriser des milliers d'informations intéressantes, faire du sport ou encore voyager, viennent s'échouer lamentablement sur la page blanche et bleue, dilapidant leur précieux âge d'or en distractions désinvoltes et commentaires oisifs, et ce bien souvent à la veille même de leurs examens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un truc qu'il faut savoir, c'est que j'y passe des heures sur cette connerie. Que celui qui ne s'est jamais repris plusieurs fois dans la soirée à fixer bêtement sa liste de contacts MSN me jette la première pierre; je scotche abusivement devant ma page de news, rafraîchissant régulièrement à l'affût de... à l'affût de quoi d'ailleurs ? Du dernier bon mot d'un cousin lointain ? D'une vidéo vaguement marrante ayant déjà fait plusieurs fois le tour du Web ? D'un évasif morceau de vie offert au commentaire par un flirt du moment ou une conquête potentielle ? Du résultat du test qui va me révéler avec lequel des personnages de Grey's Anatomy un copain de vacances à demi oublié a le plus d'affinités ?&lt;br /&gt;Je me suis même retrouvé à avoir des conversations avec moi-même, commentant mes propres commentaires ! Faut quand même être sacrément désœuvré, alors que, et je m'en presque-plaignais ici-même il y a peu, il y a plus à découvrir en ce bas monde qu'on est même seulement capable de l'appréhender.&lt;br /&gt;Tandis qu'il m'est donné plein loisir de m'indigner devant le spectacle pathétique de ceux de mes proches qui rejoignent les groupes leur promettant monts et merveilles s'ils invitent tous leurs amis, ou encore deviennent fan de "Bizoux et kalins" et autres "la pai c mieu kla guère !!", je dispense moi-même mes commentaires et bons mots, qui doivent bien eux aussi sonner creux et paraître insipides et risibles, au moins à un probable autre désœuvré encore plus prétentieux et égotique que moi, alimentant ainsi la grande chaîne du ridicule 2.0.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, ne jetons pas bébé avec l'eau du bain, c'est une perte de temps qui a le mérite d'être sociale, ça permet d'échanger quelques photos... Et puis ça aide vraiment à garder des contacts. Assez peu au final, pas forcément ceux qui comptent, mais les vraies affinités, les gens dont on commente volontiers les frasques et qui s'amusent des nôtres en retour, et cela dans la durée.&lt;br /&gt;Comme bien souvent, ma critique un peu facile n'est pas dépourvue d'une certaine dose d'affection - si j'ose dire... - et d'un intérêt pas complètement malveillant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et non, même pour toi Facebook, ce n'est pas encore ce soir, malgré toute l'envie qui m'en étreint, que j'arriverai à éprouver de nouveau cette vraie, belle haine gratuite.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Il s'agit évidemment du "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant". Nous sommes tous familiers du fait que, même dans les rares cas où les deux personnes qui forment un couple peuvent être assimilées au Prince et à la Princesse de nos contes de fée, le bonheur initial s'effrite rapidement.&lt;br /&gt;S'il est de bon ton d'incriminer en la matière le phénomène de familiarité, auquel j'ai déjà consacré un article, ou plus largement celui de lassitude (puissant moteur de l'action humaine sur lequel je reviendrai longuement dans un article ultérieur), le facteur sur lequel j'aimerais m'attarder ici concerne ce que j'ai nommé "le déséquilibre amoureux".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ouvre une parenthèse pour préciser qu'une fois de plus, le contenu de cet article repose, à quelques références près, sur ma seule analyse personnelle. Il est donc tout à fait envisageable (et même hautement probable) que d'autres études menées par des professionnels en la matière aient déjà identifié ce phénomène, lui ayant sans doute attribué un autre nom, et en ayant fourni une analyse bien plus complète et pertinente que la mienne. Quoiqu'il en soit, je ne suis pas là pour faire du recopiage, et tu vas donc devoir subir les affres de l'impertinence de mon analyse ignare.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce phénomène peut être ramené à une phrase par la sagesse populaire, le fameux "Dans un couple, il y en a toujours un qui aime plus.", ou encore par cette citation de Desproges : "En amour on est toujours deux : un qui s'emmerde et un qui est malheureux.".&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, ces formulations sont un peu simplistes. D'autant qu'on met beaucoup de choses dans le mot "amour". Déjà, on parle aussi bien d'amour pour désigner ce que l'on éprouve pour ses enfants que pour sa femme, alors que les deux sentiments sont extrêmement différents et ont des implications très distinctes.&lt;br /&gt;Mais même pris dans le sens de l'amour sensé unir deux conjoints, ce fameux prémisse rendu, dans le conscient collectif, indispensable à la vie en couple, ce terme est devenu un véritable fourre-tout. La pression autour de cet amour qu'on doit impérativement ressentir est telle que chacun finit par qualifier ainsi son attirance pour l'autre, quelle que soit la nature précise de son ressenti.&lt;br /&gt;La déclaration d'amour a pris un certain nombre de rôles dans le couple. Le premier "Je t'aime" sert à formaliser l'entrée dans une relation sérieuse. Il devient ensuite un rituel destiné à rassurer l'autre sur la solidité de la liaison. Soit il est usé à tout bout de champs (fins de conversations téléphoniques, guise d'au revoir...) et sa disparition devient alors un symptôme d'une crise grave, soit il est employé avec parcimonie et sert ponctuellement pour calmer certaines tensions (période de doute, crise de confiance, baisse d'attention...).&lt;br /&gt;La réciprocité de cette déclaration n'est pas vraiment optionnelle sur le moyen terme pour un couple se voulant "en bonne santé". Sans doute plus encore que le premier baiser, la première déclaration est déjà un sérieux générateur d'une asymétrie qu'il faut vite combler pour le bien du couple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'asymétrie est également rendue inévitable par les différences entre les deux sexes – dans les couples hétérosexuels tout au moins. Que la cause en soit culturelle ou naturelle, l'Homme et la Femme ont des psychologies différentes, des manières de concevoir la vie et les relations différentes, des ressentis différents. L'amour qu'un homme peut ressentir pour une femme est très probablement différent de celui qu'une femme ressent pour un homme. Partant de là, il est d'autant plus probable que l'amour qui unit deux homosexuels soit également différent de celui qui unit un homme et une femme, mais aussi selon qu'il s'agit d'un couple d'hommes ou de femmes.&lt;br /&gt;Bien sûr, ça n'implique pas, comme certain(e)s le prétendent bêtement, que les femmes aiment systématiquement plus que les hommes, même si la tendance générale est peut-être en ce sens. Quiconque a déjà connu un homme éperdument amoureux ou une femme indifférente – ni l'un ni l'autre ne sont vraiment rares – en conviendra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs "différent" n'implique pas forcément que l'un soit supérieur à l'autre, ça peut aussi vouloir dire "incomparable". Et dans un sens c'est sans doute vrai.&lt;br /&gt;Seulement dans les faits, force est de constater que cette différence est quasi-inévitablement porteuse de déséquilibre. Je n'ai jusqu'ici trouvé aucun exemple d'équilibre parfait à moyen terme ailleurs qu'au cinéma, que ce soit dans ma propre histoire sentimentale ou dans mon entourage proche.&lt;br /&gt;Évidemment, on a tous en tête les exemples caricaturaux de couples où la femme porte la culotte, ou bien où elle est soumise à son époux au point d'en générer compassion et incompréhension. Mettons de côté les exemples extrêmes pour nous intéresser aux cas d'équilibre apparent. On s'apercevra que c'est souvent le même qui écrit les textos et les attend, qui a des petites attentions pour l'autre, qui ne s'intéresse guère de trop près aux autres représentants du sexe convoité, qui propose l'acte sexuel tandis que l'autre dispose... Même si la balance touche rarement le sol d'un côté, elle n'est jamais vraiment au milieu, et le déséquilibre tend à se retrouver, léger ou accentué, dans plusieurs domaines (communication, organisation de la vie de tous les jours, sexualité, fidélité...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, les deux composantes d'un couple ne s'aiment pas de la même façon, et cette inégalité est quasi-inévitablement porteuse de déséquilibre. Pourtant, qu'on soit dans un rôle ou dans l'autre, ce n'est pas un constat évident à accepter. En effet, le déséquilibre implique une sorte de "domination amoureuse", aussi subtile soit-elle.&lt;br /&gt;Déjà, au sein du couple. Il est évident que formuler une répartition des rôles dominant/dominé peut être extrêmement humiliant et provoquer de la discorde. Peut-être vaut-il mieux ne pas l'évoquer, à moins que ce déséquilibre ne soit tout à fait acceptable pour les deux partenaires, conscients.&lt;br /&gt;Mais même en dehors, il faut une grosse force d'objectivité pour reconnaître qu'on se laisse dominer par son partenaire, ou qu'on impose à la personne qu'on aime ce type de rapport. Il n'est flatteur de se reconnaître ni dans celui qui aime plus, ni dans celui qui aime moins. C'est un peu, de manière caricaturale, comme avoir le choix entre être un salaud ou un imbécile.&lt;br /&gt;Et je pense que c'est la difficulté de reconnaître cette différence qui fait que la plupart des couples nieront la présenter. Evidemment, ça implique qu'elle ne puisse être mesurée que par des observateurs extérieurs, donc mal informés, et qu'il soit donc impossible de démontrer formellement l'existence du phénomène, et encore moins son caractère universel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis néanmoins convaincu qu'une des clés d'une relation de couple durable et heureuse – en laquelle je continue à croire malgré tout mon cynisme et mon rejet de la thèse de l'existence d'une âme sœur – réside dans une bonne connaissance du rôle dans lequel on se complait le plus (attention, aussi dur que ce soit à s'avouer, il ne s'agit pas forcément de celui de dominant), du point auquel on veut le jouer (entre celui qui reçoit plus de textos qu'il en envoie et celui qui bat sa femme, il y a une certaine marge), et d'un(e) partenaire avec qui établir cet équilibre à peu près tel qu'il conviendra aux deux.&lt;br /&gt;Cela impliquera bien sûr une bonne connaissance de soi et de l'autre et, comme à chaque fois qu'on veut réussir quelque chose d'important, de nombreux essais infructueux.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Si au moins l'affligeant spectacle de sa débâcle récente pouvait me paraître moins avilissant que salvateur  pour notre République, je parviendrais peut-être à trouver quelque consolation dans la démonstration navrante ainsi offerte de son ineptie.&lt;div&gt;Mais quand j'entends tous ces moutons bêler leur indignation que "l'état donne des milliards aux banques", que "le paquet fiscal y'en a que pour les riches" et que "ouin ouin les tests ADN", je finis par en avoir la nausée. C'est sûr que dès qu'il s'agit de se poser en Robin des Bois ou de réveiller le vieux spectre rance d'un racisme galvaudé, ça inspire plus facilement les discours enflammés et ça fait vendre des voix. En revanche, sur les sujets où l'argument sentimental est du côté de la droite, la loi Hadopi ou encore l'audiovisuel public, la contestation se fait tout de suite plus timide. Pour peu que ce soit un peu spectaculaire, avec la Marseillaise sifflée dans un stade mettons, on se met même tous d'accord pour enterrer des libertés fondamentales sur un évènement malheureux.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Notre opposition est abjecte. Faible et en perdition bien qu'opportuniste et démagogique, je ne lui souhaiterais que de pourrir dans l'oubli si elle n'était pas une vague lueur d'espoir, certes chancelante et malsaine, face à l'ignominie du pouvoir en place.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Quand je suis confronté à la gravité des nouvelles concernant notre situation économique actuelle, quand je constate l'ampleur de la récession annoncée, et que résonnent dans ma tête les slogans creux de cet aimant à baffes de Ségolène Royal, exposant son programme outrageusement démagogique et martelant sans honte qu'elle prévoit de financer chacune de ses réformes par le regain de croissance qu'elle entrainera, je m'en choppe presque des élans de gnostisme tant l'envie me prend de louer les dieux pour nous avoir épargné ça. Et pourtant...&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;J'en ai raz-le-cul de la droite.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est comme si chaque mois de son règne marquait une étape supplémentaire dans le recul des libertés individuelles.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Notre Président effectue chaque jour un pas de plus dans l'outrepassement de ses pouvoirs, dirigeant d'une main de fer l'Assemblée Nationale, reniant en bloc le concept de réforme négociée, distribuant tantôt ses commentaires et instructions à la Justice concernant telle ou telle affaire, tantôt ses grâces à ses proches emprisonnés pour détournement de fonds, tantôt la légion d'honneur sans raison apparente à ses relations haut placées à la tête d'un groupe industriel quelconque; et tout cela en jurant, les trémolos dans la voix, de moraliser le capitalisme et de mettre fin aux dérives de l'ultra-libéralisme économique ! Et la presse de fermer sa gueule, sans doute trop occupée à commenter ses frasques amoureuses ou tel mot plus haut que l'autre d'un politique quelconque, ou encore peut-être tremblante sous le joug d'un bras présidentiel qui n'a que trop prouvé à quel point il pouvait être long et rancunier.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Que la France ait pu élire un Président aussi déconnecté des réalités quotidiennes, avec tellement à se prouver, avec un semblant de fond idéologique à ce point au service de son intérêt opportuniste, et ce malgré tous ses échecs et mauvais résultats en tant que ministre, ça me dépasse totalement. Bien que nous n'ayons pas tellement disposé d'alternative sérieuse au second tour, il y avait tout même eu un certain nombre d'étapes qui avaient nécessité de remporter un minimum l'adhésion des Français avant cela.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'est encore une fois la victoire de la politique politicienne, signe que le destin du système politique français tend vers le "modèle" américain en la matière : sclérosé par les milliards, la bien-pensance et les arguments émotionnels.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et nous le payons le prix fort. On nous enchaine un peu plus à notre télévision avec la réforme de l'audiovisuel, on punit des stades entiers pour baillonner la liberté d'expression de quelques individus dès lors qu'elle s'attaque aux symboles de l'ordre établi, on règle la question de l'immigration avec un simple quota à respecter, on mène des campagnes télé de dramatisation terroriste à l'américaine, et pour finir on assujettit l'Internet, dernier îlot de liberté plus ou moins hors de portée des censeurs bien-pensant et de l'absurdité des lois politiciennes à effet d'annonce.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Oui, moi qui suis pourtant d'un naturel optimiste, moi qui ne veux voir que le peu de poids que le pouvoir en place a sur nos vies de tous les jours, je suis en pleine crise de désespoir politique. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;Certes le centre a eu sa chance, sa petite heure de gloire lors des dernières présidentielles, à tel point que j'ai voulu y croire. Mais il est aujourd'hui en pleine traversée du désert, slalomant sans succès entre les boulets rouges tirés de droite comme de gauche, mené par un capitaine solitaire et égotique qui ne semble voué qu'à dissoudre le peu de crédibilité qu'il lui reste. L'alternative salvatrice d'un semblant de libéralisme, même "encadré", semble aujourd'hui une utopie, vouée à se désagréger ou, pire encore, à s'adapter aux règles du jeu politique, entre complaisance et démagogie.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Tandis que le FN crève en silence (c'est toujours ça de pris), l'extrême gauche, pourtant placée en position de force par la conjoncture, ne parvient qu'à épuiser ses troupes (et moi avec) à coups de grogne incessante et de montée au créneau sous tout prétexte.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je ne vois rien de bon se profiler, ni par la gauche, ni par la droite. La crise va être longue, et pas seulement en matière d'économie; apprêtons-nous à la traverser avec résignation...&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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De même, si on reprend les thèmes emblématiques des revendications nationalistes, on retrouvera globalement en constante le fait d'accuser les étrangers, l'immigration, voire les échanges internationaux de tous les maux du système.&lt;br /&gt;Le point commun entre ces deux types de doctrines est qu'ils reposent sur la mise en place de boucs émissaires, dans un cas la classe bourgeoise, dans l'autre les étrangers par exemple, sur qui se déchargera toute la responsabilité des travers de tout système économique et social : le chômage, la pauvreté, la violence, la stagnation sociale, les lourdes charges de travail, etc. Le bon peuple peut ainsi se dédouaner d'une quelconque responsabilité dans ses malheurs tout en dirigeant les solutions pour améliorer ses conditions de vie contre ceux qu'il a choisi de désigner comme fautifs. Du coup les citoyens n'ont plus à assumer leur responsabilité propre et à essayer d'améliorer leur condition par eux-même et par d'autres moyens que la revendication incessante.&lt;br /&gt;On obtient ainsi un système basé sur l'acharnement, la jalousie et parfois même sur la haine, où l'on se préoccupe au moins autant que telle ou telle catégorie ne jouisse surtout pas d'avantages qu'on lui suppose indus que de résoudre les problèmes de manière rationnelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et après, me dira-t-on, s'ils ont effectivement raison ? Si une catégorie sociale était effectivement à l'origine des maux de la société toute entière ? Après tout c'est envisageable.&lt;br /&gt;Même si j'ai ma petite idée, ce n'est évidemment pas à moi, jeune étudiant de 21 ans avec trois modules d'économie à son actif, de trancher cette question épineuse. Ce genre de délibération revient évidemment à des professionnels des sciences politiques. S'il était si simple d'invalider de manière incontestable les théories extrémistes, nous n'aurions pas autant de spécialistes des diverses sciences de l'analyse politique dans chacun des camps.&lt;br /&gt;Même si un peu de bon sens, des exemples historiques et des notions même très succinctes d'économie semblent nous indiquer que des mesures comme la fermeture des frontières, la baisse drastique du nombre d'heures travaillées ou l'absence d'un système de "motivation par la carotte" par l'élévation sociale ne pourraient quasiment résulter que sur un désastre économique, il n'existe sans doute personne d'assez compétent pour le prouver totalement, d'autant plus que cela dépend fortement du contexte.&lt;br /&gt;Mais c'est aussi valable dans l'autre sens, il est impossible de prouver que ces politiques soient d'une indéniable efficacité, et étant donné le risque majeur que leurs applications dans tous leurs extrémismes impliquerait, un simple principe de prudence nous impose au moins de nous en méfier et de ne pas tenter le diable, même en admettant qu'un scénario impliquant des conséquences graves ne soit pas aussi probable qu'il en a l'air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors pourquoi un tel succès au point d'avoir remporté le pouvoir dans certains pays ?&lt;br /&gt;Etudions cela du point de vue d'un jeune fils d'ouvrier français. Appelons-le Jean. N'est-il pas vrai que le fils de riche du centre ville aura plus de chance que lui de "réussir dans la vie" et d'occuper un poste socialement haut placé ? Le jour où ce jeune homme fait son entrée sur le marché du travail et voit des postes intéressants confiés à des immigrés acceptant une rémunération moindre, n'est-il pas en droit de penser que l'immigration le maintient au chômage ? J'ai déjà du mal à digérer qu'il ne reste plus de pizza quand je vais manger au RU de ma faculté parce que les lycéens d'en face les ont toutes commandées, il m'est donc aisé d'imaginer à quel point, cette situation transposée sur le terrain de l'emploi, il doit être facile de sombrer dans la colère, voire dans la haine, particulièrement si notre ami Jean n'a pas particulièrement été éduqué aux valeurs de "tolérance" (Dieu que ce terme est &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/tolrance.html"&gt;inadapté&lt;/a&gt;) comme je l'ai été.&lt;br /&gt;Evidemment, Jean ne tiendrait pas compte ici de la globalité du tableau, par exemple du fait que si, à force d'efforts et de sacrifices, il finissait par se hisser dans de plus hautes couches sociales, il trouverait inadmissible de ne pas pouvoir faire profiter sa progéniture de sa réussite. De même, il ne s'attarderait sans doute pas longtemps à étudier toutes les "conséquences positives" (dont l'ampleur reste, certes, difficiles à établir et à étudier) de cette immigration, ni à s'attendrir sur le sort du jeune immigré qui lui a piqué son poste et qui en avait sans doute un besoin au moins aussi pressant.&lt;br /&gt;Accaparé qu'il est par ces contrariétés personnelles, aussi importantes qu'elles soient et légitime que soit son inquiétude, il aura facilement tendance à se tourner vers les solutions simplistes (destitution de la bourgeoisie, fermeture des frontières...) proposées par les populismes d'un bord ou de l'autre, sans s'intéresser plus que cela à l'intérêt général de la société dans son ensemble.&lt;br /&gt;Il faut ajouter à ce type de phénomène la lassitude face à un pouvoir modéré en place qui, étant donné qu'on n'a pas encore découvert le système parfait, essuiera fatalement un certain nombre d'échecs et de déconvenues, débauchant l'électorat (ou les insurgés révolutionnaires en puissance) vers les alternatives offertes par les extrêmes, qui ne se priveront pas de critiquer avec aisance le système en place au moindre travers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais plus dangereuse même que les débâcles économiques prévisibles en appliquant les principes considérés, même par de nombreux spécialistes, comme économiquement aberrant, la pire des conséquences de l'instauration de ce type de système est sans doute que chacun tend plus ou moins inexorablement, et par des mécanismes différents, vers l'établissement d'un pouvoir dictatorial.&lt;br /&gt;En effet, le communisme préconisant un aplatissement des rémunérations, le système de motivation à la productivité et à l'efficacité "à la carotte" - par ascension sociale - de nos systèmes capitalistes serait mis complètement hors-circuit, nécessitant ainsi un système de punition "au bâton" et donc une autorité forte. Cette évolution logique pour conserver un niveau de production de richesse nationale décent (surtout si on prend en compte une forte baisse du temps de travail par exemple) nous mène à un pas, vite franchi, des camps de travaux forcés dont l'Histoire nous a trop souvent prouvé qu'ils n'étaient pas qu'un scénario catastrophe fantaisiste.&lt;br /&gt;Le danger de l'autoritarisme nationaliste est plus lié à la tradition conservatrice même des revendications de l'extrême droite, qui se traduisent quasi-immanquablement par l'exigence d'une autorité étatique forte et d'un régime basé sur le maintien de l'ordre établi. Cette tendance est exacerbée dans les pays à tradition royaliste où les nostalgique de la monarchie se tournent naturellement vers le nationalisme.&lt;br /&gt;Ce processus d'autoritarisme croissant met en péril le principe même de démocratie - ce qui est difficile à accepter pour tout républicain convaincu et impossible à avaler pour un amoureux de la Liberté tel que moi - rendant tout retour en arrière particulièrement ardu en cas d'échec de la politique choisie. Est-il réellement besoin de rappeler ici les conséquences qu'ont pu avoir sur notre Histoire les dictatures de l'un ou de l'autre extrême ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, je n'ai pas encore fini de taper sur le populisme, notamment sur le communisme, sur lequel il me reste encore beaucoup de choses à dire, mais puisse la mise en lumière de tous ces points qui rapprochent tellement les deux extrêmes ennemis amener certains de leurs partisans respectifs à revoir leurs positions.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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D'ailleurs comment définir cette "morale".&lt;br /&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Tu auras remarqué, pour peu que tu te sois adonné d'une manière ou d'une autre aux affres de la vie en société, que nous avons tous une vision différente de ce qui est bien ou mal. Que ce soit lors d'une bagarre, d'un divorce ou tout simplement d'un désaccord sur un sujet quelconque entre deux individus, on trouvera bien souvent sans mal des partisans à l'un et à l'autre des deux opposants. Chacun de ces alliés justifiera le point de vue ou la situation de celui dont il a pris le parti par toutes sortes de jugements moraux basés, outre ce qu'il a envie de prendre en compte et les éléments apportés à sa connaissance, sur sa propre conception du bien et du mal.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Certes on a mis en place des lois qui sont censées définir les torts de manière formelle, mais aucun de nous n'est totalement en accord avec elles, sans compter que les différents états existants ne sont pas eux-même d'accord sur toutes les lois, puisqu'ils en ont tous des différentes.&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Alors comment concilier le fait de penser par soi-même avec une conception du bien et du mal qui ne soit pas opportuniste ? Mon avis sur la question est qu'il faut tout simplement se définir des principes.&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, ce qui fait de soi quelqu'un de bien, c'est la manière dont on est apte à suivre certains principes, à mettre de côté son opportunisme et ses pulsions passagères pour rester une personne fiable et affirmer sa fidélité envers certaines valeurs.&lt;br /&gt;Un principe est quelque chose d'inviolable, de sacré. On ne transige pas avec un principe, on ne fait pas de compromis. Plus que l'altruisme (qui n'est finalement qu'une honorable façon de faire coïncider nos désirs avec ceux des autres), c'est la seule chose qui fait de soi quelqu'un de fiable, quelqu'un d'intègre, quelqu'un de bien. Parce qu'agir en suivant sans la moindre faille ses principes, c'est le seul moyen d'être sûr qu'on n'agit pas égoïstement en suivant bêtement ses instincts et ses désirs, comme le ferait n'importe quel animal. C'est le seul moyen de se comporter réellement en Homme.&lt;br /&gt;Voici mon principe élémentaire, duquel découlent tous les autres :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand quelqu'un qui ne t'a jamais trahi t'accorde sa confiance, montre t'en digne ou fais-lui savoir immédiatement qu'il ne peut pas compter sur toi sur ce point.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les corollaires de ce principe sont nombreuses :&lt;br /&gt;-Ne dérobe rien à quelqu'un qui a des raisons de croire qu'il peut avoir confiance en toi (un ami) et que tu n'as pas détrompé, qu'il s'agisse de sa propriété physique ou morale (de sa voiture ou de la fidélité de sa nana).&lt;br /&gt;-Sois fidèle à ton partenaire à moins de lui avoir signifié que tu ne le serais pas.&lt;br /&gt;-Ne fais pas spontanément de promesse que tu n'es pas sûr de pouvoir tenir.&lt;br /&gt;-Si quelqu'un se confie à toi et te demande de ne rien répéter, ne répète rien à moins que ça ne viole la confiance que quelqu'un d'autre avait déjà placé en toi et que tu avais accepté. Mais si tu dois le répéter, préviens la personne qui s'est confié à toi.&lt;br /&gt;-Si, pour une raison ou pour une autre, tu préfères ne plus tenir un engagement que tu as pris, tu dois prévenir la personne concernée et obtenir son assentiment.&lt;br /&gt;-Si tu ne peux absolument pas tenir un engagement (question de vie ou de mort ou alors si tu as pris involontairement deux engagements contradictoires), tu dois prévenir la personne concernée.&lt;br /&gt;-Si un ami a besoin de toi (j'insiste sur le terme "besoin") et que tu peux l'aider, fais-le, sans toutefois compromettre tes principes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si tu veux que je puisse éprouver un réel respect à ton égard, il faudra que tu aies toi aussi des principes inviolables auxquels tu te tiens. Si tu veux acquérir ou conserver mon amitié, il faudra que tu respectes ce même principe sacré et inviolable, au moins à mon égard. Si tu veux que je n'applique pas du tout ce principe à ta personne, il te suffit de trahir ma confiance une seule fois, mais c'est irrévocable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, j'ai d'autres lignes de conduite qui sont assimilables à des principes sans en être, dans la mesure où elles ne revêtent guère ce caractère inviolable. Elles peuvent difficilement être suivies sans exception dans la mesure où il est aisé de les violer involontairement mais sont néanmoins importantes et je fais de mon mieux pour m'y tenir au plus près :&lt;br /&gt;-Ne nuis pas et ne te mets pas sciemment dans une situation où tu risques de nuire à autrui.&lt;br /&gt;-Si tu sais avoir mal agi, sache aussi en assumer la responsabilité; si tu sais que quelqu'un a bien agi, sache également lui en attribuer le mérite; si on t'attribue un mérite que tu sais ne pas avoir, rejette-le.&lt;br /&gt;-Ne demande pas une permission si tu n'es pas prêt à accepter une réponse négative.&lt;br /&gt;-Évite tout mensonge qui ne serve que ton seul intérêt personnel.&lt;br /&gt;-Ne sois pas agressif, violent ou blessant sans raison.&lt;br /&gt;-Ne dis rien sur quelqu'un dans son dos que tu ne sois disposé à lui répéter en face.&lt;br /&gt;-Ne porte pas de jugement péremptoire sur un litige opposant deux personnes que tu connais sans avoir les deux versions.&lt;br /&gt;-Même sans y adhérer ou t'en attendrir, tente toujours de comprendre le point de vue des autres.&lt;br /&gt;-Laisse-toi guider le plus possible par ta raison.&lt;br /&gt;-Ne t'apitoie pas sur ton sort; relativise en te disant qu'il existe toujours des gens qui auraient plus de raisons que toi de le faire mais qui savent garder la tête haute.&lt;br /&gt;-Ne fuis pas un combat (physique) d'égal à égal s'il est justifié, ne te bats pas à plusieurs contre un et n'utilise pas d'arme si ton adversaire n'en dispose pas.&lt;br /&gt;-Rien ne t'oblige à appliquer une seule de ces règles à quelqu'un qui ne les applique pas envers toi, mais mieux vaut le faire quand même dans les cas où ça ne peut pas te nuire.&lt;br /&gt;-Toute vérité est bonne à entendre, toute connaissance est bonne à amasser; néanmoins tout le monde ne pense pas ainsi et tu dois accepter qu'on ne veuille pas t'apprendre ni apprendre de toi (qu'il s'agisse aussi bien de connaissances culturelles ou de savoir-faire techniques que de confidences ou de ragots).&lt;br /&gt;-Occupe-toi de toi par toi-même; ne reproche pas à quelqu'un de ne pas t'aider s'il n'en a ni obligation, ni intérêt, à moins qu'il ait une dette envers toi sur un point en rapport avec l'aide que tu lui demandes.&lt;div&gt;-A contrario, quand tu demandes de l'aide, n'oublie pas qui rend service à qui : ne mets pas de bâtons dans les roues à celui qui te dépanne et collabore avec lui dans la mesure du possible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai dû en oublier pas mal, je tâcherai de les rajouter au fur et à mesure que je m'en rappellerai (je sais, ça ne parait pas sérieux mais c'est en réponse à une situation précise que j'applique telle ou telle ligne de conduite, et en sortir une liste exhaustive hors contexte n'est pas chose aisée).&lt;br /&gt;Vivre toute ma vie sans trahir ces convictions est une condition nécessaire et suffisante pour que je puisse me regarder dans un miroir en me disant que je suis quelqu'un de bien. Si j'ai des enfants et que j'arrive à leur transmettre ces directives et la discipline nécessaire pour s'y tenir, j'estimerai avoir réussi à servir à quelque chose en ce bas monde.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Peut-être me suis-je rendu compte du ridicule et de la vanité de ma démarche en étalant publiquement ici mes idées faciles, mes bons mots et mes pensées intimes. Peut-être ai-je enfin fait le deuil d'un blog visité et intéressant qui que ce soit d'autre que moi, où l'emploi de la deuxième personne aurait eu une raison d'être autre que la pure rhétorique. Si la première phase de ce deuil fut le désintéressement, occulté de manière assez pratique par l'excuse d'un manque de temps ayant entrainé une perte du réflexe de venir ici noter mes excentriques raisonnements périodiques, la seconde en est sans doute de finir par le considérer enfin comme ce qu'il est et le traiter comme tel : comme le fond du tiroir où vient s'échouer ma plume pour mon propre et seul plaisir, et non pour l'hypothétique appréciation d'un lecteur improbable égaré en ces pages et nouvellement pétri d'une admiration aussi béate que naïve à mon endroit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, pour en revenir à mes tests de personnalité et aborder la partie de cet article qui ne présenterait réellement aucun intérêt, même pour un mythologique lecteur régulier de mes tribulations bloguesques, je suis troublé. Il s'avère que deux tests relativement différents et d'origines distinctes, chacun débordant de prétentions socio-philo-psychologiques sous-jacentes, me diagnostiquent en gros la même personnalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour faire court, ils me servent grosso modo le profil type de l'intello associal.&lt;br /&gt;Je serais quelqu'un de très curieux, analytique, éprouvant un fort besoin de comprendre et de décortiquer un peu tout ce qui l'entoure. Jusque là, je suis plutôt d'accord et, en un sens, presque flatté. Ces résultats vont même jusqu'à m'accuser d'une certaine autosatisfaction, d'une distance émotionnelle et d'un rejet de l'autorité qu'une analyse se voulant honnête m'a bien forcé à déceler en moi.&lt;br /&gt;Là où ça se complique, c'est quand ils veulent explorer mon comportement social, me décrivant volontiers comme un reclu, poussant même le vice jusqu'à prétendre que je préfère écouter plutôt que de parler, que je n'aime pas me mettre en avant, que je suis avare de mes connaissances et de mes observations et que je devrais apprendre à mieux communiquer et à m'exposer un peu plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là je m'insurge ! La démarche de quelqu'un qui va faire ce genre de test n'a-t-elle justement pas pour objet de s'écouter parler, comme lorsqu'on va chez un psy ou qu'on écrit un bouquin, un article ou encore un blog ? Tous ceux qui me connaissent savent sans doute qu'il s'agit là d'un de mes gros défauts, découlant comme la plupart des autres de mon égocentrisme flagrant, de vouloir sans arrêt qu'on s'intéresse à moi. Sinon pourquoi aurais-je créé ce blog pour ensuite m'en détacher dès lors que je me suis rendu compte qu'il n'intéresserait personne durablement ? Pourquoi m'efforcerais-je, comme toi sans doute, d'élever la voix en soirée dès que j'ai l'impression d'avoir quelque chose de vaguement intéressant à dire ? Pourquoi me donnerais-je tant de peine à contredire ouvertement ceux avec qui je suis en désaccord, ou à renseigner ceux qui me demandent mon avis ? Ces tests n'ont-ils donc pas vu tout l'orgueil dont devaient regorger mes réponse, à peine camouflé sous un nuage de curiosité et ma sempiternelle distance émotionnelle ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelque part on a quasiment tous besoin d'attirer l'attention. Peut-être en ai-je un peu plus besoin que les autres, ou peut-être l'avoué-je tout simplement plus facilement. Quoiqu'il en soit, je dois reconnaitre que de tous les défauts dont je m'avoue être affublé, c'est sans doute celui que j'ai le plus de mal à assumer et qui me procure le plus de honte, peut-être à cause justement de sa déplorable banalité.&lt;br /&gt;Le serpent se mord encore une fois la queue. L'originalité est devenue un tel garant de l'intérêt d'une personne que nous cherchons tous à l'atteindre. Du coup, rien n'est plus commun que de vouloir être unique, et cette seule volonté suffit à nous maintenir dans notre fadaise. De même que j'ai dû me rebeller contre ma rébellion, vais-je devoir en son nom tourner le dos à ma recherche de l'originalité et de l'intérêt d'autrui ?&lt;br /&gt;Fort heureusement non, car cette banalité est un moindre mal face au réel drame des sociétés humaines, où bon nombre de simili-individus s'acharnent encore à se fondre dans la masse et n'ambitionnent qu'à tout faire comme le voisin en une attitude à la source même de l'immobilisme qui a miné notre progrès et décoré les plus sombres heures de notre Histoire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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D'ailleurs on cherche à apprendre à nos enfants à devenir des gens responsables alors même qu'on a perdu le sens de ce mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme tu le sais, tous nos actes, aussi insignifiants ou involontaires soient-ils, ont des conséquences. Tu dois également le savoir, les conséquences positives de nos actes forment ce qu'on désigne comme nos mérites. En revanche ce que tu oublies sans doute trop souvent, c'est que les conséquences négatives, quant à elles, forment ce que l'on appelle notre responsabilité, en d'autres termes ce qu'on devrait assumer quand on a merdé et qu'on essaie toujours de minimiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça n'a de toute façon jamais été bien facile d'assumer nos échecs, nos mauvais choix et nos limites, surtout face au regard de ceux qui nous jugent et de ceux à qui ils ont fait du tort. Ça nous angoisse tellement qu'on fait en sorte de l'oublier en s'arrosant les uns les autres de formules sympathiques de type "T'y es pour rien", "Si seulement il n'y avait pas eu..." ou encore "tu as fait ce que tu as pu". Reconnais-le, quand tu merdes, de celui qui te console avec du "C'est pas ta faute" et celui qui te met le nez dedans avec du "Bah ouais, t'as merdé t'assumes, normal", lequel considères-tu le plus facilement comme un véritable ami ? Au final, à force de ne se dire les uns aux autres que ce qu'on veut entendre, on se complaît dans l'entretien mutuel d'une certaine médiocrité – phénomène sur lequel &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/07/culte-de-la-mediocrite-et-de.html"&gt;je ne manquerai d'ailleurs pas de revenir&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ainsi, si tu te plains de te mettre en quatre pour garder ton poste, dont ton salaud de patron subordonne le maintien à des efforts au-dessus de ce qu'il demande aux autres, je serai un enfoiré si je te rappelle que c'est toi qui opères finalement l'arbitrage, et qu'au final tu choisis par toi-même de céder à sa pression parce que tu estimes que ce qu'il t'offre en échange a plus de valeur que ce que tu lui cèdes. Mais pire encore, le jour où tu voles, où tu casses, où tu caillasses une voiture de police, où tu brules un bus, si je m'aventure à nier que ta responsabilité est dégagée puisque la nécessité de ta condition t'y a conduit inexorablement, je deviens inévitablement un sans-cœur, ou au moins un sale privilégié ignorant du point auquel la vie est dure.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Élargis un peu ce raisonnement, ajoutes-y une pincée de philosophie marxiste, assaisonne avec du discours anarcho-communiste sauce Kropoktine et fais lever à la sociologie bourdonienne, et tu obtiendras l'essence du socialisme angélique : la négation de la responsabilité. L'individu est déterminé par – selon le discours – son milieu social, l'organisation des processus de production, ou encore l'autoritarisme pervers et aliénant de la société bourgeoise. Peu importe le déterminant (ils se recoupent tous), l'essentiel c'est qu'à moins d'être patron, juge ou geôlier (et donc coupable), l'individu ainsi déterminé n'est jamais considéré comme responsable du mal qu'il cause. Et par là-dessus, on t'invente un concept de liberté réelle, ou positive au choix, où ma liberté et ma propriété ne sont plus un frein aux tiennes, ou encore où la vraie liberté c'est le bien obligatoire et le mal interdit. Bref, tous les glissements sémantiques sont permis pour enterrer pour de bon cette responsabilité bien gênante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et force est de constater que ça fait son chemin dans l'opinion. Jusqu'aux États-Unis, on invoque de plus en plus exclusivement la responsabilité collective, le prétendu devoir pour l'État de décharger les citoyens de tous les risques qui pèsent sur lui. Le système s'auto-entretient. Plus l'individu est couvert et déresponsabilisé par l'État-providence, et plus il estime que tout lui est dû, que c'est à lui seul de choisir ce qu'on lui cède et le prix auquel on lui cède, qu'il s'agisse d'un emploi, d'une assurance, d'une subvention, d'une inscription à l'école pour ses enfants, d'un billet de théâtre, etc. Et avec la nécessité de supporter par soi-même les risques inhérents à sa propre action et à sa propre existence, c'est le droit de choisir librement cette action qui périclite, illustrant ainsi à quel point liberté et responsabilité ne sont que les deux faces d'une même pièce. Nous subissons le règne de la réglementation débonnaire, du vivre-ensemble obligatoire, de la solidarité forcée. Je m'étonne encore de la détermination enthousiaste qui semble régler le pas de la multitude en cette lente marche forcée dans laquelle elle m'entraîne vers une énième tyrannie utopique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai perdu ma naïveté. Je sais désormais que la plupart des gens ne souhaitent rien plus que se décharger de leur responsabilité, s'enfermant dans l'enfance et l'obéissance à un État-papa qui prendra sur lui d'assumer le danger, l'éducation et ses ratés ou encore la création de richesses, édictant fatalement ses propres règles dans ces buts. Et d'ailleurs, loin de moi l'idée de leur refuser cette ultime liberté qu'est celle d'y renoncer. Mais de grâce, qu'ils me rendent la pareille ! Qu'ils me laissent reprendre la mienne, et supportent leur responsabilité collective entre eux, entre irresponsables volontaires et consentants ! Rendez-moi mon contrat social, je vous garantis que ma signature est un faux !&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Je sais, jusque-là tu t'en branles et tu as bien raison.&lt;br /&gt;Ce que ça a d'assez "intéressant" pour mériter que je le mentionne ici après un si long silence, c'est que je ne vais jamais visiter de blog. Les raisons en sont diverses, manque de temps, d'intérêt, envie de garder l'initiative, de présenter mes propres idées et pas celles des autres mais aussi grosse tendance à prendre les autres pour des cons et à me dire que leur point de vue est atrocement biaisé, manque de recul et que le mien serait beaucoup plus pertinent et digne de publication.&lt;br /&gt;Ce sont d'ailleurs ces mêmes raisons qui me tiennent éloigné des ouvrages philosophiques et autres commentaires d'actualité dispensés par des journalo-prêcheurs aussi subjectifs que formatés dans les diverses publications politiquement orientées dans lesquelles nombre de mes semblables aux prétentions intellectuelles presqu'aussi surfaites que les miennes vont régulièrement avaler goulument la bonne parole prémachée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis promené à droite à gauche, surtout là où on exprimait des idées, des points de vue. Je m'attendais à trouver plus facilement des blogs généralistes ou philosophiques, mais j'ai dû me contenter, pour l'essentiel, de blogs sur l'actualité ou la politique, n'étant qu'assez peu intéressé par le détail de la vie d'adolescents boutonneux pleins de rébellion enfantine ou le compte-rendu des vacances dans le Bas-Poitou de Ginette et Jean-Paul.&lt;br /&gt;J'ai trouvé quelques auteurs talentueux, avec une plume acérée comme je l'aime et un juste dosage de sens critique et d'esprit de contradiction nécessaires à mon appréciation. J'ai aussi parcouru de nombreux blogs très passables, les styles de certains rédacteurs rivalisant dans la médiocrité et l'ennui avec l'indigence intellectuelle dont ils font preuve en recrachant inlassablement les mêmes arguments faciles et les mêmes points de vue inébranlables, sans surprise ni intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'il en soit, je n'ai dégagé de mon premier vrai contact avec la blogosphère, outre la jalousie envers la multitude de ces chroniqueurs souvent incompétents et pourtant toujours lus, suivis et commentés fidèlement par toute la communauté de leurs semblables, qu'un grand étonnement face au temps que certains doivent consacrer à leurs activités bloguesques.&lt;br /&gt;Tous ces blogueurs assidus, à qui la seule rédaction de leurs articles doit prendre (j'en sais quelque chose) un temps considérable, poussent le vice jusqu'à consacrer les quelques instants qu'il leur reste à papillonner autour de leurs communautés respectives, et même de l'ensemble de la blogosphère francophone.&lt;br /&gt;Ils s'entrecongratulent, s'insultent entre eux, se trollent les uns les autres, le tout dans un fourmillement de vie et de sociabilité qui manque réellement à ce pauvre petit blog isolé. Quels que soient les reproches que j'aie à leur faire, je ne peux qu'être admiratif devant ces communautaires qui se construisent une vie de loisir tournant autour de l'écriture, de la communication, de l'échange de points de vue et de la liberté d'expression.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour dire que je commence à envisager de migrer ce blog vers un autre hébergeur disposant de certains outils de promotion afin de lui donner un peu de visibilité et satisfaire ainsi mon égo démesuré, raison principale qui me pousse à me donner en spectacle de la sorte en exposant publiquement et par écrit le contenu de ma boîte à idées. Peut-être cela allié à l'accalmie dans mon emploi du temps que devrait provoquer l'arrivée des vacances, me donnera-t-il la motivation de reprendre mon rythme de sept ou huit articles mensuels qui a ponctué la période d'euphorie suivant sa création.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Même si les répliques de ce type paraissent aisément assimilable à des milieux patriotiques et conservateurs, voire même nationalistes, elles tendent à se généraliser au gré de certaines circonstances, notamment à l'occasion de victoires sportives.&lt;br /&gt;J'éprouve moi-même une volonté que je ne m'explique pas de voir triompher l'équipe qui porte mes couleurs sur le terrain, même dans un sport dont je me fous par ailleurs complètement. Quand il lui arrive de triompher, j'en viens même à ressentir une forme de satisfaction tout-à-fait assimilable à de la fierté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, si l'on venait me demander si je suis fier d'être Français, ma réponse serait évidemment négative.&lt;br /&gt;Tout d'abord parce que j'ai une tendance, certes discutable, à penser qu'on n'a pas à être fier de quelque chose qui ne dépend pas de nous. Mis à part les quelques naturalisés qui ont tout quitté par pure volonté de rejoindre notre beau pays, nous autres Français de naissance n'avons guère le moindre mérite concernant notre nationalité. On n'a jamais demandé à naître Français, et on l'est sûrement restés, pour l'essentiel, par habitude et commodité. Les performances de nos équipes de foot ou de rugby, de nos nageuses ou de nos judoka ne dépendent, sauf cas particuliers (entraîneurs, joueurs...), absolument pas de nous et nous n'avons par conséquent guère de légitimité à nous gargariser de leur réussite.&lt;br /&gt;Deuxièmement, même si je pouvais tirer de la fierté d'une nationalité que je n'ai pas choisie, ce serait plutôt de la honte que je ressentirais à porter les couleurs de mon pays. De quelle France veux-tu que je sois fier ? La France qui a opprimé et ponctionné des décennies durant les habitants de ses colonies africaines et asiatiques ? La France qui, dans sa grande majorité, a courbé l'échine et fermé les yeux devant la puissance et la sauvagerie de l'envahisseur nazi ? La France féodale, qui se déchirait en guerres sans fin dans l'inégalité et la privation de droits la plus totale, commettant les pires atrocités au nom d'une religion dépouillée de tout son sens qui la couvait d'un regard bienveillant ? La Gaule barbare de nos ancêtres pouilleux, opportunément civilisés par l'envahisseur romain ? La France moderne, qui malgré tout cela reste encore assez imbue d'elle-même pour avoir un candidat nationaliste au second tour de ses élections présidentielles à l'aube des années 2000 (et même dès 2007 un président militant si outrageusement pour le patriotisme et l'identité nationale).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, je suis heureux d'être Français. J'aime mon pays. Évidemment, je lui préfère des systèmes politiques plus libéraux, à l'image de la Hollande par exemple; bien sûr, j'envie les climats des plus basses latitudes; effectivement, j'ai un penchant plus marqué pour les grandes étendues sauvages d'Amérique du Nord que pour nos champs ininterrompus de blé, de maïs et de vigne.&lt;br /&gt;Mais à tous ces niveaux, on ne se défend pas si mal. On est une sorte de juste milieu.&lt;br /&gt;Notre économie a su opter pour un libéralisme salutaire tout en faisant figure de précurseur sur nombre de questions sociales et, malgré les difficultés qu'elle connaît ou a pu connaître, elle continue de fonctionner plutôt correctement.&lt;br /&gt;Niveau climat on ne s'en sort pas si mal, l'Océan Atlantique sur notre flanc modérant pour nous la rigueur des hivers et la pesanteur des climats continentaux. On peut en quelques heures de route passer du ski sur sommets enneigés aux plus chaudes plages méditerranéennes.&lt;br /&gt;Quant aux paysages, on n'est quand même pas à plaindre. Entre la beauté, à la fois sauvage et traditionnelle, des montagnes et des villages d'Alsace, la puissance toute paradisiaque des calanques marseillaises, le pittoresque des rivages bretons et le blanc immaculé des plus hauts sommets alpins, la France offre sur un minimum d'espace, une représentativité exemplaire de certains des plus beaux paysages de notre planète.&lt;br /&gt;Même si j'ai beaucoup de reproches à leur faire, j'aime mon pays, le système dans lequel j'évolue et la langue que je parle. Il m'arrive même, dans certains accès d'auto-congratulation toute prétentieuse, de ressentir une certaine fierté de la maîtrise que j'ai de cette dernière et du respect que j'éprouve pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suppose que, dans un sens, cela fait de moi un patriote, même si je ne le ressens pas du tout ainsi. D'ailleurs, je me retrouve tout-à-fait dans plusieurs des valeurs françaises, liberté et égalité (dans cet ordre s'il te plaît) ou encore démocratie.&lt;br /&gt;Mais je ne ressens pas cette fierté et cette solidarité nationale qui va, pour moi, de pair avec la notion de patriotisme. Sauf vraiment dans le cas de la défense contre une invasion sur le territoire nationale, je ne vois par exemple aucune gloire dans le fait de mourir pour son pays, juste de la stupidité. Je ne suis que très modérément préoccupé par notre rayonnement international ou notre puissance diplomatique et militaire. Je n'ai pas spécialement le sentiment que ma nation soit supérieure à d'autres, ou que le Français soit moins con qu'un autre, au contraire. Je veux que mon pays soit concurrentiel afin de garantir à ses habitants (notamment moi et mes proches) l'obtention aisée d'un niveau de vie correct, mais je n'ai aucune ambition concernant le concept galvaudé de "grandeur nationale" par exemple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs pour tout te dire, j'ai tendance à ressentir un certain mépris envers ceux qui affichent (et encore plus pour ceux qui les ont sans les afficher) des opinions nationalistes.&lt;br /&gt;Attention, je parle bien ici du nationalisme, pas du racisme. Je ne suis pas de ceux qui font bêtement l'amalgame entre les opinions nationalistes et le nazisme ou la haine raciale : si les racistes sont quasi-immanquablement nationalistes, l'inverse n'est pas vrai, et il y a une grosse différence entre penser que les Français doivent passer avant les autres dans leur propre pays et estimer que certaines races sont supérieures à d'autre. Je n'en viens guère jusqu'à m'agacer qu'on diabolise de la sorte une idéologie avec laquelle je suis tellement en désaccord, mais je trouve dommage qu'autant de gens se laissent si bêtement mystifier au point de refuser de voir la différence entre les deux.&lt;br /&gt;En fait, il y a 3 points principaux sur lesquels je suis en total désaccord avec les idées nationalistes : la vanité nationale, l'immigration et l'ouverture au monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux m'empêcher de croire qu'il faut avoir quelque chose à compenser pour tenir à ce point à la grandeur de son pays, et surtout pour penser qu'une nationalité puisse conférer une supériorité quelconque. Comment peut-on, en essayant d'y réfléchir avec un minimum d'objectivité, être à ce point inconscient des défauts et de la médiocrité de ses propres concitoyens, au point de rejeter la responsabilité de tout ce qui va mal sur les étrangers et l'ouverture au monde qui nous entoure ? Je conçois que ce soit une pensée agréable et rassurante, et qu'il soit nettement plus pratique de se dédouaner de ses propres problèmes en les mettant sur le dos des autres qu'en les assumant. Mais je ne peux comprendre qu'on base toute son idéologie sur une pensée juste parce qu'elle est rassurante, sans prendre le soin de regarder autour de soin et de juger de tous les points sur lesquels elle ne colle absolument pas avec la réalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Concernant l'immigration encore, je trouve les positions nationalistes aberrantes. Même s'il semble évident qu'il faut, en pratique et dans une certaine mesure, contrôler l'immigration un minimum, n'oublions pas que notre pays fonctionne en grande partie grâce à elle.&lt;br /&gt;Étant originaire d'une ville industrielle et ouvrière, qui ne tient debout que grâce à ses chantiers navals, je suis bien placé pour savoir qu'une bonne partie de l'industrie française ne subsiste que grâce à la présence d'étrangers, à l'exploitation d'étrangers devrais-je même dire. Les wagons entiers d'ouvriers africains ou d'Europe de l'est qu'on paye une misère pour des conditions de travail déplorables, et à qui on refuse la nationalité et parfois même le billet d'avion pour le retour une fois leur labeur terminé, ces travailleurs sont un facteur sine qua non dans le maintien de la compétitivité de nos entreprises malgré le maintien de minima décents (et encore) pour les Français qui y travaillent. Il y a bien des secteurs où la bonne santé économique combinée à nos belles 35h et à tous nos avantages sociaux ne sont qu'une illusion basée sur l'exploitation de la main d'œuvre étrangère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour ce qui est de l'ouverture au monde, c'est encore un débat vaste et épineux sur lequel j'aurai certainement l'occasion de revenir dans le détail dans un éventuel article ultérieur concernant le libéralisme économique ou la mondialisation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais conclure cet article en rattrapant quelque peu l'ingratitude dont on pourra me taxer en lisant ces lignes. En effet, je voudrais rendre un hommage, éculé mais mérité, à tous ceux qui ont donné leur vie, un bras ou leur visage, pour défendre notre culture, que je chéris malgré toutes ses imperfections, face à un envahisseur brutal et illégitime. Je parle ici évidemment des résistants de la Deuxième Guerre Mondiale, mais aussi des soldats anglais, américains, canadiens et coloniaux, des poilus de la Grande Guerre, des grognards de la guerre franco-prussienne, des chevaliers de la Guerre de Cent Ans... Vous fûtes tous des justiciers du droit international, seuls soldats d'une Histoire bien trop souvent honteuse à avoir combattu pour la légitimité de notre souveraineté nationale, pour une France qui voulait rester française, et qui n'aurait su perdre ce droit par la seule raison des armes. C'est grâce à vous que j'écris ces lignes dans cette si belle langue. Merci.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Du coup, on accorde tous une importance démesurée à chacun des paramètres de sa vie. On agit sans arrêt comme si les autres personnages n'avaient rien de mieux à faire que de disséquer chacun de ses faits et gestes pour mieux parler de soi entre eux, comme si on était le charismatique Dr House ou la séduisante Ally Mc Beal.&lt;br /&gt;Alors on prépare ses répliques, on soigne son apparence, ou au contraire on se néglige consciemment, on fait tout pour être parfait lors de chacune de ses grandes scènes.&lt;br /&gt;On est convaincu qu'on connaît, parfois même à plusieurs reprises, le Grand Amour digne des plus belles comédies romantiques, ou même que les sentiments qu'on éprouve ont quelque chose d'unique, de grandiose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vérité c'est qu'on est presque toujours extrêmement banal.&lt;br /&gt;Quels que soient les choix qu'on fasse, il y a toujours eu des millions de personnes à faire les mêmes avant. Quelle que soit la volonté qu'on mette à l'éviter, on est toujours poussé dans les grandes cases dans lesquelles ces choix, finalement assez limités, nous rangent tous comme des dossiers.&lt;br /&gt;On naît, on va à l'école, on travaille, on meurt. Parfois on se marie, on fonde une famille, mais en vérité, l'amour que l'on porte à sa femme/mari et à ses enfants n'a rien de bien différent de celui qu'éprouve le voisin pour les siens. On peut aussi choisir de rester célibataire, mais on devient une fois encore un des nombreux clichés ambulants qui emplissent cette catégorie.&lt;br /&gt;Même ce qui est pour nous la pire des catastrophes, que ce soit un adultère, le décès d'un proche ou encore une grosse galère financière, même les pires souffrances et les plus grandes joies qu'on éprouve, tous ces évènements ne sont que les manifestations de l'effroyable banalité d'un sort également échu à une pléthore de nos contemporains dont les tribulations sont tout aussi ordinaires et ennuyeuses que les nôtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors on se persuade, on se convainc qu'on est quelqu'un de spécial, qu'on a quelque chose en plus, ou au moins qu'on n'est pas plus mal qu'un autre. Cette vie est a priori la seule qu'on a, on veut donc à tout prix qu'elle soit grandiose, même si ce n'est que dans l'impression qu'on en a. Du coup, on en déforme sa perception, on s'imagine un peu de couleur par-ci, un peu d'intérêt par-là, une touche de drame et une bonne dose d'émotion.&lt;br /&gt;On s'invente toutes sortes de critères afin de se dire qu'on a bien réussi sa vie, et le jour où on ne les satisfait plus, on en change selon ce qu'on vit ou ce qu'on veut vivre. L'histoire du mec qui se réveille à 40 ans en se rendant compte qu'il a raté sa vie reste un mythe de l'imaginaire collectif, une légende moderne à laquelle on veut croire pour se rassurer sur son sort. Car en vérité, même s'il arrive à tout le monde, à certains moments plus qu'à d'autres, d'éprouver des regrets sur la façon dont on a mené sa vie, on se trouve toujours toutes sortes de bonnes raisons et de "ouais mais moi au moins...".&lt;br /&gt;On se persuade qu'on est fou amoureux, et que cet amour peut être parfaitement réciproque et symétrique, qu'il existe une personne qui est faite pour soi et qu'on a eu ou qu'on aura un jour la chance de la trouver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, même si la vie était un film, si la Terre n'était qu'un gros terrain de tournage cosmique, les chances pour qu'on soit la vedette seraient tout de même relativement minces, et, même si c'était le cas, il est fort probable que ce film serait un navet. Mais toi, tu te verrais bien dans quel rôle si tu n'étais pas le héros ? Son meilleur ami ? Sa compagne ? Le figurant à la terrasse d'un café dont on aperçoit vaguement un bout du bras pendant quelques secondes du film ?&lt;br /&gt;Est-ce que tu peux envisager que l'utilité de ton existence toute entière ne se résume qu'à un rôle aussi réducteur ? Cette pensée est assez déprimante, et pourtant globalement c'est à ça que se résume notre vie; il n'y a que pour chacun d'entre nous, voire éventuellement pour une poignée de nos proches, que tous ces détails qui la composent ont une réelle importance.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais après tout, ne peut-on pas considérer que c'est justement notre incapacité à assumer la vanité de notre existence qui la rend si belle et si intéressante ? Ou ne nous rend-elle pas au contraire encore plus insipides et pathétiques ? En ce qui me concerne, je crois que mon avis sur cette question complexe va continuer encore quelques temps d'osciller en fonction de mon humeur du jour.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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C'est ainsi qu'on a récemment fait beaucoup de bruit autour de ses paroles malheureuses lors du salon de l'agriculture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le support écrit ayant pour but le passage à la postérité, où j'ose espérer que cette anecdote aura déserté depuis fort longtemps toutes les mémoires, je vais resituer le contexte. Nicolas Sarkozy, l'actuel Président de la République française, traversait le salon de l'agriculture au pas de gymnastique, entouré d'une cohue de ses administrés qui se pressaient tout contre lui afin de profiter des quelques poignées de main qu'il distribuait alors, comme le veut ce rituel aussi ridicule qu'absurde du bain de foule. C'est alors qu'un de ces nombreux badauds massés, à qui le chef de l'état tend la main, ouvre cet échange courtois :&lt;br /&gt;"-Ha non touche moi pas, tu m'salis.&lt;br /&gt;-Casse toi alors, pauvre con."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Inutile de dire que ça a fait le tour de tous les sites de streaming, de toutes les chaines de télévision et de radio et de tous les journaux en un rien de temps.&lt;br /&gt;L'opposition a hurlé au scandale d'une seule voix, tandis que les pro-Sarkozy comprenaient et soutenaient frileusement la réaction de celui-ci. Des micro-trottoirs de TF1 aux débats entre experts de la com' sur France Info, il était prodigué à chacun un peu de temps d'antenne afin de donner son avis et son interprétation sur les propos du chef de l'état.&lt;br /&gt;Même si je n'en pense pas moins, je ne m'attarderai pas ici à fustiger ce genre de focalisation médiatique inutile alors qu'il y a tant à dénonceen ce bas monde. D'ailleurs j'aurais l'air con dans la mesure où je suis moi-même en train d'écrire un article à ce sujet et où j'ai la ferme intention de donner mon avis sur la chose. Après tout c'est pour ça que je suis là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref tout ça pour dire que je n'ai pas entendu un seul de ces soi-disants experts faire le parallèle avec une autre affaire qui avait, elle aussi, défrayé la chronique il y a peu de temps; les conditions étaient pourtant rigoureusement identiques : des caméras de télévision, un personnage publique important et connu de tous dans un contexte de grande tension et une attitude violente en réponse à une provocation.&lt;br /&gt;Oui, je parle évidemment du fameux coup de boule de Zidane. La position de Sarkozy dans les sondages doit lui valoir en ce moment, une tension et une lassitude comparables à celles occasionnées par une finale de coupe du monde s'éternisant sur un joueur de football à l'approche de la retraite. Le provocateur (on ne me fera pas croire que le badaud du salon était là par hasard et avait un autre but que la provocation) a obtenu ce qu'il voulait dans les deux cas. L'un était sportif, l'autre politicien, l'un a répondu physiquement, l'autre verbalement, et à chaque fois c'est autant la violence de la réaction que le statut du personnage concerné qui choque et divise l'opinion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon analyse est donc la même dans les deux cas.&lt;br /&gt;Ont-ils eu tort ? Evidemment. Aucun débordement violent de ce type en public ne saurait se justifier de la part de ces gens à qui une nation toute entière a offert sa confiance. L'un et l'autre, en tant que sportif et que dirigeant, se doivent d'avoir un comportement exemplaire dans le cadre de leurs fonctions respectives d'une part, et en tant que personnages publiques représentant les valeurs de certaines institutions d'autre part.&lt;br /&gt;Mais est-ce que je les comprends ? Et bien tout-à-fait. Dans un cas comme dans l'autre, j'aurais sans doute réagi au moins aussi violemment, peut-être même plus étant donné le contexte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'un et l'autre sont humains et ni le fait de pratiquer un sport mieux que personne, ni celui d'avoir des aptitudes de dirigeant (ou du moins d'arriver à faire croire qu'on en a) ne peut changer quoi que ce soit à notre condition et à notre imperfection.&lt;br /&gt;Bref le sujet a déjà fait couler bien assez d'encre et je ne vois vraiment pas quoi en dire d'autre. Espérons juste que la presse française, ainsi que ton serviteur, sauront à l'avenir se recentrer sur des sujets ayant une importance et un intérêt quelconque.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Mais je suis de ceux qui pensent que cette lutte remonte aux prémices de la vie en couple. La raison de cette confusion est sans doute que, jusqu'à une époque récente, les femmes avaient l'intelligence de mener, et bien souvent de gagner, cette bataille en face-à-face, à l'abri des murs du foyer conjugal. Au lieu de cela, elles ont désormais choisi de transformer cette guérilla anodine en une gigantesque bataille rangée à ciel ouvert, nous bombardant en masse de leurs discours culpabilisants d'un politiquement correct tellement sirupeux que la plupart d'entre nous a opté pour la rémission immédiate, laissant à ces dames le soin d'en choisir elles-mêmes les conditions.&lt;br /&gt;En effet, quelle sorte d'odieux machiste oserait contester publiquement aux femmes le pouvoir de définir elles-mêmes les termes de l'égalité des sexes ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'entends déjà les objections s'élever et les critiques fuser. Pourtant non, madame, je ne suis pas sexiste. Je suis quelqu'un qui a le plus profond respect pour la différence et qui ne voit dans cette histoire d'égalité des sexes que le miroir aux alouettes qui nous éloigne chaque jour un peu plus de l'harmonie communautaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'en profite pour signaler discrètement que ce sont souvent ceux qui prétendent avoir le plus de respect pour la différence qui cherchent le plus à l'escamoter, voire à la renier purement et simplement. Et bien pas moi, et j'entends bien exprimer ici, comme la Constitution - dont le fait qu'elle ait été rédigée, et fort bien, par des hommes n'a aucun rapport avec mon argumentaire à venir mais me vaut le plaisir d'imaginer le rictus de dégoût qu'une remarque aussi sexiste t'aura sans nul doute inspiré - m'en donne la liberté, tout le ridicule qui entoure cette fameuse lutte contre l'oppression phallocratique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pourrais assez facilement, et je le ferai sans doute dans un article ultérieur, me lancer dans une liste exhaustive et un commentaire rigoureux des nombreuses différences psychologiques et cognitives existant entre hommes et femmes, mais je préfère me concentrer ici sur l'opposition des genres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il est indéniable que, jusqu'à un passé récent, on a toujours refusé à la Femme l'accès aux fonctions politiques et militaires, celles qui comptent dans l'Histoire avec un grand H, il me parait illusoire de s'imaginer qu'elles n'y ont pas pris part, et que les positions de nombre de femmes ou de maîtresses de chefs d'état, ou de maîtres de guerres, n'ont eu sur notre chronologie une influence plus que dominante. Et si on peut effectivement arguer qu'elles n'en ont jamais reçu la reconnaissance, je rétorquerai qu'elles en ont néanmoins obtenu toute la satisfaction sans jamais avoir à en assumer la moindre responsabilité. J'ajouterai même, et on ne me reprochera pas de prendre le risque de surestimer l'intelligence de nos douces moitiés, qu'elles en étaient certainement très conscientes, que cela leur convenait tout-à-fait, et qu'on ne doit qu'aux développements récents de l'apprentissage de l'Histoire dans une école obligatoire les velléités qu'elles montrent aujourd'hui à se mettre en lumière de manière à figurer dans les manuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne contesterai pas non plus l'injustice des différences de salaire à poste égal, ni du fait que, pour des raisons physiologiques évidentes, il y a encore aujourd'hui beaucoup plus de violeurs que de violeuses.&lt;br /&gt;Qu'on me dispense en revanche des discours laxatifs sur la mésestimation de l'intelligence des femmes et le scandale de la femme-objet en petite tenue sur les affiches publicitaires.&lt;br /&gt;Que ce soit dans l'art ou la culture populaire, la femme a toujours été le symbole, l'incarnation de la beauté. Il aura fallu quelques milliers d'années pour que Michel-Ange créé un équivalent masculin à la Venus de Milo. Et penses-tu pouvoir me citer un équivalent masculin comparable en notoriété à une Miss France, garante aux yeux du monde de la beauté française ?&lt;br /&gt;Pourquoi cela ne suffit-il pas aux femmes, et pourquoi nous convoitent-elles tant la représentation habituelle, pourtant beaucoup moins ostentatoire, de la sagesse à barbe blanche ? Faut-il donc, mesdames, que vous vous appropriiez absolument toutes les vertus ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux préjugés qui veulent qu'aujourd'hui encore, les femmes soient astreintes à une critique plus aisée que les hommes, je demande à voir. S'il est vrai qu'on pointe plus facilement du doigt la légèreté dans les mœurs d'une femme, les hommes ont eux aussi tout intérêt à surveiller leur comportement.&lt;br /&gt;Si les uns comme les autres sont prompts à traiter de pute une femme mettant trop sa féminité en avant, des écarts de comportement comparables vaudront à un homme la qualification, au mieux de faible, et au pire de pédé.&lt;br /&gt;Et voilà que les défenseurs des homos viennent se joindre aux chiennes de gardes pour me fustiger. Comment j'ose insinuer que les désignations de "prostituée" et d'"homosexuel" peuvent être également dégradantes ?&lt;div&gt;Et bien j'affirme que l'une comme l'autre relèvent d'une connotation également péjorative dans l'inconscient collectif respectif de chaque sexe, tout aussi injustifié pour l'un que pour l'autre. Ce qui fait que ces désignations sont dévalorisantes c'est en fait exactement la même chose : notre bonne vieille morale chrétienne, qui condamne chaque représentant de ces deux castes à brûler dans les flammes éternelles. Et les asso d'homos comme de bonnes femmes seront certainement d'accord avec moi sur le fait que ce genre de considérations culturelles et religieuses, sans justification rationnelle, n'a pas sa place dans une civilisation laïque telle que la nôtre.&lt;div&gt;Que les femmes qui se plaignent d'être limitée dans leur extravagance vestimentaire et dans leurs attentions envers la gente masculine sous peine de voir leur vertu (d'ailleurs ce mot a-t-il encore un sens de nos jours) remise en question se mettent un peu dans la peau d'un Homme et se demandent si elle aurait plus de marge concernant l'habillement et les manières avant de voir leur sexualité questionnée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis d'ailleurs, le sexisme n'est-il pas la plus justifiée des ségrégations ?&lt;br /&gt;Il y a beaucoup plus de différences entre un homme et une femme qu'entre un noir et un blanc, un occidental et un oriental ou même un hétéro et un gay, que ce soit sur le plan physique, psychologique et même sur certains points du système de valeur.&lt;br /&gt;Bien sûr, aucune forme d'intolérance face à la différence ne trouve réellement grâce à mes yeux. Mais peut-on encore parler, à notre époque, dans nos pays civilisés, d'oppression de la femme ? Les hommes oppriment-ils vraiment plus les femmes qu'ils ne s'oppriment entre eux ? Peut-être devrait-on juste se rendre compte que ce qu'on taxe d'inégalité n'est en fait que de la différence; une différence de préoccupations, de priorités, de compétences (je ne dis pas ici que l'un est généralement moins compétent que l'autre mais bien que nous ne sommes pas compétents dans les mêmes domaines) qui amènent chacun des deux genres à prendre la place qui lui convient le mieux tout en continuant à trouver l'herbe plus verte en face.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, certains passages de cet article sont à prendre au second, voire au troisième degré, comme d'ailleurs beaucoup de ceux touchant à ces sujets sensibles où la médiocrité de mes envolées lyriques et mon effervescence presqu'enfantine dès qu'il s'agit de choquer entrainent souvent ma plume à dépasser ma pensée dans un élan de provocation pas toujours bien maîtrisé. Mais en le relisant honnêtement et sans préjuger d'avance que je suis un sale con outrecuidant, tu te rendras compte que derrière le ridicule et l'énormité se cache un bon fond de vérité.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Pour un tel, ce sera le fait d'aimer sincèrement ce qu'on fait et d'y croire. Pour un autre ce sera de ne surtout pas chercher à se faire d'argent ou à devenir populaire, de rester UG jusqu'à la mort. On pourra aussi prétendre qu'il s'agit de rester le même et de garder les mêmes idées, continuer à tenir le même discours toute sa vie. Je pourrais sans doute, en interrogeant une centaine de spectateurs différents de n'importe quel petit concert de hip-hop, reggae, metal, hardcore ou électro, obtenir une bonne trentaine de définitions totalement différentes du concept d'intégrité; et chacune serait sans doute absolument incontestable selon son auteur. J'aurais d'ailleurs intérêt à les interroger séparément au risque de provoquer nombre de débats aussi houleux qu'interminables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vais te donner mon intéprétation, celle à laquelle moi je m'astreins, comme ça si jamais tu viens à douter de mon intégrité, tu pourras toujours venir ici vérifier si ma définition correspond à la tienne ou si je suis bien, comme tu le pensais, un sale petit con de vendu indigne de ses cheveux longs et de ses tee-shirts noirs. Je vais le faire à ma façon, c'est-à-dire en faisant un roman de 7 ou 8 paragraphes remplis de mots compliqués histoire de t'embrouiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà pour commencer, histoire de bouffer un peu de place sur ton écran et un peu de bande passante à ton FAI, commençons par nous intéresser à l'avis du dictionnaire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Intégrité (nom féminin) :&lt;br /&gt;Etat d'une chose qui n'est pas altérée.&lt;br /&gt;Qualité d'une personne qui ne se laisse pas corrompre.&lt;br /&gt;Synonymes :&lt;br /&gt;1/ honnêteté: conscience, moralité, scrupule, vertu, justice, pureté, probité, droiture, franchise, incorruptibilité, sincérité, fiabilité.&lt;br /&gt;2/ totalité: plénitude, ampleur, épanouissement, force de l'âge, maturité, intégralité.&lt;br /&gt;3/ virginité: pureté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, je pense pouvoir résumer ma conception de l'intégrité à trois autres notions, dont deux ne sont, à mon grand étonnement, même pas données en synonyme : authenticité, constance et fiabilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'authenticité se rapporte au fait de ne pas mettre en avant ce qu'on n'est pas et de ne pas se renier. Il s'agit d'avoir des goûts et des convictions assez forts pour les montrer au grand jour et ne pas en avoir honte quelle que soit la situation, de faire coïncider son discours avec ses pensées et ses actions. Il ne s'agit pas non plus de donner dans la provocation en affichant publiquement ses aspirations là où elles seront perçues comme ouvertement hostiles, mais d'être capable de les assumer si elles viennent à être mises en avant et de les défendre si elles sont attaquées. De fait, faire profil bas et nuancer (sur la forme) ses propos selon la situation ne porte pas, selon moi, atteinte à l'authenticité, et par extension à l'intégrité d'une personne, du moment qu'on ne va pas jusqu'à se contredire.&lt;br /&gt;Par exemple, je conçois sans problème qu'un militant écologiste préfère ne pas lancer de grands débats lors d'un repas de famille chez ses beaux-parents chasseurs. En revanche, s'il est pris à parti, lors du même dîner, sur la question de ces pédales d'écolo qui doivent quand même bien avoir autre chose à foutre que de venir nous emmerder avec leus salades sur le bien-être animal, il perdrait toute forme d'intégrité en faisant quoi que ce soit d'autre que de révéler et de défendre ses convictions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si la notion d'authenticité tient notamment au fait de ne pas se renier publiquement, la notion de constance s'en approche à un niveau privé. Chez celui qui manque d'authenticité, on constatera un décalage entre le discours et les convictions. Celui qui manque de constance préférera tout simplement changer de point de vue selon son intérêt. C'est ainsi qu'on verra un homme fondamentalement carnivore se vouer au végétarisme le plus sincère pour séduire une ravissante collègue de travail, ou une jeune fan de hip-hop troquer ses survet' pour des bracelets en cuir à cause du sourire d'un jeune chevelu. C'est également la constance qui fait défaut à celui qui change de style et de discours à chaque fois que le vent tourne.&lt;br /&gt;Ma vision de la constance est à ne pas confondre avec l'immuabilité, en ce qu'elle accepte tout-à-fait le changement. Mais quand il s'agit de notre façon d'être, de penser, de nos goûts et de nos convictions, ce changement doit être le résultat d'une longue réflexion la plus objective possible et d'une vraie remise en question. Cela ne se fait pas en un jour, et ça doit être vraiment profond, en aucun cas poussé par quelque intérêt passager et frivole comme une mode, une amourette ou la recherche d'une certaine popularité. Les changements radicaux trop rapides ou nombreux, aussi sincères qu'ils soient, sont le signe soit d'un manque de force de conviction, soit d'un coup de tête passager tous deux incompatibles avec ma vision de l'intégrité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, la fiabilité découle des deux premières notions, et est selon moi la clé, l'intérêt de l'intégrité. Quelqu'un d'intègre est quelqu'un sur qui on peut compter, s'appuyer, quelqu'un de fiable. On ne peut se fier à quelqu'un lorsqu'il y a un décalage entre ses convictions et son discours ou ses actes, pas plus qu'à quelqu'un qui change de façon d'être comme de chemise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En revanche, je préfère croire l'intégrité dissociable de la stupidité; c'est pourquoi j'exclus de ma définition des concepts tels que l'immuabilité, l'allégence, l'endoctrinement ou le formattage, qui sont pour moi incompatibles avec la liberté de pensée nécessaire à tout individu désireux de rester maître de sa propre intelligence.&lt;br /&gt;La capacité de se remettre en questions de temps en temps et de penser par soi-même m'apparait en effet comme un important critère de fiabilité, et donc d'intégrité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Elle influe sur notre humeur, nous poussant, selon les cas, aussi bien aux larmes qu'à l'euphorie. Elle modifie totalement nos perceptions, allant jusqu'à se faire un de nos plus puissants outils de séduction. Les plus férus d'entre nous en viennent à lui consacrer leur vie entière, courant de concerts en studios de répétition et investissant chaque denier dans du nouveau matériel hors de prix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bien sûr, je pourrais dire ce genre de choses d'un peu n'importe quel art, mais aucun n'a rencontré un succès aussi écrasant et une progression aussi constante que la musique. Elle est omniprésente, poussant même le vice jusqu'à s'immiscer dans la plupart des autres domaines artistiques. Il est désormais extrêmement peu courant d'être spectateur d'un film, d'une pièce de théatre ou même d'un vernissage sans que le tout soit accompagné d'un fond musical.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, même les sourds en conviendront, la musique est partout et tout le monde le sait, ces deux paragraphes de lieux communs bloguesques n'auront donc servi qu'à aiguiser ma plume et émousser ton intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le point sur lequel les auto-proclamés hommes de goût ont beaucoup plus de peine à s'entendre, c'est la détermination de sa qualité. En effet, en y prêtant attention, tu finiras fatalement par entendre dans la bouche de n'importe quel mélomane, qu'il soit dilettante ou confirmé, ce genre de phrases : "ce groupe est pourri", "ce morceau est génial"... Ce qui, pour peu que ledit mélomane soit en présence d'un confrère d'un avis différent, voire opposé, provoquera forcément un débat ridicule et prévisible au terme duquel le défenseur du groupe/morceau/artiste finira presqu'inévitablement par taxer l'autre d'intolérance ou de fermeture, et ce à la seule fin de se garantir une victoire facile (comprendre "dernier mot" pour "victoire" et "sans honneur ni mérite" pour "facile").&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est vrai que la réponse à de si basses et calomnieuses attaques n'est pas évidente à produire dans le feu de l'action, sous le coup d'un certain délais de réponse avant que le sujet ne se soit éloigné du débat (ou le débat éloigné du sujet, au choix). C'est pourquoi je me suis décidé à publier ici une réponse que j'ai produite exprès à l'intention de ces indignes vilipendeurs de la pensée critique. J'encourage vivement le libre-penseur qui, j'ose l'espérer, ne sommeille pas trop profondément au fond de toi, à la réutiliser chaque fois qu'il en aura l'intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord, le premier argument traditionnellement employé est le si politiquement correct "on dit pas c'est nul on dit j'aime pas" que nos chères mères nous renvoyaient déjà à l'âge où nous les vexions en leur retournant en pleine figure ces plats dont toute l'affection portée à la préparation n'améliorait en rien le goût répugnant.&lt;br /&gt;Pourtant la distinction est-elle bien de mise ? Nous parlons bien ici de musique, d'art. Y a-t-il en cette matière un critère absolu de qualité ? La popularité ? La technicité ? L'un comme l'autre seront facilement décriés comme gage de qualité musicale. Existe-t-il un cahier des charges explicitant un quelconque barème de qualité musicale et reconnu comme convention ?&lt;br /&gt;Nenni ! Il s'agit d'art, pas de science, il s'agit de goût, pas de raison. En l'absence de référentiel absolu, on juge la qualité d'une œuvre selon son propre référentiel, sa propre sensibilité.&lt;br /&gt;En ce sens, tout jugement de valeur porté sur de la musique est parfaitement subjectif et n'engage donc que son auteur. Le "c'est pourri" demeure un léger abus de langage mais traduisible systématiquement et sans ambigüité par "mon avis est que c'est pourri", exactement synonyme de l'expression du (dé)goût : "j'aime pas".&lt;br /&gt;L'adepte outragé feindra de ne pas comprendre la portée de cet argument, ou statuera sur le verdict que l'usage d'un tel abus de langage suffit à faire du critique un gros con intolérant. Il convient dans ce cas de lui faire comprendre que de telles pinailleries ne nous effraient pas et que nous sommes nous aussi tout-à-fait capables d'enculer les mouches au moins aussi bien que lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lui ayant déjà consacré un article, je ne m'appesantirai pas sur le concept galvaudé de &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/tolrance.html"&gt;tolérance&lt;/a&gt;. De même que cette dernière, on pointe souvent du doigt l'ouverture, ou plutôt son absence, afin de dénigrer l'un de nos contemporains faisant montre d'un avis divergeant du nôtre. Il faut croire que c'est le lot de toutes les vertus à la mode.&lt;br /&gt;Il conviendra de rappeler à l'intervenant l'utilisant pour nous insulter la définition de l'ouverture d'esprit : "Qualité d’un esprit qui a de la facilité à comprendre, à saisir, qui a de la curiosité, de la largeur de vues." Comme tu peux le constater (et ainsi que j'ai fini par y consacrer &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2009/08/ouverture-desprit.html"&gt;un article&lt;/a&gt;), cette expression ne désigne en rien le fait d'aimer tout et n'importe quoi, et n'est en aucun cas incompatible avec la propension à avoir des goûts pointus. La notion d'ouverture implique de ne pas rester cloîtré sur notre petit univers, de s'ouvrir sur quelque chose, en l'occurrence l'extérieur, l'inconnu. Elle n'a rien à voir avec le jugement qu'on porte, avec le fait de détester tel ou tel groupe qu'on connaît déjà (même si on les connaît souvent mal : je ne sais pas pour toi mais personnellement je ne me tape que rarement la discographie d'un groupe dont les premiers morceaux me débectent), mais avec le fait d'être curieux et susceptible, d'être intéressé par ce qu'on ne connaît pas.&lt;br /&gt;Ne reste plus qu'à objecter que ça ne te dérange pas plus que ça qu'il ait des goûts de merde, que tu le tolères très bien, et que s'il veut avoir raison il ferait mieux de ravaler ses attaques ad hominem et de trouver des arguments pour défendre sa musique, même s'ils ne seront de toutes façons sans doute pas beaucoup plus pertinents que les tiens pour la descendre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref tout ça pour dire que les goûts et les couleurs, on n'a pas fini d'en discuter, mais j'ose croire que ce n'est pas en s'abaissant à en parler de la façon que notre opposant estime correcte ou en s'échinant à faire comme si on pensait tous pareils qu'on aura raison.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Tu sauras ainsi à quoi t'en tenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En France, patrie des 35h et du Front Populaire, je pense pouvoir être catalogué comme centriste, voire centre-droite ; aux États-Unis je serais sans doute considéré comme démocrate ; en Chine je serais probablement pendu haut-et-court.&lt;br /&gt;Personnellement, je me définis comme un libéral modéré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Libéral car j'estime que de toutes les valeurs qui peuvent fonder la base de principes politiques, la liberté est la plus importante. Je crois que l'État doit avoir sur nos vies le moins d'influence et de pouvoir possible, que c'est à chacun de se battre pour lui et les siens et de se démerder pour s'en sortir par lui-même, ou aidé des gens qu'il a choisi.&lt;br /&gt;Je crois aux principes de liberté individuelle, de libre concurrence et de libre entreprise. Je veux croire qu'on peut adapter le "laissez-faire" économique pour approcher une égalité des chances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Modéré car je suis réaliste et conscient des failles d'un système purement libéral. Le libéralisme a besoin d'être encadré, limité, sécurisé (même si plus j'en apprends sur cet encadrement et ses effets pervers, plus je remets en question cette croyance).&lt;br /&gt;Modéré également car j'ai mes propres conceptions de certains principes libéraux qui diffèrent sans doute légèrement de la vision puriste. D'ailleurs, je ne prends aucune doctrine vraiment au pied de la lettre, trop attaché que je suis à prêcher la pensée critique.&lt;br /&gt;Modéré encore car je rejette farouchement tout ce qui peut s'approcher, par la droite ou par la gauche, d'une politique extrémiste. Le nationalisme me rend à peu près aussi nauséeux que le communisme. Je me ferai un plaisir de donner mes raisons (sérieusement cette fois) dans &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2008/10/populismes.html"&gt;un article ultérieur&lt;/a&gt; mais je ne vais pas m'étendre là-dessus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, vu que tu regardes un peu trop la télé où on te dit plein de conneries, pour toi libéralisme ça doit rimer seulement avec droite, États-Unis, Sarkozy et golden parachute, donc on va revoir un peu les fondamentales.&lt;br /&gt;Étant donné qu'on a affaire à une notion assez complexe basée sur tout un tas de concepts trop nombreux et délicats pour que je les détaille tous ici, je vais faire dans le résumé expéditif ; donc si tu veux te cultiver pour de vrai, je te renvoie au &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Lib%C3%A9ralisme"&gt;portail du libéralisme sur Wikipedia&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le concept de base, c'est que l'état doit avoir le moins de pouvoir et d'influence possible, qu'il doit juste assurer les fonctions dans lesquelles il est indispensable (police, armée...). Pour simplifier presqu'outrageusement, un libéral c'est un anarchiste favorable au libre marché et à la propriété privée, et qui, dans l'acceptation classique, accepte qu'il faille quand même un pouvoir, quelques lois et quelques institutions nationales.&lt;br /&gt;En France, le libéralisme se situe plutôt à droite en ce qui concerne les questions économiques et le gros des questions sociales, et à gauche sur tout le reste (sécurité, mœurs, immigration, répression...).&lt;br /&gt;Pour entrer un peu plus dans le détail, le libéralisme repose sur de nombreux principes enchevêtrés les uns dans les autres en une interdépendance qui forme un tout cohérent. Je vais tâcher d'énumérer et de te donner mon interprétation des principaux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier et le plus important c'est la liberté, plus concrètement les libertés individuelles, aussi appelées droits naturels. Ce sont ces fameux droits naturels qui, après avoir tant fait couler d'encre aux lumières, ont fondé les diverses déclarations des droits de l'homme et qu'on retrouve comme bases de la plupart des vraies démocraties actuelles.&lt;br /&gt;Pour faire simple, ils stipulent que chaque individu devrait être libre de disposer de son corps et de ses ressources pour faire ce que bon lui semble, tant qu'il n'entrave pas la liberté d'autrui. De cet aphorisme peut être déduit l'ensemble des fondements du libéralisme que je m'efforcerai de détailler ici.&lt;br /&gt;Tu comprendras qu'en ce sens, je me gausse narquoisement quand j'entends Sarkozy taxé de libéral après ses "exploits" en tant que ministre de l'intérieur, ou des Américains s'auto-congratulant d'habiter le Pays de la Liberté alors qu'on peut s'y voir interdire, suivant les états et sous peine d'amende, certaines pratiques sexuelles considérées comme étant contre-nature comme la sodomie, ou même certains mots jugés trop vulgaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un autre de ces concepts, auquel on réduit malheureusement trop souvent le libéralisme en général, est l'idée de libéralisme économique. Ce concept englobe notamment la libre entreprise, la libre concurrence, le "laissez-faire" économique (intervention minimum de l'état au niveau de l'économie), le capitalisme (propriété privée des moyens de production) et le libre marché (prix libre fixés par le libre débat entre le vendeur et l'acheteur). L'application dans les grandes lignes de ces principes a posé les bases de l'économie de marché que nous connaissons aujourd'hui.&lt;br /&gt;À tort ou à raison, il s'agit sans nul doute du volet le plus critiqué de la philosophie libérale. Le fait est que le libre marché et le capitalisme ne sont pas sans poser certaines problématiques dans leur application pratique, même si la tendance médiatique est, dans une mesure difficilement appréciable, à la surestimation de la responsabilité du système économique libéral et à l'occultation parfois totale de celle de l'intervention constante et souvent nocive de l'état. Reste qu'à ce jour, aucun autre système n'a su proposer de meilleur levier de création de richesses dans la pratique, et que les quelques tentatives historiques d'application de principes contraires furent généralement désastreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le troisième principe, auquel je tiens beaucoup, est l'individualisme. Il s'agit tout simplement de donner la priorité au bien-être de chacun des individus sur l'intérêt général de la masse.&lt;br /&gt;On a bêtement tendance à confondre individualisme et égoïsme. Les deux n'ont pourtant rien à voir. Contrairement à l'égoïsme à vue courte, l'individualisme n'implique pas le rejet de la solidarité, juste sa non-obligation. Dans un système libre et individualiste, celui qui s'en sort peut aider celui qui galère, ça ne lui est pas interdit ; ça ne lui est juste pas imposé. Ça ne nous empêche pas de se serrer les coudes entre amis, en familles, d'aider ou d'être aidé de ceux qu'on a choisi. On ne vient juste pas nous ponctionner arbitrairement nos ressources durement gagnées pour assister ceux qui n'ont pas réussi à en obtenir et qui finissent par considérer cela comme un dû.&lt;br /&gt;Notre société a l'air de penser que chacun doit aider l'autre, que ceux qui s'en sortent, qui réussissent socialement et professionnellement dans la vie, ont non seulement le devoir moral et légal d'aider ceux qui ont moins de chance (ou moins d'aptitudes, ou moins de courage) mais devraient en plus culpabiliser de rester plus riches qu'eux.&lt;br /&gt;Je préfère que l'acte de solidarité, voire de charité, reste ainsi un acte positif, preuve qu'on est quelqu'un de bien, plutôt que la normalité et la base. Je préfère que ceux qui s'en sortent puissent avoir la satisfaction d'avoir construit leur réussite par eux-même plutôt que par l'assistanat. Et bien entendu, j'aimerais que ceux qui ne s'en sortent pas ne puissent s'en prendre qu'à eux-même.&lt;br /&gt;L'individualisme est à mon goût le meilleur garant de la responsabilisation et de la performance individuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier point que je développerai ici, trop souvent négligé voire oublié, est le concept d'égalité des chances. Pour pouvoir vraiment responsabiliser l'individu, qu'il soit réellement garant de ses propres réussites et surtout de ses propres échecs, il ne faut pas que le système lui mette de bâtons dans les roues. Tout comme la liberté et l'égalité absolues, l'égalité totale des chances est une utopie, ne serait-ce que parce qu'on naît tous avec des caractéristiques qui nous avantagent ou nous désavantagent par rapport à nos contemporains (apparence physique, facilités intellectuelles, maladies congénitales...). Néanmoins, on peut tenter de s'en approcher. Mais évidemment, cela demande de lourds compromis sur les autres principes.&lt;br /&gt;La recherche de l'égalité des chances est un facteur décisif de la détermination des rôles de l'état et de la nécessité d'un minimum de socialisation (éducation, santé...) dans un système libéral, et donc un des principaux points de divergence des divers courants libéraux. Tandis que les libéraux de gauche en font un point central, qui pousse même certains à renier l'utilité générale de l'héritage et du don, les anarcho-capitalistes rejettent toute imposition de ce concept par des moyens coercitifs, comme un impôt obligatoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, même si nombre de libéraux appuient essentiellement leurs convictions en la matière sur les droits naturels des êtres humain, mon approche vise uniquement à promouvoir auprès du plus grand nombre la possibilité de l'accès au bonheur. Cela implique de prendre en compte des facteurs autres que purement économiques et objectifs. C'est aussi pour cela qu'il n'existe pas de solution générique à tous les problèmes que nous connaissons, quels que soient la complexité ou les bonnes intentions des principes sur lesquels on s'appuie. Une seule doctrine, qu'elle soit politique, religieuse ou économique, ne peut pas suffire à nous donner toutes les réponses. C'est juste une grande ligne de conduite dont il faut s'inspirer et qu'il faut pouvoir modifier et adapter aux situations concrètes. Mais, dans cette optique, l'intérêt d'un système vraiment  libéral se démarque en n'interdisant pas aux individus qui le souhaitent de se soumettre réciproquement à d'autres règles afin de mettre en place, pour ceux qui les auront choisis, d'autres systèmes. Ainsi, dans un système libéral, une communauté de socialistes pourra tout à fait se contraindre, par un contrat librement accepté de tous ses contractants, à une cotisation visant à acquérir des biens publics partagés (assurance maladie, revenus minimums...). En revanche, dans un système socialiste, les libéraux n'auront pas le choix de se soustraire à l'impôt et aux lois contraignantes.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Tu as d'ailleurs sans doute participé, dès ta plus tendre enfance, à cette lapidation générale en affublant l'un ou l'autre de tes camarades du dégradant qualificatif d'"intello" par exemple.&lt;br /&gt;J'ai d'ailleurs peine à croire qu'un diminutif du terme intellectuel puisse être ainsi employé comme une insulte sans un certain sens du second degré et une quelconque auto-dérision dénotée, comme souvent dans le cas de celui qui utilise un compliment comme une insulte, d'une conscience aigue de ses propres limites. Et pourtant non, dès l'enfance, l'intelligence est honteuse et avilissante, tantôt mise au rebut ou sujet d'humiliation. Ce n'est pas par jalousie qu'on se moque des intellos, c'est juste comme ça, par cruauté infantile, par les mêmes mécanismes morbides qui poussent les moins bien élevées de nos têtes blondes à se moquer d'un handicapé lorsqu'ils en croisent un pour la première fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement en grandissant ça s'arrange. C'est peut-être dû à la maturité, ou tout simplement au fait qu'on finit par séparer les belligérants. Ceux qui avaient un respect, même lointain et émoussé par les railleries, pour l'intellect et la connaissance, se retrouvent massés dans des beaux lycées généraux et les autres finissent par aller un peu où ils peuvent.&lt;br /&gt;Mais laissons de côté les enfants pour le moment. On leur pardonne trop facilement tout et n'importe quoi pour que je m'acharne sur eux plus longtemps. Ce n'est d'ailleurs sans doute même pas leur faute, mais celle des parents de quelques-uns, à qui je ne peux même pas en vouloir. Quand on passe sa vie à trimer sur des chantiers ou dans des ateliers, il n'est en effet pas aberrant qu'en regardant par la fenêtre des bureaux où des pingouins en costard gagnent trois fois notre salaire en semblant ne rien foutre derrière un bureau climatisé, on développe une certaine rancœur, injuste et mal-placée mais terriblement compréhensible, envers le respect de l'intelligence en général. La transmission de ce sentiment à sa progéniture n'est à mon goût qu'une autre erreur tout aussi compréhensible et naturelle, et cet instinct malsain qui pousse tous les enfants à se précipiter sur le moindre sujet de moquerie qui leur tombe sous la main suffit à faire le reste du boulot.&lt;br /&gt;Non, ma cible du jour n'est pas la descendance de la France ouvrière et prolétaire (c'est sans doute aussi valable pour l'Angleterre, l'Allemagne ou les États-Unis mais je prends les exemples que j'ai sous le nez). Ma cible c'est certains de ces jeunes, sinon de mes amis au moins de ma connaissance, a priori issus comme moi d'une classe sociale relativement aisée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour aider à situer le contexte, je dois dire que ton serviteur, peut-être par réaction contre la tendance actuelle, due aux messageries Internet et autres blogueries, qui nous pousse à écrire comme on parle, cherche plutôt à tenter de parler comme il écrit. Cette saine prétention, car un peu d'originalité n'a jamais fait de mal, surtout quand il s'agit de traîter avec le peu de dignité encore dû à son égard notre belle langue française, me vaut couramment de dépasser la limite communément admise dans le vocabulaire courant du français moyen des trois syllabes par mot.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, pour avoir osé employer autour d'un feu sur une plage le terme vaguement scientifique de "gravité", voilà que je me vois lancé un "Ho arrête de sortir ta science!". Et les cinq ou six convives présents de rire de moi de concert pour avoir employé un terme un poil trop intellectuel.&lt;br /&gt;Je suis a priori autant qu'un autre la cible de railleries plutôt plus que moins bon enfant (comme c'était d'ailleurs le cas à ce moment) et je ne m'en offusque pour ainsi dire jamais vraiment. Mais voir cette poignée de mes connaissances, tous bacheliers et engagés dans des études supérieures, tous arborant fièrement de beaux vêtements exotiques ou encore de marque dus au seul travail intellectuel du papa commercial ou avocat et de la maman médecin ou professeur, riant oisivement sur la plage grâce aux années d'étude et à la soif de connaissance de leurs fiers géniteurs, d'un signe même lointain et impertinent d'une vague forme d'intelligence, ça m'a profondément affligé.&lt;br /&gt;Ce n'était pourtant pas qu'un seul d'entre eux n'ait pas compris ce que je voulais dire ou un des mots que j'employais. Qu'est-ce donc que ce foutu mépris qui pousse les gens à paraître en société le plus stupides et le moins éduqués possible ? Comment en est-on arrivés à un tel culte de l'ignorance dans une civilisation pourtant bâtie sur la connaissance ?&lt;br /&gt;Évidemment cet exemple n'en est qu'un pris au hasard dans la longue série de ces évènements, qui savent susciter en moi un énervement et un mépris rarement éprouvés par le quasi-philanthrope que je suis (cf &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/tolrance.html"&gt;Tolérance&lt;/a&gt;), où des individus trouvent judicieux, pour se fondre dans la masse, de se faire passer pour encore plus stupides qu'ils ne sont.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour citer Desproges, que ça ne dérangera sans doute pas que je pille son gagne-pain de la sorte sans lui attribuer rétribution, maintenant qu'il est aussi mort qu'un poisson qui nage sur le dos : "La démocratie, c'est quand Lubitsch, Mozart, René Char, Reiser ou les batailleurs de chez Polac, ou n'importe quoi d'autre qu'on puisse soupçonner même de loin d'intelligence, sont reportés à la minuit pour que la majorité puisse s'émerveiller dès 20 heures 30, en rotant son fromage du soir, sur le spectacle irréel d'un béat trentenaire figé dans un sourire définitif de figue éclatée, et offrant des automobiles clé en main à des pauvresses arthritiques sans défense et dépourvues de permis de conduire."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bien que la masse des débilitants aille se faire foutre, et avec mes compliments. Ils ne m'enlèveront pas la fierté du peu de savoir et de maîtrise de la langue que j'ai. On ne m'ôtera pas de l'idée qu'il est beaucoup plus glorieux de réfléchir pour faire avancer la connaissance, ou tout du moins apprendre de ce ceux qui l'ont fait, que de marquer des buts sur un terrain de foot, ou de lancer un quelconque trait d'esprit pour se faire mousser dans une conversation. Oui, je suis un intello; non seulement je l'assume mais j'en suis fier, et je t'emmerde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Je ne parle pas ici des histoires d'un soir, que la libération libidineuse et la gloutonnerie sexuelle de notre époque, que j'encourage par ailleurs, mêlés à une certaine vision de la virilité même chez la femme et à la peur du ridicule auront tôt fait de nous apprendre à éloigner le plus possible du sacro-saint Sentiment. Mais dès qu'il est question de durée et d'engagement, notre civilisation éprouve désormais systématiquement le besoin d'inclure le sentiment amoureux comme condition sine qua non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;Nos ancêtres médiévaux et antiques, de même que certains de nos contemporains régis par d'autres modes de fonctionnement, étaient en effet beaucoup moins imprégnés que nous de cette préoccupation. L'intérêt, la tradition et l'aval familial avaient en ces temps une importance prépondérante dès qu'il s'agissait d'union et de mariage. Je n'ai par ailleurs guère de problème avec notre nouveau dispositif, dont je préfère largement la naïveté mielleuse à l'arbitraire des mariages arrangés des temps passés. Mais elle m'inspire tout de même une réflexion quant aux différents aspects de ce sentiment par définition si abstrait, subjectif et aux manifestations si diverses, ainsi qu'à la place qu'il occupe dans un couple.&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Bien souvent, les jeunes gens ne conçoivent l'amour que sous la forme de la passion amoureuse, où l'autre occupe de le centre de leurs préoccupations. Elle peut être à l'origine aussi bien des bonheurs les plus intenses que des détresses les plus douloureuses.&lt;br /&gt;D'ailleurs, même si la passion amoureuse reste à mon goût une expérience essentielle de la vie, les ravages qu'elle occasionne en compensent bien souvent les agréments. On a tous en tête les émois douloureux de nos premières ruptures, ou l'image de ces gens qui s'enferment dans leur couple, se privant progressivement en son nom de presque tous leurs autres plaisirs extérieurs et de leurs amis.&lt;br /&gt;Le quotidien de l'amoureux passionné est d'ailleurs souvent loin d'être si rose : on n'obtient pas toujours de l'autre toute la considération qu'on attend de lui, ou alors on est régulièrement rongé par une jalousie souvent même infondée. Même dans les rares cas où elle fonctionne et apporte réellement du bonheur à chacun des deux amoureux, elle finit presque irrémédiablement par s'effriter. Les préoccupations quotidiennes et extérieures reprennent leur droit, les sentiments évoluent.&lt;br /&gt;La passion amoureuse est un stade important du développement de l'individu. Je suis convaincu que l'expérience qu'on en tire de certains plaisirs et de certaines douleurs nous est très utile dans le reste de notre existence. Mais dans les faits, il vient presque toujours un moment où elle ne suffit plus comme raison d'être à un couple. Les sentiments doivent alors mûrir, se raisonner, entrer dans une autre phase.&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Cet autre type d'amour, qu'on conçoit, pour ce que j'en sais, plus facilement en prenant de l'âge, est plus éloigné de la conception romantique. Même si ça reste un sentiment, il prend autant ses racines dans notre raison que dans notre affect. On apprend à apprécier les qualités de l'autre et ce qu'il a à nous apporter, à identifier et supporter ses défauts, à organiser sa vie incluant l'autre, mais pas nécessairement en fonction de lui (ou d'elle).&lt;/div&gt;Certains aspects restent très proche de la passion amoureuse, dont ce sentiment n'est parfois qu'une évolution. On peut toujours ressentir assez fortement la jalousie, être très affecté par le comportement de l'autre ou la peur de le/la perdre. Mais le monde ne tourne plus nécessairement autour de lui/elle, on reste ou on redevient bien conscient de sa propre individualité et de tous ses aspects qui n'ont rien à voir avec cette entité qu'est devenue le couple.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Malheureusement, cette conception aussi a ses revers. Lorsqu'il y a passage de l'état d'amoureux transi à ce rythme de croisière, la transition ne se fait pas toujours au même rythme chez les deux amoureux, pouvant occasionner un réel mal-être au moins chez l'un, voire souvent une rupture. Et même quand la transition se passe bien, il arrive que l'un des deux aille trop loin, qu'aveuglé par sa conception d'un amour uniquement passionnel, il/elle ne fasse plus la différence entre cet état et l'absence d'amour, et délaisse son/sa partenaire. C'est le cas typique du gars qui rompt avec sa nana sans en faire grand cas, puis qui déprime profondément lorsque celle-ci lui trouve un remplaçant. On n'est pas obligé de s'en rendre compte quand on est amoureux.&lt;/div&gt;&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Selon moi, un couple qui se veut heureux et amoureux sur le long terme doit finir par en arriver à ce type d'amour.&lt;/div&gt;Je pense que c'est pour ça que la sagesse populaire moderne a tendance à préconiser de ne pas se marier trop vite. Cette transition amoureuse rend le couple tellement fragile qu'il n'est pas sage de prendre le risque d'un engagement avant de l'avoir passée.&lt;div&gt; &lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Évidemment, il y a le cas marginal de ceux qui continueront à brûler d'une passion inextinguible jusqu'à leur dernier jour. On en voit de temps en temps, des petits vieux qui se tiennent par la main, des parents de pote qui sont toujours inséparables malgré le poids des années de mariage et de l'âge.&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Il y a aussi les couples sans amour, sans doute plus nombreux déjà, qui ne tiennent debout que par habitude ou par dégoût de la solitude. Ils ne seront d'ailleurs pas forcément évidents à distinguer de nos couples à l'amour mature.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin n'oublions pas que le sentiment amoureux est rarement symétrique au sein d'un couple, et qu'il existe divers degrés aussi bien à la passion qu'à l'amour rationnel, et qu'il est loin d'être systématique que chacun en soit au même point au même moment. De même, l'ordre d'enchaînement n'est pas obligatoirement celui que j'ai évoqué, d'autant qu'une passion éteinte peut tout-à-fait être réveillée pour un temps.&lt;br /&gt;Bref il existe autant de combinaisons qu'il y a de couples. C'est pourquoi l'accession au bonheur en couple passera au moins autant par la capacité à établir une relation adaptée que par le choix du partenaire idéal.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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J'ai en effet jusqu'ici entouré cet ouvrage d'un secret relatif, ne clamant pas sur les toits son existence et ne dévoilant son emplacement qu'à de rares élus.&lt;br /&gt;Je dirais bien que c'était par modestie si j'avais une foi quelconque en cette soi-disant vertu qui n'est pour moi que l'enrobage hypocrite de la pire des vanités. En fait je pense qu'il s'agissait avant tout d'appréhension. Sachant qu'il est très difficile d'être objectif concernant le fruit de son propre labeur, je me sais inapte à juger de la qualité de mes écrits et donc de leur intérêt pour autrui. Ça me parait d'autant moins évident que la plupart des idées ou constats que je pose ici ne sont pour moi qu'un amoncellement de quasi-évidences. Partant de là, pourquoi ne le verrais-tu pas toi aussi comme tel ? Qu'est-ce qui empêchera alors ton attention de sombrer prestement au gré de mes formulations pompeuses ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce blog est mon ode à la mégalomanie et à la prétention. Quel genre de prétentieux ferais-je si je conservais mes écrits dans l'ombre, à l'abri des critiques et des moqueries, mais aussi des éloges et compliments ? L'intérêt de ses articles réside tout autant dans le plaisir que me procure leur rédaction que dans l'envie que j'ai d'en faire connaître les contenus.&lt;br /&gt;Je te le laisse maintenant, lis-le, moque-t'en ou apprécie-le, ou pire encore arrête-toi là et jette-le négligemment au fond d'un tiroir de ton indifférence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te recommande, si tu ambitionnes de tout lire et si tu te sens un intérêt quelconque pour le cheminement de mes pensées, de commencer par le début tout en bas de la page &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007_09_01_archive.html"&gt;Septembre&lt;/a&gt;, puis de remonter petit à petit (les articles sont classés par ordre antichronologique, dans la plus pure tradition bloguesque). J'ai fait en sorte de dévoiler dès les premiers articles les bases de mes réflexions, qui servent de fil conducteur au reste de mes raisonnements.&lt;br /&gt;Cela dit, la plupart des articles sont parfaitement indépendants et peuvent être classés en catégories distinctes regroupés dans l'"article-sommaire". Sois libre d'y piocher à ta guise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tant que je t'ai sous la main, je vais profiter de cet article qui n'a d'autre but que de te parler pour éclaircir quelques points.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout d'abord, tu auras remarqué que le nombre d'articles a considérablement diminué sur les deux derniers mois. N'y vois pas un signe de découragement de ma part. C'est juste que la rédaction d'un article me prend en règle générale plusieurs heures. J'ai été assez occupé et, ce blog n'étant pas vraiment ma priorité, je me suis laissé un peu dépasser par mes différentes activités. Je prends néanmoins toujours autant de plaisir à rédiger mes articles et je suis loin d'être à court d'idées (j'ai au moins une page de fichier texte remplie de thèmes d'articles à écrire, à raison d'un par ligne, et ça augmente sans arrêt). J'espère pouvoir revenir sous peu à un rythme d'une dizaine d'articles mensuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je tiens à préciser également que je ne lis, pour ainsi dire, pas de blogs. Je ne créé pas le mien en copiant sur qui que ce soit, ni en m'inspirant d'un autre existant. Je ne sais donc pas vraiment si la démarche que j'ai adoptée est originale ou si, comme je le suppose, il existe des millions d'autres blogs au moins aussi réussis que le mien et suivant le même concept.&lt;br /&gt;J'ajouterai que les derniers textes de philosophie auquel j'ai touché remontent aux quelques cours de cette matière qui m'ont été dispensés en terminale S, il y a de cela déjà quelques années. Cela m'expose au risque que quelqu'un ait pu formuler ces réflexions avant moi sans que j'en aie forcément connaissance, qu'il s'agisse d'un philosophe, d'un scénariste de série télé, d'un autre blogueur, ou même de toi, cher lecteur.&lt;br /&gt;Mais les raisonnements et principes développés ici l'ont été par moi, et lorsque je réutilise sciemment la pensée d'un autre, je mets un point d'honneur à le signaler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je conclurai sur des perspectives d'avenir. En effet, j'envisage d'"inaugurer" prochainement deux nouvelles catégories d'articles. La première consistera en d'odieux pillages où je détaillerai les quelques concepts développés par des anonymes de mon entourage qui, bien que n'étant pas de mon cru, m'ont paru assez géniaux pour que je les intègre à ma propre pensée et qui ont donc leur place ici. Dans la seconde, "L'avocat du Diable", je défendrai bec et ongle des points de vue que je ne partage absolument pas, me mettant à la place de ceux qui seraient mes adversaires dans un réel débat d'opinion et illustrant ainsi qu'on peut justifier à peu près tout et son contraire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Elle est pourtant indissociable de notre histoire humaine, son recours fait partie de ce qui distingue un être humain d'un robot et la diversité de ses formes est un des éléments qui nous distinguent des animaux.&lt;br /&gt;Où est passé le temps où violence rimait avec noblesse ? Où sont-ils ces solides vikings qui ne gagnaient le valhalla qu'en succombant sur un champ de bataille, l'épée couverte du sang de leur ennemi ? C'est au combat que les quelques Romains dont l'Histoire a gardé trace ont gagné leur honneur. C'est par les duels que les aristocrates de la Renaissance défendaient le leur. Les chevaliers se créaient une réputation de batailles en tournois, et tous ces généraux et maréchaux dont nos rues portent le nom n'ont cueilli la gloire que sur le sentier de la guerre.&lt;br /&gt;La violence est tellement humaine que j'estime qu'elle a droit, comme en théorie la plupart des êtres humains, à un procès équitable avant d'être condamnée. Pour la suite de cet article, je serai son juge, laissant la parole tantôt à sa défense, tantôt à son accusation. Je te laisse le rôle du juré pour lui rendre, en ton âme et conscience, ce qui, selon toi, doit être sa juste sentence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une brève analyse, peut-être incomplète du fait de sa rapidité et du manque d'occasion que j'ai eu d'y revenir, m'a permis de classer les motivations des comportements violents en cinq grandes catégories : la défense, la domination, la résolution des problèmes, la vengeance, et la violence gratuite pour le plaisir.&lt;br /&gt;Évidemment, un même acte de violence peut tout-à-fait relever de plusieurs, voire de toutes ces catégories. Néanmoins j'ai beau me creuser le citron, je n'arrive pas à en concevoir un qui ne soit motivé par aucune d'entre elles, sauf peut-être la violence involontaire et inconsciente qui, en tout état de cause, n'a pas de motivation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les réactions violentes de défense me semblent les plus justifiables et, en un sens, les plus nobles, surtout quand il s'agit de défendre quelqu'un d'autre. Elles ont un caractère immédiat, une origine instinctive due à d'évidents mécanismes évolutifs de survie. Une violence préméditée pour se défendre entre plus dans le cadre d'une résolution de problème.&lt;br /&gt;On en trouve de toutes sortes et on pourrait les diviser en de nombreuses sous-catégories suivant la nature de l'agression subie : morale ou physique, volontaire ou non, dirigée vers un tiers ou vers soi-même.&lt;br /&gt;Evidemment, il est beaucoup moins noble et justifié de réagir violemment à une attaque morale involontaire sur sa personne qu'à une attaque physique sur une personne qu'on aime. Seulement voilà, la violence de défense n'est pas forcément raisonnée et le contrôle qu'on a dessus ne dépend pas vraiment de notre bon sens. C'est une pulsion, qui va être plus ou moins maitrisée selon les individus et les situations. On ne réagit pas tous de la même façon à un stimulus lambda. Même un individu donné ne gèrera pas sa réaction de la même façon pour un même stimulus selon le contexte.&lt;br /&gt;A vrai dire, elle peut reposer sur tellement de facteurs, et être d'une telle complexité, qu'il ne me parait pas possible de rendre mon verdict de manière générale. Elle doit être jugée au cas par cas, selon le contexte et des critères d'ordre moraux qui dépendent de chacun. Mais quel que soit sa cause ou son degré d'exagération, elle reste naturelle et normale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La violence de domination est un cas beaucoup plus simple. Tout comme la violence de défense, c'est un comportement instinctif, qu'on retrouve chez l'animal et qui découle de mécanismes évolutifs évidents : le mécanisme de survie de défense du territoire et des mécanismes de reproduction, avec en tête la notion de mâle (voire de femelle) dominant(e).&lt;br /&gt;Contrairement à la violence défensive, la violence de domination n'a plus sa place dans la société. Nous avons aujourd'hui des avocats et des notaires qui se chargent pour nous d'établir, via des certificats de propriété, les limites de notre territoire. Quant à la reproduction, la diversité et la mobilité des populations actuelles remplacent avantageusement le concept de mâle dominant dans la prévention des tares consanguines.&lt;br /&gt;La violence de domination est généralement un comportement propre à un individu : "on l'a ou on l'a pas". L'exemple typique en est le cas du looser qui bat sa femme ou ses gosses, ou encore celui du caïd qui sème la violence et la peur dans le seul but de se voir témoigner la feinte d'un respect simulé. Elle ne sert qu'à rabaisser l'autre au profit de sa propre estime.&lt;br /&gt;Ma sentence sera simple : l'inadaptation doit entrainer l'extinction. On pourrait craindre qu'au vu du nouveau fonctionnement de la justice évolutive humaine (cf mon article &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/evolution.html"&gt;&lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;Évolution&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;), cette décision ne soit annulée en appel. Mais j'aime à croire que, comme nombre de tares génétiques, l'expression de la violence de domination nécessite certains stimulus environnementaux, et qu'il nous sera peut-être un jour possible de l'éradiquer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu'en disent tous nos vieux adages, dont tu dois aujourd'hui deviner tout le bien que je pense, la violence règle des problèmes. Pensez au nombre de gens qui se brouillent chaque jour avec un ami pour un outrage quelconque ou un malentendu ridicule. Ne serait-il pas plus simple et même plus sain, plutôt que de s'enfermer dans l'adversité, la rancœur et même la haine pendant des années, qu'ils laissent leurs poings parler une dizaine de minutes.&lt;div&gt;Quoiqu'on en dise, la violence soulage, apaise les frustrations et aide à relativiser les problèmes. Bien sûr, il est moins dangereux de régler les conflits sur un terrain d'athlétisme ou par une partie de belotte, mais cela n'apaise pas les pulsions physiques dont notre statut d'humain nous tient prisonniers.&lt;br /&gt;Je parle ici exclusivement de la violence de résolution des problèmes, qu'il s'agisse d'un différend entre amis, de la reconquête d'un bien ou d'un territoire extorqué ou d'éloigner de sa belle un soupirant inopportun (ou éloigner de son homme une aguicheuse débridée selon ton sexe, ou n'importe quelle autre combinaison selon ton orientation sexuelle).&lt;br /&gt;On retrouve également cette violence chez les animaux, mais de manière moins marquée. En effet, les carnivores y ont recours pour se nourrir (ce qui occupe tout de même le plus clair de leur temps) et la plupart des autres animaux pour la défense du territoire (qui est également un mécanisme de défense et de domination).&lt;br /&gt;Nous en avons aussi l'usage dans ces optiques, mais pas seulement. J'ai cité, en début de paragraphe, la plupart des exemples qui me sont venus en tête, mais il en reste trois assez imagés qui illustrent bien un autre aspect de la résolution humaine des problèmes par la violence. Ceux-ci me paraissent cependant beaucoup moins bénéfiques que les précédents. Le premier, c'est la mafia et le grand banditisme en général, qui gère par la violence et impose ses règles, son code moral et son ordre par la violence, mais tue aussi parfois sans animosité ni menace immédiate, juste pour les affaires, par commodité. Le second, c'est le terrorisme. Le troisième exemple, c'est l'ensemble des châtiments corporels, de la torture au fouet, en allant jusqu'à la peine de mort.&lt;br /&gt;Mon jugement sur cette forme de violence sera donc en trois parties.&lt;br /&gt;Les vieilles survivances instinctives n'ont pas plus leur place dans le monde actuel que la violence de domination, et ont causé bien assez de guerres et de disparitions d'espèces animales. Nous pouvons aujourd'hui nous en passer. Je ne parle évidemment pas ici de l'abattage des animaux qui, quoiqu'en disent nos amis végétariens, n'a aujourd'hui plus grand chose à voir avec de la violence, mais nous avons eu notre quota de guerres de territoires et la chasse, même pour se nourrir, mérite de rester réglementée.&lt;br /&gt;La violence pour contrôler ou imposer sa volonté est condamnable, mais c'est bien souvent un moyen efficace d'arriver à ses fins. Le débat autour de ce point particulier serait trop épineux pour que je rende mon verdict ici.&lt;br /&gt;Et enfin, je propose une mise à l'épreuve pour la violence dans la résolution de certains conflits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vengeance est une forme de violence typiquement humaine, les animaux n'ayant pas ce genre de préoccupations. Elle n'est donc pas réellement instinctive, mais peut se manifester aussi bien de manière brutale et soudaine que froide, mure et réfléchie, telle qu'on la dit meilleure.&lt;br /&gt;Même si elle a un côté noble - l'image du vengeur masqué réparant les injustices et traquant sans répit le meurtrier de sa bien-aimée n'a pas vraiment déserté l'inconscient collectif - la vengeance n'est globalement que nuisible. Elle est en effet la seule responsable du cycle sans fin de violence, du fait que la violence engendre la violence.&lt;br /&gt;Je le sais pour l'avoir expérimenté par moi-même, toute la littérature moralisatrice qui veut que la vengeance n'engendre pas de satisfaction est complètement à côté de la plaque. La vengeance apporte une grande satisfaction et une certaine estime de soi. Mais c'est en fait la satisfaction du devoir accompli, qui peut être obtenue de bien d'autres manières plus constructives.&lt;br /&gt;Son seul aspect positif, qui est quand même loin d'être négligeable, c'est que sa considération permet de maintenir l'ordre. C'est aussi par peur de représaille que ceux qui nous entourent restent corrects envers nous et ne s'aventurent pas à tenter de nous léser.&lt;br /&gt;Je ne condamne pas la vengeance; bien que nuisible, elle est souvent légitime. Je me contenterai donc de penser que nous pourrions avantageusement nous en passer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dernier cas est extrêmement particulier, en ce qu'il n'a rien de naturel. C'est à la fois un comportement exclusivement propre à l'être humain et le seul type de violence qui soit parfaitement inhumain. Il s'agit du sadisme.&lt;br /&gt;La violence pour le plaisir est uniquement le propre du pervers et du psychopate. Les autres motivations sont typiquement humaines et nous les éprouvons tous (à l'exception sans doute de la domination, qui reste tout de même indéniablement naturelle), qu'elles finissent par nous mener à la violence ou non.&lt;br /&gt;Il y a de nombreux cas où la violence nous procure du plaisir, mais ça reste toujours indirect : ça renforce notre propre estime avec l'impression d'être un gros dur, l'acte physique de frapper (voire de tuer) nous soulage, ainsi que la satisfaction d'avoir infligé un châtiment mérité. Mais ce n'est normalement pas la violence en elle-même qui nous plait, pas le fait d'avoir infligé de la souffrance pour l'infliger. Ce type de satisfaction n'a rien de naturel, rien d'humain.&lt;br /&gt;La violence pour la violence, par pur plaisir, est relativement rare par rapport aux autres mais relève réellement de l'anormalité et de la pathologie psychologique. Je la condamne évidemment, sans toutefois arriver à en vouloir à ceux qui la dispensent : les pauvres ne sont bien souvent pas responsables de leurs pulsions et de leur nocive anormalité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, pour conclure cet article, disons juste que se contenter de condamner la violence quelles que soient les circonstances est trop simple. Il existe des violences saines qui permettent de réconcilier notre conscience d'être humain civilisé et nos pulsions d'être humain tout court. Bien sûr, il faut apprendre à la maîtriser. La violence ne devrait jamais servir de prétexte à la lâcheté, pas plus que le pacifisme d'ailleurs.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Puis est arrivée l'ère des graveurs, où le piratage s'est étendu de la musique au jeu vidéo. On a encore fait couler beaucoup d'encre sur ces malversations qui, même restant marginales, ouvraient des fenêtres bien gênantes au goût des industries concernées. Il faut croire que c'était plutôt à bon escient, dans la mesure où ces évènements préfiguraient effectivement l'avènement du vrai grand ennemi : le téléchargement.&lt;br /&gt;Napster fut le coup de pied dans la fourmilière, chacun pouvait y télécharger gratuitement toute la musique qu'il voulait. C'était aussi l'époque de la naissance de l'ADSL, des premières connections par câble et du forfait AOL illimité. Les modems 56k chauffaient sous la charge des données illégales. Les chiffres d'affaires des maisons de disques restaient sensiblement les mêmes, néanmoins un front de résistance composé d'artistes milliardaires en baisse dans les charts et cherchant un bouc-émissaire à charger pour leur échec partit à l'assaut du réseau pirate. Mais tel l'Hydre de Lerne, du coup tranché de Napster sortirent une multitude de nouvelles têtes. Il était trop tard pour tuer le piratage, et au lieu de l'affaiblir, les artistes lui avaient fait la publicité qui lui manquait pour se répandre partout.&lt;br /&gt;Puis les chiffres des maisons de disques ont commencé à baisser pour de vrai, on a passé toutes sortes de lois mais rien n'a vraiment changé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne te le cacherai pas, je suis moi-même un gros téléchargeur de musique, dans un milieu musical underground où les labels ferment les uns après les autres et où le piratage est donc assez mal vu. J'en suis même venu à culpabiliser au point de cesser pour un temps presque toute activité de téléchargement musical. Puis je me suis mis à réfléchir et à voir les choses sous un angle tout à fait différent que je vais tenter de te faire partager.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La question de base que je me suis posé est simple : A qui le téléchargement nuit-il ?&lt;br /&gt;Les premiers auxquels on pense sont bien entendu les artistes. Pourtant on oublie trop souvent de préciser que, mises à part les quelques stars riches à millions qui ont eu l'opportunité au cours de leur carrière d'user de leur notoriété pour renégocier avec leur maison de disque un contrat intéressant, les artistes touchent très peu d'argent sur leurs ventes de disque. Et quand on n'a pas affaire à une grosse major-sangsue qui leur offre le choix entre l'anonymat et un contrat de 15 albums presque gratuits, on a tombe sur un petit label honnête qui perd de l'argent sur nombre de ses productions et qui, pour des raisons de survie, ne peut pas se permettre d'offrir aux groupes qui marchent mieux une rémunération au niveau de leurs ventes.&lt;br /&gt;On peut donc considérer que la nuisance apportée aux artistes à ce niveau est assez minime. En revanche, le téléchargement gratuit permet aux gens d'être en contact direct avec la production artistique. Les groupes touchent donc plus de gens qui, même sans avoir acheté légalement leurs albums, deviennent des fans, vont aux concerts, achètent les produits dérivés. Je ne crois pas qu'il y ait eu de statistique sur ce point mais je suis persuadé que les ventes de places et le merchandising ont dû exploser pour bon nombre de groupes pendant que leurs ventes d'albums baissaient. Et un tee-shirt, ça coûte moins cher à fabriquer qu'un album pour le même prix de vente, c'est des sous directement dans la poche des groupes et en plus ça fait de la pub.&lt;br /&gt;Je pense que dans l'ensemble, les artistes, à part quelques multi-millionnaires déjà connus de tous et qui ne sont sans doute pas pour autant tombé dans la misère, ont plus bénéficié de l'avènement du téléchargement illégal qu'ils n'en ont pâti.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ha oui mais dans les maisons de disque ça fait des ravages. Effectivement, de nombreux labels ferment, les résultats des majors ont largement reculé, l'industrie du disque ne va pas bien.&lt;br /&gt;Mais a-t-on vraiment besoin des maisons de disque ? Je sens que je soulève un point sensible, mais avant de t'indigner et de décider pour de bon que cette fois je dois vraiment être un sale con, laisse moi le temps de développer.&lt;br /&gt;Je suis conscient de l'importance du travail d'un label pour un groupe : s'occuper de l'enregistrement, de la distribution, de la promotion... Mais en a-t-on toujours besoin aujourd'hui ?&lt;br /&gt;Nous vivons une époque où quasiment n'importe qui peut s'équiper, pour un coût parfois même inférieur à celui de ses instruments de musique, d'outils lui permettant de réaliser des enregistrements d'une qualité bien supérieure à ce que rendait du matériel professionnel il y a une vingtaine d'années. Les Beatles ou les Stones ont enregistré leurs albums les plus mythiques sur des 8-pistes magnétiques. On a aujourd'hui, pour quelques centaines d'euros, des enregistreurs 48-pistes numériques avec la possibilité de gérer tous les traitements imaginables via l'informatique. Il n'a jamais été aussi facile et bon marché de produire un enregistrement de qualité.&lt;br /&gt;Quant à la distribution et la promotion, ne peut-on pas tout simplement laisser faire Internet et le bouche à oreille. Si la qualité musicale dans la composition et l'exécution est vraiment au rendez-vous, l'artiste a aujourd'hui à sa disposition des moyens de diffuser sa musique simplement dans le monde entier et pour un coût quasiment nul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imagine ça deux minutes : un monde dans lequel l'écoute de la musique serait totalement gratuite, où ce ne serait plus les grosses majors qui imposeraient ses goûts à la populace à coup de promo-bulldozer et de passages radio incessant, où le premier critère de popularité d'un groupe ne serait plus la pub dont il a fait l'objet mais la qualité de son œuvre. On ne paierait plus que pour voir sur scène les groupes qu'on a adoré découvrir gratuitement sur son PC (et il y en aurait sans doute beaucoup plus puisqu'on n'aurait pas à se délester de 15€ par album jusqu'à en trouver un qui nous plaise vraiment).&lt;br /&gt;Ceux qui n'ont pas Internet et les aficionados du support CD ne seraient pas forcément en reste pour autant ; ça ne marquerait pas nécessairement l'arrêt de mort des disquaires. On pourrait facilement mettre en place un système d'albums virtuels, comme c'est le cas pour les billets de concert à l'heure actuelle. Le vendeur pourrait télécharger gratuitement l'album et sa jaquette dans un format prévu spécialement pour une machine à CD qui ressembleraient aux imprimantes à tickets actuelles, continuer à jouer son rôle de conseiller et vendre un produit considérablement moins cher tout en augmentant ses marges. Cela réglerait même le problème des écarts constatés entre la grande distribution et les vendeurs indépendants, que ce soit en terme de marges ou d'ampleur du catalogue.&lt;br /&gt;Un tel monde est totalement accessible et se passerait très bien des labels et maisons de disques. Aussi utiles qu'ils aient été, je ne peux m'empêcher de penser qu'on serait mieux sans eux maintenant que le support est gratuit, que la communication est facile et l'enregistrement bon marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette réflexion peut aussi s'appliquer à d'autres domaines, comme le piratage des séries télévisées en constante augmentation. Les chaînes qui les produisent n'ont-elles pas intérêt, plutôt que de gaspiller des moyens à faire la guerre au piratage, à proposer elles-mêmes le téléchargement ou un visionnage en streaming haute qualité de ces mêmes séries en y incluant les même publicités qu'à la télé, comme l'a déjà fait la chaine ABC ? Les gens feront vite le choix de supporter trois minutes de publicité plutôt que de passer par le téléchargement illégal, plus difficile d'accès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je pense que ce que nous prenons à l'heure actuelle comme du piratage et du vol n'est en fait que l'aube d'une révolution culturelle (pas au sens communiste du terme attention !). Le support virtuel gratuit et l'incessante augmentation des débits de l'Internet libéralisent totalement notre accès à la culture. Tout ce qu'il nous manque désormais, c'est la volonté de supprimer les intermédiaires dépassés et la capacité d'accepter que le gratuit peut, à sa façon et au moins dans ce domaine, générer autant de profits que le tout-payant, et ce pour tout le monde.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Je ne sais pas à quel point c'est vrai dans les autres pays, mais tu reconnaitras que nous autres Français sommes extrêmement doués lorqu'il s'agit de trouver un sujet de complainte. On est les champions du monde incontestés de la grève. D'ailleurs qui voudrait contester un titre pareil ? Même les grévistes les plus acharnés clament haut et fort, et peut-être même de bonne foi, ne pas aimer la grève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passons outre les professions les plus évidemment admises comme pénibles : maçon, pêcheur, boulanger, docker, infirmière libérale etc. Contentons-nous juste de noter brièvement au passage que ce ne sont d'ailleurs pas forcément ceux qu'on entend le plus se plaindre, tout du moins à la télé et dans les journaux.&lt;br /&gt;Mais va parler de son boulot, par exemple, à un prof. Il t'entretiendra longuement de ses corrections de copie, de la préparation de ses cours qui lui mange toutes ses prétendues vacances, de l'indifférence, du mépris et même de la violence de ses élèves.&lt;br /&gt;Montre de l'intérêt pour son travail à un cheminot, il t'expliquera tout de la pénibilité d'être mobilisable 24h sur 24 pour devoir voyager et parfois rester loin de sa famille, de sa responsabilité quant aux passagers de son train et des accidents de voie qui prolongent un trajet bien au-delà des prévisions.&lt;br /&gt;Un flic te rabâchera ses histoires de pavés dans la gueule et de conflits permanents avec les jeunes des cités, un jeune des cités te sortira le couplet sur les contrôles incessants et les passages à tabac sans raison.&lt;br /&gt;L'artisan ou le patron te détailleront le sens des mots charge de travail, responsabilité, risque et pression, sans doute aussi bien d'ailleurs que le cadre qui ramène chaque soir chez lui des piles de dossiers.&lt;br /&gt;Même les vedettes de sport ou de cinéma se plaignent sans arrêt d'être harcelés par les paparazzi, ou même tout simplement par leurs fans.&lt;br /&gt;Je m'arrête là pour l'instant, mais je me porte garant du fait que, quel que soit le boulot ou la situation, en demandant à la bonne personne, tu recueilleras sans peine toutes sortes de lamentations.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention, je te vois encore commencer à mal interpréter mes propos. Je ne suis pas en train de dire qu'aucune de ces doléances n'est justifiée, pas plus d'ailleurs qu'elles ne le sont toutes.&lt;br /&gt;Je ne cherche pas non plus à montrer qu'aucun travail n'est plus pénible qu'un autre ou que le boulot pénard n'existe pas. Au contraire, je pense qu'il existe, mais que c'est peut-être la personne capable de l'apprécier qui n'existe pas (ou en tous cas qu'il existera toujours une personne capable de ne pas l'apprécier).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais alors comment apprécier la juste pénibilité d'un travail ?&lt;br /&gt;La charge horaire ? Mais 12h d'un travail intéressant ou dérivatif sont-elles plus pénibles que 8h d'un labeur écrasant ? Les deux points de vue semblent se défendre.&lt;br /&gt;La fatigue physique ? Le stress des responsabilités ou d'une sollicitation permanente n'y est-il pas au moins équivalent ? Fatigue physique contre fatigue morale, c'est également un débat épineux qui mérite d'être ouvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La plupart des gens pratiquant un travail physique ont tendance à développer un certain mépris pour ceux qui ont un travail de bureau, ainsi qu'à émettre de fortes réserves quant à la pénibilité d'une fonction basée sur des "efforts intellectuels" (le contraire est aussi évidemment vrai mais mon expérience tend à montrer que c'est nettement moins marqué, même si elle est, comme toute expérience humaine, limitée, et donc les conclusions qui en découlent sujettes à caution). Néanmoins, on s'aperçoit bien souvent, chez les ouvriers promus cadres par exemple, que ceux qui passent d'un travail manuel à un "poste à responsabilité", sans composante réellement physique, ont tendance à trouver leur nouveau travail plus fatiguant et en viennent presque à regretter leurs anciennes charges.&lt;br /&gt;Cela veut-il dire pour autant que la fatigue intellectuelle est moins supportable que la fatigue physique ? Ce n'est pas là mon propos pour autant.&lt;div&gt;Je pense que le principe du "tout le monde se plaint" et sa corrolaire dite du "c'était mieux avant" sont pour beaucoup dans le résultat de cette évaluation a posteriori des deux types de fatigue. Mais ça tend quand même à montrer que, bien que les deux soient différents, il n'est pas si évident que ça que l'effort physique soit plus dur à fournir que l'effort mental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On avance aussi souvent comme mesure de pénibilité l'influence sur la santé, avec les malheureusement trop communs maux de dos, problèmes respiratoires, troubles moteurs et autres avaries dues soit au travail en lui-même, soit aux accidents qu'il a suscités.&lt;br /&gt;De même, on s'aperçoit également de plus en plus de l'émergence de certains impacts des fonctions de bureau et de direction : le fameux karoshi, mort subite due au stress des travailleurs japonais ou encore plus près de chez nous les vagues de suicide dans les technocentres français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref tout ça pour dire qu'on dispose à peu près d'autant de moyens de mesurer la pénibilité de notre travail que de raisons de s'en plaindre, mais qu'ils ne sont malheureusement guère plus fiables que nos complaintes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, quoiqu'on en dise, les situations s'améliorent globalement. Aujourd'hui, les comptables ont un ordinateur, les taxis ont un GPS, le bâtiment a de nouvelles machines, les postes ingrats de travail à la chaîne tendent à être occupés par des robots (ou des Chinois !), les mécaniciens ont affaire à plus d'électronique et à moins de cambouis, les cheminots ne passent plus leurs journées dans le charbon.&lt;br /&gt;La courbe du temps de travail est globalement décroissante sur le dernier siècle (et sans doute sur les précédents) et les conditions s'améliorent petit à petit dans quasiment tous les domaines.&lt;br /&gt;Alors bien sûr, n'éloignons pas pour toujours la critique constructive et l'indignation pour les situations qui restent abusives, mais tâchons de relativiser nos soucis et peines actuelles, par exemple en les comparant avec ceux de nos anciens. On se rendra peut-être compte qu'il n'y a pas tant que ça de raisons de se plaindre, et que, même si tout n'est pas encore pour le mieux, ça va globalement dans le bon sens.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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En revanche, cette certitude irréfutable laisse un champ libre à de nombreuses (une infinité de ?) notions réfutables et donc discutables. Exemple : existe-t-il des corbeaux blancs ? Le fait qu'on n'en ait pas vu n'implique pas forcément qu'ils n'existent pas. Et chacun ensuite de donner libre à cours à son argumentation pour tenter de démontrer la (non-)existence des corbeaux blancs selon sa propre conviction en la matière.&lt;br /&gt;Je sais, présenté comme ça, cet exemple semble stupide, on n'arrive pas tellement à envisager qu'on puisse débattre d'une telle futilité. Mais pense au nombre incalculable de débats concernant par exemple l'existence d'extra-terrestres, du monstre du Loch Ness, des fantômes ou même de Dieu : autant de corbeaux blancs dont la preuve irréfutable de l'existence n'a encore pas vraiment pu être apportée et au sujet desquels les croyances personnelles, pourtant opposées, peuvent se justifier, d'un côté comme de l'autre, par une pléthore d'arguments plus ou moins contestables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce concept de notion réfutable ne se limite pas qu'à l'existence des entités ou des phénomènes, elle est applicable à de nombreux domaines, que ce soit l'idéologie politique, la morale, l'utilité, la cause ou le fonctionnement de tel évènement .etc&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D'ailleurs il est relativement flou, ce concept de réfutabilité. Descartes vous expliquerait mieux que moi que ce n'est pas parce qu'on croit voir des corbeaux noirs qu'ils existent vraiment. Même ce qui semble ou qui est généralement considéré comme irréfutable ne l'est pas toujours.&lt;br /&gt;En fait la vérité c'est qu'on ne peut rien démontrer de manière irréfutable, pas même qu'on ne peut rien démontrer, à part peut-être ce bon vieux cogito, ou certains raisonnements mathématiques basés sur des concepts abstraits simples et clairement définis. Tout raisonnement se base sur des axiomes, des exemples, des idées admises qui ne sont jamais totalement établis.&lt;br /&gt;Nos démonstrations et nos justifications, tous ces raisonnements par lesquels nous tentons de justifier nos actions ou nos points de vues, tout cela n'est que du vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai bien conscience qu'avec une telle affirmation je saborde mon propre navire, confessant l'édifiante vanité aussi bien de ce blog que de tous les raisonnements qui m'ont amené à en construire chaque article. À vrai dire c'est à ma conception de la pensée toute entière, basée autant que faire se peut sur la raison et l'objectivité, que je porte l'estocade.&lt;br /&gt;Ça y est, tu as enfin trouvé la faille, je suis vaincu, tous ces raisonnements que j'ai construit ne sont que du vent et il ne tiendrait qu'à meilleur argumentateur que moi d'en démontrer le contraire pour chaque point abordé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait je n'en suis pas si sûr. De même que la démocratie, bien qu'imparfaite et attaquable, reste sans doute, à mon goût et je ne suis pas le seul, le meilleur régime dont nous disposions, un système de conception de ses propres idées et valeurs par la raison et la justification de ses points de vue est certainement la façon la plus sure de procéder.&lt;br /&gt;Après tout, de quelles alternatives disposons-nous ? Se contenter de ce qu'on nous apprend, calquer nos idées sur celles de nos parents, de nos anciens, de notre religion ou sur les lois de notre état ? Tout cela revient à se fier au jugement partial et contestable de quelqu'un d'autre. En quoi ce quelqu'un d'autre serait-il plus qualifié que moi pour savoir ce que je dois penser ?&lt;br /&gt;Je suis le plus apte à décider de mes propres pensées, c'est pourquoi je continuerai de réfléchir comme je le fais, construisant mes raisonnements sur les faits les plus sûrs et les plus établis, donc souvent les plus basiques ou les plus scientifiques, bref ceux dont la probabilité de véracité me semble la plus importante. Et je continuerai de considérer que, jusqu'à preuve du contraire, ce que je tire de mes réflexions est ce qui doit être le plus proche de ma vérité.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Diriger un pays, choisir sa ligne de conduite économique, sociale, militaire, sécuritaire, c'est une tâche ou plutôt un ensemble de tâches qui dépasse de loin le ressort du Français lambda. Et c'est pourtant à lui qu'incombe la responsabilité de choisir plus ou moins ou hasard le plus apte à les remplir parmi les nombreux incompétents qui lui sont proposés.&lt;br /&gt;En effet, de toutes les lignes de conduite envisageables, il y en a forcément une qui, à une conjecture donnée, est globalement préférable aux autres. On peut donc supposer que parmi les différents candidats, il y en a un qui sera globalement préférable aux autres, un homme de la situation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme je l'ai dit, le Français choisit cette personne plus ou moins au hasard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà parce que personne ne peut vraiment savoir lequel c'est, le bon. Même parmi les meilleurs politiciens, les plus prestigieux économistes, les dirigeants les plus compétents, il en est de droite et de gauche qui auront généralement des opinions sensiblement différentes sur le choix de l'homme de la situation, notamment en période électorale.&lt;br /&gt;Ensuite, quand bien même le Français aurait un moyen de savoir quel candidat est le meilleur, il n'en prendrait pas forcément le temps. Il prend déjà tout juste celui de se demander lequel lui plaît le plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Soyons honnêtes, de manière générale, quels sont les critères du choix de notre bulletin de vote ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre orientation politique, tout d'abord. On la définit en général assez tôt dans notre vie et souvent pour d'assez mauvaises raisons. On suit l'exemple ou les idées parentales, on se fait un avis sur le bref résumé des différents camps qu'on a demandé à un ami à peine plus instruit de nous faire, on se base sur l'image d'un candidat ou la réputation d'un parti... Autant de circonstances qui font de nous, en un minimum de temps et d'efforts, un mec ou une nana de droite ou de gauche.&lt;br /&gt;Et la plupart d'entre nous préférerait souvent voir pendues haut-et-court les valeurs républicaines que de changer de bord, se confortant soigneusement dans cette conviction superficielle avec des raisonnements choisis et des interprétations arrangeantes, l'extrémisant parfois même au gré des déceptions et des amertumes. Le gauchiste lit l'Huma, le droiteux lit le Figaro et chacun campe sa position contre vents et marées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S'il n'y avait que ça, on aurait sensiblement toujours les même résultats aux différents élections. Mais il existe aussi une frange de la population qui n'a pas de parti pris intouchable et qui pourra varier son vote. C'est d'ailleurs à cette frange de la population, sans doute pas si importante, que s'adressent les couteuses et médiatiques campagnes électorales.&lt;br /&gt;N'allons pas trop loin quand même dans l'adulation de ces heureux garants de l'utilité du système électorale. Car ces gens votent souvent sans réfléchir, sans chercher plus loin, sans savoir pourquoi ils votent. Ils voient un Chirac marrant et débonnaire aux guignols et l'élisent sans en savoir plus sur sa capacité à être un bon dirigeant ou son niveau d'incompétence. Ils se font une idée morale, jugent sur les scandales privés révélés dans Paris Match ou sur un abus de langage ou encore une expression un peu trop imagée qui fait polémique dans tous les journaux. Ils oublient l'essentiel, jugent par l'apparence, votent par sympathie, s'indignent de concert avec le candidat sur le discours duquel ils tombent en zappant sur le 6minutes entre le Bigdil et la roue de la fortune, dénonçant une insoutenable injustice et l'attribuant à ses adversaires. Ils décident alors que celui-là n'a pas l'air trop con et que ça vaudra bien qu'on lui accorde son bulletin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après tout il faut bien en choisir un. Car oui il faut voter ! J'ai déjà écrit un article là-dessus (cf &lt;a href="http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/tous-aux-urnes.html"&gt;Tous aux urnes!&lt;/a&gt;), je t'invite donc à le lire pour en savoir plus sur le mépris que ce genre de formulation m'inspire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme le disait Desproges, "La démocratie c'est la dictature exercée par le plus grand nombre sur la minorité", et le fait est que le plus grand nombre est bien souvent très loin d'être compétent dans le rôle de dictateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, je continue de croire que c'est le meilleur système dont nous disposions. Mieux vaut risquer de se laisser guider par la stupidité de tout un peuple que par la folie d'un seul homme. Même si je trouve beaucoup d'arguments pour la dénoncer et peu pour la défendre, les alternatives (monarchie, oligarchie, anarchie...) me répugnent a priori bien plus encore. Il faut se faire à cette idée, on n'a pas encore inventé de façon idéale de diriger les Hommes. Tâchons donc, quoi qu'il nous en coute, de protéger au mieux et de nous montrer le plus digne possible des valeurs du régime que nous avons choisi, et qui, lui, continue de nous laisser le choix.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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&lt;br /&gt;Tous droits réservés à moi, Megalomanu, l'auteur.&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5962706948907084751-2180925112607010905?l=megalomanu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://megalomanu.blogspot.com/feeds/2180925112607010905/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/dmocratie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/2180925112607010905'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/2180925112607010905'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2007/11/dmocratie.html' title='Démocratie'/><author><name>Samahell</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12595855267546962683</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751.post-9028276624210581296</id><published>2007-11-08T13:48:00.000-08:00</published><updated>2009-04-29T12:16:09.613-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Délires'/><title type='text'>C'est chiant !</title><content type='html'>D'habitude je ne raconte pas ma vie au jour le jour comme le font les vrais décérébrés dans leurs vrais blogs, mais là je suis en pleines révisions d'éco et je crois qu'il n'y a rien de plus chiant alors il me faut bien un échappatoire. Du coup on va essayer de trouver ensemble tous les trucs vraiment très chiants qui sont quand même moins chiants que de passer sa soirée à réviser de l'économie d'entreprise. On se répartit le travail : moi je trouve les idées, je les sélectionne, je les formule, je les mets en forme et je les publie. Toi pendant ce temps-là comme d'habitude tu restes là à glander la gueule ouverte et à attendre que j'aie fini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Donc réviser de l'éco :&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant qu'un dimanche après-midi passé vautré devant TF1 à enchainer Télé Foot, 30 Millions d'Amis et VideoGag.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant qu'une panne de courant après trois heures à taper un rapport sans sauvegarder.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que de se casser une jambe le premier jour de ta semaine de ski.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant qu'une messe de 2h30 un jour d'enterrement.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que de tomber en panne d'essence en pleine nuit sur une route de campagne au milieu de nul part.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que d'avoir une grosse réunion de famille obligatoire le soir du premier de l'an.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que les vieux campagnards qui racontent leur vie au journal de 13h.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que de se taper 15h de route d'affilée sans autoradio.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que de se faire tenir la jambe sous l'arrêt de bus par une vieille dépressive qui te raconte en détail les misères que son ex-mari et ses enfants lui font subir.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant qu'un film d'auteur suédois néo-contemporain traitant des troubles émotionnels causés par la ménopause chez les ménagères russes.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que d'atterrir dans un mariage au fin fond de la cambrousse où tu ne connais absolument personne et où tu peux pas boire parce que c'est toi qui doit conduire pour rentrer.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que d'avoir paumé le trousseau avec tes clés de bagnole et de maison le lendemain du jour où ta copine est partie passer la semaine chez sa mère dans le Bas-Poitou.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que l'ascenseur qui tombe en panne pile le jour où tu vas faire tes courses pour la semaine.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant que de faire la queue pendant une demi-heure au RU pour voir le connard devant toi prendre la dernière pizza.&lt;br /&gt;-c'est encore plus chiant qu'un épisode hors-série dédié aux vacances de Derrick en Normandie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais, je tape beaucoup sur la campagne, la télé et les vieux, mais j'y peux rien. Dans l'inconscient collectif - ou en tous cas dans le mien - ce sont, avec les contrôles d'économie des secteurs productifs, la musique électronique et les bouchons du vendredi soir, sans doute les quelques concepts les plus synonymes de chiantise et d'emmerdement. Et pis je m'emmerde, et le fait est que quand je m'emmerde je deviens con, grossier et sujet à l'humour lourd, facile, méchant et pas drôle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas merci de ton incompréhension.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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A vrai dire, c'est la première réponse qui m'est venue à l'esprit, la plus évidente peut-être. Mais la passion n'explique pas tout. Si le metal n'est qu'une histoire de musique, pourquoi avoir tous les mêmes tee-shirts noirs ou les mêmes cheveux longs ? Si le football n'est qu'une histoire de sport, quid de ces clubs de supporters qui passent leur temps libre à se retrouver pour préparer ensemble chants et bannières ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La passion est un moteur puissant qui attire, fédère les gens autour d'un évènement. Mais ce qu'ils viennent chercher, ce qui les rassemble jusque dans leurs apparences ou leurs attitudes, c'est tout simplement la satisfaction de se sentir partie intégrante d'une communauté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'Homme est un être social, un mouton qui cherche perpétuellement à se fondre dans le troupeau.&lt;br /&gt;D'ailleurs quoi qu'en disent les soi-disant rebelles, du rappeur au punk en passant par le teuffeur, le métalleux ou même le geek, eux-même suivent les codes de leur propre communauté, que ce soit au niveau de la musique, de l'apparence, de la façon de s'exprimer, bref de l'attitude en général.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oh bien sûr j'entend d'ici le coreux me brandir son "Love the music hate the kids" et me gromeler que dans son cas il n'est certainement pas question de besoin communautaire. Je vois déjà toute la scène, je vais lui demander si l'on doit au seul hasard la précision de la cohérence de son goût en matière de tatouage, de son look et de ses danses dans les pits en concert avec les codes et standards de la communauté hardcore. Et lui de me répondre, avec l'aplomb de celui qui croit profondément à son propre bobard, que oui c'est ses goûts, que ça s'est développé comme ça ou encore que tout ça a plus à voir avec la musique qu'avec la communauté.&lt;br /&gt;J'ai pris l'exemple du coreux mais j'aurais pu choisir celui du métalleux, ou encore demander à un footeux s'il lui arrive souvent d'aller au stade tout seul. J'aurais d'ailleurs peut-être eu droit au même déni.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car en effet, cette idée ne plait pas à tout le monde. Beaucoup aiment à considérer leur passion comme leur seul moteur, la plupart le croient d'ailleurs sincèrement. Et on ne peut pas nier que c'est effectivement une motivation essentielle pour la majorité.&lt;br /&gt;Moi-même, pour reprendre l'exemple du metal, j'ai longtemps cru que mon investissement dans cette musique tenait à mon seul amour pour elle. Mais cette arrangeante vision des choses n'a pas résisté bien longtemps à un examen approfondi avec quelques véléhités d'objectivité. Même si j'ai toujours voulu avoir les cheveux longs depuis tout petit, ce n'est sans doute pas un hasard si je n'ai fini par vraiment les laisser pousser qu'en me mettant au metal et en ayant des copains qui le faisaient déjà; malgré ma volonté marquée de libre pensée et d'un certain dosage d'originalité dans ma vie en général, je me retrouve à porter les mêmes tee-shirts noirs à l'effigie de mes groupes préférés que mes collègues de concert; et bien que sur le papier ça ne me dérange pas plus que ça, je suis bien conscient qu'en pratique il faudrait vraiment un cas exceptionnel ou un groupe immanquable pour que je finisse par aller à un concert tout seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après tout, j'ai mis du temps à découvrir et à apprécier petit à petit différents groupes ou différents styles de metal. Même si ça ne remet pas en cause ma passion pour la musique, dont je suis certain sans l'ombre d'un doute et de toute la force d'objectivité dont je dispose qu'elle n'est pas feinte, je ne peux m'empêcher de me demander si, sans aspect sociale et communautaire, sans pote pour me guider, je serais tombé aussi profondément là-dedans.&lt;br /&gt;Peut-être serais-je juste passé à autre chose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m'attarde lourdement sur la musique car c'est l'exemple qui me touche le plus.&lt;br /&gt;Mais c'est en religion, je pense, que le poids de la communauté est le plus important. En effet, mise à part sa quête insensée consistant à chercher des causes à l'inexpliqué - qui n'habite d'ailleurs plus guère le citoyen lambda du monde d'aujourd'hui, à qui la science fournit presque toutes les réponses et qui ne cherche bien souvent même pas à les connaitre - quelle autre raison pousse l'Homme à la religion ? C'est par la communauté que la religion s'est imposée, par les prétextes qu'ils fournissaient à chacun pour critiquer son voisin que ses principes se sont assis et ont fondé la morale et la culture actuelle. C'est encore la communauté que les hommes viennent chercher en religion, plus encore à mon avis que le culte de Dieu, que ce soit dans l'enceinte d'un monastère, sur le parvis ou les bancs d'une église ou encore à même le sol du site de rassemblement des JMJ.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'on l'assume ou non, l'immense majorité d'entre nous a besoin de la communauté. Nous tendons à nous fondre dans la masse au moins autant qu'à s'en démarquer, nous recherchons presque toujours la reconnaissance d'une société ou d'une autre en nous pliant à ses codes.&lt;br /&gt;Nous avons besoin de contact, d'attention, de légitimation. Et se retrouver avec des gens qui partagent la même passion est pour nous le parfait prétexte pour les obtenir. Et je suis convaincu que c'est cet aspect, sans doute plus que tout autre, qui motive les rassemblements de masse dont nous sommes aujourd'hui témoins et acteurs réguliers.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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J'ai plus peur en fait, de me voir diagnostiqué demain un cancer qui me tuera en dix ans que de mourir sous les roues d'un camion dans une heure, même si l'instinct de survie dont on parlait tout à l'heure me ferait sans doute préférer le premier si l'opportunité d'un tel choix se présentait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De plus, je n'ai pas vraiment de croyance consciente et réfléchie en un quelque chose après la mort.&lt;br /&gt;Tu me diras, en partant du principe qu'elle n'est pas une fin en soi il y a d'autant moins de raison de la redouter, si ce n'est la crainte du Jugement. Mais, dans l'hypothèse d'un jugement de notre vie, tel que prévu par les religions chrétienne ou boudhiste, je refuse de croire qu'on puisse être jugé juste sur ce qu'on a fait dans le cas d'une mort prématurée : ça impliquerait que la date de notre mort soit un critère plus important que notre capacité à faire le bien dans le futur; de même, je rejette cette notion chrétienne de repentir qui suppose que la date de sa dernière confession décidera du sort du défunt pour l'éternité.&lt;br /&gt;Et si, comme ma raison aime à le croire, il n'y a rien après la mort, alors qu'est-ce que ça peut bien me foutre, d'être mort ? Je n'en ai théoriquement rien à tamponner si je n'en ai pas conscience.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attention, je n'ai pas peur de la mort, ça ne veut pas dire que je n'aime pas la vie. J'aime beaucoup la vie : je savoure au mieux ses aspects positifs et supporte très bien ses aspects négatifs auxquels j'ai été confronté jusqu'ici. Si on me demande mon avis, j'aime autant qu'elle se prolonge le plus longtemps possible.&lt;br /&gt;De toutes façons on va tous mourir, et vu qu'une fois que c'est fait, c'est fait, et qu'on en a a priori plus conscience, peu importe le moment.&lt;br /&gt;Et puis mieux vaut être mort et ne pas en avoir conscience, que d'avoir une vie malheureuse et de le savoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je te vois venir, tu as envie de pousser mon raisonnement jusqu'au bout et de prendre ça comme une incitation au suicide. Evidemment, et j'ai envie de dire comme d'habitude, tu as tort, tu déformes mon propos et tu vas me faire perdre encore un peu plus de mon temps à te détromper.&lt;br /&gt;Le suicide est la solution de facilité, c'est la solution des faibles et des lâches. En fait ce n'est même pas une solution, dans le sens où il ne résoud absolument rien. C'est juste la fuite poussée à son niveau maximum.&lt;br /&gt;Je sais que c'est facile à dire, du haut de mon trône de bonheur facile, vautré que je suis dans les joies de la normalité physique et intellectuelle, de la jeunesse, de l'aisance financière et de la bonne santé. Mais le fait est que la plupart des suicides ont pour moteur, outre une grosse défaillance de la santé mentale, un profond égocentrisme. J'en veux pour preuve la différence de taux de suicide entre les pays riches et les pays pauvres. Les gens ne se suicident pas parce qu'ils sont malheureux, mais parce qu'ils sont incapables de relativiser leur malheur. En comptant 6milliards d'habitants sur Terre, il y en a forcément 5 999 999 999 qui ne sont pas la personne la plus malheureuse du monde. Et je suis sûr que ça doit arriver régulièrement que le 6 milliardième ne se suicide pas pour autant. Quand bien même il le ferait, on n'a qu'à refaire le même raisonnement avec le 5 999 999 998è et ainsi de suite. On finira bien par en trouver un qui ne suicide pas, sinon tous les habitants de la planète seraient déjà morts de leur propre main.&lt;br /&gt;Et je reste persuadé que dans la plupart des cas, même une vie faite essentiellement d'efforts, de souffrance ou d'ennui peut régulièrement être éclairée, pour peu qu'on se donne la peine de les provoquer et de les apprécier, d'éclaircies de plaisir et de joie. D'autant plus que notre cerveau sait s'adapter, et que moins on a de bonheur, plus il est facile de l'atteindre. J'en veux pour exemple la comparaison des Noël où nos parents étaient enfants, où un train en bois suffisait à inonder le foyer de joie et de gratitude, avec ceux d'aujourd'hui, où rien de moins que la dernière console de jeux vidéo hors de prix ne saurait éviter les pleurs et les cris de l'enfant-roi. On arrivera presque toujours à ressentir du plaisir et du bonheur qui, même s'ils ne suffisent pas forcément compenser les efforts et la douleur, sont une raison suffisante pour continuer à vivre.&lt;br /&gt;C'est un point de vue personnel qui peut être contesté ou débattu, mais un peu de positif, même entouré de beaucoup de négatif, vaut toujours mieux que rien du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma dernière précision concernant mon point de vue sur la mort et le suicide concerne l'euthanasie.&lt;br /&gt;Même si je suis contre le suicide, je considère que chaque individu devrait avoir la liberté de choisir s'il veut mettre fin à sa vie. Evidemment, dans la mesure où ce n'est pas une mesure révocable, il faut qu'il l'applique en son âme et conscience et qu'il soit bien sûr de ce qu'il fait.&lt;br /&gt;Et je considère que dans certains cas médicaux (handicap important, altération extrême de l'apparence, souffrances chroniques incurables...), le choix de la mort est on ne peut plus justifié. Quand on sait d'avance que chacun des instants qui nous reste à vivre sera souffrance ou que 100% des gens qu'on croisera ne verront en nous qu'un être défiguré et repoussant, ou encore qu'on a perdu l'usage des membres qui nous permettraient de s'adonner à telle passion qui était tout notre vie, alors je ne vois plus le suicide comme une faiblesse.&lt;br /&gt;Mais je trouve aberrant que des gens dans une condition physique telle qu'ils sont parfaitement capables de se tuer eux-même demandent à un tiers de commettre un meurtre en mettant fin à leurs jours. Le rôle du tiers, dans le cas de l'euthanasie d'une personne physiquement apte à la pratiquer elle-même, devrait se limiter à un rôle de conseil, non pas sur la nécessité ou l'utilité de l'acte, cette décision appartenant à l'intéressé et à lui seul, mais sur la manière la plus douce ou la plus agréable à employer.&lt;br /&gt;Dans le cas des gens tellement invalides qu'il leur est absolument impossible de mettre fin à leurs jours par eux-même - je pense notamment aux tétraplégiques - il me parait évident à tous les niveaux (moraux aussi bien qu'économiques) que mourir devrait être leur droit le plus strict et que notre devoir de solidarité est de les aider à y parvenir - quand ils le veulent et peuvent l'exprimer cela va de soit - plutôt que de les condamner à continuer à vivre une vie dont ils ne veulent plus.&lt;br /&gt;En revanche, je ne pense pas que la famille soit apte à prendre la décision de vie ou de mort, même dans des cas médicaux extrêmes. Son seul rôle devrait se limiter à transmettre une éventuelle volonté clairement exprimée par l'intéressé alors qu'il était en mesure de le faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En ce qui me concerne, je mandate quiconque lira ceci pour faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre, de manière directe ou indirecte, fin à mes jours dans le cas où je serais dans un état végétatif permanent sans possibilité de rémission totale, amputé ou paralysé d'au moins trois membre ou défiguré de manière importante et non contestable et où, bien entendu, je n'aurais pas la capacité physique de prendre cette mesure par moi-même ni d'exprimer un nouvel avis différent sur la question.&lt;br /&gt;Et pas la peine de faire l'indigné, il n'y a rien de morbide là-dedans, c'est juste une mesure pratique.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Je replace le contexte pour la postérité où le lecteur inculte que tu es peut-être n'a sans doute plus aucun souvenir de cette affaire qui agite actuellement les médias :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une association française, l'Arche de Zoé, s'est fixée pour mission de faire adopter par des Européens des enfants orphelins originaires de la zone du Darfour, région du Soudan frontalière du Tchad et en proie depuis 2003 à une horrible guerre civile et à un drame humanitaire sans équivalent.&lt;br /&gt;Honorable intention a priori, mais l'affaire tourne au drame quand les bénévoles de l'association sont arrêtés pour trafic d'enfants au Tchad, d'où ils devaient décoller avec 103 enfants qui se sont avérés n'être même pas tous des orphelins. Et c'est là qu'on apprend que les braves humanitaires n'avaient pour ainsi dire aucune autorisation et qu'ils violaient à la fois tous les règlements français concernant l'adoption et les lois tchadiennes sur l'enlèvement.&lt;br /&gt;Et le président tchadien de pousser de hauts cris d'indignation, fustigeant le trafic d'enfants à de probables fins pédophiles, réveillant le spectre esclavagiste du blanc voleur d'enfants; et le gouvernement français de condamner l'action et de nier sa connaissance pourtant avérée de l'opération, le tout sur fond de débarquement, imminent et prévu depuis quelques temps déjà, d'une force armée européenne au Darfour.&lt;br /&gt;Bref à l'heure où j'écris ces lignes, les huit bénévoles et le reporter qui les suivait viennent d'être inculpés pour enlèvement d'enfants et font couler des litres d'encre depuis leurs cellules de terre tchadiennes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces braves militants sont certainement des gens très bien qui ne méritent aucunement la réputation qu'on leur fait, ni encore moins de passer les 20 prochaines années dans les camps de travaux forcé tchadiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il faut quand même être complètement inconscient pour arracher à leur pays 103 enfants dont on ne sait quasiment rien, au mépris des lois et des règlements de plusieurs états. Enlever une centaines de gamins c'est quand même un crime très grave.&lt;br /&gt;D'accord, ça part d'une bonne intention, mais ça n'excuse pas grand chose. Déjà les bonnes intentions, l'enfer en est pavé; pour tomber dans la comparaison facile et hors-sujet, Hitler avait sûrement les meilleures intentions du monde pour son pays quand il a ordonné d'exterminer des millions de Juifs. Et puis il y a des limites à ne pas dépasser. Je veux bien admettre que certaines lois soient faites pour être enfreintes, mais là il est quand même question d'enlèvement d'enfants.&lt;br /&gt;Bref ils méritent un gros coup de pied au cul et quelques années de taule avec sursis mais j'espère quand même sincèrement pour eux qu'ils pourront être jugés en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui me reste quand même en travers de la gorge c'est le fait que certains des enfants n'étaient même pas orphelins. Sur une bande audio  diffusée hier à la radio, j'ai clairement entendu le dirigeant de l'association expliquer qu'il y avait plein de cas où ils ne pouvaient pas savoir.&lt;br /&gt;En est-on rendus à ce stade, dans l'humanitaire, qu'on cherche à aider à tout prix, même sans être sûrs qu'il y ait besoin d'aide ou qu'on aide vraiment. Sommes-nous à ce point persuadés de notre propre supériorité que nous sommes prêts à arracher à son pays et à sa culture le premier enfant qu'on nous présente comme étant orphelin, convaincus que, quoi qu'il en soit, il sera mieux chez nous dans notre belle société occidentale que sur la terre de ses ancêtres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ceci n'est pas vraiment une attaque envers ces gens qui ont eu le courage de se bouger et d'agir pour aider des gens pendant que moi je reste assis devant mon PC à leur verser de l'encre dessus pour m'occuper. Mais leur attitude, ainsi que celles des 100 familles qui, en France, s'apprêtaient à accueillir ces jeunes réfugiés, n'est-elle pas symptomatique de la culpabilisation de notre société ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notre sentiment de culpabilité est justifié. Notre confort moderne s'est bâti sur la sueur et le sang des colonies, sur le régime à l'origine de l'absurdité des inégalités internationales actuelles. Notre pays et ses habitants doivent assumer leurs responsabilités. Je suis pour qu'on paye nos dettes comme on peut, et qu'on fasse profiter le plus possible les habitants de ces pays de notre développement, qu'ils ont porté sur leurs épaules sans en récolter les fruits.&lt;br /&gt;Injectons de l'argent dans leur économie, investissons chez eux, achetons leurs produits, formons-les, offrons-leur nourriture, eau, médecine et éducation, détournons-les du sentier de la guerre.&lt;br /&gt;Mais ne leur volons pas leurs enfants ! Ce n'est pas en ramenant leurs habitants en Europe à un âge où ils ne sont pas capables de le demander, ni même de le comprendre, qu'on allègera la misère de ces pays. On ne les aidera pas en leur prenant leurs jeunes, leurs forces vives, pas plus qu'avec une "immigration choisie" qui ne viserait à les piller que de leurs atouts.&lt;br /&gt;Il y a des limites à tout, même à la volonté légitime qu'on peut avoir d'aider son prochain.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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La pleïade de systèmes d'exploitation au format console, tous aussi obscurs et inaccessibles les uns que les autres, ressemble assez en vérité à ces multitudes de cultures polythéïstes. Chaque pays avait sa façon de faire, pas vraiment de norme, les noms et cultes des différents dieux d'une contrée donnée étaient autant de commandes indigestes aux arguments étranges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis il y a eu l'Idée, le truc qui marche et auquel il fallait penser pour tout simplifier. Pour la religion, le judaïsme a inventé le concept de monothéisme; pour l'informatique c'est Machintosh qui a eu l'Idée du millénaire avec le système de fenêtre et l'interface graphique. Des deux côtés on peut dire que ça part de pas grand chose et ça a son petit succès.&lt;br /&gt;Mais ça reste limité. VisioCorp, Quaterdeck, Digital Research ou encore IBM sont à Machintosh autant de religions grecque, égyptienne ou mésopotamienne. Mac se taille la part du lion sur le marché et les Juifs obtiennent Israël mais aucun n'a vraiment réussi à convertir tout le monde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la révolution se prépare, gentiment mais sûrement.&lt;br /&gt;Pendant que Jésus et ses potes font parler d'eux et s'attirent des emmerdes en Judée, un certain Bill Gates commence à faire du bruit en codant des tableurs pour Mac avec sa petite boite Microsoft.&lt;br /&gt;Dans les deux cas on pompe totalement la référence initiale (Judaïsme/Mac), on modifie 2-3 trucs et on attaque le marché. Et dans les deux cas ça commence par un flop. Jésus est crucifié et ses adeptes sont persécutés, Windows 1.0 et 2.0 sont des échecs cuisants.&lt;br /&gt;Et vient la révélation. Chacun comprend qu'il a tout intérêt à s'allier avec les puissants : le christianisme convertit l'empereur romain et Microsoft développe son Windows 3.1 avec les processeurs IBM. Ce dernier pose avec Microsoft les bases de Windows 95, Constantin impose le christianisme à son empire, c'est la conquête pure et simple du monde connu.&lt;br /&gt;Il faut bien avouer que le "On est tous frères" et "Dieu est amour" c'est quand même nettement plus vendeur que les dieux à l'ancienne avides de guerre et de sacrifice.&lt;br /&gt;Et puis malgré tous les bugs du catholicisme, il faut reconnaitre qu'un seul dieu à prier, et le même pour tout le monde, c'est quand même plus convivial que toutes ces religions polythéistes, et ça entraine moins de problèmes de compatibilité aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et viendra peut-être le jour où un Mahommet fera un tout nouvel OS en reprenant tout simplement le core du christianisme Windows et en changeant juste un peu l'interface et que ça aura un succès comparable.&lt;br /&gt;L'aspect copie en moins on aurait presque pu croire à ça avec Linux. C'est vrai que l'OS gratuit ça avait de quoi ressembler à une prise de La Mecque par les armes mais en fait faut croire qu'on en est encore à l'Egire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnellement j'espère que ce jour ne viendra jamais.&lt;br /&gt;Contrairement aux religions qui sont un peu dépassées à l'heure actuelle, on aura toujours besoin d'un système d'exploitation pour faire tourner nos machines; même quand ce sera des hologrammes implantés directement dans notre cerveau il faudra bien choisir une boite pour nous faire l'interface. Et j'ai pas vraiment envie de voir une croisade de compatibilité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aimerais bien trouver une dernière métaphore classe pour conclure mais je crois que j'ai épuisé mon quota de conneries pour la journée.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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C'est en effet un sujet important qui méritera sans doute que je m'attarde dessus plus tard - ce ne sera pas la première fois que je nous ferai perdre beaucoup de temps à toi et surtout à moi pour détailler ce qui est déjà une évidence pour toute personne douée de l'usage de son cerveau - mais ce n'est pas le sujet du jour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce billet est en fait une réponse à un reproche qui m'est facilement formulé : le manque de tolérance.&lt;br /&gt;Attention, on ne parle pas ici de tolérance au sens familier actuel, à savoir du contraire du racisme : la plupart des gens qui me connaissent un peu savent à quel point j'ai en horreur cette forme de prétention illégitime (le racisme, j'entends) et pourront donc, le cas échéant, le confirmer à ceux qui me connaissent moins.&lt;br /&gt;Non, l'intolérance qu'on me reproche, à tort, ne s'arrête pas à de si ridicules considérations que la couleur de peau, la religion ou la nationalité. Elle les dépasse largement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, j'ai bien dit "à tort". En effet, comme 99% des gens à qui on pose la question, je peux dire sans trop hésiter que suis quelqu'un de très tolérant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait, à peu près tout et tout le monde m'indispose.&lt;br /&gt;Je déteste la vanité des vantards, l'hypocrisie des modestes, la stupidité du commun, l'arrogance de l'élite, la naïveté du religieux, l'intolérance de l'anticlérical, la paresse du noir, la cleptomanie de l'arabe, la fourberie du jaune, la suffisance du blanc et la connerie crasse du raciste.&lt;br /&gt;Rien ne m'énerve plus que ces prétentieux qui ont un avis tranché sur tout et n'importe quoi, à part peut-être ceux qui, par paresse, lâcheté ou manque de personnalité, semblent n'avoir d'opinion sur aucun sujet.&lt;br /&gt;Et ces gens "sociables", prêts à courber l'échine devant tous les codes de la politesse et de la convenance et à l'affût du moindre trait d'humour pouvant leur permettre de se faire remarquer; ils me sont aussi pathétiques que ceux qui se laissent vouer à la solitude par leur timidité ou leur misanthropie.&lt;br /&gt;Je méprise aussi bien les abus des exploitants que la soumission des exploités, la nuisance des agresseurs que les plaintes incessantes des victimes, l'ingratitude des parvenus que la jalousie des indigents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Même toi, quel que soit ton profil, j'aurais sûrement des tas de choses à te reprocher.&lt;br /&gt;Même moi,  je me retrouve dans de nombreux de ces aspects répulsifs que j'ai dénoncé plus haut.&lt;br /&gt;Bref, l'humanité me donne chaque jour plus de raisons de la haïr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant je vis très bien avec.&lt;br /&gt;J'entretiens une très bonne relation avec moi-même malgré tous les reproches que j'ai à me faire. Je vois régulièrement des gens et je m'entends bien avec la plupart d'entre eux pour ne pas dire tous, même si certains plus que d'autres. Il y en a même dont je viens à rechercher volontairement, et parfois activement, la compagnie, voire certains que je viens à aimer.&lt;br /&gt;Je ne me souviens pas avoir déjà refusé quelqu'un à ma table au RU ou rejeté volontairement une poignée de main amicale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref malgré toutes les critiques que je peux formuler à leur égard, malgré tous les vices que je leur prête et toute l'antipathie ou toutes les accusations de fautes impardonnables qu'ils méritent que je leur porte, je tolère tout-à-fait la quasi-totalité mon entourage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En effet, il faut qu'il y ait un désagrément à tolérer pour pouvoir parler de tolérance.&lt;br /&gt;En l'occurrence, c'est ma misanthropie qui fait de moi quelqu'un d'extrêmement tolérant.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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Quand un des caractères qui apparaissent ainsi donne un avantage pour la survie, l'individu qui l'a développé a plus de chance d"atteindre l'âge de procréer pour le transmettre à sa descendance qui, elle-même, va mieux survivre et le transmettre à sa descendance. Et ainsi de suite jusqu'à ce que seule la progéniture de ce mutant ait survécu ou jusqu'à ce qu'elle ait subi d'autres mutations avantageuses en nombre suffisant pour donner une nouvelle espèce.&lt;br /&gt;C'est ce même principe qui impliquait que seuls les plus forts, ceux avec les gènes les plus avantageux, survivaient et que l'espèce s'améliorait au fur et à mesure, que ce soit physiquement ou intellectuellement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Seulement voilà, aujourd'hui on a la médecine, l'hygiène et des villes débarrassées de toute forme de prédateur, de sorte que même les enfants les plus faibles et stupides atteindront l'âge de transmettre leur patrimoine génétique et de faire ainsi d'autres enfants faibles et stupides, généralement avec des partenaires également faibles et stupides aussi qui, seuls, auront voulu d'eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui je sais, dit comme ça c'est horrible. Attention, je ne suis pas en train de dire qu'il faut rectifier le tir en tuant ou en castrant, je me contente de poser le problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le fait est que certains gènes sont plus avantageux que d'autres, qu'on le veuille ou non.&lt;br /&gt;Il n'est pas question ici de couleur de peau ou de cheveux (chacune pouvant avoir une utilité évolutive selon les situations, par exemple de camouflage) mais il est clair que les gènes jouent un rôle essentiel dans la constitution physique et une certaine prédisposition à l'intelligence ou à certaines maladies.&lt;br /&gt;Cette sélection dans les caractères existants est donc bloquée, mais ce n'est pas le plus gênant à mon goût.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui attriste le doux rêveur que je suis, c'est que dans le cas de l'émergence d'un nouveau caractère utile qui aurait un effet "néfaste" sur notre apparence, comme l'apparition de nageoires, de branchies ou d'une mâchoire plus puissante avec des crocs acérés, le "mutant" aurait bien du mal à trouver un(e) partenaire pour transmettre son avantage. Il en irait de même pour sa descendance et le même processus qui a jusqu'alors favorisé l'évolution entraverait la nôtre.&lt;br /&gt;Quant à ceux qui ne seraient pas esthétiquement invalidants, comme une vue perçante ou une ouïe améliorée, ils ne se répandraient guère. Le fait de pouvoir détecter une odeur spécifique dans un certain rayon ne donnera pas à toutes les femmes l'envie irrésistible d'avoir un enfant de toi, alors qu'il t'aurait donné un formidable avantage évolutif en rapport avec la survie il y a de cela quelques millénaires. Ce don ne se répandra donc que dans la maigre population de ta descendance, toute aussi amenée à disparaître que n'importe quelle autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les critères de choix des partenaires restent aujourd'hui les seuls vrais critères d'évolution. Et ils sont assez larges : comme on dit, on trouve toujours chaussure à son pied. De plus, ils sont assez changeants. Les canons de la beauté par exemple, qui sont un critère majeur de choix des partenaires depuis déjà un bout de temps, ont assez sensiblement varié au cours des derniers siècles, comme en témoigne le contraste entre les tableaux et sculptures de la Renaissance et les couvertures de nos magazines actuels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Présenté ainsi, ça paraît triste pour l'humanité.&lt;br /&gt;En réalité, ce que ça signifie, c'est que nous, toi et moi, sommes arrivés au sommet de l'évolution. Notre espèce n'ira pas plus haut et, si jamais une autre espèce en arrivait à notre niveau d'évolution intellectuelle, elle serait confrontée au même problème. Quand bien même elle ne suivrait pas notre voie naturellement, nous la pervertirions amicalement avec nos modes de vie et notre technologie dès les balbutiements de sa conscience et de son intelligence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes et resterons donc les êtres les plus évolués de cette planète, à moins qu'on ne trouve un moyen d'appliquer &lt;span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"&gt;nous-même&lt;/span&gt; une sélection artificielle. À vrai dire je ne le souhaite pas du tout, et vue l'opinion qu'on garde des derniers qui ont essayé, je pense qu'on est tranquilles pour un moment.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;br /&gt;___________________________
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&lt;br /&gt;Tous droits réservés à moi, Megalomanu, l'auteur.&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5962706948907084751-6983031016825310965?l=megalomanu.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://megalomanu.blogspot.com/feeds/6983031016825310965/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/evolution.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/6983031016825310965'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5962706948907084751/posts/default/6983031016825310965'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://megalomanu.blogspot.com/2007/10/evolution.html' title='Évolution'/><author><name>Samahell</name><uri>http://www.blogger.com/profile/12595855267546962683</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='16' height='16' src='http://img2.blogblog.com/img/b16-rounded.gif'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5962706948907084751.post-4699171483765665933</id><published>2007-10-03T11:01:00.000-07:00</published><updated>2009-09-30T05:23:55.078-07:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Divers'/><title type='text'>Le monde est petit</title><content type='html'>"C'est fou comme le monde est petit !"&lt;br /&gt;Cet immonde lieu commun est tellement souvent prononcé qu'il en est devenu affligeant de banalité. Il est pourtant censé n'être formulé que pour marquer le type d'évènements par définition les moins fréquents de la vie d'un homme (ou d'une femme, ou même d'un chien, voire d'un poisson rouge même si c'est plus rare qu'il en parle) : les coïncidences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et oui, c'est bien de cela qu'il est aujourd'hui question.&lt;br /&gt;Cela nous arrive à tous, pour peu qu'on ne soit pas totalement dépourvu de réseau social, de croiser par hasard sur un forum l'ex de son meilleur ami, de retrouver un vieux pote de fac qui habite maintenant à l'autre bout du pays lors d'un séminaire en Espagne, ou encore de se rendre compte que la petite boulangère à qui on achète le pain depuis des années est en fait la nièce d'une collègue de boulot de notre mère.&lt;br /&gt;C'est fou toutes ces coïncidence ! Il doit bien y avoir quelque part une forme de destin ou de providence qui nous guide vers ces faits improbables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et bin non. Tout ça peut s'expliquer relativement bien si on y réfléchit.&lt;br /&gt;C
